§ Il est enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Rava: En ce qui concerne le verset: « Et l'homme qui couche avec la femme de son père, il a découvert la nudité de son père; tous deux seront mis à mort, leur sang retombera sur eux » (Lévitique 20:11), le terme: « L'homme » exclut un mineur.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרָבָא: ״אִישׁ״ – פְּרָט לְקָטָן.
L’expression « qui couche avec la femme de son père » indique qu’il est passible de la peine capitale, qu’elle soit la femme de son père qui est sa mère ou qu’elle soit la femme de son père qui n’est pas sa mère. D’où vient-il qu’il soit responsable dans le cas où elle est sa mère qui n’est pas l’épouse de son père? Le verset déclare: « Il a découvert la nudité de son père. » Bien que cette phrase ne se rapporte pas directement au cas de la mère qui n’est pas l’épouse de son père, la halakha dans ce cas est dérivée de cette phrase car elle est libre, c’est-à-dire que la phrase est superflue dans ce contexte et est évidemment incluse dans le verset afin de comparer les deux cas et d’en tirer une analogie verbale, comme la baraïta l’élaborera ci-dessous.
״אֲשֶׁר יִשְׁכַּב אֶת אֵשֶׁת אָבִיו״ – מַשְׁמָע בֵּין אֵשֶׁת אָבִיו שֶׁהִיא אִמּוֹ, וּבֵין אֵשֶׁת אָבִיו שֶׁלֹּא אִמּוֹ. אִמּוֹ שֶׁאֵינָהּ אֵשֶׁת אָבִיו מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עֶרְוַת אָבִיו גִּלָּה״, מוּפְנֶה לְהַקִּישׁ וְלָדוּן מִמֶּנּוּ גְּזֵרָה שָׁוָה.
De l’expression « tous deux seront mis à mort », on déduit qu’ils sont exécutés par lapidation. La baraïta demande: Dites-vous qu'ils sont exécutés par lapidation, ou est-ce plutôt par l'une de toutes les autres formes de peine de mort énoncées dans la Torah? La baraïta répond: Il est dit ici: « Leur sang sera sur eux », et il est dit à propos d'un nécromancien et d'un sorcier: « Leur sang sera sur eux » (Lévitique 20:27). Tout comme le verset déclare qu’un nécromancien et un sorcier sont exécutés par lapidation, de même ici, en ce qui concerne celui qui a des relations sexuelles avec la femme de son père, les transgresseurs sont exécutés par lapidation.
״מוֹת יוּמְתוּ״ – בִּסְקִילָה. אַתָּה אוֹמֵר בִּסְקִילָה, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּאַחַת מִכׇּל מִיתוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה? נֶאֱמַר כָּאן ״דְּמֵיהֶם בָּם״, וְנֶאֱמַר בְּאוֹב וְיִדְּעוֹנִי ״דְּמֵיהֶם בָּם״. מָה לְהַלָּן בִּסְקִילָה, אַף כָּאן בִּסְקִילָה.
Le baraïta demande: Nous avons appris la punition pour celui qui a des relations sexuelles avec la femme de son père. D’où vient l’interdiction de faire cet acte? La baraïta répond: Le verset déclare: « Tu ne découvriras pas la nudité de ton père ni la nudité de ta mère » (Lévitique 18:7); l’expression « la nudité de ton père » fait référence à la femme de ton père.
עוֹנֶשׁ שָׁמַעְנוּ, אַזְהָרָה מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עֶרְוַת אָבִיךָ לֹא תְגַלֵּה״. ״עֶרְוַת אָבִיךָ״ – זוֹ אֵשֶׁת אָבִיךָ.
La baraïta demande: Dites-vous que la référence est à la femme de votre père, ou est-ce plutôt une référence à la nudité de votre père littéralement, c'est-à-dire aux rapports homosexuels avec son père? La baraïta répond: Il est dit ici: « La nudité de ton père… tu ne la découvriras pas », et il est dit là, dans le verset qui décrit le châtiment: « Et l’homme qui couche avec la femme de son père, il a découvert la nudité de son père » (Lévitique 20: 11). Tout comme ici, le verset parle du mariage, c'est-à-dire qu'il ne fait pas référence au père lui-même mais à sa femme, de même ici, le verset parle du mariage, c'est-à-dire de la femme du père.
אַתָּה אוֹמֵר: ״אֵשֶׁת אָבִיךָ״, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא עֶרְוַת אָבִיךָ מַמָּשׁ? נֶאֱמַר כָּאן ״עֶרְוַת אָבִיךָ לֹא תְגַלֵּה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עֶרְוַת אָבִיו גִּלָּה״. מָה לְהַלָּן בְּאִישׁוּת הַכָּתוּב מְדַבֵּר, אַף כָּאן בְּאִישׁוּת הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Et le verset indique que la femme de son père lui est interdite, qu’elle soit la femme de son père qui est sa mère ou qu’elle soit la femme de son père qui n’est pas sa mère. D’où vient qu’elle lui soit interdite dans le cas où elle est sa mère qui n’est pas la femme de son père? Le verset déclare: « Tu ne découvriras pas la nudité de ta mère » (Lévitique 18: 7).
