Guémara
Un nœud par lequel on attache une lanière à l'anneau nasal du chameau, et un nœud par lequel on attache une corde à l'anneau fixé à la proue d'un navire : quant à la responsabilité d'apporter un sacrifice expiatoire (korban 'hatat), il n'y en a pas ; il y a toutefois une interdiction rabbinique. Et il est des nœuds qu'il est permis de nouer le Chabbat d'emblée (le-khate'hila). Et quels sont-ils ? Le nœud par lequel une femme attache l'ouverture (col) de sa tunique ('halouk).
קִיטְרָא דְּקָטְרִי בִּזְמָמָא וְקִיטְרָא דְּקָטְרִי בְּאִיסְטָרִידָא, חִיּוּבָא הוּא דְּלֵיכָּא, הָא אִיסּוּרָא — אִיכָּא. וְיֵשׁ שֶׁמּוּתָּרִין לְכַתְּחִילָּה, וּמַאי נִיהוּ — קוֹשֶׁרֶת מִפְתְּחֵי חֲלוּקָהּ.
Nous avons appris dans la MISHNA : une femme peut nouer l'ouverture de sa tunique le Chabbat. La Guemara s'interroge : cela va de soi (pechita), car ce nœud est destiné à être dénoué et n'est donc pas permanent ! La Guemara explique : il n'était nécessaire d'énoncer cette halakha que dans le cas où la tunique a deux lacets (terei dachei) servant à en nouer l'ouverture. De peur que tu ne dises : l'un d'eux peut être rendu caduc (battel), puisque la femme peut retirer le vêtement avec un seul lacet, laissant l'autre nœud — celui qu'on ne dénoue pas — comme un nœud permanent ; c'est pourquoi [la Michna] nous enseigne qu'aucun des deux nœuds n'est tenu pour permanent.
מִפְתַּח חֲלוּקָהּ. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דְּאִית לֵיהּ תְּרֵי דַשֵּׁי. מַהוּ דְתֵימָא: חֲדָא מִינַּיְיהוּ בַּטּוֹלֵי מְבַטֵּיל [לַהּ], קָא מַשְׁמַע לַן.
Nous avons appris dans la MISHNA : et une femme peut nouer les fils de sa résille (sevakha) le Chabbat. La Guemara s'interroge : cela va de soi ! La Guemara éclaire la chose : il n'était nécessaire d'énoncer cette halakha que dans le cas où la résille est nouée de façon lâche (derovi'ha) sur sa tête. De peur que tu ne dises : elle l'ôte parfois sans la dénouer, et les nœuds demeurent [permanents] ; la Michna nous enseigne qu'une femme ménage sa chevelure et évite de s'arracher les cheveux, et que par conséquent elle dénoue la résille [pour ne pas abîmer ses cheveux].
וְחוּטֵי סְבָכָה. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דִּרְוִיחָא לַהּ. מַהוּ דְתֵימָא: מִישְׁלָף שָׁלְפָא לַהּ, קָא מַשְׁמַע לַן דְּאִשָּׁה חָסָה עַל שְׂעָרָהּ וּמִישְׁרָא שָׁרְיָא לַהּ.
Nous avons appris dans la MISHNA : et il est permis de nouer les lanières d'un soulier (min'al) ou d'une sandale le Chabbat. Il a été énoncé à propos de celui qui a dénoué les lanières d'un soulier ou d'une sandale : une beraita enseigne que celui qui l'a fait le Chabbat est passible d'un sacrifice expiatoire ('hayav 'hatat) ; une autre beraita enseigne qu'il est exempt selon la loi de la Torah, mais qu'il est interdit de dénouer ces lanières d'emblée (patour aval assour) ; et une autre beraita enseigne qu'il est permis de dénouer ces nœuds d'emblée (moutar le-khate'hila). Cela fait difficulté : il y a contradiction entre une affirmation au sujet du soulier et une autre au sujet du soulier ; et cela fait difficulté : il y a contradiction entre une affirmation au sujet de la sandale et une autre au sujet de la sandale.
וּרְצוּעוֹת מִנְעָל וְסַנְדָּל. אִיתְּמַר: הִתִּיר רְצוּעוֹת מִנְעָל וְסַנְדָּל, תָּנֵי חֲדָא: חַיָּיב חַטָּאת, וְתַנְיָא אִידַּךְ: פָּטוּר אֲבָל אָסוּר, וְתַנְיָא אִידַּךְ: מוּתָּר לְכַתְּחִילָּה. קַשְׁיָא מִנְעָל אַמִּנְעָל, קַשְׁיָא סַנְדָּל אַסַּנְדָּל.
La Guemara explique : la contradiction apparente entre une affirmation au sujet du soulier et l'autre au sujet du soulier ne fait pas difficulté ; car cette beraita qui enseigne qu'il est passible d'un sacrifice expiatoire vise le nœud du cordonnier (ouchkafei), lequel est permanent puisqu'il maintient le soulier assemblé. La beraita qui énonce qu'il est exempt selon la Torah mais qu'il est interdit par décret rabbinique (de-rabbanan) vise le soulier porté par les Sages, qui nouent souvent leurs souliers de façon lâche afin de les chausser et les ôter aisément. La beraita qui enseigne qu'il est permis de nouer les souliers d'emblée vise les nœuds tels que les font les habitants de la ville de Me'hoza (bnei Ma'hoza), qui sont méticuleux dans leur tenue et nouent et dénouent leurs souliers chaque jour.
מִנְעָל אַמִּנְעָל לָא קַשְׁיָא: הָא דְּקָתָנֵי חַיָּיב חַטָּאת — בִּדְאוּשְׁכָּפֵי. פָּטוּר אֲבָל אָסוּר — בְּדַרְבָּנַן. מוּתָּר לְכַתְּחִלָּה — בְּדִבְנֵי מָחוֹזָא.
De même, la contradiction entre une affirmation au sujet des lanières de la sandale et l'autre au sujet des lanières de la sandale ne fait pas difficulté ; car cette beraita qui enseigne qu'il est passible d'un sacrifice expiatoire vise les sandales des Arabes (taya'ei), pour lesquelles les cordonniers nouent des nœuds permanents. Et la beraita qui enseigne qu'il est exempt selon la Torah mais interdit par décret rabbinique vise les lanières que ceux-là mêmes — les gens ordinaires — nouent ('houmarta). La beraita qui enseigne qu'il est permis de nouer et dénouer les lanières d'une sandale d'emblée vise une sandale partagée par deux personnes qui sortent tour à tour à des moments différents. Ils dénouent et renouent les lanières à chaque fois pour s'assurer que les sandales s'ajustent bien, comme les sandales de Rav Yehouda ; car Rav Yehouda, frère de Rav Sala 'Hassida, avait une paire de sandales : tantôt il sortait en les portant, tantôt c'était son enfant (yanoukei) qui sortait en les portant. Il vint devant Abayé et lui dit : en pareil cas, quelle est la règle [puis-je nouer les lanières le Chabbat] ? Abayé lui répondit : faire cela te rend passible d'un sacrifice expiatoire.
סַנְדָּל אַסַּנְדָּל לָא קַשְׁיָא: הָא דְּקָתָנֵי חַיָּיב חַטָּאת — בִּדְטַיָּיעֵי דְּקָטְרִי אוּשְׁכָּפֵי. פָּטוּר אֲבָל אָסוּר — בִּדְחוּמַרְתָּא דְּקָטְרִי אִינְהוּ. מוּתָּר לְכַתְּחִילָּה — בְּסַנְדָּל דְּנָפְקִי בֵּיהּ בֵּי תְרֵי, כִּדְרַב יְהוּדָה. דְּרַב יְהוּדָה אֲחוּהּ דְּרַב סַלָּא חֲסִידָא הֲוָה לֵיהּ הָהוּא זוּגָא דְּסַנְדָּלֵי, זִמְנִין דְּנָפֵיק בֵּיהּ אִיהוּ, זִימְנִין נָפֵיק בֵּיהּ יָנוֹקֵיהּ. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי, אֲמַר לֵיהּ: כְּהַאי גַּוְנָא מַאי? אֲמַר לֵיהּ: חַיָּיב חַטָּאת.
Rav Yehouda lui dit : voici que [le cas où l'on serait] exempt selon la Torah mais [où ce serait] interdit [rabbiniquement] me faisait déjà difficulté, et toi tu me dis qu'il est passible d'un sacrifice expiatoire ?! [Abayé lui demanda :] quelle en est la raison [de ta difficulté] ? Rav Yehouda lui dit : parce qu'en semaine aussi, tantôt je sors en les portant, tantôt mon enfant sort en les portant [le nœud n'est donc nullement permanent]. Abayé lui dit : s'il en est ainsi, il est permis de [les] dénouer d'emblée.
אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא פָּטוּר אֲבָל אָסוּר קָא קַשְׁיָא לִי, ״חַיָּיב חַטָּאת״ קָאָמְרַתְּ לִי?! מַאי טַעְמָא? אֲמַר לֵיהּ: מִשּׁוּם דִּבְחוֹל נָמֵי זִימְנִין נָפֵיקְנָא בֵּיהּ אֲנָא, זִימְנִין נָפֵיק בֵּיהּ יָנוֹקָא. אֲמַר לֵיהּ: אִי הָכִי, מוּתָּר לְכַתְּחִילָּה.
Rabbi Yirmeya marchait derrière Rabbi Abbahou dans un karmelit le Chabbat, lorsque la lanière de sa sandale se rompit (ifsik). Il dit à [Rabbi Abbahou] : que dois-je en faire ? [Rabbi Abbahou] lui répondit : prends un jonc humide (guemi la'h), propre à la consommation du bétail, et enroule-le autour [de la sandale pour la fixer]. Et la Guemara rapporte : Abayé se tenait devant Rav Yossef le Chabbat lorsque la lanière [de sa sandale] se rompit. Il dit à [Rav Yossef] : que dois-je en faire ? Il lui répondit : laisse-la [et ne la déplace pas]. Abayé lui dit : en quoi ce cas diffère-t-il de celui de Rabbi Yirmeya ? Il lui répondit : là-bas la sandale ne serait pas préservée [si on l'abandonnait], ici elle le sera. Abayé lui dit : mais elle demeure un ustensile (mana) et peut donc être déplacée le Chabbat, car si je le veux, je peux la passer du pied droit au pied gauche et la chausser ! Rav Yossef lui répondit : du fait que Rabbi Yo'hanan explique la chose selon l'avis de Rabbi Yehouda [comme on l'expliquera], conclus-en que la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Yehouda [et qu'une sandale rompue n'est donc pas tenue pour un ustensile, même retournée].
רַבִּי יִרְמְיָה הֲוָה קָאָזֵיל בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ בְּכַרְמְלִית. אִיפְּסִיק רְצוּעָה דְּסַנְדָּלֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֶעֱבֵיד לֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: שְׁקוֹל גֶּמִי לַח דַּחֲזֵי לְמַאֲכַל בְּהֵמָה, וּכְרוֹךְ עִילָּוֵיהּ. אַבָּיֵי הֲוָה קָאֵי קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף. אִיפְּסִיק לֵיהּ רְצוּעָה. אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֶיעֱבֵיד לֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: שִׁבְקֵיהּ. מַאי שְׁנָא מִדְּרַבִּי יִרְמְיָה? הָתָם לָא מִינְּטַר, הָכָא מִינְּטַר. וְהָא מָנָא הוּא, דְּאִי בָּעֵינָא הָפֵיכְנָא לֵיהּ מִיָּמִין לִשְׂמֹאל? אֲמַר לֵיהּ: מִדְּקָמְתָרֵץ רַבִּי יוֹחָנָן אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, שְׁמַע מִינַּהּ הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara demande : quel est cet avis [de Rabbi Yehouda] ? Comme il a été enseigné dans une beraita : une sandale [rituellement impure] dont les deux oreilles (oznayim) qui retiennent les lanières, ou dont les deux attaches (teressiyot, lit. ge'onim), se sont rompues, ou dont toute la semelle (kaf) a été enlevée, devient rituellement pure (tahor), car elle n'est plus un ustensile. Mais si une seule de ses oreilles, ou une seule de ses attaches, s'est rompue, ou si la plus grande partie — mais non la totalité — de sa semelle a été enlevée, elle demeure impure (tame). Rabbi Yehouda dit : si l'attache intérieure (penimit) s'est rompue, elle demeure impure [car l'attache extérieure peut encore servir] ; si l'attache extérieure ('hitzona) s'est rompue, elle devient pure. Et Oulla — et certains disent Rabba bar bar 'Hana — a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : de même qu'il y a controverse au sujet de l'impureté rituelle, de même il y a controverse au sujet du Chabbat [à savoir s'il est permis ou non de porter pareille sandale le Chabbat] ; mais il n'y a pas de controverse au sujet de la 'halitsa.
