[Celui qui détache] un champignon de l'anse d'une cruche le Chabbat est passible [de châtiment] au titre de « celui qui arrache une chose de son lieu de croissance ». Rav Ocha'ya souleva une objection à partir de ce que nous avons appris : celui qui détache une plante, le Chabbat, d'un pot de fleurs perforé est passible, mais [s'il la détache] d'un pot non perforé, il est exempt. [Une plante qui pousse dans un pot non perforé n'est pas considérée comme reliée au sol ; celui qui la détache n'arrache donc rien de son lieu de croissance. Pourquoi alors un champignon poussant sur une anse de cruche rendrait-il passible ?] La Guemara répond : là-bas [dans le cas du pot non perforé], ce n'est pas là sa manière [normale] de croître [les plantes se plantent d'ordinaire en terre, et un pot non perforé est coupé du sol] ; mais ici [le champignon sur l'anse de la cruche], c'est bien là sa manière de croître [il est donc considéré comme relié au sol].
פִּיטְרָא מֵאוּנָּא דְחַצְבָּא — מִיחַיַּיב מִשּׁוּם עוֹקֵר דָּבָר מִגִּידּוּלוֹ. מֵתִיב רַב אוֹשַׁעְיָא: הַתּוֹלֵשׁ מֵעָצִיץ נָקוּב — חַיָּיב, וְשֶׁאֵינוֹ נָקוּב — פָּטוּר. הָתָם — לָאו הַיְינוּ רְבִיתֵיהּ, הָכָא — הַיְינוּ רְבִיתֵיהּ.
[La Michna a enseigné :] « Celui qui blesse un animal sauvage ou un oiseau [le Chabbat est passible], etc. » Rav Houna dit : on peut écrire des téfilines sur la peau d'un oiseau cachère. Rav Yossef dit : que vient-il nous enseigner [par là] ? S'[il vient nous enseigner] qu'[un oiseau] possède une peau, nous l'avons déjà appris [dans la Michna] : « celui qui les blesse est passible » [or il n'y a culpabilité que si une plaie se forme sous la peau ; un oiseau a donc bien une peau] ! Abayé lui dit : il nous enseigne beaucoup de choses, car si [je n'avais appris cela] que de la Michna, j'aurais dit ceci : puisque [la peau d'un oiseau] comporte de nombreux trous [d'où sortent les plumes], on ne devrait pas [pouvoir y écrire des paroles saintes] ; c'est pourquoi il nous enseigne, conformément à ce qu'on dit en Occident [c'est-à-dire en Erets Israël] : tout trou sur lequel l'encre passe [sans y pénétrer] n'est pas [considéré comme] un trou [qui invaliderait l'écriture].
חַיָּה וָעוֹף כּוּ׳. אָמַר רַב הוּנָא: כּוֹתְבִין תְּפִילִּין עַל גַּבֵּי עוֹר שֶׁל עוֹף טָהוֹר. אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי קָמַשְׁמַע לַן? דְּאִית לֵיהּ עוֹר — תְּנֵינָא: הַחוֹבֵל בָּהֶן — חַיָּיב! אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: טוּבָא קָמַשְׁמַע לַן, דְּאִי מִמַּתְנִיתִין, הֲוָה אָמֵינָא כֵּיוָן דְּאִית בֵּיהּ נִיקְבֵי נִיקְבֵי לָא, קָמַשְׁמַע לַן כִּדְאָמְרִי בְּמַעְרְבָא: כׇּל נֶקֶב שֶׁהַדְּיוֹ עוֹבֶרֶת עָלָיו — אֵינוֹ נֶקֶב.
Rabbi Zéira souleva une objection [à la conclusion que la peau d'un oiseau est considérée comme une peau à part entière] : [le verset] « avec ses ailes » [« et il le fendra par ses ailes, sans [les] séparer, et le Cohen le fera fumer sur l'autel, sur le bois qui est sur le feu » (Vayikra 1, 17)] vient rendre la peau apte [à être offerte sur l'autel ; alors que pour les animaux, la peau est écorchée avant l'offrande]. Or, s'il te venait à l'esprit que [la peau d'un oiseau] est [bien] une peau, comment le verset l'inclurait-il [parmi ce qui est offert] ? Abayé lui dit : c'est bien une peau, et [pourtant] la Torah l'a incluse [par décret de l'Écriture].