וּמַשְׁמָע, בֵּין אֵשֶׁת אָבִיו שֶׁהִיא אִמּוֹ, בֵּין אֵשֶׁת אָבִיו שֶׁאֵינָהּ אִמּוֹ. אִמּוֹ שֶׁאֵינָהּ אֵשֶׁת אָבִיו מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עֶרְוַת אִמְּךָ לֹא תְגַלֵּה״.
La baraïta demande: J'ai dérivé uniquement en ce qui concerne l'interdiction selon laquelle le verset rend la halakha de sa mère qui n'est pas l'épouse de son père comme celle de sa mère qui est l'épouse de son père. Mais en ce qui concerne la punition, d’où puis-je déduire qu’ils partagent la même halakha?
אֵין לִי אֶלָּא בְּאַזְהָרָה, שֶׁעָשָׂה הַכָּתוּב אִמּוֹ שֶׁאֵינָהּ אֵשֶׁת אָבִיו כְּאִמּוֹ שֶׁהִיא אֵשֶׁת אָבִיו. עוֹנֶשׁ מִנַּיִין?
La baraïta répond en développant l’analogie verbale mentionnée plus tôt: Il est dit ici, dans le verset qui décrit l’interdiction: « La nudité de ton père… tu ne la découvriras pas » (Lévitique 18:7), et il est dit là, dans le verset qui décrit la punition: « Il a découvert la nudité de son père » (Lévitique 20:11). Il découle de cette analogie verbale que, de même qu'en ce qui concerne l'interdiction, le verset rend sa mère qui n'est pas la femme de son père comme sa mère qui est la femme de son père, c'est-à-dire que les deux sont interdites, de même, en ce qui concerne la punition, le verset rend sa mère qui n'est pas la femme de son père comme sa mère qui est la femme de son père.
נֶאֱמַר כָּאן ״עֶרְוַת אָבִיךָ לֹא תְגַלֵּה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עֶרְוַת אָבִיו גִּלָּה״. מָה בְּאַזְהָרָה עָשָׂה הַכָּתוּב אִמּוֹ שֶׁאֵינָהּ אֵשֶׁת אָבִיו כְּאִמּוֹ שֶׁהִיא אֵשֶׁת אָבִיו, אַף בְּעוֹנֶשׁ עָשָׂה הַכָּתוּב אִמּוֹ שֶׁאֵינָהּ אֵשֶׁת אָבִיו כְּאִמּוֹ שֶׁהִיא אֵשֶׁת אָבִיו.
Il découle de la phrase: « Elle est ta mère » (Lévitique 18: 7), que tu le rends responsable en raison de l’interdiction d’avoir des relations sexuelles avec sa mère, mais tu ne le rends pas responsable en raison de l’interdiction d’avoir des relations sexuelles avec la femme de son père. La baraïta se termine ici. Puisque les halakhot du recueil de baraitot où apparaît cette baraïta, Torat Kohanim, sont conformes aux opinions de Rabbi Yehouda, la baraïta soutient l'opinion de Rava, qui explique ainsi l'opinion de Rabbi Yehouda.
״אִמְּךָ הִיא״ – מִשּׁוּם אִמּוֹ אַתָּה מְחַיְּיבוֹ, וְאִי אַתָּה מְחַיְּיבוֹ מִשּׁוּם אֵשֶׁת אָב.
La Guemara discute de la baraïta et demande: Et comment les rabbins, qui ne sont pas d'accord avec Rabbi Yehouda, interprètent-ils l'expression « la nudité de votre père »? La Guemara répond: Selon eux, cette expression est prise au sens littéral, c'est-à-dire qu'elle fait référence aux rapports homosexuels. Ils n’acceptent pas l’analogie verbale dont dérive Rabbi Yehouda, selon laquelle il s’agit de rapports sexuels avec la femme du père.
וְרַבָּנַן, ״עֶרְוַת אָבִיךָ״ – מַמָּשׁ.
La Guemara demande: Cette interdiction des relations homosexuelles avec son père ne dérive-t-elle pas du verset: « Et vous ne coucherez pas avec un homme comme avec une femme; c'est une abomination » (Lévitique 18:22)? La Guémara répond: L’interdiction est énoncée spécifiquement à l’égard du père afin de le rendre susceptible d’apporter deux offrandes pour le péché s’il a involontairement eu des relations sexuelles avec son père.
הַאי מִ״וְּאֶת זָכָר״ נָפְקָא? לְחַיֵּיב עָלָיו שְׁתַּיִם.
Et cela est conforme à la déclaration de Rav Yehuda, comme le dit Rav Yehuda: Un gentil qui a des relations sexuelles avec son père est passible de commettre deux transgressions. De même, celui qui a des relations sexuelles avec le frère de son père est passible de deux transgressions.
וְכִדְרַב יְהוּדָה, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: נׇכְרִי הַבָּא עַל אָבִיו – חַיָּיב שְׁתַּיִם, הַבָּא עַל אֲחִי אָבִיו – חַיָּיב שְׁתַּיִם.