מַאי הִיא? דְּתַנְיָא: סַנְדָּל שֶׁנִּפְסְקוּ שְׁתֵּי אׇזְנָיו, אוֹ שְׁתֵּי תְרֵסִיּוֹתָיו, אוֹ שֶׁנִּיטַּל כׇּל הַכַּף שֶׁלּוֹ — טָהוֹר. אַחַת מֵאׇזְנָיו, אוֹ אַחַת מִתְּרֵסִיּוֹתָיו, אוֹ שֶׁנִּיטַּל רוֹב הַכַּף שֶׁלּוֹ — טָמֵא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נִפְסְקָה פְּנִימִית — טָמֵא. הַחִיצוֹנָה — טָהוֹר. וְאָמַר עוּלָּא, וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּמַחֲלוֹקֶת לְעִנְיַן טוּמְאָה כָּךְ מַחֲלוֹקֶת לְעִנְיַן שַׁבָּת, אֲבָל לֹא לְעִנְיַן חֲלִיצָה.
Et nous avons discuté là-dessus : selon l'avis de qui [Rabbi Yo'hanan parle-t-il] ? Si tu dis que c'est selon l'avis des Sages [Rabbanan], [la beraita s'explique ainsi :] du fait que c'est un ustensile au regard de l'impureté rituelle, c'est aussi un ustensile au regard du Chabbat, mais ce n'est pas un ustensile au regard de la 'halitsa. Mais n'avons-nous pas appris dans une MISHNA : si elle a ôté le soulier gauche, qui se trouvait au pied droit de son beau-frère (yavam), sa 'halitsa est valide ? [Une femme peut donc accomplir la 'halitsa même lorsque le soulier est au mauvais pied, et il n'est pas tenu pour impropre à la 'halitsa.] Il faut donc plutôt dire que l'avis de Rabbi Yo'hanan est conforme à celui de Rabbi Yehouda, et qu'il énonce ceci : du fait qu'au regard de l'impureté ce n'est pas un ustensile, au regard du Chabbat ce n'est pas non plus un ustensile ; mais il n'en va pas de même au regard de la 'halitsa, pour laquelle c'en est un.
וְהָוֵינַן בַּהּ: [רַבִּי יוֹחָנָן] אַלִּיבָּא דְּמַאן? אִילֵימָא אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן: מִדִּלְעִנְיַן טוּמְאָה מָנָא הָוֵי — לְעִנְיַן שַׁבָּת נָמֵי מָנָא הָוֵי, אֲבָל לֹא לַחֲלִיצָה — דְּלָאו מָנָא הוּא, וְהָתְנַן: חָלְצָה שֶׁל שְׂמֹאל בַּיָּמִין חֲלִיצָתָהּ כְּשֵׁרָה. וְאֶלָּא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה: מִדִּלְעִנְיַן טוּמְאָה לָאו מָנָא הוּא — לְעִנְיַן שַׁבָּת נָמֵי לָאו מָנָא הוּא, אֲבָל לֹא לַחֲלִיצָה דְּמָנָא הוּא.
La Guemara demande : dis [que cela ne tient pas] ! Lorsque nous disons que si elle a ôté le soulier gauche qui se trouvait au pied droit, sa 'halitsa est valide, cela ne vaut que dans un cas où [le soulier] est apte comme ustensile pour son usage propre (le-milteih), c'est-à-dire qu'il peut servir de chaussure. Or ici il n'est pas apte comme ustensile pour son usage propre, puisque Rabbi Yehouda a dit : si l'attache extérieure [de la sandale] s'est rompue, la sandale devient rituellement pure — d'où il ressort que, [selon Rabbi Yehouda,] ce n'est pas un ustensile ! [L'affirmation de Rabbi Yo'hanan fait donc difficulté selon les deux avis.] La Guemara répond : en vérité, son avis est conforme à celui de Rabbi Yehouda ; toutefois, corrige son énoncé et dis [que Rabbi Yo'hanan a dit] : et il en va de même pour la 'halitsa. Et cela nous enseigne ceci : lorsque nous disons que si elle a ôté le soulier gauche qui se trouvait au pied droit sa 'halitsa est valide, ce n'est que dans un cas où
