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Traité Sanhedrin

46b

Étude de Sanhedrin 46b

Étude de la Mishna & Guémara 46b

Et les proches de l'homme exécuté ne le pleureraient pas en observant les rites de deuil habituels, afin que sa mort non pleurée expie sa transgression ; mais ils seraient attristés par son décès, puisque le chagrin ne se ressent que dans le cœur.
וְלֹא הָיוּ מִתְאַבְּלִין, אֲבָל אוֹנְנִין, שֶׁאֵין אֲנִינוּת אֶלָּא בַּלֵּב.
Guémara
GUEMARA : Les Sages enseignaient dans une baraïta : S'il était dit : Et si un homme a commis un péché digne de mort, vous le pendrez à un arbre, j'aurais dit qu'on le pend d'abord et seulement ensuite qu'on le met à mort, comme le fait le gouvernement des gentils, exécutant le transgresseur par pendaison. Par conséquent, le verset déclare : « Et si un homme a commis un péché digne de mort, et qu’il soit mis à mort, vous le pendez au bois » (Devarim 21 : 22), enseignant qu’on le met d’abord à mort, et seulement ensuite qu’on le pend. Comment ça? Ils retardent le verdict jusqu'à ce que le coucher du soleil soit proche, puis ils terminent son jugement, le mettent à mort et le pendent immédiatement après. L'un l'attache au poteau de pendaison, et l'autre le détache immédiatement, afin d'accomplir la mitsva de pendre le cadavre du transgresseur exécuté.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אִילּוּ נֶאֱמַר ״חֵטְא וְתָלִיתָ״, הָיִיתִי אוֹמֵר תּוֹלִין אוֹתוֹ וְאַחַר כָּךְ מְמִיתִין אוֹתוֹ, כְּדֶרֶךְ שֶׁהַמַּלְכוּת עוֹשָׂה. תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהוּמָת וְתָלִיתָ״ – מְמִיתִין אוֹתוֹ וְאַחַר כָּךְ תּוֹלִין אוֹתוֹ. הָא כֵּיצַד? מְשַׁהִין אוֹתוֹ עַד סָמוּךְ לִשְׁקִיעַת הַחַמָּה, וְגוֹמְרִין אֶת דִּינוֹ, וּמְמִיתִין אוֹתוֹ, וְאַחַר כָּךְ תּוֹלִין אוֹתוֹ. אֶחָד קוֹשֵׁר וְאֶחָד מַתִּיר, כְּדֵי לְקַיֵּים מִצְוַת תְּלִיָּיה.
Les Sages ont enseigné : Du verset : « Et tu le pendras à un arbre », je déduirais que le corps peut être pendu soit à un arbre détaché du sol, soit à un arbre encore attaché au sol. Par conséquent, le verset déclare : « Son corps ne restera pas toute la nuit sur l’arbre, mais vous l’enterrerez [kavor tikberennu] ce jour-là » (Dévarim 21 : 23). Basé sur le verbe doublé, il est dérivé que non seulement le corps du transgresseur doit être enterré, mais que l’arbre auquel il est pendu doit également être enterré. Comme le verset emploie le même terme pour indiquer que les deux doivent être enterrés, le verset enseigne que le cadavre doit être accroché à un arbre déjà détaché du sol et auquel il ne manque que la sépulture, tout comme le cadavre ne manque que de la sépulture. Cela permet d'éviter de suspendre le cadavre à un arbre encore attaché au sol et dépourvu à la fois d'abattage et d'enterrement.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״עֵץ״ – שׁוֹמֵעַ אֲנִי בֵּין בְּתָלוּשׁ בֵּין בִּמְחוּבָּר. תַּלְמוּד לוֹמַר ״כִּי קָבוֹר״ – מִי שֶׁאֵינוֹ מְחוּסָּר אֶלָּא קְבוּרָה, יָצָא זֶה שֶׁמְחוּסָּר קְצִיצָה וּקְבוּרָה.
Rabbi Yosei dit : L'arbre sur lequel le cadavre est pendu n'est pas enfoncé dans le sol ; il est plutôt adossé à un mur, car le verset enseigne que l'arbre ne doit manquer que de sépulture. Cela permet d'éviter de suspendre le cadavre à un arbre dépourvu à la fois de détachement et d'enterrement. Et les rabbins disent : Détacher du sol un arbre déjà coupé et ensuite replongé dans le sol n'est rien, c'est-à-dire que c'est un acte insignifiant.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִי שֶׁאֵינוֹ מְחוּסָּר אֶלָּא קְבוּרָה – יָצָא זֶה שֶׁמְחוּסָּר תְּלִישָׁה וּקְבוּרָה. וְרַבָּנַן: תְּלִישָׁה לָאו כְּלוּם הִיא.