מֵיתִיב רַבִּי זֵירָא: ״בִּכְנָפָיו״, לְהַכְשִׁיר אֶת הָעוֹר. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ עוֹר הוּא, הֵיכִי מְרַבֵּי לֵיהּ קְרָא? אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: עוֹר הוּא וְרַחֲמָנָא רַבְּיֵיהּ.
Certains rapportent que Rabbi Zéira dit : nous aussi, nous avons appris [un appui à cette halakha] : [le verset] « avec ses ailes » vient inclure la peau. Admettons : si tu dis que [la peau d'un oiseau] est [bien] une peau, voilà pourquoi le verset a eu besoin de l'inclure [explicitement]. Mais si tu dis que ce n'est pas une peau, pourquoi le verset aurait-il eu besoin de l'inclure [puisqu'elle serait de toute façon offerte] ? Abayé lui dit : [ce n'est pas une preuve.] En vérité, je peux te dire que ce n'est pas une peau, et [malgré tout l'inclusion] était nécessaire : il aurait pu te venir à l'esprit de dire que, puisqu'elle comporte de nombreux trous, elle est répugnante [et impropre à l'autel] ; c'est pourquoi il nous enseigne [qu'elle est tout de même offerte].
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַבִּי זֵירָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא, ״בִּכְנָפָיו״ — לְרַבּוֹת אֶת הָעוֹר. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא עוֹר הוּא — הַיְינוּ דְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְרַבּוֹיֵיהּ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לָאו עוֹר הוּא — אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ קְרָא לְרַבּוֹיֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ לָאו עוֹר הוּא, וְאִיצְטְרִיךְ: סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא כֵּיוָן דְּאִית בֵּיהּ פִּירְצֵי פִּירְצֵי מְאִיס — קָמַשְׁמַע לַן.
Mar, fils de Ravina, posa une question à Rav Na'hman bar Yits'hak : qu'en est-il d'écrire des téfilines sur la peau d'un poisson cachère ? Il lui dit : si Élie vient et le dit. La Guemara demande : que signifie « si Élie vient et le dit » ? [Qu'y a-t-il à éclaircir ?] Si tu dis que [la question est de savoir] si un poisson a une peau ou non, nous voyons bien qu'il en a une ! Et de plus, nous avons appris [dans une Michna] : les arêtes et la peau d'un poisson protègent [les objets qu'elles recouvrent de l'impureté] sous une tente où se trouve un mort [puisqu'elles ne contractent pas l'impureté, elles font barrière ; le poisson a donc bien une peau] ! Au contraire, [le sens est] : si Élie vient et dit si sa mauvaise odeur s'en est dissipée ou non.
בְּעָא מִינֵּיהּ מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא מֵרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַהוּ לִכְתּוֹב תְּפִילִּין עַל גַּבֵּי עוֹר שֶׁל דָּג טָהוֹר? אֲמַר לֵיהּ: אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר. מַאי ״אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר״? אִילֵּימָא אִי דְּאִית לֵיהּ עוֹר, אִי דְּלֵית לֵיהּ עוֹר — הָא חָזֵינַן דְּאִית לֵיהּ עוֹר! וְעוֹד, הָתְנַן: עַצְמוֹת הַדָּג וְעוֹרוֹ מַצִּילִין בְּאֹהֶל הַמֵּת! אֶלָּא אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר אִי פְּסַקָא זוּהֲמָא מִינֵּיהּ, אִי לָא פְּסַקָא זוּהֲמָא מִינֵּיהּ.