אֵימַר דְּאָמְרִינַן חָלְצָה שֶׁל שְׂמֹאל בַּיָּמִין חֲלִיצָתָהּ כְּשֵׁרָה — הִיכָא דִּלְמִילְּתֵיהּ מָנָא הוּא, הָכָא לְמִילְּתֵיהּ לָאו מָנָא הוּא, דְּהָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: נִפְסְקָה הַחִיצוֹנָה טָהוֹר — אַלְמָא לָאו מָנָא הוּא! לְעוֹלָם אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה. אֵימָא: וְכֵן לַחֲלִיצָה. וְהָא קָמַשְׁמַע לַן: דְּכִי אָמְרִינַן חָלְצָה שֶׁל שְׂמֹאל בְּשֶׁל יָמִין חֲלִיצָתָהּ כְּשֵׁרָה — הֵיכָא
Rachi
גמ' קיטרא דקיטרי בזממא - רצועה ארוכה שמכניסין בטבעת אסור לכתחילה לקושרה שם מפני שפעמים שמניח שם שבוע או שבועיים וקושר ומתיר ראש האחד שנתון ביתד או בעמוד שאסור בו האנקה והגמל:
תרתי דשי - שתי פתחים היינו אותן לשונות והוויין זו למעלה וזו למטה זו לימין וזו לשמאל ואם אינה מתרת אלא האחד יכולה לפושטה וללובשה בדוחק:,מהו דתימא חדא מינייהו בטולי מבטיל לה - ותיהוי קשר של קיימא וכיון דלא ידעי הי מינייהו תרווייהו ליתסרו קא משמע לן:
פשיטא - דהא כל יומי שריא לה:,דרויחא - לא דחקתו בראשה אלא קושרתו בריוח שיכולה לחולצה מראשה כשהיא קשורה:,מהו דתימא מישלף שלפא לה - מראשה הכי והוה לה קשר של קיימא:,חייסה על שערה - שמא תוציא בדוחק ותינתק שערה ודפסקיא נמי איכא לשנויי כה"ג מהו דתימא מחתא ליה דרך רגלה ויוצאה קמ"ל דלא עבדה הכי משום צניעותא:
בדאושכפי - בקשר שהאושכף עושה כשתוחב הרצועה במנעל קושר קשר מתוכו שלא תוכל לצאת והוא קיים לעולם:,בדרבנן - כשקושרים סביב רגלים אין קושרין בדוחק שפעמים שחולצו כשהוא קשור ונועלו כשהוא קשור ומיהו קשר של קיימא לא הוי שבשעת הטיט מתירין אותו וקושרין אותו בדוחק שלא ידבק בטיט וישמט מרגליו:,בדבני מחוזא - שהם רחבי לבב ומקפידים על לבושיהן ונעליהן להיות מכוונין וקושרין אותו בדוחק וצריך להתירו ערבית:
בדטייעי דקטרי אושכפי - בסנדלים של ישמעאלים סוחרים שהאושכפים קושרים בהן הרצועות בקשר קבוע:,בדחומרתא דקטרי אינהו - אלו סנדלים של שאר אנשים שאין רצועות קבועות בהן ע"י אומן אלא הם עצמן קושרין אותם בחומרתא בעלמא וקושרין ומתירין ופעמים שמתקיים שבת או חדש:,דנפקי בי תרי - וצריך כל אחד ואחד לקשור לפי רגלו הלכך בכל יום קושרו ומתירו:,כה"ג - שאני מתירו עכשיו ונועל בני ושבת היתה:
השתא פטור אבל אסור הוה קשיא לי - אמאי אסור:,מ"ט - קשיא לך:,א"ל משום דבחול נמי - אני מתירו בכל יום וקושרו התינוק לפי רגלו:,אי הכי מותר לכתחילה - ומעיקרא סבר דלא רגיל למעבד הכי וקטרא דאושכפי הוה שרגיל להיות קבוע:
איפסיק רצועה דסנדליה - ונפל הסנדל מרגלו שע"י הרצועה הוא עומד שהסנדל פתוח מעל גביו וצדדיו של עץ או של עור שלוק וקשה והרצועות נקשרות על גב הרגל ומעמידות אותו:,שקול גמי לח דחזי למאכל בהמה - דראוי לטלטול:,וכרוך - במקום הרצועה ונועלו עד שתכנס:,אביי הוה קאי קמיה דרב יוסף - בחצר:,שבקיה - במקום שנפל מרגלך ולא תטלנו בידך להצניעו:,ומ"ש מדר' ירמיה - דשרא ליה ר' אבהו לנועלו ע"י גמי:,התם - בכרמלית כגון בקעה לא הוה מינטר:,והא מנא הוא - ואמאי אסור לטלטלו והא עדיין תורת מנעל עליו:,דאי בעינא הפיכנא מימין לשמאל - שהסנדל יש לו שתי תרסיות והן של עור מקום קביעות הרצועות אחת מבחוץ ואחת מבפנים לבין שני רגלים כעין שיש למנעלים שלנו וכשנפסק הפנימי ראוי הוא לתקנו ואע"ג שתיקונו ניכר וגנאי הוא מיהו לצד פנים לא מיתחזי וכשנפסקה חיצונה אינו הגון שוב לתקנו והך דאביי חיצונה איפסיק משום הכי אסריה רב יוסף אפילו לטלטלו וא"ל אביי והא אכתי מנא הוא דהפיכנא ליה לרגל האחרת ונמצאת החיצונה פנימית:,א"ל מדקא מתרץ רבי יוחנן - למילתיה דר"י לקמן ומפרש לה:,ש"מ הלכה כר"י - דאמר משנפסקה החיצונה לאו מנא הוא:
אזניו - שכלפי גב הרגל שאוחזו בהן כשנועלו:,תרסיותיו - מקום קביעות הרצועות:,הכף - שול"א בלע"ז שתחת פרסות הרגל:,טהור - דתו לא מתקני ליה וא"נ מתקני ליה חדוש הוא והשתא מיהא בטיל ליה:,טמא - לא פרחה טומאה מעליו דאכתי מנא הוא ואפילו נפסקה החיצונה דאי בעי מפיך ליה מימין לשמאל ונמצאת חיצונה נעשית פנימית:,ואמר עולא גרסי':
אליבא דמאן - מהני תנאי א"ר יוחנן דמאי דסבירא ליה לענין טומאה ס"ל לענין טלטול שבת אבל לענין חליצה מודה לבר פלוגתיה:,אילימא לרבנן - אשמעינן רבי יוחנן דכי היכי דלענין טומאה משוי ליה מנא לענין שבת נמי מנא הוא אבל לחליצה לאו מנא הוא ואינו כשר לחליצה והא אנן תנן חלצה בסנדל של שמאל בימין שהחליצה ברגל ימיני ואם נעל בו סנדל שמאל וחלצה כשר ואי נפסקה חיצונה דסנדל של שמאל אמאי לא הוה כשר לחלוץ הואיל ובעלמא סנדל הוא משום דחזי להפוכי ה"נ חזי להפוכי:,אלא אליבא דר"י - אמרה ר' יוחנן למילתיה ולאשמעינן דבחליצה מודה ר"י דמנא הוא כגון שנפסקה חיצונה של שמאל הופכו לימין וחולץ וכדתנן של שמאל בימין חליצתה כשירה:
אימר דאמרינן חליצה כשירה - היכא דלא נפסקו תרסיותיו:,דלמילתיה - ברגל העשוי לו מנא הוא:,הכא למילתיה לאו מנא הוא - דהא ר"י לענין טומאה ושבת לאו מנא משוי ליה:,אימא וכן לחליצה - כדמפרש ואזיל ואשמעינן דכי אמרינן חלצה כו' ואליבא דרבנן לא מצינן לאוקמיה לדרבי יוחנן ולמימר וכן לחליצה ולאשמעינן דמנא הוא דא"כ מאי אתא לאשמעי' ר' יוחנן כיון דלמילתיה מנא הוא בהדיא תנן לה מתניתין ומשום דאפכי לא מיפסל דתנן חלצה בשל שמאל בימין חליצתה כשרה והיינו דאמר לעיל דמתרץ רבי יוחנן אליביה דר' יהודה:
Tossafot
אימור דאמרי' חליצתה כשרה היכא דלמילתיה מנא הוא - והא דלא מוקים לה אליבא דרבנן אבל לא לחליצה משום דלמילתיה דהיינו בשמאל לאו מנא הוא היינו טעמא משום דכיון דמנא הוא לדידהו לשבת ולטומאה אף על גב דלמילתיה לאו מנא הוא כשר הוא לחליצה כיון דשל שמאל בימין חליצתה כשרה אבל לר' יהודה דלמילתיה לאו מנא הוא ולמידי אחרינא נמי לאו מנא הוא מסתבר דלאו מנא הוא לחליצה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.