§ La Mishna enseigne : C'est-à-dire : Si le cadavre du mort restait pendu, rappelant à chacun sa transgression, les gens demanderaient : Pour quelle raison celui-ci a-t-il été pendu ? On leur répondrait : Parce qu'il a béni D.ieu, euphémisme pour blasphème, et le nom du Ciel serait profané. Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Meir dit : Les Sages ont raconté une parabole : A quoi cette affaire est-elle comparable ? C'est comparable à deux frères jumeaux qui vivaient dans la même ville. L’un fut nommé roi, tandis que l’autre partit se livrer au banditisme. Le roi ordonna que son frère soit puni et son frère jumeau fut pendu pour ses crimes. Quiconque voyait le bandit pendu dirait : Le roi a été pendu. Le roi ordonna donc que son frère soit abattu, et ils abattirent le bandit. De même, les gens sont créés à l’image de D.ieu, et donc D.ieu est déshonoré lorsqu’un cadavre est pendu pour une transgression qu’il a commise.
כְּלוֹמַר: מִפְּנֵי מָה זֶה תָּלוּי? מִפְּנֵי שֶׁבֵּירַךְ כּוּ׳. תַּנְיָא, אוֹמֵר רַבִּי מֵאִיר: מָשְׁלוּ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לִשְׁנֵי אַחִים תְּאוֹמִים בְּעִיר אַחַת. אֶחָד מִינּוּהוּ מֶלֶךְ, וְאֶחָד יָצָא לְלִיסְטִיּוּת. צִוָּה הַמֶּלֶךְ וּתְלָאוּהוּ. כׇּל הָרוֹאֶה אוֹתוֹ אוֹמֵר: הַמֶּלֶךְ תָּלוּי. צִוָּה הַמֶּלֶךְ וְהוֹרִידוּהוּ.
La Mishna enseigne que Rabbi Meir a dit que la phrase « Car celui qui est pendu est une malédiction [kilelat] de D.ieu » doit être comprise comme suit : Lorsqu'un homme souffre à la suite de son péché, la Présence divine [Chekhina] dit : Je suis en détresse [kallani] à propos de Ma tête, Je suis en détresse à propos de Mon bras. La Guemara demande : D'où cela est-il déduit ? Comment le rabbin Meir comprend-il le mot kilelat ? Abaye dit : Lorsqu'un homme est pendu après avoir été mis à mort, D.ieu est comme celui qui dit : Je ne suis pas léger [kal leit], ce qui signifie : Ma tête est lourde pour Moi, Mon bras est lourd pour Moi. D.ieu est en détresse lorsqu'il doit administrer une punition. Rava lui dit : Si c'était le cas, il aurait dû dire explicitement : Ma tête est lourde pour Moi, Mon bras est lourd pour Moi. Au contraire, Rava a dit : Lorsqu'un homme est pendu après avoir été mis à mort, D.ieu est comme celui qui dit : Le monde est léger pour moi [kil li alma], ce qui signifie : Je suis léger, et donc le monde est lourd pour Moi, et je suis en détresse.
אָמַר רַבִּי מֵאִיר כּוּ׳. מַאי מַשְׁמַע? אָמַר אַבָּיֵי: כְּמַאן דְּאָמַר ״קַל לֵית״. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אִם כֵּן, ״כָּבֵד עָלַי רֹאשִׁי״ ״כָּבֵד עָלַי זְרוֹעִי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רָבָא: כְּמַאן דְּאָמַר ״קִיל לִי עָלְמָא״.
La Guemara demande : Ce mot « kilelat » est nécessaire pour ce qu'il enseigne lui-même, à savoir qu'un blasphémateur [mekallel] est pendu après avoir été lapidé. Comment, alors, peut-on l’interpréter comme une allusion au désarroi de D.ieu face à la mort d’un transgresseur ? La Guemara répond : Si oui, le verset aurait dû dire : Celui qui maudit [mekallel ]. Quelle est la signification de Kilélat ? Il sert à enseigner la déclaration enseignée par le rabbin Meir. La Guemara demande : Si oui, disons peut-être que tout le verset vient dans ce but, de souligner la dignité du transgresseur, créé à l'image de D.ieu, et non d'enseigner la halakha régissant un blasphémateur [mekallel]. La Guemara répond : Si oui, le verset aurait dû dire : Légèreté [kilat]. Quelle est la signification de Kilélat ? Concluez-en deux conclusions : Conclure que le blasphémateur [mekallel] est pendu après avoir été lapidé, et conclure que D.ieu est affligé de la mort d'un transgresseur.
הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגוּפֵהּ? אִם כֵּן, נֵימָא קְרָא ״מְקַלֵּל״. מַאי ״קִלְלַת״? וְאֵימָא: כּוּלֵּיהּ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא? אִם כֵּן, נֵימָא קְרָא ״קַלַּת״. מַאי ״קִלְלַת״? שְׁמַע מִינַּהּ תַּרְתֵּי.
