La Guemara répond : lorsque Rav énonce son propos, il ne parle pas de tout disciple, mais seulement de ceux tels que Rav Kahana et Rav Assi, qui avaient besoin d'apprendre les traditions halakhiques de Rav, mais n'avaient pas besoin d'apprendre son raisonnement — car ils étaient capables de mener leur propre analyse.
כִּי קָאָמַר רַב, כְּגוֹן רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי, דְּלִגְמָרֵיהּ דְּרַב הֲווֹ צְרִיכִי, וְלִסְבָרֵיהּ דְּרַב לָא הֲווֹ צְרִיכִי.
Rabbi Abbahu dit : il y a dix différences entre les affaires de droit pécuniaire [dinei mamonot] et les affaires capitales [dinei nefashot], comme enseigné au début du chapitre — et aucune d'elles ne s'applique au jugement d'un bœuf devant être lapidé [shor ha-niskal], car il est traité comme une affaire pécuniaire, à l'exception de l'exigence qu'il soit jugé par vingt-trois juges, comme dans les affaires capitales.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: עֲשָׂרָה דְּבָרִים יֵשׁ בֵּין דִּינֵי מָמוֹנוֹת לְדִינֵי נְפָשׁוֹת, וְכוּלָּן אֵין נוֹהֲגִין בְּשׁוֹר הַנִּסְקָל, חוּץ מֵעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה.
La Guemara demande : d'où ces règles sont-elles déduites ? Rav Aha bar Pappa dit : le verset dit : « Tu ne feras pas pencher le jugement de ton pauvre dans sa cause » (Shemot 23, 6). Il explique : tu ne dois pas faire pencher le jugement de, c'est-à-dire chercher à déclarer coupable, ton pauvre ; mais tu peux faire pencher le jugement d'un bœuf devant être lapidé. La raison des différences procédurales entre affaires pécuniaires et capitales est de rendre plus probable l'acquittement de l'accusé d'une transgression capitale — ce qui n'est pas un facteur lorsqu'on juge le bœuf.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב אַחָא בַּר פָּפָּא: דְּאָמַר קְרָא ״לֹא תַטֶּה מִשְׁפַּט אֶבְיֹנְךָ בְּרִיבוֹ״. מִשְׁפַּט אֶבְיוֹנְךָ אִי אַתָּה מַטֶּה, אֲבָל אַתָּה מַטֶּה מִשְׁפָּט שֶׁל שׁוֹר הַנִּסְקָל.
La Guemara demande : y a-t-il vraiment dix différences ? Il n'y en a que neuf enregistrées dans la Michna. La Guemara objecte : mais la Michna en enseigne dix, pas neuf. La Guemara précise : bien qu'il en paraisse dix, il n'y en a en fait que neuf, car la halakha selon laquelle « tous ne sont pas aptes » à juger les affaires capitales et celle exigeant vingt-trois juges pour les affaires capitales ne font qu'une seule — la raison pour laquelle tous ne sont pas aptes est que le tribunal de vingt-trois se déduit du commandement adressé à Moshe : « Et ils porteront avec toi le fardeau du peuple » (Bamidbar 11, 17), ce qui indique que seuls ceux « avec toi », c'est-à-dire de lignée comparable à celle de Moshe, peuvent siéger (cf. 17a).
עֲשָׂרָה? הָא תִּשְׁעָה הָווּ! הָא עֲשָׂרָה קָתָנֵי! מִשּׁוּם דְּאֵין הַכֹּל כְּשֵׁרִין, וְעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה – חֲדָא הִיא.
La Guemara répond : mais il y a une autre différence, comme il est enseigné dans une baraïta (Tosefta 7, 5) : on ne siège pas au Sanhédrin un vieillard très âgé, un castré, ou celui qui n'a pas d'enfants — car ceux qui n'ont pas élevé d'enfants récemment peuvent manquer de compassion. Rabbi Yehouda ajoute : même une personne cruelle n'est pas éligible. La Guemara commente : et l'inverse de cela vaut pour celui qui incite autrui à l'idolâtrie [mesit], car le Miséricordieux dit à son sujet : « Tu n'épargneras pas et tu ne le couvriras pas » (Devarim 13, 9).
הָא אִיכָּא אַחֲרִיתִי, דְּתַנְיָא: אֵין מוֹשִׁיבִין בְּסַנְהֶדְרִין זָקֵן וְסָרִיס וּמִי שֶׁאֵין לוֹ בָּנִים. רַבִּי יְהוּדָה מוֹסִיף: אַף אַכְזָרִי. וְחִילּוּפֵיהֶן בְּמֵסִית, דְּרַחֲמָנָא אָמַר: ״לֹא תַחְמֹל וְלֹא תְכַסֶּה עָלָיו״.
§ La Michna enseigne : tous sont aptes à juger les affaires pécuniaires. La Guemara demande : que vient ajouter la Michna en employant le terme expansif « tous » ? Rav Yehouda dit : cela sert à inclure un mamzer [enfant né d'une union incestueuse ou adultère] parmi ceux qualifiés pour juger les affaires pécuniaires.
הַכֹּל כְּשֵׁרִין לָדוּן דִּינֵי מָמוֹנוֹת. הַכֹּל לְאֵתוֹיֵי מַאי? אָמַר רַב יְהוּדָה: לְאֵתוֹיֵי מַמְזֵר.
La Guemara conteste cette explication : mais nous apprenons déjà cette halakha une fois, comme il est enseigné dans une baraïta : tous ceux qui sont aptes à juger les affaires capitales le sont aussi pour les affaires pécuniaires ; mais il y en a qui sont aptes pour les affaires pécuniaires et ne le sont pas pour les affaires capitales. Et nous en avons discuté : que vient inclure le terme expansif « tous » de la baraïta ? Et Rav Yehouda dit : un mamzer. La Guemara répond : l'une des deux sources sert à inclure un converti [ger], qualifié pour juger seulement les affaires pécuniaires, et l'autre sert à inclure un mamzer.
הָא תְּנֵינָא חֲדָא זִימְנָא: כׇּל הָרָאוּי לָדוּן דִּינֵי נְפָשׁוֹת רָאוּי לָדוּן דִּינֵי מָמוֹנוֹת, וְיֵשׁ רָאוּי לָדוּן דִּינֵי מָמוֹנוֹת וְאֵין רָאוּי לָדוּן דִּינֵי נְפָשׁוֹת. וְהָוֵינַן בַּהּ: לְאֵתוֹיֵי מַאי? וְאָמַר רַב יְהוּדָה: לְאֵתוֹיֵי מַמְזֵר. חֲדָא לְאֵתוֹיֵי גֵּר, וַחֲדָא לְאֵתוֹיֵי מַמְזֵר.
La Guemara commente : la Michna et la baraïta sont toutes deux nécessaires, car la halakha enseignée par l'une ne peut se déduire de celle enseignée par l'autre. Car si le tanna nous avait enseigné l'aptitude à juger les affaires pécuniaires seulement à propos d'un converti, on pourrait dire qu'un converti est comme un Juif de naissance à cet égard, puisqu'il est apte à entrer dans la communauté [qahal], mais qu'un mamzer, qui n'est pas apte à entrer dans la communauté, ne pourrait pas siéger comme juge. Et si le tanna nous avait enseigné cette aptitude seulement à propos d'un mamzer, on pourrait dire qu'un mamzer est apte car il est issu d'une semence de lignée valide, mais qu'un converti, qui n'est pas issu d'une semence de lignée valide, ne pourrait pas siéger. Les deux sources sont donc nécessaires.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן גֵּר – דְּרָאוּי לָבֹא בַּקָּהָל, אֲבָל מַמְזֵר אֵימָא לָא. וְאִי אַשְׁמְעִינַן מַמְזֵר – דְּבָא מִטִּיפָּה כְּשֵׁרָה, אֲבָל גֵּר דְּלֹא בָּא מִטִּיפָּה כְּשֵׁרָה אֵימָא לָא. צְרִיכָא.
§ La Michna enseigne : mais tous ne sont pas aptes à juger les affaires capitales — les juges ne peuvent être que des Cohanim, Lévites ou Israélites de lignée suffisamment valide pour marier leurs filles à des Cohanim. La Guemara demande : quelle en est la raison ? La Guemara explique : Rav Yosef a enseigné : tout comme le tribunal est « pur » en justice, il est pur de toute tare, c'est-à-dire qu'il n'inclut personne de lignée défectueuse. Ameimar dit : quel est le verset dont on le déduit ? « Tu es toute belle, mon amie, et il n'y a point de tache en toi » (Shir haShirim 4, 7).
וְאֵין הַכֹּל כְּשֵׁרִין לָדוּן דִּינֵי נְפָשׁוֹת. מַאי טַעְמָא? דְּתָנֵי רַב יוֹסֵף: כְּשֵׁם שֶׁבֵּית דִּין מְנוּקִּין בְּצֶדֶק, כָּךְ מְנוּקִּין מִכׇּל מוּם. אָמַר אַמֵּימָר, מַאי קְרָא: ״כֻּלָּךְ יָפָה רַעְיָתִי וּמוּם אֵין בָּךְ״.
La Guemara demande : mais dira-t-on que cela vise une tare physique réelle, et enseigne qu'une personne ayant un défaut corporel ne peut pas être nommée au Sanhédrin ? Rav Aha bar Yaakov dit : il n'est pas nécessaire d'apprendre cette halakha de ce verset, car le verset dit, à propos du transfert de l'Esprit divin de Moshe aux Anciens : « afin qu'ils se tiennent là avec toi » (Bamidbar 11, 16). Le terme « avec toi [imakh] » signifie : avec ressemblance à toi — les membres du Sanhédrin doivent être intacts de corps, comme Moshe.
וְדִילְמָא מוּם מַמָּשׁ? אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: אָמַר קְרָא, ״וְהִתְיַצְּבוּ שָׁם עִמָּךְ״ – עִמָּךְ בְּדוֹמִין לָךְ.
La Guemara rejette cette preuve : mais peut-être, là, ceux qui étaient avec Moshe devaient être exempts de toute tare en raison de la Présence divine [Shekhina] qui allait reposer sur eux — ce qui n'est pas une exigence pour les juges siégeant au Sanhédrin. Plutôt, Rav Nahman bar Yitzhaq dit : le verset dit : « Ils te faciliteront la tâche et porteront avec toi le fardeau » (Shemot 18, 22). « Avec toi » signifie : ils seront semblables à toi, sans tare. Ce verset concerne la nomination de juges ordinaires, sur lesquels la Présence divine ne repose pas, et enseigne que tous les membres du Sanhédrin doivent être intacts de corps ; le verset de Shir haShirim enseigne qu'ils doivent aussi avoir une lignée sans défaut.
וְדִילְמָא הָתָם מִשּׁוּם שְׁכִינָה? אֶלָּא, אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אָמַר קְרָא ״וְנָשְׂאוּ אִתָּךְ״ – אִתָּךְ בְּדוֹמִין לָךְ לֶיהֱוֵי.
Mishna 1
MICHNA : Un Sanhédrin de vingt-trois était disposé comme une demi-aire de battage circulaire, afin que tous les juges se voient mutuellement ainsi que les témoins. Et deux scribes des juges se tenaient devant le tribunal, l'un à droite et l'un à gauche, et ils inscrivaient les déclarations de ceux qui déclaraient l'accusé coupable et celles de ceux qui l'acquittaient. Rabbi Yehouda dit : il y avait trois scribes — l'un n'inscrivait que les déclarations de ceux qui acquittaient, l'un n'inscrivait que celles de ceux qui condamnaient, et le troisième inscrivait les deux, afin qu'en cas d'incertitude sur la formulation exacte, on puisse la comparer aux mots du troisième scribe.
מַתְנִי׳ סַנְהֶדְרִין הָיְתָה כַּחֲצִי גּוֹרֶן עֲגוּלָּה, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ רוֹאִין זֶה אֶת זֶה. וּשְׁנֵי סוֹפְרֵי הַדַּיָּינִין עוֹמְדִים לִפְנֵיהֶם, אֶחָד מִיָּמִין וְאֶחָד מִשְּׂמֹאל, וְכוֹתְבִין דִּבְרֵי מְחַיְּיבִין וְדִבְרֵי מְזַכִּין. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שְׁלֹשָׁה, אֶחָד כּוֹתֵב דִּבְרֵי הַמְזַכִּין, וְאֶחָד כּוֹתֵב דִּבְרֵי הַמְחַיְּיבִין, וְהַשְּׁלִישִׁי כּוֹתֵב דִּבְרֵי הַמְזַכִּין וְדִבְרֵי הַמְחַיְּיבִין.(משנה)
Rachi
כי קאמר רב - דתלמידו נמנה לא אמר אלא כגון רב כהנא ורב אסי דלגמריה הוו צריכי למה ששמע מרבו אבל לסבריה למצוא ראיות וליישב הטעמים אינן צריכין הלכך גברא באפי נפשיה הוא דאי משום גמרא דשמע מיניה כל ישראל נמי ממשה קבלו ואין אלו טעמים הבנת לבו דנימא אם היתה חכמתו מפי רב אחר הוי אומר טעם אחר:
עשרה דברים - תנן במתני' (דף לב.):,וכולן אינן נוהגין בדין שור הנסקל - להיות שוה לדיני נפשות אף על פי שאמרנו בפ"ק (דף ב.) לענין עשרים ושלשה כמיתת בעלים כך מיתת השור:,חוץ מעשרים ושלשה - שצריך כ"ג כדיני נפשות:
לא תטה - לרעה ע"פ אחד אבל אתה מטה לחובה דין השור ע"פ אחד ומהכא גמיר לכולהו מעלות דלא נהיגי חוץ מכ"ג ומסתברא דהיקש להכי אתי שהוא עיקר הדין ותחילתו אבל כולהו אינך להצלה אתי ומה לנו לחוס על שור המועד מוטב לקיים בו ובערת הרע (דברים יט):
הא תשעה הוו - והדר פרקינן אאתקפתין והא י' תנן במתני' ואמר האי דקשיא לן ט' הוו משום דאין הכל כשירין ועשרים ושלשה חדא היא דמאי טעמא ממזר פסול מדיני נפשות משום דבעינן כ"ג דהיינו סנהדרי ובסנהדרי כתיב (במדבר י״א:י״ז) ונשאו אתך בדומין לך מיוחסין כמותך:
זקן - ששכח כבר צער גדול בנים ואינו רחמני וכן סריס:
מטיפה כשירה - מזרע ישראל:
מכל מום - פגם משפחה:
משום שכינה - הנך דבימי משה הוא דבעינן מיוחסין שיהו ראוי שתשרה שכינה עליהן:,שכינה - דכתיב (שם) ואצלתי מן הרוח:,ונשאו אתך - בסנהדראות שחילק לו יתרו לשפוט את העם דאין כאן משום שכינה דכתיב והקל מעליך ונשאו אתך ולא מן ונשאו אתך במשא העם (שם) יליף דההוא בשבעים זקנים שהלכו עמו לאהל מועד כתיב ומשום שכינה:
מתני' סנהדרין - אף של כ"ג:,כחצי גורן עגולה - בעגולה היו יושבין כדי שיהו כולן רואין זה את זה לפי שאם היו יושבין בשורה אין פני הראשונים רואין זה את זה ובעגולה שלימה אין יושבין לפי שצריכין בעלי הדין והעדים ליכנס לדבר בפני כולם שיהו כולן רואין את העדים ומדקדקין בדברים ולא שיהא פני העדים לשורה זו ואחוריהם לזו:,וכותבין דברי המזכין והמחייבין - שניהם כותבין דברי המזכין ושניהם כותבין דברי המחייבים שאם יטעה האחד יוכיח כתבו על של חבירו:,שלשה - הוו שמתוך טורח הטעמים שירבה עליהן יטעו בדבר אלא א' כותב דברי המזכין וא' כותב דברי המחייבין והג' כותב דברי כולם ומתוך שאין טורח רב עליהם לא יקצרו בדבר ואם יטעה אחד מהם יוכיח כתב של שלישי:
Tossafot
לאתויי ממזר. לאו אאין הכל כשרין לדון דיני נפשות קאי דאם כן הוה ליה למימר לאתויי חלל דהוי רבותא טפי דאפי' חלל דכשר לבא בקהל פסול לדון דיני נפשות משום דכתיב אתך בדומה לך ועוד הא בהדיא קתני לה אלא כהנים לוים וישראלים המשיאין לכהונה אלא אהכל כשירין לדון דיני ממונות קאי וכן מוכח הצריכותא דעביד אדיני ממונות ואע"ג דבפרק בא סימן (נדה דף מט: ושם) קעביד צריכותא איפכא אדיני נפשות מ"מ נקט עיקר מילתא משום דיני ממונות וא"ת לימא לאתויי סומא דכשר לדון דיני ממונות לתנא דמתני' כדאמרינן לעיל (סנהדרין דף לד:) ופסול לדיני נפשות כדאי' בריש מצות חליצה (יבמות דף קא. ושם) דממעט סומין מדתני רב יוסף כשם שב"ד מנוקין בצדק כך מנוקין מכל מום ומהאי טעמא נמי יש לפסול כל מומין כיון דקאמר קרא דמום אין בך במום ממש איירי וי"ל דמשמע ליה מתני' בפסול יוחסין כדאמרי' בזה בורר (לעיל סנהדרין דף כז:) אמתניתין דבא סימן תדע דקתני סיפא אלא כהנים לוים וישראלים המשיאין לכהונה:
תנינא חדא זימנא - אמילתיה דרב יהודה קשה ליה אמאי איצטריך ליה למימר אתרתי מתניתין לאיתויי ממזר דאי אמתניתין מאי פריך הא קתני התם טובא כה"ג אע"ג דתני להו בשאר דוכתי וכה"ג אשכחן בפרק אלו דברים בפסחים (דף סט: ושם) גבי כלל גדול א"ר עקיבא כל מלאכה שאפשר לעשותה:,חדא לאתויי גר - השתא משמע דסתם גר כשר לדיני ממונות וק' דבפרק החולץ (יבמות דף קה: ושם) אכשריה רבא לרב מרי בר רחל ומני' אפורסי דבבל דכיון דאמו מישראל מקרב אחיך קרינא ביה אלמא בעיא אמו מישראל וי"ל דהכא מיירי לדון גר חבירו כדאמרי' בפ' מצות חליצה (יבמות דף קב. ושגר דן חבירו דבר תורה ואם היתה אמו מישראל דן אפילו ישראל ולא כמו שפ"ה דלענין דיני נפשות איירי דדן חבירו ולא ישראל אבל לדיני ממונות כשר ועוד דהתם מייתי קרא דמקרב אחיך ואילו דיני נפשות מימעטי בסמוך מונשאו אתך וא"ת והא דאמר בפ' עשרה יוחסין (קידושין דף עו:) גבי מי שהוחזקו אבותיו משוטרי הרבים למימרא דלא מוקמינן פסולין ורמינהו הכל כשרין לדון ואמר רב יהודה לאתויי ממזר ומאי קושיא היינו לדון חבירו וי"ל דשאני ממזר הואיל ואביו ואמו מישראל מקרב אחיך קרינא ביה והאי דקאמר צריכא אע"ג דגר וממזר חלוקין מ"מ נקט צריכותא דשייכא לפי המשנה השנויה סתם ואין חילוק זה מפורש בה וא"ת בריש מצות חליצה (יבמות דף קב: ושם) דא"ל שמואל בר יהודה לרב יהודה תנינא בישראל בב"ד של ישראל ולא בב"ד של גרים ורגיל ר"ת לומר דאותו (רב) שמואל בר [רב] יהודה היה בנו של רב יהודה הינדוואה דאמרי' בפ"ק דקידושין (דף כב:) דגר שאין לו יורשים הוה ונתגייר הוא ובנו ואינו נראה דא"כ בלא ישראל נמי מיפסיל אפי' בשאר דינין כיון דלאו אמו מישראל ואין לומר דאיצטריך לפסול אפי' לחליצת בני גרים דבני גרים כיון שהורתן ולידתן בקדושה ישראל מעליא נינהו כדאמרי' בפ' נערה (כתובות דף מד: ושם) לענין נערה המאורסה דהורתה ולידתה בקדושה ישראלית מעליתא היא וצריך לומר דאיצטריך בישראל לפסול גר לחליצה אפילו אמו מישראל ורב שמואל בר יהודה אמו מישראל הוה:
אתך בדומין לך - אף על גב דמאתך נמי הוי שייך למעוטי בעל מום דמשה לאו בעל מום הוה כדאמרינן בפרק אלו מומין (דף לז) אם כן עשיתו למשה בעל מום מכל מקום לא הוה מסתבר למידרש אתך להכי אי לאו משום דכתיב ומום אין בך:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.