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Traité Shabbat

100a

Étude de Shabbat 100a

Étude de la Mishna & Guémara 100a

cela n'est pas considéré comme son dépôt (hana'ha). Cependant, Rava posa un dilemme : dans le cas où une noix se trouve dans un récipient et que le récipient flotte sur l'eau, quelle est la règle ? [Est-il permis de soulever la noix le Chabbat lorsqu'on se tient dans un autre domaine ?] Les deux côtés du dilemme sont les suivants : disons-nous que l'on suit le statut de la noix, et celle-ci est au repos dans le récipient ? Ou bien peut-être que l'on suit le statut du récipient, et celui-ci n'est pas au repos [puisqu'il flotte] ? La question reste sans résolution (téïkou).
לָאו הַיְינוּ הַנָּחָתָן. בָּעֵי רָבָא: אֱגוֹז בִּכְלִי וּכְלִי צָף עַל גַּבֵּי מַיִם — מַהוּ? מִי אָמְרִינַן בָּתַר אֱגוֹז אָזְלִינַן, וְהָא נָיַיח, אוֹ דִילְמָא בָּתַר כְּלִי אָזְלִינַן, וְהָא לָא נָיַיח. תֵּיקוּ.
Quant à de l'huile [flottant] sur du vin, c'est une controverse entre Rabbi Yo'hanan ben Nouri et les Sages. Comme nous l'avons appris dans une michna : dans le cas de l'huile [de térouma] qui flotte sur du vin [de térouma], et qu'un homme qui s'est immergé le jour même (tevoul yom) — c'est-à-dire quelqu'un qui était impur, s'est immergé dans un bain rituel, mais ne deviendra entièrement pur qu'au coucher du soleil — a touché l'huile : il a rendu impropre (passoul) l'huile seulement, et non le vin. Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit : quant aux deux, c'est-à-dire l'huile et le vin, ils sont considérés comme ayant une connexion ('hibour) l'un avec l'autre [puisqu'il a rendu l'huile impure, le vin l'est aussi]. Leur controverse porte sur la question de savoir si l'huile est ou non considérée comme déposée sur le vin.
שֶׁמֶן עַל גַּבֵּי יַיִן, מַחֲלוֹקֶת רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וְרַבָּנַן. דִּתְנַן: שֶׁמֶן שֶׁצָּף עַל גַּבֵּי יַיִן, וְנָגַע טְבוּל יוֹם בַּשֶּׁמֶן — לֹא פָּסַל אֶלָּא שֶׁמֶן. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: שְׁנֵיהֶם חִיבּוּר זֶה לָזֶה.
Abayé dit : dans le cas d'une fosse (bor) située dans le domaine public, profonde de dix [tefa'him] et large de précisément huit [tefa'him], et où un homme a jeté une natte (ma'htselet), il est passible [puisque la fosse, large de huit, reste un domaine privé]. Mais s'il a divisé la fosse au moyen d'une natte qui la sépare en deux [chaque moitié faisant un peu moins de quatre tefa'him de large], il est exempt [car aucune des deux parties n'est considérée comme un domaine privé]. La Guemara commente : selon l'opinion d'Abayé, pour qui il est évident qu'une natte annule la cloison (me'hitsa) de la fosse, à plus forte raison un bloc [de terre] jeté dans une fosse [profonde de dix tefa'him, la ramenant à moins de dix] annule-t-il la cloison — et il n'a donc aucun dilemme à l'égard du cas de Rabbi Yo'hanan. Selon Rabbi Yo'hanan, qui posait un dilemme au sujet d'un bloc [de terre], il est évident qu'une natte n'annule pas la cloison.
אָמַר אַבָּיֵי: בּוֹר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים עֲמוּקָּה עֲשָׂרָה וּרְחָבָה שְׁמֹנָה, וְזָרַק לְתוֹכָהּ מַחְצֶלֶת — חַיָּיב. חִילְּקָהּ בְּמַחְצֶלֶת — פָּטוּר. לְאַבָּיֵי דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּמַחְצֶלֶת מְבַטְּלָא מְחִיצְתָּא — כׇּל שֶׁכֵּן חוּלְיָא דִּמְבַטְּלָא מְחִיצְתָּא. לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּמִיבַּעְיָא לֵיהּ חוּלְיָא, מַחְצֶלֶת פְּשִׁיטָא דְּלָא מְבַטְּלָא מְחִיצְתָּא.
Et Abayé dit : dans le cas d'une fosse située dans le domaine public, profonde de dix [tefa'him] et large de quatre [tefa'him], emplie d'eau, et où un homme a jeté [un objet] le Chabbat, il est passible [car la fosse est considérée comme un domaine privé]. Et si la fosse était emplie de fruits et qu'un homme y a jeté [un objet], il est exempt. Quelle est la raison [de la différence de règles] ? L'eau n'est pas assez significative pour annuler la cloison ; les fruits annulent la cloison. Cela a également été enseigné dans une baraïta : celui qui jette un objet de la mer vers la chaussée (isratya), ou de la chaussée vers la mer, est exempt [car la mer est considérée comme un karmelit, et l'on n'est pas passible selon la loi de la Torah dans ce cas]. Rabbi Chimon dit : si, à l'endroit de la mer où il a jeté [l'objet], il y a une profondeur de dix [tefa'him] et une largeur de quatre [tefa'him], il est passible [car il est considéré comme quelqu'un qui a jeté un objet dans un domaine privé]. Il apparaît [de là] que l'eau de la mer n'annule pas le statut de domaine privé.
וְאָמַר אַבָּיֵי: בּוֹר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים עֲמוּקָּה עֲשָׂרָה וּרְחָבָה אַרְבָּעָה מְלֵאָה מַיִם, וְזָרַק לְתוֹכָהּ — חַיָּיב. מְלֵאָה פֵּירוֹת, וְזָרַק לְתוֹכָהּ — פָּטוּר, מַאי טַעְמָא? — מַיִם לָא מְבַטְּלִי מְחִיצְתָּא, פֵּירוֹת מְבַטְּלִי מְחִיצְתָּא. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַזּוֹרֵק מִן הַיָּם לְאִיסְרַטְיָא וּמִן הָאִיסְרַטְיָא לַיָּם — פָּטוּר. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אִם יֵשׁ בִּמְקוֹם שֶׁזָּרַק עָמוֹק עֲשָׂרָה וְרָחָב אַרְבָּעָה — חַיָּיב.
Mishna 1
MICHNA. Quant à celui qui jette un objet sur quatre amot [dans le domaine public] : si [l'objet vient frapper] le mur au-dessus de dix tefa'him du sol — [zone qui est un domaine exempt] — c'est comme s'il l'avait jeté dans l'air [et il est exempt]. [S'il frappe le mur] en dessous de dix tefa'him du sol, c'est comme s'il l'avait jeté à terre. Et celui qui jette un objet [sur] quatre amot et qu'il vient à terre est passible.
מַתְנִי׳ הַזּוֹרֵק אַרְבַּע אַמּוֹת בַּכּוֹתֶל, לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים — כְּזוֹרֵק בָּאֲוִיר. לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים — כְּזוֹרֵק בָּאָרֶץ. הַזּוֹרֵק בָּאָרֶץ אַרְבַּע אַמּוֹת — חַיָּיב.(משנה)
Guémara
GUEMARA. [Nous avons appris dans la michna que si l'on jette un objet dans le domaine public sur une distance de quatre amot et qu'il frappe un mur en dessous de dix tefa'him du sol, on est passible si on l'a jeté.] La Guemara demande : mais [l'objet] ne s'est pas reposé ! [Comment pourrait-il être passible pour ce transport, puisque l'objet n'est pas venu se reposer sur le mur, et qu'il n'y a donc pas eu de dépôt (hana'ha) ?] Rabbi Yo'hanan dit : c'est à propos d'une galette de figues grasse [qui adhère au mur lorsqu'on l'y lance] que nous avons appris [la michna].
גְּמָ׳ וְהָא לָא נָח? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בִּדְבֵילָה שְׁמֵינָה שָׁנִינוּ.
Rav Yehouda dit que Rav dit que Rabbi 'Hiya dit : si l'on a jeté [une pierre contre] un mur, au-dessus de dix tefa'him du sol, et qu'elle est allée se reposer dans un trou ('hor) de n'importe quelle taille [inférieure à quatre tefa'him], nous en venons à la controverse entre Rabbi Méir et les Sages. Selon l'opinion de Rabbi Méir, qui dit : « l'on creuse [l'espace par la pensée] pour le compléter » (’hokekin lehachlim), il est passible. [On complète le trou en le creusant conceptuellement jusqu'à quatre tefa'him, parce que cela est théoriquement possible ; le trou étant alors considéré comme haut de dix tefa'him et large de quatre, on est passible pour avoir transféré un objet d'un domaine public vers un domaine privé.] Selon l'opinion des Sages, qui disent : « l'on ne creuse pas [l'espace] pour le compléter », celui qui a jeté n'est pas passible [car le trou est en réalité, à présent, large de moins de quatre tefa'him]. Cela a également été enseigné dans une baraïta : si l'on a jeté un objet au-dessus de dix tefa'him, et qu'il est allé se reposer dans un petit trou, Rabbi Méir le déclare passible, tandis que les Sages le déclarent exempt.
אָמַר רַב יְהוּדָה, אָמַר רַב, אָמַר רַבִּי חִיָּיא: זָרַק לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, וְהָלְכָה וְנָחָה בְּחוֹר כׇּל שֶׁהוּא, בָּאנוּ לְמַחְלוֹקֶת רַבִּי מֵאִיר וְרַבָּנַן. לְרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים — מִיחַיַּיב. לְרַבָּנַן דְּאָמְרִי אֵין חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים — לָא מִיחַיַּיב. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: זָרַק לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, וְהָלְכָה וְנָחָה בְּחוֹר כׇּל שֶׁהוּא — רַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין.
Rav Yehouda dit que Rav dit : dans le cas d'un monticule (tel) qui s'élève en pente, atteignant graduellement une hauteur de dix tefa'him sur un espace horizontal de quatre amot, et qu'un homme a jeté un objet [depuis le domaine public] qui est venu se reposer au sommet de ce monticule, il est passible [car le monticule est considéré comme une cloison]. Cela a également été enseigné dans une baraïta : une ruelle (mavoï) qui est de niveau à l'intérieur et qui devient un plan incliné — montant ou descendant — à mesure qu'elle débouche sur le domaine public [étant plus haute ou plus basse que la ruelle], ou bien dont l'entrée est de niveau lorsqu'elle débouche sur le domaine public tandis qu'à l'intérieur elle est inclinée : cette ruelle ne requiert ni montant (le'hi) le long de son entrée, ni poutre (kora) en travers de son entrée [pour la distinguer du domaine public], car la pente elle-même est considérée comme une cloison. Rabbi 'Hanina ben Gamliel dit : dans le cas d'un monticule qui atteint graduellement une hauteur de dix tefa'him sur un espace horizontal de quatre amot, et qu'un homme a jeté un objet [depuis le domaine public] qui est venu se reposer à son sommet, il est passible.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: תֵּל הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ אַרְבַּע, וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו — חַיָּיב. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מָבוֹי שֶׁשָּׁוָה לְתוֹכוֹ, וְנַעֲשָׂה מִדְרוֹן לִרְשׁוּת הָרַבִּים, אוֹ שָׁוָה לִרְשׁוּת הָרַבִּים וְנַעֲשָׂה מִדְרוֹן לְתוֹכוֹ — אוֹתוֹ מָבוֹי אֵינוֹ צָרִיךְ לֹא לֶחִי וְלֹא קוֹרָה. רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: תֵּל הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ אַרְבַּע, וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו — חַיָּיב.
