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Traité Shabbat

105b

Étude de Shabbat 105b

Étude de la Mishna & Guémara 105b

La Guemara explique : [le cas où déchirer un vêtement constitue une réparation] se rencontre lorsqu'une excroissance en forme de poche (ki kista) gêne la couture. Dès lors, on déchire le vêtement et l'on rentre la partie qui dépasse sous la couture [si bien que l'acte de déchirer est constructif et rend passible].
דְּעַבְדַהּ כִּי כִיסְתָּא.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui déchire son vêtement dans sa colère (ba'hamato) ou dans son affliction pour son mort est exempt. Et quiconque accomplit des travaux de manière destructrice (mékalkélin) le Chabbat est exempt. Mais celui qui détruit en vue de réparer (al menat létaken) est passible, et sa mesure [de responsabilité] est égale à celle de celui qui accomplit ce travail de manière constructive. La mesure qui détermine la responsabilité pour celui qui blanchit (melaben), ou qui carde (menapets), ou qui teint (tsovéa), ou qui file la laine (tové) est la pleine largeur d'un double sit — soit la distance entre l'index et le majeur. Et pour celui qui tisse deux fils (oreg), la mesure qui détermine la responsabilité est la pleine largeur d'un seul sit.
מַתְנִי׳ הַקּוֹרֵעַ בַּחֲמָתוֹ וְעַל מֵתוֹ, וְכׇל הַמְקַלְקְלִין — פְּטוּרִין. וְהַמְקַלְקֵל עַל מְנָת לְתַקֵּן — שִׁיעוּרוֹ כִּמְתַקֵּן. שִׁיעוּר הַמְלַבֵּן וְהַמְנַפֵּץ וְהַצּוֹבֵעַ וְהַטּוֹוֶה — כִּמְלֹא רֹחַב הַסִּיט כָּפוּל, וְהָאוֹרֵג שְׁנֵי חוּטִין — שִׁיעוּרוֹ כִּמְלֹא הַסִּיט.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Nous avons appris dans la michna que celui qui déchire son vêtement dans sa colère ou dans son affliction pour son mort est exempt. La Guemara soulève une contradiction à partir d'une baraïta : Celui qui déchire son vêtement dans sa colère, ou dans son deuil, ou dans son affliction pour son mort est passible [d'avoir accompli un travail interdit le Chabbat] ; et bien qu'il profane le Chabbat [en déchirant son vêtement], il s'est néanmoins acquitté de son obligation de déchirure [du deuil]. Il apparaît donc que l'on est passible pour avoir déchiré son vêtement dans l'affliction pour un mort ! La Guemara répond : cela ne fait pas difficulté. Ceci [la baraïta, qui déclare passible] traite de son propre mort, pour lequel il a l'obligation de déchirer son vêtement ; et cela [la michna, qui exempte] traite d'un mort quelconque [auquel il n'est pas apparenté].
גְּמָ׳ וּרְמִינְהוּ: הַקּוֹרֵעַ בַּחֲמָתוֹ וּבְאֶבְלוֹ וְעַל מֵתוֹ — חַיָּיב, וְאַף עַל פִּי שֶׁמְּחַלֵּל אֶת הַשַּׁבָּת, יָצָא יְדֵי קְרִיעָה! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּמֵת דִּידֵיהּ, הָא בְּמֵת דְּעָלְמָא.
La Guemara objecte : mais [la michna] n'enseigne-t-elle pas « son mort » [c'est-à-dire un proche] ? La Guemara répond : en réalité, [la michna qui exempte] traite bien de son propre mort, mais [il s'agit] de ces parents qui ne sont pas soumis à l'obligation de deuil [par la Torah]. La Guemara objecte : et même ainsi, s'il s'agit d'un Sage ('hakham), on est tenu de déchirer [son vêtement] dans l'affliction pour sa mort, comme il a été enseigné dans une baraïta : Lorsqu'un Sage meurt, tous sont ses parents. « Tous sont ses parents », te viendrait-il à l'esprit ?! Dis plutôt : tous sont comme ses parents ; tous déchirent [leur vêtement] pour lui, tous dénudent l'épaule ('holtsin) pour lui, et tous prennent pour lui le repas de deuil (mavrin) sur la place publique [comme le font les endeuillés]. La Guemara répond : il n'était nécessaire [d'enseigner cette halakha dans la michna] que dans un cas où le défunt n'est pas un Sage.
וְהָא ״מֵתוֹ״ קָתָנֵי! לְעוֹלָם בְּמֵת דִּידֵיהּ, וּבְהָנָךְ דְּלָאו בְּנֵי אֲבֵילוּת נִינְהוּ. וְאִי חָכָם הוּא — חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב, דְּתַנְיָא: חָכָם שֶׁמֵּת — הַכֹּל קְרוֹבָיו. הַכֹּל קְרוֹבָיו סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: הַכֹּל כִּקְרוֹבָיו, הַכֹּל קוֹרְעִין עָלָיו, הַכֹּל חוֹלְצִין עָלָיו, הַכֹּל מַבְרִין עָלָיו בָּרְחָבָה. לָא צְרִיכָא, דְּלָאו חָכָם הוּא.
La Guemara objecte : et s'il s'agissait d'un homme intègre (adam kachér), tous ceux qui assistent à sa mort ne seraient-ils pas tenus de déchirer leur vêtement pour lui ? Comme il a été enseigné dans une baraïta : Pourquoi les fils et les filles d'un homme meurent-ils lorsqu'ils sont encore en bas âge ? Afin qu'il pleure et porte le deuil d'un homme intègre [qu'il avait négligé de pleurer]. « Afin qu'il pleure » ?! Prend-on de lui un gage à l'avance [pour garantir qu'il s'acquittera de son obligation] ?! Dis plutôt : c'est parce qu'il n'a pas pleuré ni porté le deuil d'un homme intègre [décédé], car quiconque pleure un homme intègre [qui est mort], on lui pardonne toutes ses fautes, en raison de l'honneur qu'il a rendu [au défunt]. [Cela reste néanmoins difficile, puisqu'on est tenu de déchirer son vêtement pour un homme intègre.] La Guemara répond : il n'était nécessaire [d'enseigner cette halakha] que dans un cas où le défunt n'est pas un homme intègre.
וְאִי אָדָם כָּשֵׁר הוּא חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב, דְּתַנְיָא: מִפְּנֵי מָה מֵתִים בָּנָיו וּבְנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כְּשֶׁהֵן קְטַנִּים — כְּדֵי שֶׁיִּבְכֶּה וְיִתְאַבֵּל עַל אָדָם כָּשֵׁר. כְּדֵי שֶׁיִּבְכֶּה?! עֶרְבוֹנָא שָׁקְלִי מִינֵּיהּ?! אֶלָּא: מִפְּנֵי שֶׁלֹּא בָּכָה וְהִתְאַבֵּל עַל אָדָם כָּשֵׁר, שֶׁכׇּל הַבּוֹכֶה עַל אָדָם כָּשֵׁר מוֹחֲלִין לוֹ עַל כׇּל עֲוֹנוֹתָיו בִּשְׁבִיל כָּבוֹד שֶׁעָשָׂה. לָא צְרִיכָא, דְּלָאו אָדָם כָּשֵׁר הוּא.
La Guemara objecte : et si l'on se tient [auprès du défunt] au moment où l'âme quitte le corps (chéat yetsiat néchama), on est tenu de déchirer son vêtement, comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon ben Elazar dit : Celui qui se tient auprès du mort au moment où l'âme s'en va est tenu de déchirer [son vêtement]. À quoi cela ressemble-t-il ? À un rouleau de la Torah (séfer Torah) que l'on brûle. La Guemara répond : il n'était nécessaire [d'enseigner cette halakha] que dans un cas où il ne se tient pas [là] au moment où l'âme s'en va.
וְאִי דְּקָאֵי בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה — חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב, דְּתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הָעוֹמֵד עַל הַמֵּת בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה — חַיָּיב לִקְרוֹעַ, הָא לְמָה זֶה דּוֹמֶה — לְסֵפֶר תּוֹרָה שֶׁנִּשְׂרָף! לָא צְרִיכָא, דְּלָא קָאֵי בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה.
La Guemara objecte encore : cela règle bien [la contradiction] concernant son mort ; mais [la contradiction] entre [la michna qui exempte] celui qui déchire dans sa colère et [la baraïta qui rend passible] celui qui déchire dans sa colère demeure difficile ! [La Guemara répond :] la colère [de la michna] et la colère [de la baraïta] ne font pas non plus difficulté : ceci [la baraïta, qui rend passible] suit Rabbi Yehouda, et cela [la michna, qui exempte] suit Rabbi Chimon. La Guemara précise : ceci [la baraïta] suit Rabbi Yehouda, qui dit qu'un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même (mélakha chééna tsérikha légoufa) rend passible [celui qui l'accomplit] ; [donc celui qui déchire dans sa colère est passible]. Et cela [la michna] suit Rabbi Chimon, qui dit qu'un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même exempte [celui qui l'accomplit].
תִּינַח מֵתוֹ, אֶלָּא חֲמָתוֹ אַחֲמָתוֹ קַשְׁיָא! חֲמָתוֹ אַחֲמָתוֹ נָמֵי לָא קַשְׁיָא, הָא — רַבִּי יְהוּדָה, הָא — רַבִּי שִׁמְעוֹן. הָא רַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ — חַיָּיב עָלֶיהָ. הָא רַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ — פָּטוּר עָלֶיהָ.
[La Guemara objecte :] admettons que tu aies entendu Rabbi Yehouda [rendre passible pour un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même] dans le cas d'un acte constructif (métaken) ; mais l'as-tu entendu [rendre passible] dans le cas d'un acte destructif (mékalkel) [comme la déchirure dans la colère] ?! Rabbi Avin dit : ce cas-ci [déchirer dans la colère] est lui aussi constructif, car ce faisant il procure de l'apaisement à son penchant (na'hat roua'h léyitsro) [en assouvissant sa colère ; il en tire donc un bénéfice]. [La Guemara objecte :] et est-il seulement permis de déchirer de la sorte ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta que Rabbi Chimon ben Elazar dit au nom de 'Hilfa bar Agra, qui dit au nom de Rabbi Yo'hanan ben Nouri : Celui qui déchire ses vêtements dans sa colère, qui brise ses ustensiles dans sa colère, ou qui disperse son argent dans sa colère, qu'il soit à tes yeux comme un idolâtre. Car tel est le métier du mauvais penchant (yétser hara) : aujourd'hui il lui dit « fais ceci », demain il lui dit « fais cela », jusqu'à ce qu'il lui dise « va adorer des idoles », et il va les adorer. Rabbi Avin dit : quel est le verset [qui y fait allusion] ? « Qu'il n'y ait pas chez toi de dieu étranger, et ne te prosterne pas devant un dieu étranger » (Téhilim 81, 10). Quel est le dieu étranger qui se trouve dans le corps de l'homme ? Dis : c'est le mauvais penchant. [Il n'est donc pas permis de déchirer dans la colère, puisque l'on y prend plaisir en assouvissant le mauvais penchant.]
אֵימַר דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה בִּמְתַקֵּן, בִּמְקַלְקֵל מִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ? אָמַר רַבִּי אָבִין: הַאי נָמֵי מְתַקַּן הוּא, דְּקָעָבֵיד נַחַת רוּחַ לְיִצְרוֹ. וּכְהַאי גַּוְונָא מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם חִילְפָא בַּר אַגְרָא שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי: הַמְקָרֵע בְּגָדָיו בַּחֲמָתוֹ, וְהַמְשַׁבֵּר כֵּלָיו בַּחֲמָתוֹ, וְהַמְפַזֵּר מְעוֹתָיו בַּחֲמָתוֹ, יְהֵא בְּעֵינֶיךָ כְּעוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה. שֶׁכָּךְ אוּמָּנוּתוֹ שֶׁל יֵצֶר הָרָע: הַיּוֹם אוֹמֵר לוֹ עֲשֵׂה כָּךְ, וּלְמָחָר אוֹמֵר לוֹ עֲשֵׂה כָּךְ, עַד שֶׁאוֹמֵר לוֹ עֲבוֹד עֲבוֹדָה זָרָה וְהוֹלֵךְ וְעוֹבֵד. אָמַר רַבִּי אָבִין: מַאי קְרָאָה — ״לֹא יִהְיֶה בְךָ אֵל זָר וְלֹא תִשְׁתַּחֲוֶה לְאֵל נֵכָר״, אֵיזֶהוּ אֵל זָר שֶׁיֵּשׁ בְּגוּפוֹ שֶׁל אָדָם? הֱוֵי אוֹמֵר, זֶה יֵצֶר הָרָע.
La Guemara répond : il n'est nécessaire [d'en discuter] que dans un cas où l'on agit ainsi pour inspirer la crainte (lémirma émeta) aux membres de sa maison [sans être réellement en colère : il déchire et brise alors qu'il maîtrise son penchant et n'est pas en danger d'y succomber]. Comme dans cet épisode où Rav Yehouda arrachait des fils (tsavyata) [de son vêtement pour paraître en colère] ; Rav A'ha bar Yaakov brisait des ustensiles déjà brisés ; Rav Chéchet jetait de la saumure de petits poissons (mounine) sur la tête de sa servante ; et Rabbi Abba brisait le couvercle d'une cruche (nikhtéma). [Tous ces Sages ne causaient qu'un dommage minime pour donner l'impression qu'ils étaient en colère.]
לָא צְרִיכָא, דְּקָא עָבֵיד לְמִירְמָא אֵימְתָא אַאִינָשֵׁי בֵּיתֵיהּ. כִּי הָא דְּרַב יְהוּדָה שָׁלֵיף מְצָבְיָיתָא, רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב תָּבַר מָאנֵי תְּבִירֵי, רַב שֵׁשֶׁת רָמֵי לַהּ לְאַמְתֵּיהּ מוֹנִינֵי אַרֵישָׁא, רַבִּי אַבָּא תָּבַר נִכְתְּמָא.
Rabbi Chimon ben Pazi dit, au nom de Rabbi Yehochoua ben Lévi, au nom de Bar Kappara : Quiconque verse des larmes sur [la mort d']un homme intègre, le Saint béni soit-Il les compte et les dépose dans Son trésor, comme il est dit : « Mes pérégrinations, Tu les as comptées ; mets mes larmes dans Ton outre — ne sont-elles pas dans Ton livre ? » (Téhilim 56, 9). Rav Yehouda dit au nom de Rav : Quiconque est négligent dans l'éloge funèbre (hespéd) d'un Sage mérite d'être enterré vivant, comme il est dit : « Ils l'enterrèrent dans le territoire de son héritage, à Timnat-Séra'h, dans la montagne d'Éphraïm, au nord du mont Gaach » (Yehochoua 24, 30) ; cela enseigne que la montagne s'émut (ragach) contre eux pour les tuer [parce qu'ils ne l'avaient pas dûment pleuré]. Rabbi 'Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Quiconque est négligent dans l'éloge funèbre d'un Sage ne vit pas de longs jours — mesure pour mesure (midda kenégued midda), comme il est dit : « Avec mesure (besasséa), en la renvoyant, Tu la châties » (Yéchayahou 27, 8).
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: כָּל הַמּוֹרִיד דְּמָעוֹת עַל אָדָם כָּשֵׁר, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא סוֹפְרָן וּמַנִּיחָן בְּבֵית גְּנָזָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נֹדִי סָפַרְתָּה אָתָּה שִׂימָה דִמְעָתִי בְנֹאדֶךָ הֲלֹא בְּסִפְרָתֶךָ״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל הַמִּתְעַצֵּל בְּהֶסְפֵּדוֹ שֶׁל חָכָם — רָאוּי לְקוֹבְרוֹ בְּחַיָּיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקְבְּרוּ אוֹתוֹ בִּגְבוּל נַחֲלָתוֹ בְּתִמְנַת סֶרַח אֲשֶׁר בְּהַר אֶפְרָיִם מִצְּפוֹן לְהַר גָּעַשׁ״, מְלַמֵּד שֶׁרָגַשׁ עֲלֵיהֶן הַר לְהוֹרְגָן. אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמִּתְעַצֵּל בְּהֶסְפֵּדוֹ שֶׁל חָכָם, אֵינוֹ מַאֲרִיךְ יָמִים — מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּסַאסְּאָה בְּשַׁלְּחָהּ תְּרִיבֶנָּה״.
Rabbi 'Hiya bar Abba souleva une objection à Rabbi Yo'hanan : il est écrit « Le peuple servit l'Éternel tous les jours de Yehochoua et tous les jours des Anciens qui prolongèrent leurs jours après Yehochoua » (Choftim 2, 7) [ce qui indique que les Anciens vécurent longtemps, alors même qu'ils n'avaient pas dûment fait l'éloge de Yehochoua] ! Il lui dit : Babylonien (Bavlaï) [sois plus précis dans ta lecture] ! Des jours ils prolongèrent, mais des années ils ne prolongèrent pas [ils ne vécurent même pas jusqu'à la fin de cette année-là]. [Rabbi 'Hiya objecta de nouveau :] mais alors, [le verset] « afin que se multiplient vos jours et les jours de vos enfants » (Devarim 11, 21) [signifierait-il] des jours et non des années ?! Il lui répondit : une bénédiction, c'est différent [et doit s'entendre dans son sens le plus large].
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן: ״וַיַּעַבְדוּ הָעָם אֶת ה׳ כֹּל יְמֵי יְהוֹשֻׁעַ וְכֹל יְמֵי הַזְּקֵנִים אֲשֶׁר הֶאֱרִיכוּ יָמִים אַחֲרֵי יְהוֹשֻׁעַ״! אֲמַר לֵיהּ, בַּבְלַאי: יָמִים הֶאֱרִיכוּ, שָׁנִים לֹא הֶאֱרִיכוּ. אֶלָּא מֵעַתָּה: ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם״ — יָמִים וְלֹא שָׁנִים? בְּרָכָה שָׁאנֵי.
Et Rabbi 'Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Si l'un des frères meurt,
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֶחָד מִן הָאַחִין שֶׁמֵּת —

Rachi

דעבדה - הבגד:,כי כיסתא - הולכת ומתקפלת שאין הבגד שוה ובולט בבגד כמין כיס וצריך לקרוע הבגד למטה ומולל לפניו והתפירה מתיישבת:

מתני' הסיט כפול - מפרש בגמרא סיט הוא הפסק שבין אצבע לאמה כמו שאדם יכול להרחיבו ואם טוה וליבן וניפץ וצבע שהן כולן אבות מלאכות חוט א' ארוך כשיעור הזה חייב:,האורג ב' חוטין שיעורו - ברוחב הבגד כמלא הסיט שאע"פ שלא ארגו על פני כל רוחב הבגד חייב:

גמ' נראה בעיני דהכי גרסי' ורמינהו הקורע בחמתו ובאבלו ועל מתו חייב ואע"פ כו' ולמאי דגרס הקורע בחמתו ובאבלו ועל מתו אע"פ כו' לא ידענא מאי יצא ידי הקריעה שייך למימר אבחמתו ואמאי נקט בחמתו:,יצא ידי הקריעה - שאדם חייב לקרוע על מתו:,הא במת דידיה - ברייתא דקתני חייב במת דידיה שחייב לקרוע עליו הלכך קריעה דידיה לאו קלקול הוא אלא תקון:

והא מתו - נמי קתני במתני':,לעול' במת דידיה - שמוטל עליו לקוברו ומיהו בהנך דלאו בני אבלו' נינהו שאינן מאותן האמורים בפרשת כהנים (ויקרא כא) אביו ואמו בנו ובתו ואחיו ואחותו:,ופרכינן ואי חכם הוא - זה שמת חיובי מיחייב נמי לקרוע וכיון דמיחייב מתקן הוא ואמאי פטור:,חולצין - יוצאים לפניו חלוצי כתף חלוקו קרוע עד שכתיפו חלוצה ערומה:,מברין עליו ברחבה - שהיו מברין האבלין ברחבה סעודה ראשונה שאבל אוכל אינו אוכל משלו ואסור דקאמר ליה רחמנא ליחזקאל (כד) לחם אנשים לא תאכל:

ערבונא שקלי - קודם שיחטא נטלו משכונו:

לס"ת שנשרף - הרואה ס"ת שנשרף חייב לקרוע כדאמרינן במו"ק (דף כו.) במגילה ששרף יהויקים דכתיב לא פחדו ולא קרעו בגדים אף נשמת ישראל הניטלת דומה לו שאין לך ריק בישראל שאין בו תורה ומצות:

הא ר' יהודה כו' - ומתו אמתו הכי נמי הוה מצי לתרוצי אלא מעיקרא אהדר לאוקמינהו כחד תנא ולא מתוקמא אלא כר' יהודה דהא מלאכה שאינה צריכה לגופה היא כמוציא את המת לקוברו:

נחת רוח ליצרו - שמשכך את חמתו:,מי שרי והא תניא כו' - אלמא לאו מתקן הוא שמלמד ומרגיל את יצרו לבא עליו:,בך - משמע בקרבך שאם היה בך תשתחוה לאל נכר לבסוף:

שליף מצבייתא - מן הבגד בחמתו להראותם שהוא כועס ויגורו מלפניו:,מוניני - ציר של דגים קטנים:,נכתמא - כיסוי הכד:

נודי ספרתה אתה - לשון לנוד לו (איוב ב):,ויקברו אותו - ביהושע כתיב:,שרגש עליהן הר להורגן - שלא הספידו כראוי:,מדה כנגד מדה - הוא לא נתאבל על שנתקצרו ימי החכם אף לחייו לא יחושו מן השמים:

בבלאי - דמבבל סליק:,ימים האריכו - שכלו ימיהם בטוב דחשיב אריכות ימים כדאמרי' בסדר יומא (דף עא.) כי אורך ימים ושנות חיים יוסיפו וכי יש לך שנים של חיים ושנים שאינם של חיים אמר רבי אלעזר אלו שנותיו של אדם שמתהפכות עליו מרעה לטובה:

Tossafot

הכל חולצין עליו - אומר רשב"א דאפי' אינו רבו חייב כדאמרינן במו"ק (דף כה.) מי תני רבו שמת חכם שמת תני והא דאמר בשילהי פרק אלו מציאות (ב"מ לג.) רבא קרע עליה דההוא גברא דאסבריה זוהמא ליסטרון היינו קרע שאינו מתאחה כדין תלמיד לרב כדתני בפרק אלו מגלחין (מו"ק דף כו.):

דתניא ר"ש בן אלעזר אומר העומד על המת כו' - משמע ליה להש"ס דמיירי אפי' באינו כשר:

הא ר' יהודה והא ר"ש - פי' בקונט' דבהאי שינויא נמי משני דלא קשה מתו אמתו והא דלא קאמר אלא משום דלא הוזכר אמורא לעיל וקשה לר"י דע"כ תרוייהו במת דידיה איירי ולא במת דעלמא כדקתני בברייתא דלעיל דיצא ידי קריעה וא"כ הויא מלאכה שצריכה לגופה כיון שהיא צורך מצוה כדמוכח לקמן ונראה לר"י דלא מתרץ אלא חמתו אחמתו אבל בעל מתו לא פליגי דבמת דעלמא פטור דמקלקל הוא ובמת דידיה דאיכא מצוה חשיב מתקן אע"ג דלקמן משמע דלצורך מצוה לא חשיב ר"ש תיקון דהא יליף ממילה והבערת בת כהן דמקלקל בחבורה ובהבערה חייב התם מקלקל הוא לגמרי שאינו צורך אחר אלא מה שהוא צורך מצוה אבל גבי קריעת אבל הוי תיקון הבגד על ידי קריעה שיוכל ללובשו בכל שעה ואית בו חימום ועוד כמו שמחלק לקמן ר"ת דהתם התיקון בא לבסוף שבשעת חבורה והבערה אינה באה הכשר מצוה עד הגמר אבל הכא בשעת קריעה בא התיקון ולא חשיב קלקול:

לא צריכא דקעבד למירמא אימתא כו' - השתא הוה מצי לאוקמי תרווייהו כר' יהודה ומתני' דלא עבד למירמא אימתא דבלא"ה מוקמינן לקמן כר' יהודה דאמר מקלקל בחבורה פטור אלא דניחא ליה לאוקמי מתני' בדעביד למירמא אימתא דאי בחמתו פשיטא דפטור:

שרגש עליהן ההר כו' - משום דלא אשכחן דכתיב ביה ויבכו אותו שלשים יום כמו במשה ואהרן. ע"כ תוספות שאנץ. רש"ל:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 105b
100%
שבת ק״ה במַסֶּכֶת שַׁבָּת