§ La Mishna enseigne que chacun, et pas seulement un transgresseur exécuté, doit être enterré le jour de sa mort, si cela est possible. Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon bar Yoḥai : D'où vient-il que celui qui laisse son parent décédé pendant la nuit sans l'enterrer transgresse un interdit ? Le verset déclare : « Mais tu l'enterreras [kavor tikberennu] » (Devarim 21 :23), doublant le verbe pour l'emphase. De là, on déduit que celui qui laisse son parent décédé pendant la nuit sans l'enterrer transgresse un interdit.
וְלֹא זוֹ בִּלְבַד כּוּ׳. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: מִנַּיִן לַמֵּלִין אֶת מֵתוֹ שֶׁעוֹבֵר עָלָיו בְּלֹא תַעֲשֶׂה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי קָבוֹר תִּקְבְּרֶנּוּ״. מִכָּאן לַמֵּלִין אֶת מֵתוֹ שֶׁעוֹבֵר בְּלֹא תַעֲשֶׂה.
Certains disent que Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon bar Yoḥai : D'où dans la Torah y a-t-il une allusion à la mitsva de l'enterrement ? Le verset déclare : « Mais tu l'enterreras [kavor tikberennu] », doublant le verbe pour l'emphase. De là, il y a une allusion à la mitsva de l'enterrement dans la Torah.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, רֶמֶז לִקְבוּרָה מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי קָבוֹר תִּקְבְּרֶנּוּ״. מִכָּאן רֶמֶז לִקְבוּרָה מִן הַתּוֹרָה.
La Guemara raconte : Le roi Shapur, monarque de Perse, dit un jour à Rav Ḥama : D'où dans la Torah y a-t-il une allusion à la mitsva de l'enterrement ? Quelle preuve y a-t-il que les morts doivent être enterrés et non traités d’une autre manière ? Rav Hama resta silencieux et ne lui dit rien, car il ne parvenait pas à trouver une source appropriée. Rav Aḥa bar Ya'akov a dit : Le monde a été livré aux insensés, comme Rav Ḥama aurait dû dire au roi Shapur que la mitsva de l'enterrement est dérivée du verset : « Mais tu l'enterreras » (Devarim 21 : 23).
אֲמַר לֵיהּ שַׁבּוּר מַלְכָּא לְרַב חָמָא: קְבוּרָה מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִין? אִישְׁתִּיק וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידֵּי. אֲמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: אִימְּסַר עָלְמָא בִּידָא דְּטַפְשָׁאֵי, דְּאִיבְּעִי לֵיהּ לְמֵימַר ״כִּי קָבוֹר״.
La Guemara explique : Dans ce cas, le roi Shapur aurait pu répondre que le verset prouve simplement qu'un cercueil doit être fabriqué pour le défunt afin qu'il puisse y être placé, et non que le défunt doit être enterré dans le sol, car le verset pourrait être compris comme ordonnant que le cadavre soit placé dans une sorte de réceptacle et non dans le sol. La Guemara conteste : Rav Ḥama aurait pu encore prétendre que la mitsva d’enterrement est dérivée du verbe doublé « tu l’enterreras [kavor tikberennu] ». La Guemara répond : Dans ce cas, le roi Shapour aurait pu répondre qu'il n'apprend rien d'un verbe doublé, ce qui semble être simplement un choix stylistique et non la source d'une nouvelle halakha.
דְּלֶיעֱבֵד לֵיהּ אָרוֹן. ״תִּקְבְּרֶנּוּ״! לָא מַשְׁמַע לֵיהּ.
La Guemara demande : Mais que Rav Ḥama dise que la mitsva d'enterrer les morts découle du fait que les ancêtres justes, Abraham, Isaac et Jacob, ont tous été enterrés. La Guemara répond : Le roi Shapour aurait pu dire que ce n'était qu'une coutume de l'époque, mais pas une mitsva. La Guemara demande : Rav Ḥama aurait pu tirer la mitsva du fait que le Saint, béni soit-Il, a enterré Moché, ce qui prouve que c'est la bonne manière de traiter les morts. La Guemara répond : Le roi Shapour aurait encore pu dire que D.ieu avait agi de cette manière pour ne pas s'écarter de la coutume générale, mais cela ne prouve pas qu'enterrer les morts soit une mitsva.
וְנֵימָא: מִדְּאִיקְּבוּר צַדִּיקֵי? מִנְהֲגָא בְּעָלְמָא! מִדְּקַבְרֵיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה? דְּלָא לִישְׁתַּנֵּי מִמִּנְהֲגָא.
Sanhedrin 46b
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סנהדרין מ״ו במַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין