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Traité Shabbat

113b

Étude de Shabbat 113b

Étude de la Guémara 113b

Guémara
[« que tes affaires »] signifie que ta parole du Chabbat ne soit pas comme ta parole des jours de semaine, c'est-à-dire qu'on ne doit pas s'entretenir de ses affaires profanes le Chabbat. Toutefois, c'est seulement la parole qu'ils ont interdite, tandis que simplement penser à ses affaires profanes est permis. La Guemara demande : Soit, toutes ces directives, fort bien, on les comprend. Mais que signifie la phrase suivante : « que ta démarche du Chabbat ne soit pas comme ta démarche des jours de semaine » ? La Guemara répond : C'est conforme à ce qu'a dit Rav Houna au nom de Rav, et certains le rapportent au nom de Rabbi Abba au nom de Rav Houna : Si quelqu'un marchait le Chabbat et arrivait devant un cours d'eau [amat hamayim] qu'il devait franchir, si le cours d'eau est étroit et qu'il peut poser son premier pied de l'autre côté avant de soulever le second, il lui est permis de le traverser ; et si ce n'est pas possible et qu'il doit sauter pour traverser, c'est interdit. Tel est le type de démarche qui n'est pas permis le Chabbat.
שֶׁלֹּא יְהֵא דִּבּוּרְךָ שֶׁל שַׁבָּת כְּדִבּוּרְךָ שֶׁל חוֹל. דִּבּוּר אָסוּר, הִרְהוּר — מוּתָּר. בִּשְׁלָמָא כּוּלְּהוּ — לְחַיֵּי, אֶלָּא שֶׁלֹּא יְהֵא הִילּוּכְךָ שֶׁל שַׁבָּת כְּהִילּוּכְךָ שֶׁל חוֹל מַאי הִיא? כִּי הָא דְּאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב, וְאָמְרִי לֵיהּ אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב הוּנָא: הָיָה מְהַלֵּךְ בְּשַׁבָּת וּפָגַע בְּאַמַּת הַמַּיִם, אִם יָכוֹל לְהַנִּיחַ אֶת רַגְלוֹ רִאשׁוֹנָה קוֹדֶם שֶׁתֵּעָקֵר שְׁנִיָּה — מוּתָּר, וְאִם לָאו — אָסוּר.
Rava objecte fortement à cela : Puisque nous avons dit que la démarche du Chabbat ne doit pas être comme la démarche des jours de semaine, et que sauter constitue une marche interdite, si l'on rencontre un cours d'eau le Chabbat, que doit-on faire pour passer de l'autre côté ? S'il contourne le cours d'eau, il augmente la distance qu'il parcourt et fournit un effort supplémentaire le Chabbat. S'il marche à travers l'eau, il arrive que ses vêtements absorbent de l'eau et il en viendra à les essorer [s'hita]. Que doit-il donc faire ? Plutôt, en ce cas, puisqu'il n'est pas possible de traverser autrement, il peut fort bien la traverser, c'est-à-dire qu'il lui est permis de sauter par-dessus le cours d'eau. Dès lors, dis plutôt que la marche caractéristique des jours de semaine consiste à faire de grands pas [pessia gassa]. Ainsi Rabbi [Yehouda HaNassi] posa une question à Rabbi Yichmaël, fils de Rabbi Yossi : Quelle est la règle concernant le fait de faire de grands pas le Chabbat ? C'est cela que voulait dire la Guemara par la phrase « ta démarche des jours de semaine ». Rabbi Yichmaël lui répondit : Et en semaine, les grands pas sont-ils donc permis ? Car je dis : Un grand pas retranche un cinq-centième de la vue de l'homme. La Guemara remarque : Et sa vue lui est restituée lors du kidouch du vendredi soir [kidoucha dvé chimché].
מַתְקִיף לַהּ רָבָא: הֵיכִי לֶיעְבֵּיד? לַיקֵּיף — קָמַפֵּישׁ בְּהִילּוּכָא. לִיעְבַּר — זִימְנִין דְּמִיתַּוְּוסָן מָאנֵיהּ מַיָּא, וְאָתֵי לִידֵי סְחִיטָה. אֶלָּא בְּהָא כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר — שַׁפִּיר דָּמֵי. אֶלָּא כְּדִבְעָא מִינֵּיהּ רַבִּי מֵרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: מַהוּ לִפְסוֹעַ פְּסִיעָה גַּסָּה בְּשַׁבָּת? אֲמַר לֵיהּ: וְכִי בַּחוֹל מִי הוּתְּרָה? שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: פְּסִיעָה גַּסָּה נוֹטֶלֶת אֶחָד מֵחֲמֵשׁ מֵאוֹת מִמְּאוֹר עֵינָיו שֶׁל אָדָם. וּמַהְדַּר לֵיהּ בְּקִידּוּשָׁא דְּבֵי שִׁמְשֵׁי.
Rabbi [Yehouda HaNassi] posa une question à Rabbi Yichmaël, fils de Rabbi Yossi : Quelle est la règle concernant le fait de manger de la terre [adama] le Chabbat à des fins médicinales ? Rabbi Yichmaël lui répondit : Et en semaine est-il donc permis de manger de la terre ? Car je dis : Même en semaine c'est interdit, parce que cela rend malade [malké]. Rabbi Ami dit : Quiconque mange de la poussière de Babylonie, c'est comme s'il mangeait de la chair de ses ancêtres qui y sont enterrés. Et certains disent : C'est comme s'il mangeait des choses abominables [chekatsim] et des bestioles rampantes [remassim], comme il est écrit : « Il effaça tout être qui existait sur la face de la terre, depuis l'homme jusqu'à la bête, jusqu'aux reptiles et jusqu'aux oiseaux du ciel ; ils furent effacés de la terre » (Béréchit 7, 23).
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי מֵרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: מַהוּ לֶאֱכוֹל אֲדָמָה בְּשַׁבָּת? אֲמַר לֵיהּ: וְכִי בַּחוֹל מִי הוּתְּרָה? שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: אַף בַּחוֹל אָסוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַלְקֶה. אָמַר רַבִּי אַמֵּי: כָּל הָאוֹכֵל מֵעֲפָרָהּ שֶׁל בָּבֶל — כְּאִילּוּ אוֹכֵל מִבְּשַׂר אֲבוֹתָיו. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כְּאִילּוּ אוֹכֵל שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים, דִּכְתִיב: ״וַיִּמַח אֶת כׇּל הַיְקוּם וְגוֹ׳״.
À propos des restes des morts dans le sol, Rich Lakich dit : Pourquoi la Babylonie est-elle appelée « Chinéar » ? Parce que tous ceux qui moururent lors du Déluge y furent secoués [ninarou lecham]. Rabbi Yo'hanan dit : Pourquoi la Babylonie est-elle appelée « Metsoula » ? Parce que tous ceux qui moururent lors du Déluge y furent précipités au fond [nitstalelou lecham]. La Guemara demande : Nous avons dit que selon certains, si l'on mange de la terre de Babylonie, c'est comme si l'on mangeait des choses abominables et des bestioles rampantes. Mais assurément leurs corps se sont putréfiés et décomposés, et ils ne sont donc plus interdits ! On répond : Plutôt, puisque la terre est nuisible, les Sages ont édicté un décret de ne pas en manger. Le décret ne fut pas édicté à cause de l'interdit de manger des bestioles rampantes ; il le fut parce qu'un certain homme mangea de la terre argileuse [guarguichta] et mangea aussi du cresson [ta'hlé]. Le cresson prit racine dans la terre qui était en lui et se mit à pousser. Et le cresson lui perfora le cœur et il mourut.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ ״שִׁנְעָר״ — שֶׁכׇּל מֵתֵי מַבּוּל נִנְעֲרוּ לְשָׁם. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ ״מְצוּלָה״ — שֶׁכׇּל מֵתֵי מַבּוּל נִצְטַלְּלוּ לְשָׁם. [וְיֵשׁ אוֹמְרִים כְּאִילּוּ אוֹכֵל] שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים, וְהָא וַדַּאי אִיתְמַחוֹיֵי אִיתְמַחוּ! אָמְרִי כֵּיוָן דְּמַלְקֵי גְּזַרוּ בֵּיהּ רַבָּנַן. דְּהָא הָהוּא גַּבְרָא דַּאֲכַל גַּרְגִּישְׁתָּא וַאֲכַל תַּחְלֵי, וּקְדַחוּ לֵיהּ תַּחְלֵי בְּלִבֵּיהּ, וּמִית.
« Tu te laveras, tu t'oindras, tu mettras tes habits [et tu descendras à l'aire] » (Routh 3, 3) — Noémi conseilla ainsi à Routh. Rabbi Elazar dit : Ces habits sont les vêtements du Chabbat, que Noémi lui dit de revêtir en l'honneur de l'occasion. À propos du livre de Routh, la Guemara cite d'autres paroles de Rabbi Elazar concernant Routh : « Donne au sage et il sera plus sage encore ; instruis le juste et il accroîtra son savoir » (Michlé 9, 9). Rabbi Elazar dit : Ceci se rapporte à Routh la Moabite et à Samuel de Rama, qui reçurent un conseil et y ajoutèrent par leur propre sagesse.
״וְרָחַצְתְּ וָסַכְתְּ וְשַׂמְתְּ שִׂמְלֹתַיִךְ״ — אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵלּוּ בְּגָדִים שֶׁל שַׁבָּת. ״תֵּן לְחָכָם וְיֶחְכַּם עוֹד״ — אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: זוֹ רוּת הַמּוֹאֲבִיָּה וּשְׁמוּאֵל הָרָמָתִי.
La Guemara développe. Tandis que Noémi dit à Routh : « Tu te laveras, tu t'oindras, tu mettras tes habits sur toi et tu descendras à l'aire » (Routh 3, 3), au sujet de Routh elle-même il est écrit : « Et elle descendit à l'aire » (Routh 3, 6), et ce n'est qu'ensuite qu'il est dit : « Et elle fit tout ce que sa belle-mère lui avait ordonné. » [Routh décida de s'oindre à l'aire et non en chemin, afin que les gens ne la rencontrent pas en route et ne la soupçonnent pas d'inconduite.] Tandis qu'Éli dit à Samuel : « Va te coucher, et s'Il t'appelle, tu diras : Parle, Éternel, car ton serviteur écoute » (I Samuel 3, 9), au sujet de Samuel lui-même il est écrit : « Et l'Éternel vint, se présenta et appela comme les autres fois : Samuel, Samuel. Et Samuel dit : Parle, car ton serviteur écoute » (I Samuel 3, 10), et il ne dit pas : « Parle, Éternel » [car il ne tenait pas pour assuré que c'était Dieu qui lui parlait, jusqu'à ce qu'il en fût certain].
רוּת, דְּאִילּוּ נָעֳמִי קָאָמְרָה לַהּ ״וְרָחַצְתְּ וָסַכְתְּ וְשַׂמְתְּ שִׂמְלֹתַיִךְ עָלַיִךְ וְיָרַדְתְּ הַגֹּרֶן״, וְאִילּוּ בְּדִידַהּ כְּתִיב: ״וַתֵּרֶד הַגֹּרֶן״, וַהֲדַר ״וַתַּעַשׂ כְּכֹל אֲשֶׁר צִוַּתָּה חֲמוֹתָהּ״. שְׁמוּאֵל, דְּאִילּוּ עֵלִי קָאֲמַר לֵיהּ ״שְׁכָב וְהָיָה אִם יִקְרָא אֵלֶיךָ וְאָמַרְתָּ דַּבֵּר ה׳ כִּי שׁוֹמֵעַ עַבְדֶּךָ״, וְאִילּוּ בְּדִידֵיהּ כְּתִיב בֵּיהּ: ״וַיָּבֹא ה׳ וַיִּתְיַצַּב וַיִּקְרָא כְפַעַם בְּפַעַם שְׁמוּאֵל שְׁמוּאֵל וַיֹּאמֶר שְׁמוּאֵל דַּבֵּר כִּי שֹׁמֵעַ עַבְדֶּךָ״, וְלָא אֲמַר ״דַּבֵּר ה׳״.
« Elle alla, elle vint, et elle glana dans le champ [derrière les moissonneurs] » (Routh 2, 3) — Rabbi Elazar dit : Ce verset enseigne qu'elle alla et vint, alla et vint, jusqu'à ce qu'elle trouvât des gens convenables avec qui marcher. Il est dit aussi : « Et Boaz dit à son serviteur préposé aux moissonneurs : À qui est cette jeune femme ? » (Routh 2, 5). Ceci est surprenant : Était-ce donc l'habitude de Boaz de s'enquérir d'une jeune femme ? Rabbi Elazar dit : Il discerna en elle une marque de sagesse [et de Torah, et c'est pourquoi il s'enquit d'elle]. Ce qu'il vit, c'est qu'elle ramassait deux épis, mais qu'elle ne ramassait pas trois épis. Elle agissait ainsi conformément à la halakha selon laquelle trois épis gisant ensemble ne sont pas considérés comme glanage [leket] laissé aux pauvres ; ils restent au contraire en la possession du propriétaire du champ.
״וַתֵּלֶךְ וַתָּבֹא וַתְּלַקֵּט בַּשָּׂדֶה״ — אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁהָלְכָה וּבָאת, הָלְכָה וּבָאת, עַד שֶׁמָּצְאָה בְּנֵי אָדָם הַמְהוּגָּנִין לְיֵלֵךְ עִמָּהֶם. ״וַיֹּאמֶר בּוֹעַז לְנַעֲרוֹ הַנִּצָּב עַל הַקּוֹצְרִים לְמִי הַנַּעֲרָה הַזֹּאת״ — וְכִי דַרְכּוֹ שֶׁל בּוֹעַז לִשְׁאוֹל בְּנַעֲרָה? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: דְּבַר חָכְמָה רָאָה בָּהּ. שְׁתֵּי שִׁבֳּלִין — לוֹקֶטֶת, שָׁלֹשׁ שִׁבֳּלִין — אֵינָהּ לוֹקֶטֶת.
Il fut enseigné dans une baraïta : Il discerna en elle une marque de pudeur [tseni'out] lorsqu'elle ramassait les épis. Les épis qui étaient dressés, elle les cueillait debout, et ceux qui étaient tombés, elle les cueillait assise ; par pudeur elle ne se penchait pas pour les prendre. Il est dit aussi : « Et Boaz dit à Routh : Entends-tu, ma fille ? Ne va pas glaner dans un autre champ et ne t'éloigne pas d'ici, mais attache-toi à mes servantes » (Routh 2, 8). Ceci aussi est surprenant. Était-ce donc l'habitude de Boaz de s'attacher aux femmes ? Rabbi Elazar dit : Puisqu'il vit « Et Orpa embrassa sa belle-mère, tandis que Routh s'attacha à elle » (Routh 1, 14), il dit : Il est permis de s'attacher à une femme telle que celle-ci.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: דְּבַר צְנִיעוּת רָאָה בָּהּ, עוֹמְדוֹת — מְעוּמָּד, נוֹפְלוֹת — מְיוּשָּׁב. ״וְכֹה תִדְבָּקִין עִם נַעֲרוֹתָי״ — וְכִי דַּרְכּוֹ שֶׁל בּוֹעַז לִדָּבֵק עִם הַנָּשִׁים? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כֵּיוָן דַּחֲזָא ״וַתִּשַּׁק עׇרְפָּה לַחֲמוֹתָהּ וְרוּת דָּבְקָה בָּהּ״, אֲמַר: שְׁרֵי לְאִידַּבּוֹקֵי בָּהּ.
Il est dit aussi : « Et Boaz lui dit à l'heure du repas : Approche-toi ici [halom] et mange du pain, et trempe ton morceau dans le vinaigre. Elle s'assit à côté des moissonneurs ; il lui tendit du grain grillé, elle mangea, fut rassasiée et en laissa de reste » (Routh 2, 14). Rabbi Elazar interpréta ceci et dit qu'il lui fit prophétiquement une allusion : À l'avenir, la royauté de David sortira de toi, comme il est écrit à son sujet, c'est-à-dire au sujet de la royauté de David, le mot « ici » [halom], ainsi qu'il est dit : « Le roi David vint, s'assit devant l'Éternel et dit : Qui suis-je, Seigneur Éternel, et quelle est ma maison, pour que Tu m'aies amené jusqu'ici [halom] ? » (II Samuel 7, 18). Au sujet de ses paroles « et trempe ton morceau dans le vinaigre » (Routh 2, 14), Rabbi Elazar dit : De là [nous voyons] que le vinaigre est bon par temps de chaleur [chartonale].
״וַיֹּאמֶר לָה בֹעַז לְעֵת הָאֹכֶל גֹּשִׁי הֲלֹם״ — אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, רֶמֶז רָמַז לָהּ: עֲתִידָה מַלְכוּת בֵּית דָּוִד לָצֵאת מִמֵּךְ, דִּכְתִיב בֵּיהּ ״הֲלֹם״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּבֹא הַמֶּלֶךְ דָּוִד וַיֵּשֶׁב לִפְנֵי ה׳ וַיֹּאמֶר מִי אָנֹכִי אֲדֹנָי ה׳ וּמִי בֵיתִי כִּי הֲבֵאתַנִי עַד הֲלֹם״. ״וְטָבַלְתְּ פִּתֵּךְ בַּחֹמֶץ״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן שֶׁהַחוֹמֶץ יָפֶה לַשָּׁרָב.
Rabbi Chmouel bar Na'hmani dit : Il lui fit une allusion : À l'avenir, un fils sortira de toi dont les actes seront aussi âpres que le vinaigre, et qui est-ce ? Le roi Menaché. « Et elle s'assit à côté des moissonneurs » (Routh 2, 14) — Rabbi Elazar dit à ce sujet : à côté des moissonneurs, et non parmi les moissonneurs. Il lui fit l'allusion qu'à l'avenir la royauté de la maison de David se diviserait [et que ses descendants ne seraient pas toujours au centre d'Israël].
רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: רֶמֶז רָמַז לָהּ עָתִיד בֵּן לָצֵאת מִמֵּךְ שֶׁמַּעֲשָׂיו קָשִׁין כַּחֹמֶץ, וּמַנּוּ — מְנַשֶּׁה. ״וַתֵּשֶׁב מִצַּד הַקּוֹצְרִים״ — אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִצַּד הַקּוֹצְרִים וְלֹא בְּתוֹךְ הַקּוֹצְרִים, רֶמֶז רָמַז לָהּ שֶׁעֲתִידָה מַלְכוּת בֵּית דָּוִד שֶׁתִּתְחַלֵּק.
Il est dit aussi dans le verset : « Il lui tendit du grain grillé, elle mangea, fut rassasiée et en laissa de reste » (Routh 2, 14). La Guemara explique : « Il lui tendit du grain grillé, elle mangea » — ceci aussi est interprété comme un message prophétique. Rabbi Elazar dit : « Et elle mangea » s'accomplit chez les descendants de ses enfants aux jours de David ; « et fut rassasiée » s'accomplit aux jours de Salomon ; « et en laissa de reste » s'accomplit aux jours d'Ézéchias. Et certains disent qu'il y a une interprétation différente : « Et elle mangea » s'accomplit aux jours de David et de Salomon ; « et fut rassasiée » s'accomplit aux jours d'Ézéchias ; « et en laissa de reste » s'accomplit aux jours de Rabbi [Yehouda HaNassi]. Comme l'a dit le Maître : Le palefrenier [ahouriyaré] de Rabbi était plus riche que le roi de Perse. Il fut enseigné dans une baraïta : « Et elle mangea », en ce monde-ci ; « et fut rassasiée », aux jours du Machia'h ; « et en laissa de reste », dans les temps à venir, à la fin des jours.
״וַיִּצְבׇּט לָהּ קָלִי וַתֹּאכַל״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: ״וַתֹּאכַל״ — בִּימֵי דָוִד, ״וַתִּשְׂבַּע״ — בִּימֵי שְׁלֹמֹה, ״וַתֹּתַר״ — בִּימֵי חִזְקִיָּה. וְאִיכָּא דְאָמְרִי: ״וַתֹּאכַל״ — בִּימֵי דָּוִד וּבִימֵי שְׁלֹמֹה, ״וַתִּשְׂבַּע״ — בִּימֵי חִזְקִיָּה, ״וַתֹּתַר״ — בִּימֵי רַבִּי. דְּאָמַר מָר: אֲהוּרְיָרֵיהּ דְּרַבִּי הֲוָה עַתִּיר מִשַּׁבּוּר מַלְכָּא. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: ״וַתֹּאכַל״ — בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״וַתִּשְׂבַּע״ — לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ, ״וַתֹּתַר״ — לְעָתִיד לָבֹא.
Il fut mentionné plus haut que Rabbi Yo'hanan appelait ses vêtements « son honneur ». La Guemara cite l'interprétation du verset qui parle de la chute du roi d'Assyrie : « C'est pourquoi le Seigneur, l'Éternel des armées, enverra la maigreur parmi ses hommes gras, et sous sa gloire s'allumera un embrasement, comme l'embrasement d'un feu » (Isaïe 10, 16). Rabbi Yo'hanan dit : « Et sous sa gloire » [tahat kevodo], mais non sa gloire elle-même. La Guemara explique : Rabbi Yo'hanan suit ici sa propre ligne, car il appelait ses vêtements « mon honneur » [mekhabdotaï], ce qui signifie que les corps des soldats du roi d'Assyrie furent brûlés. En revanche, leurs vêtements ne furent miraculeusement pas brûlés.
״וְתַחַת כְּבוֹדוֹ יֵקַד יְקוֹד כִּיקוֹד אֵשׁ״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״וְתַחַת כְּבוֹדוֹ״, וְלֹא כְּבוֹדוֹ מַמָּשׁ. רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּרַבִּי יוֹחָנָן קָרֵי לְמָאנֵיהּ ״מְכַבְּדוֹתַי״.
Shabbat 113b
100%
שבת קי״ג במַסֶּכֶת שַׁבָּת