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Traité Sanhedrin

42a

Étude de Sanhedrin 42a

Étude de la Guémara 42a

Guémara
La Guemara commente : Et ils soutiennent tous deux, conformément à l'opinion de Rabbi Yohanan, qu'on peut réciter la bénédiction jusqu'à ce que la faille de la lune soit comblée. Le différend est que celui-ci, c'est-à-dire Rav Ya'akov bar Idi, qui détient le pouvoir de réciter la bénédiction jusqu'à ce que sept jours se soient écoulés, comprend que Rabbi Yoḥanan fait référence au jour où la lune sera comme la corde d'un arc. Avant cela, la lune n'apparaissait que comme un arc, et après sept jours, elle apparaît comme un demi-cercle, comme un arc qui a une corde. Celui-là, c'est-à-dire les Sages de Neharde'a, qui tiennent à pouvoir réciter la bénédiction jusqu'à ce que seize jours se soient écoulés, comprend que Rabbi Yohanan fait référence au jour où la lune sera comme un tamis, c'est-à-dire un cercle complet.
וְתַרְוַיְיהוּ כְּרַבִּי יוֹחָנָן סְבִירָא לְהוּ: הָא לְמִיהְוֵי כִּי יִתְרָא, הָא לְמִיהְוֵי כִּי נָפְיָא.
§ Rav Aḥa de Difti dit à Ravina : Et ils devraient bénir la bénédiction de : Béni sois-tu, Seigneur notre D.ieu, Roi de l'Univers, Qui est bon et Qui fait le bien, pour le bénéfice que les gens tirent de la lumière de la lune. Ravina lui dit : Est-ce à dire que lorsque la lune rétrécit nous bénissons, comme nous le faisons pour d'autres désastres : Béni sois-tu, Seigneur notre D.ieu, Roi de l'Univers, le vrai Juge, pour qu'à l'inverse nous bénissions : Béni sois-Tu, Seigneur notre D.ieu, Roi de l'Univers, Qui est bon et Qui fait le bien, quand la lune grandit ? Rav Aḥa de Difti lui dit : Tu as raison, et nous devrions dire les deux : La bénédiction du vrai Juge, quand la lune décroît, et la bénédiction de Celui qui est bon et de Celui qui fait le bien, quand la lune croît. Ravina lui répondit : Puisque telle est sa nature, nous ne bénissons pas la lune. La croissance et le déclin de la lune ne sont pas un événement inattendu qui nécessite ces bénédictions.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּיפְתִּי לְרָבִינָא: וְלִיבָרֵיךְ ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״! אֲמַר לֵיהּ: אַטּוּ כִּי חָסַר מִי מְבָרְכִינַן ״דַּיַּין הָאֱמֶת״, דִּלְבָרֵיךְ ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״? וְלִיבָרְכִינְהוּ לְתַרְוַיְיהוּ? כֵּיוָן דְּהַיְינוּ אוֹרְחֵיהּ, לָא מְבָרְכִינַן.
Et Rabbi Aḥa bar Ḥanina dit que Rabbi Asi dit que Rabbi Yoḥanan dit : A l'égard de quiconque bénit le nouveau mois en son temps, c'est comme s'il saluait le Visage de la Présence divine [Tchékhina]. Faisant allusion à cela, il est écrit ici à propos de la sanctification du nouveau mois : « Ce mois sera pour vous le commencement des mois » (Chemot 12 :2), et il est écrit là, là où le peuple juif rencontra la Présence divine [Tchékhina] à la fente de la mer : « Ceci est mon D.ieu et je le glorifierai » (Chemot 15 :2). Le terme « ceci » est employé dans les deux versets. L'école de Rabbi Yishmael enseignait : Si le peuple juif méritait de saluer la Face de son Père Céleste une seule fois par mois, cela lui suffirait, puisque dans la bénédiction de la lune il y a un aspect de salutation à la Présence divine [Tchékhina]. Abaye a dit : C'est pourquoi nous dirons la bénédiction debout, en l'honneur de la Présence divine [Tchékhina].
וְאָמַר רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמְבָרֵךְ עַל הַחֹדֶשׁ בִּזְמַנּוֹ כְּאִילּוּ מְקַבֵּל פְּנֵי שְׁכִינָה. כְּתִיב הָכָא ״הַחֹדֶשׁ הַזֶּה״, וּכְתִיב הָתָם ״זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ״. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אִילְמָלֵא לֹא זָכוּ יִשְׂרָאֵל אֶלָּא לְהַקְבִּיל פְּנֵי אֲבִיהֶן שֶׁבַּשָּׁמַיִם כָּל חֹדֶשׁ וָחֹדֶשׁ, דַּיָּים. אָמַר אַבָּיֵי: הִלְכָּךְ נֵימְרִינְהוּ מְעוּמָּד.
La Guemara raconte : Mareimar et Mar Zutra s'appuyaient l'un sur l'autre et récitaient la bénédiction. Rav Aḥa dit à Rav Ashi : En Occident, Erets Israël, on récite la bénédiction suivante sur la lune : Béni soit Celui qui renouvelle les mois. Rav Ashi lui dit : Nos femmes récitent également cette bénédiction, ce qui signifie qu'il s'agit d'une version abrégée pour les illettrés.
מָרִימָר וּמָר זוּטְרָא מְכַתְּפִי אַהֲדָדֵי וּמְבָרְכִי. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא לְרַב אָשֵׁי: בְּמַעְרְבָא מְבָרְכִי ״בָּרוּךְ מְחַדֵּשׁ חֳדָשִׁים״. אֲמַר לֵיהּ: הַאי נְשֵׁי דִּידַן נָמֵי מְבָרְכִי.
La version complète de la bénédiction est plutôt la version de Rav Yehuda. Comme le dit Rav Yehuda : Béni sois-tu, Seigneur notre D.ieu, Roi de l'Univers, qui par sa parole a créé les cieux et par le souffle de sa bouche toutes leurs armées. Il leur a fixé une loi et un temps pour qu'ils ne s'écartent pas de leur tâche. Et ils sont joyeux et heureux d'accomplir la volonté de leur Propriétaire ; ce sont des ouvriers de vérité dont l’œuvre est la vérité. Et à la lune, il dit qu'elle devait se renouveler comme une couronne de beauté pour ceux qu'il portait dès le sein maternel, car ils sont destinés à se renouveler comme elle et à louer leur Créateur pour le nom de son glorieux royaume. Béni sois-tu le Seigneur, qui renouvelle les mois.
אֶלָּא כִּדְרַב יְהוּדָה, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: ״בָּרוּךְ [וְכוּ׳] אֲשֶׁר בְּמַאֲמָרוֹ בָּרָא שְׁחָקֵים, וּבְרוּחַ פִּיו כׇּל צְבָאָם. חֹק וּזְמַן נָתַן לָהֶם שֶׁלֹּא יְשַׁנּוּ אֶת תַּפְקִידָם, שָׂשִׂים וּשְׂמֵחִים לַעֲשׂוֹת רְצוֹן קוֹנָם. פּוֹעֲלֵי אֱמֶת שֶׁפְּעוּלָּתָן אֱמֶת. וְלַלְּבָנָה אָמַר שֶׁתִּתְחַדֵּשׁ עֲטֶרֶת תִּפְאֶרֶת לַעֲמוּסֵי בָטֶן, שֶׁהֵן עֲתִידִין לְהִתְחַדֵּשׁ כְּמוֹתָהּ וּלְפָאֵר לְיוֹצְרָם עַל שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ מְחַדֵּשׁ חֳדָשִׁים״.