Chmouel et Karna étaient assis sur la rive du fleuve Malka. Ils virent que l'eau montait et était trouble. Chmouel dit à Karna : un grand homme arrive d'Occident [d'Erets Israël], il souffre des intestins, et l'eau monte pour l'accueillir ; va flairer sa cruche [c'est-à-dire éprouve-le, vois s'il est un sage de la Torah]. [Karna] alla et trouva Rav [qui était ce sage venu d'Erets Israël, et lui posa plusieurs questions pour le tester]. Il lui dit : d'où [sait-on] qu'on n'écrit les téfilines que sur la peau d'un animal cachère ? Il lui dit : car il est écrit « afin que la Torah de l'Éternel soit dans ta bouche » (Chemot 13, 9) — [seulement] de ce qui est permis dans ta bouche [c'est-à-dire de ce qui peut être mangé]. [Karna demanda :] d'où [sait-on] que le sang [interdit] est rouge ? [Il l'interrogeait pour déterminer quelles teintes de sang menstruel sont impures.] Il lui dit : car il est dit « et les Moabites virent de loin l'eau rouge comme du sang » (II Rois 3, 22).
שְׁמוּאֵל וְקַרְנָא הֲווֹ יָתְבִי אַגּוּדָּא דִּנְהַר מַלְכָּא. חֲזוֹנְהוּ לְמַיָּא דְּקָא דְּלוּ וַעֲכִירִי. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְקַרְנָא: גַּבְרָא רַבָּה קָאָתֵי מִמַּעְרְבָא וְחָיֵישׁ בִּמְעֵיהּ, וְקָא דְּלוּ מַיָּא לְאַקְבּוֹלֵי אַפֵּיהּ (קַמֵּיהּ), זִיל תְּהִי לֵיהּ אַקַּנְקַנֵּיהּ. אֲזַל אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב. אֲמַר לֵיהּ: מִנַּיִין שֶׁאֵין כּוֹתְבִין תְּפִילִּין אֶלָּא עַל גַּבֵּי עוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה? אֲמַר לֵיהּ: דִּכְתִיב: ״לְמַעַן תִּהְיֶה תּוֹרַת ה׳ בְּפִיךָ״ — מִן הַמּוּתָּר בְּפִיךְ. מִנַּיִין לַדָּם שֶׁהוּא אָדוֹם? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּרְאוּ מוֹאָב מִנֶּגֶד אֶת הַמַּיִם אֲדֻמִּים כַּדָּם״.
[Karna demanda :] d'où [sait-on] que la circoncision [se fait] à cet endroit-là ? Il est dit ici [à propos de la circoncision] « son orla [prépuce] » [« et au huitième jour, il circoncira la chair de son orla » (Vayikra 12, 3)], et il est dit là-bas [à propos des arbres récemment plantés] « son orla » [« vous tiendrez son fruit pour orla [interdit] ; trois ans il sera pour vous interdit » (Vayikra 19, 23)] : de même que là-bas [il s'agit] d'une chose qui produit du fruit [l'arbre], de même ici [il s'agit] d'une chose qui produit du fruit. [Karna objecta :] dis [que la circoncision se ferait] sur le cœur, car il est écrit « vous circoncirez l'orla de votre cœur » (Devarim 10, 16) ? Dis [qu'elle se ferait] sur l'oreille, car il est écrit « voici, leur oreille est orla [bouchée] » (Jérémie 6, 10) ? [Rav] lui dit : on déduit [le terme] « son orla » complet d'[un autre] « son orla » complet, et l'on ne déduit pas « son orla » complet d'« orlat » [forme construite] incomplète [qui se rattache à un autre mot, comme c'est aussi le cas du mot areila].
מִנַּיִין לַמִּילָה שֶׁבְּאוֹתוֹ מָקוֹם? נֶאֱמַר כָּאן ״עׇרְלָתוֹ״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עׇרְלָתוֹ״, מַה לְּהַלָּן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי — אַף כָּאן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי. אֵימָא לִבּוֹ, דִּכְתִיב: ״וּמַלְתֶּם אֵת עׇרְלַת לְבַבְכֶם״?! אֵימָא אׇזְנוֹ, דִּכְתִיב: ״הִנֵּה עֲרֵלָה אׇזְנָם״?! דָּנִין ״עׇרְלָתוֹ״ תַּמָּה מֵ״עׇרְלָתוֹ״ תַּמָּה, וְאֵין דָּנִין ״עׇרְלָתוֹ״ תַּמָּה מֵ״עׇרְלָתוֹ״ שֶׁאֵינָהּ תַּמָּה.
[Comprenant que Karna était venu l'éprouver,] il lui dit : quel est ton nom ? [Karna] lui répondit : Karna. Il lui dit : que ce soit la volonté [de Dieu] qu'une corne (karna) lui pousse dans les yeux.
אֲמַר לֵיהּ: מַאי שְׁמָךְ? קַרְנָא. אֲמַר לֵיהּ: יְהֵא רַעֲוָא דְּתִיפּוֹק לֵיהּ קַרְנָא בְּעֵינֵיהּ.
Finalement, Chmouel le fit entrer chez lui. Il lui fit manger du pain d'orge et de petits poissons frits, lui donna à boire de la bière, et ne lui montra pas les latrines, afin qu'il soit pris de diarrhée [car Chmouel était médecin et voulait soulager les souffrances intestinales de Rav en lui donnant des aliments qui le purgeraient. Mais Rav, ignorant l'intention de Chmouel, se mit en colère contre lui]. Rav maudit [Chmouel] et dit : que celui qui me fait souffrir, ses enfants ne survivent pas. [Bien que Rav ait fini par découvrir les bonnes intentions de Chmouel, sa malédiction se réalisa,] et il en fut ainsi [les enfants de Chmouel ne vécurent pas longtemps].
לְסוֹף עַיְּילֵיהּ שְׁמוּאֵל לְבֵיתֵיהּ, אוֹכְלֵיהּ נַהֲמָא דִשְׂעָרֵי וְכָסָא דְהַרְסָנָא וְאַשְׁקְיֵיהּ שִׁיכְרָא וְלָא אַחְוִי לֵיהּ בֵּית הַכִּסֵּא כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתַּלְשַׁל. לָט רַב וַאֲמַר: מַאן דִּמְצַעֲרַן — לָא לִיקַיְּימוּ לֵיהּ בְּנֵי, וְכֵן הֲוָה.
[Cette question] correspond à [une dispute entre] les tannaïm. [Il fut enseigné dans une baraïta :] d'où [sait-on] que la circoncision [se fait] à cet endroit-là ? Il est dit ici [à propos de la circoncision] « son orla », et il est dit là-bas [à propos des arbres] « son orla » : de même que là-bas [il s'agit] d'une chose qui produit du fruit, de même ici [il s'agit] d'une chose qui produit du fruit — telles sont les paroles de Rabbi Yochiya. Rabbi Natan dit : [cette analogie verbale] n'est pas nécessaire, car il est dit « et le mâle orel [incirconcis] qui ne circoncira pas la chair de son orla [sera retranché de son peuple, il a rompu mon alliance] » (Béréchit 17, 14) — [du fait qu'il est dit « le mâle », on déduit que la circoncision se fait] à l'endroit qui distingue entre le mâle et la femelle.
כְּתַנָּאֵי: מִנַּיִין לַמִּילָה שֶׁבְּאוֹתוֹ מָקוֹם? נֶאֱמַר כָּאן ״עׇרְלָתוֹ״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עׇרְלָתוֹ״. מַה לְּהַלָּן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי, אַף כָּאן דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה פְּרִי — דִּבְרֵי רַבִּי יֹאשִׁיָּה. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר ״וְעָרֵל זָכָר אֲשֶׁר לֹא יִמּוֹל אֶת בְּשַׂר עׇרְלָתוֹ״ — מְקוֹם שֶׁנִּיכָּר בֵּין זַכְרוּת לְנַקְבוּת.
Nos maîtres ont enseigné : on peut écrire des téfilines sur la peau d'un animal domestique cachère, sur la peau d'un animal sauvage cachère, et sur la peau de leurs bêtes mortes [non abattues rituellement, nevelot] et de leurs bêtes atteintes d'une tare mortelle [trefot]. On les enroule [les parchemins] avec leurs poils et on les coud avec leurs tendons ; et c'est une halakha [transmise] à Moïse au Sinaï que les téfilines s'enroulent avec leurs poils et se cousent avec leurs tendons. Mais on n'écrit ni sur la peau d'un animal domestique non cachère, ni sur la peau d'un animal sauvage non cachère, et il va sans dire [qu'on n'écrit pas] sur la peau de leurs nevelot et trefot ; et on ne les enroule pas avec leurs poils, et on ne les coud pas avec leurs tendons.
תָּנוּ רַבָּנַן: כּוֹתְבִין תְּפִילִּין עַל גַּבֵּי עוֹר בְּהֵמָה טְהוֹרָה, וְעַל גַּבֵּי עוֹר חַיָּה טְהוֹרָה, וְעַל גַּבֵּי עוֹר נְבֵלוֹת וּטְרֵפוֹת שֶׁלָּהֶן. וְנִכְרָכוֹת בְּשַׂעֲרָן וְנִתְפָּרוֹת בְּגִידָן, וַהֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי שֶׁהַתְּפִילִּין נִכְרָכוֹת בְּשַׂעֲרָן וְנִתְפָּרוֹת בְּגִידָן. אֲבָל אֵין כּוֹתְבִין לֹא עַל גַּבֵּי עוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה, וְלֹא עַל גַּבֵּי עוֹר חַיָּה טְמֵאָה, וְאֵינוֹ צָרִיךְ לוֹמַר עַל גַּבֵּי עוֹר נְבֵלָה וּטְרֵפָה שֶׁלָּהֶן. וְאֵין נִכְרָכוֹת בְּשַׂעֲרָן, וְאֵין נִתְפָּרוֹת בְּגִידָן.
Et voici la question qu'un Boéthusien posa à Rabbi Yehochoua HaGarsi : d'où [sait-on] qu'on n'écrit pas les téfilines sur la peau d'un animal non cachère ? [Il lui répondit :] car il est écrit « afin que la Torah de l'Éternel soit dans ta bouche » — [seulement] d'une chose permise dans ta bouche. [Le Boéthusien objecta :] s'il en est ainsi, sur la peau des nevelot et trefot [d'animaux cachères], on ne devrait pas non plus écrire [puisqu'elles ne se mangent pas] ! Il lui dit : je vais te proposer une parabole. À quoi cela ressemble-t-il ? À deux hommes condamnés à mort par la royauté : l'un fut mis à mort par le roi [lui-même], l'autre par le bourreau (ispaklator) ; lequel des deux est le plus considéré ? Tu dois dire : celui que le roi a mis à mort [lui-même. De même, l'animal mort de la main du Ciel, sans action humaine, est supérieur]. [Le Boéthusien rétorqua :] s'il en est ainsi, qu'on les mange [puisqu'elles ont été tuées par le roi] ! Il lui dit : la Torah a dit « vous ne mangerez aucune nevela » (Devarim 14, 21) — et toi tu dis qu'on les mangerait ?! [Le Boéthusien] lui dit : bien dit (kalos) !
וְזוֹ שְׁאֵילָה שָׁאַל בַּיְתּוֹסִי אֶחָד אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הַגַּרְסִי: מִנַּיִין שֶׁאֵין כּוֹתְבִין תְּפִילִּין עַל עוֹר בְּהֵמָה טְמֵאָה? דִּכְתִיב: ״לְמַעַן תִּהְיֶה תּוֹרַת ה׳ בְּפִיךָ״ — מִדָּבָר הַמּוּתָּר בְּפִיךְ. אֶלָּא מֵעַתָּה, עַל גַּבֵּי עוֹר נְבֵלוֹת וּטְרֵפוֹת אַל יִכָּתְבוּ! אָמַר לוֹ: אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל, הָא לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה — לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם שֶׁנִּתְחַיְּיבוּ הֲרִיגָה לַמַּלְכוּת. אֶחָד הֲרָגוֹ מֶלֶךְ וְאֶחָד הֲרָגוֹ אִיסְפַּקְלָטוֹר, אֵיזֶה מֵהֶן מְשׁוּבָּח — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה שֶׁהֲרָגוֹ מֶלֶךְ. אֶלָּא מֵעַתָּה יֵאָכְלוּ! אֲמַר לֵיהּ: הַתּוֹרָה אָמְרָה ״לֹא תֹאכְלוּ כׇל נְבֵלָה״, וְאַתְּ אָמְרַתְּ יֵאָכְלוּ?! אֲמַר לֵיהּ: קָאלוֹס.