Mishna 2
MICHNA. Si l'on a jeté un objet [dans le domaine public] avec l'intention qu'il atterrisse en deçà de quatre amot — c'est-à-dire sans aucune intention de transgresser l'interdit toranique de transporter — et que l'objet a roulé et est allé au-delà de quatre amot, il est exempt. Mais si l'on a jeté un objet avec l'intention qu'il atterrisse au-delà de quatre amot, et que l'objet a roulé [en revenant] en deçà de quatre amot, il est passible [dès l'instant où il a initialement jeté l'objet].
מַתְנִי׳ זָרַק לְתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת וְנִתְגַּלְגֵּל חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת — פָּטוּר. חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת וְנִתְגַּלְגֵּל לְתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת — חַיָּיב.
Guémara 2
GUEMARA. [Nous avons appris dans la michna que si l'on a jeté un objet au-delà de quatre amot et qu'il a roulé en revenant en deçà de quatre amot, on est passible.] La Guemara demande : mais l'objet ne s'est pas reposé au-delà de quatre amot ; comment celui qui l'a jeté peut-il être passible ? Rabbi Yo'hanan dit : cette responsabilité a été établie [dans le cas] où l'objet est venu se reposer sur quelque chose (al gabei machehou). Cela a également été enseigné dans une baraïta : si l'on a jeté un objet au-delà de quatre amot et que le vent l'a poussé [alors qu'il était encore dans l'air] et l'a fait entrer en deçà de quatre amot, il est exempt même si [le vent] l'a ensuite ressorti — [car l'objet ne s'est pas reposé à l'endroit où il avait été jeté]. Mais si le vent l'a saisi brièvement et qu'il est resté à terre un court instant (Tossafot), même si le vent l'a ensuite fait entrer, l'individu est passible.
גְּמָ׳ וְהָא לָא נָח? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהוּא שֶׁנָּח עַל גַּבֵּי מַשֶּׁהוּ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: זָרַק חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת וּדְחָפַתּוּ הָרוּחַ וְהִכְנִיסַתּוּ, וְאַף עַל פִּי שֶׁחָזְרָה וְהוֹצִיאַתּוּ — פָּטוּר. אֲחָזַתּוּ הָרוּחַ מַשֶּׁהוּ, אַף עַל פִּי שֶׁחָזְרָה וְהִכְנִיסַתּוּ — חַיָּיב.
Rava dit : malgré le principe de lavoud — selon lequel, en deçà de trois tefa'him du sol, un objet est considéré comme rattaché à celui-ci — pour les Sages, qui soutiennent qu'un objet dans l'espace aérien n'est pas considéré comme au repos, l'objet doit venir se reposer sur quelque chose (al gabei machehou) pour établir la culpabilité. La Guemara rapporte que Maréimar siégeait et énonçait cette halakha. Ravina dit à Maréimar :
אָמַר רָבָא: תּוֹךְ שְׁלֹשָׁה לְרַבָּנַן צָרִיךְ הַנָּחָה עַל גַּבֵּי מַשֶּׁהוּ. יָתֵיב מָרִימָר וְקָאָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְמָרִימָר:

Rachi

לאו היינו הנחתן - ואם נטלו משם לאו עקירה היא:

שמן על גבי יין - לענין שבת מחלוקת ר' יוחנן בן נורי ורבנן:,דתנן שמן - של תרומה:,שצף על גבי יין - של תרומה משום הכי נקט טבול יום משום דפוסל ואינו מטמא הלכך לא פסל אלא שמן בלבד דלאו חיבור הוא למיהוי כחד ואילו הוה טמא הוה מטמא ליה לשמן ושמן פסל ליה ליין:,שניהם חיבור - דהוי כחד ונפסל אף היין ולענין שבת נמי לרבנן הוה ליה כאגוז על גבי מים ולרבי יוחנן הוה ליה כמים על גבי מים:

וזרק לתוכה מחצלת - משום סיפא נקט ליה דבעי למימר חלקה במחצלת פטור לאשמעי' דהנחת חפץ וסילוק מחיצה בהדדי פטור והכא סילוק מחיצה דזיל הכא ליכא ארבעה וזיל הכא ליכא ד' דבצר ליה עובי מקום מחצלת:,כל שכן חוליא - דסילוק מחיצה ודאי הוא דמבטיל לה:,לרבי יוחנן מחצלת פשיטא ליה דלא מבטלה - דאי נמי אמרינן סילוק מחיצה והנחת חפץ כי הדדי פטור הכא חייב דלא מבטל ליה הלכך לאו סילוק מחיצה היא:

וזרק לתוכה - מרה"ר מידי דנייחא כגון אבן או מים:,חייב - ולא אמרינן כיון דמלא הוא לא הוי רה"י דמבטל להו מחיצות:,מלאה פירות - פטור דבטיל מחיצות כאילו מלאוה עפר:,תניא נמי הכי - דמים לא מבטלי מחיצה:,מן הים לאיסרטיא - מכרמלית לרה"ר פטור:,איסרטיא - הוא סרטיא:,ר"ש אומר אם יש - בים במקום שזרק גומא מיוחדת לבדה עמוקה עשרה ורחבה ד' רה"י לעצמה היא ולא הוי כשאר ים אף על גב דים נמי עמוק הוא וממילא שמעינן מדר"ש דמים לא מבטלי מחיצה:

גמ' רבי מאיר ורבנן - דאיפליגו בחוקקים להשלים בפ"ק דיומא (דף יא:) ובעירובין (ד' יא:) לר"מ דאמר חוקקין להשלים במקו' שיש כדי לחוק הכא חייב דרואין החור כאלו הוא ארבע:

תל המתלקט - שהוא מדרון והולך ומתלקט מעט מעט עד שמגביה י' מתוך ד"א הרי הוא כאלו זקוף כולו והוי רה"י במקום גובהו ואם זרק מרה"ר ונח על גביו חייב ודוקא נקט מתוך ד' אמות דאי מתוך ה' הרי הוא כשאר רשות הרבים דניחא תשמישתיה להילוך:,ונעשה מדרון לרה"ר - שהיה קרקע המבוי גבוה מקרקע רה"ר והוצרך לשפע אצל פתחו לצד רה"ר או שהיה שוה לרה"ר ונעשה מדרון לתוכה שהיה רה"ר גבוה מקרקע המבוי וכניסת המבוי נמי מן הפתח ולפנים גבוה כקרקע רה"ר ברחב אמה או חצי אמה ואח"כ הוא נעשה מדרון לצד דופן האמצעי:,אותו מבוי אינו צריך לחי - דאותו גובה שבצד הפתח הוה ליה מחיצה אף על פי שהוא משפע והולך:

מתני' זרק חוץ לד"א ונתגלגל כו' חייב - לא שנפל לארץ דא"כ לא צריכא למימר אלא שהרוח גלגלתהו מן האויר לתוך ד' אמות:

גמ' והא לא נח - חוץ לד' ואמאי אזלינן בתרה:,שנח ע"ג משהו - שעמד קצת ואח"כ נתגלגל והוא הדין אם אחזתן הרוח באויר ועכבתו מעט ואחר כך הכניסתו דחשיב נמי הנחה אם בתוך ג' הוא:,ודחפתו הרוח - בעודו באויר:,אחזתו משהו - הרוח עכבתו במקומו מעט:

לרבנן - דפליגי עליה דר"ע בזורק מרה"י לרה"י ורה"ר באמצע דלית להו קלוטה כמי שהונחה לא תימא בתוך ג' מודו אלא אפילו תוך ג' נמי צריך שינוח ואם עבר רה"ר כולה פטור ונפקא מינה נמי לזורק ד' אמות וכשבא לנוח והגיע לתוך ג' נזכר שגגתו עד שלא נח פטור כדאמרינן במתני' (דף קב.) עד שתהא תחלתו וסופו שגגה ולא אמרינן עד שלא נזכר הוה ליה מונח:

Tossafot

פירות מבטלי מחיצתא - וא"ת ומ"ש מדבילה שמינה דאמרינן לעיל דלא מבטלי ואביי דהכא אית ליה שינויא דבדבילה שמינה שנו כדאמר בפ"ק (דף ז:) זימנין משני ליה בכותל דלית ביה חור ובדבילה שמינה כו' וי"ל דדבילה אינה עומדת כל כך להתבטל שם בכותל כמו שרגילין לבטל פירות בבור כעין תבואה אי נמי דבילה דבר מועט הוא ולא מבטלא אבל בור מלא פירות או חציו מבטל רה"י וה"ה דגרעין אחד או דבר מועט לא מבטל רה"י וא"ת היכי ממעטי הני פירות והא אמר בפרק חלון (עירובין עח:) כל דבר הניטל בשבת אינו ממעט ואפי' אי איירי הכא בטבל שאין ניטל בשבת מ"מ כיון דניטל מן התורה הזורק לתוכו אמאי פטור ואומר ר"י דמן התורה ממעט כל דבר ואפילו הניטל ומדרבנן הוא דגזרו דדבר הניטל אינו ממעט ולהכי לא קאמר מותר לזרוק בתוכו אלא קאמר הזורק לתוכו פטור משמע דאיסורא דרבנן איכא ואפילו בחריץ שבין שתי חצרות אמרו דדבר הניטל אינו ממעט אע"ג דהוי לקולא דלא אסרי אהדדי אבל ק"ק דבפרק חלון (שם) מייתי על בית שמילאוהו תבן דהוי לענין אהל דאורייתא:

והא לא נח - וא"ת מאי פריך והתניא לעיל (שבת ד' צז.) תוך ג' ד"ה חייב אע"ג דלא נח ואין נראה לומר דאתוך ד' אמות קאי אמאי פטור הא לא נח וא"כ כשנח אחר כך חוץ לארבע יתחייב דהא (מתניתין) נמי הכי משמע דאחוץ לד' אמות פריך אמאי חייב וי"ל דפריך לרבא דאמר תוך שלשה לרבנן בעי הנחה ע"ג משהו:

והלכה ונחה בחור כל שהוא כו' - בחור מפולש איירי והאי חוקקין להשלים היינו לשוויה מקום ד' כדפי' בפ"ק (דף ז:):

אחזתו הרוח משהו כו' - פי' שעיכבתו ע"ג קרקע או אפי' באויר כדפי' בקונט' דחשיבה אחיזת הרוח כמונח על גבי משהו ונראה דע"ג קרקע אפי' לר' יהודה דהיינו רבנן דקאמר רבא דצריך הנח' מודה דלא בעינן כדפי' לעיל (שבת דף פ.) ומיהו ק"ק דבסמוך מסקינן איפכא דמתגלגל כיון דאין סופו לנוח לאו כמונח דמי אבל האי כיון דסופו לנוח כמונח דמי וחזר ר"י לפרש דודאי רבי יהודה סבר כר"ע דקלוטה כמו שהונחה היכא דבעי שתנוח שם כי ההוא דפירקין אבל בההוא דפרק בתרא דעירובין (ד' צז:) היה קורא בספר דלא בעי שתפול שם בעי ר' יהודה הנחה על גבי משהו ורבא קאמר דרבנן דר"ע לית להו קלוטה כמו שהונחה דמיא בשום מקום אפי' רצונו שתנוח שם אפילו תוך ג' ולא ס"ל כברייתא דלעיל דקתני תוך ג' ד"ה חייב אלא סבר כברייתא דהכא דקתני אחזתו הרוח משהו ומתניתין נמי משמע דאיירי בנח משהו כדאוקי ר' יוחנן דומיא דרישא דקתני תוך ד' אמות פטור דאיירי בשנח דאי לאו הכי אמאי מיפטר ורב חלקיה בר טוביה דאמר לעיל תוך שלשה ד"ה חייב מוקי מתניתין בדלא נח ורישא דקתני פטור מיירי כגון שפסק כחו ומחמת הרוח נתגלגל חוץ לארבע:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 100a
100%
שבת ק׳ אמַסֶּכֶת שַׁבָּת