La Guemara présente une autre déclaration, citant Rabbi Aḥa, citant Rabbi Asi, citant Rabbi Yoḥanan. Le verset déclare : « Car c’est par de sages conseils que vous ferez votre guerre » (Proverbes 24 :6). Rabbi Aḥa bar Ḥanina dit que Rabbi Asi dit que Rabbi Yoḥanan dit : En qui trouvez-vous la guerre, c'est-à-dire la capacité de s'engager dans des conflits, de la Torah ? Chez celui qui a en sa possession des paquets, c'est-à-dire une vaste connaissance, de la Mishna. Il faut d’abord apprendre les sources primaires avant de s’engager dans des disputes sur la Torah. Rav Yossef lisait à son sujet le verset : « Et beaucoup de produits proviennent de la force du bœuf » (Proverbes 14 : 4), c'est-à-dire que quelqu'un avec une grande force peut apporter un gros rendement. Rav Yosef était connu pour être particulièrement versé dans les déclarations tannaïtiques.
כִּי בְתַחְבֻּלוֹת תַּעֲשֶׂה לְּךָ מִלְחָמָה. אָמַר רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּמִי אַתָּה מוֹצֵא מִלְחַמְתָּהּ שֶׁל תּוֹרָה? בְּמִי שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ חֲבִילוֹת שֶׁל מִשְׁנָה. קָרֵי רַב יוֹסֵף אַנַּפְשֵׁיהּ: ״וְרׇב תְּבוּאוֹת בְּכֹחַ שׁוֹר״.
§ La Mishna enseigne que si un témoin dit que l'événement s'est produit à deux heures, c'est-à-dire la deuxième heure de la journée à partir du lever du soleil, et qu'un témoin dit que l'événement s'est produit à trois heures, son témoignage est valable. Rav Shimi bar Ashi dit : Cela n'était enseigné que lorsqu'il y avait une différence dans les heures, mais si un témoin dit que l'événement s'est produit avant le lever du soleil, et qu'un autre dit que l'événement s'est produit après le lever du soleil, leur témoignage est nul. Bien qu'il puisse s'agir d'un écart moindre en termes de temps, la différence entre avant et après le lever du soleil ne peut pas être attribuée à une erreur.
אֶחָד אוֹמֵר בִּשְׁתֵּי שָׁעוֹת כּוּ׳. אָמַר רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שָׁעוֹת, אֲבָל אֶחָד אוֹמֵר קוֹדֶם הָנֵץ הַחַמָּה וְאֶחָד אוֹמֵר לְאַחַר הָנֵץ הַחַמָּה – עֵדוּתָן בְּטֵילָה.
La Guemara demande : N’est-ce pas évident ? Il y a une nette différence entre l’obscurité et la lumière. Au contraire, Rav Shimi bar Ashi a dit ce qui suit : Si un témoin dit que l'événement s'est produit avant le lever du soleil, et que l'autre dit que l'événement s'est produit pendant le lever du soleil, leur témoignage est nul. La Guemara demande : N’est-ce pas aussi évident ? La Guemara répond : De peur que vous ne disiez que celui qui dit : Pendant le lever du soleil, se tenait dans un endroit exposé et a vu un simple éclat et a cru voir le lever du soleil, Rav Shimi bar Ashi nous enseigne que le tribunal ne suppose pas que cela s'est produit, et juge le témoignage incongru.
פְּשִׁיטָא! אֶלָּא: אֶחָד אוֹמֵר ״קוֹדֶם הָנֵץ״, וְאֶחָד אוֹמֵר ״בְּתוֹךְ הָנֵץ״. הָא נָמֵי פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: הָא בְּגִילּוּיָא קָאֵי, וְזַהֲרוּרֵי בְּעָלְמָא הוּא דַּחֲזָא – קָא מַשְׁמַע לַן.
§ La Mishna enseigne : Et ensuite ils font venir le deuxième témoin et l'interrogent. Plus tard, la Mishna déclare : Mais si l'un des étudiants disait : Je peux enseigner une raison pour l'acquitter, ils l'élèveront au siège du tribunal et le feront asseoir parmi eux, et il n'en descendra pas de toute la journée. La Guemara demande : Ce jour-là et pas plus ? Mais n’est-ce pas enseigné dans une baraïta (Tosefta 9 :3) : si la déclaration de cet étudiant a du sens, il n’en descendra jamais, car sa déclaration démontre qu’il est capable de délibérer avec les autres juges. Mais si la déclaration de cet étudiant n'a pas de fondement, il n'en descendra pas toute la journée, afin que son ascension ne soit pas pour lui une descente, c'est-à-dire pour ne pas l'humilier. Abaye a dit : Interprétez la mishna comme étant relative à un cas où la déclaration de cet étudiant n'a pas de substance.
וְאַחַר כָּךְ מַכְנִיסִין כּוּ׳. אוֹתוֹ הַיּוֹם וְתוּ לָא? וְהָתַנְיָא: אִם יֵשׁ מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו – לֹא הָיָה יוֹרֵד מִשָּׁם לְעוֹלָם, וְאִם אֵין מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו – אֵין יוֹרֵד כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּהֵא עֲלִיָּיתוֹ יְרִידָה לוֹ. אָמַר אַבָּיֵי: תַּרְגּוּמַהּ אַאִם אֵין מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו.
La Mishna enseigne que si le tribunal juge opportun d'acquitter l'accusé au cours des délibérations, comme tous ou la majorité d'entre eux sont d'accord pour l'acquitter, ils l'excusent. La Mishna enseigne en outre que les juges ne boiraient pas de vin toute la journée. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle ils ne buvaient pas de vin ? Rabbi Aḥa bar Ḥanina dit que c'est parce que le verset déclare : « Ce n'est pas aux rois de boire du vin, ni aux princes [rozenim] de dire : Où est la boisson forte » (Proverbes 31 : 4). Rabbi Aḥa bar Ḥanina explique : Il s’agit d’une directive adressée à ceux qui s’occupent du secret du monde [berazo shel olam], c’est-à-dire de questions aussi strictes : Ne vous enivrez pas.
מָצְאוּ לוֹ זְכוּת כּוּ׳. יַיִן מַאי טַעְמָא לָא? אָמַר רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא: אָמַר קְרָא ״וּלְרוֹזְנִים אֵי שֵׁכָר״ – הָעוֹסְקִין בְּרָזוֹ שֶׁל עוֹלָם אַל יִשְׁתַּכְּרוּ.
§ La Mishna enseigne : Si le tribunal juge opportun de l'acquitter au cours des délibérations, comme tous ou la majorité d'entre eux sont d'accord pour l'acquitter, ils le libèrent. Il a en outre été enseigné dans la Mishna que lorsque le tribunal ne peut pas parvenir à un verdict, il ajoute des juges par paires de deux et délibère jusqu'à ce qu'il y ait un verdict clair. S'ils ont ajouté le nombre maximum de juges et ne peuvent toujours pas parvenir à un verdict clair, ils discutent de la question jusqu'à ce que l'un de ceux qui le jugent responsable constate la validité des déclarations de ceux qui acquittent et change de position. La Guemara demande : Si les juges ne changent pas de position, parce qu'ils ne voient pas la validité de la position de ceux qui l'acquittent, que fera-t-on ?
מָצְאוּ לוֹ זְכוּת כּוּ׳. לֹא רָאוּ, מַאי?
Rabbi Aḥa dit : Ils l'ont relâché, car il n'a pas été jugé responsable. Et de même Rabbi Yohanan dit : Ils le relâchent. Rav Pappa dit à Abaye : Mais s'ils finissent par le libérer si le tribunal est dans l'impasse, pourquoi tentent-ils de se convaincre mutuellement alors qu'ils devraient le libérer dès le début ? Abaye lui dit : Voici ce que Rabbi Yohanan a dit : La raison est qu'ils ne quittent pas le tribunal confus, sans parvenir à une conclusion définitive, car cela ternirait la réputation du tribunal.
אָמַר רַבִּי אַחָא: פּוֹטְרִין אוֹתוֹ. וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: פּוֹטְרִין אוֹתוֹ. אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: וְלִיפְטְרֵיהּ מֵעִיקָּרָא! אָמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּדֵי שֶׁלֹּא יֵצְאוּ מִבֵּית דִּין מְעוּרְבָּבִין.
Sanhedrin 42a
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סנהדרין מ״ב אמַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין