Guémara
Et il est écrit: « Et Ritspa, fille d'Aia, prit un sac et l'étendit pour elle sur le rocher, depuis le début de la moisson jusqu'à ce que de l'eau soit versée sur eux du ciel; et elle ne laissa ni les oiseaux du ciel se reposer dessus pendant le jour, ni les bêtes des champs la nuit » (II Chmouel 21, 10). Il ressort clairement de ce verset que les corps des enfants de Saül sont restés exposés à l'extérieur; vraisemblablement, ils ont été pendus.
וּכְתִיב: ״וַתִּקַּח רִצְפָּה בַת אַיָּה אֶת הַשַּׂק וַתַּטֵּהוּ לָהּ אֶל הַצּוּר בִּתְחִלַּת קָצִיר״.
La Guemara raconte l'incident des Israélites qui adorèrent l'idole de Peor dans le désert. Et il est écrit: « Et l'Éternel dit à Moïse: Prends tous les chefs du peuple, et pends-les à l'Éternel face au soleil, afin que l'ardente colère de l'Éternel se détourne d'Israël » (Bamidbar 25, 4). La Guemara demande: Si la nation a transgressé, de quelle manière les chefs du peuple ont-ils transgressé? Le verset ne rapporte pas de transgression des chefs, alors pourquoi ont-ils été punis?
וּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל מֹשֶׁה קַח אֶת כׇּל רָאשֵׁי הָעָם״. אִם הָעָם חָטְאוּ, רָאשֵׁי הָעָם מָה חָטְאוּ?
Rav Yehuda dit que Rav dit: La raison pour laquelle on a choisi les chefs des tribus n'était pas pour les punir. Au contraire, le Saint, Béni soit-Il, dit à Moïse: Répartissez les tribunaux pour les chefs des tribus, et chaque tribunal jugera et punira les transgresseurs de sa tribu. La Guemara demande: Quelle est la raison pour laquelle plusieurs tribunaux ont été nécessaires pour cela? Si nous disons que cela est dû au principe selon lequel un tribunal ne juge pas deux affaires de droit capital en une journée, et qu'il y avait de nombreuses affaires à juger, cela ne peut pas être la raison. Mais Rav Hisda ne dit-il pas: ce principe n’a été enseigné qu’en ce qui concerne deux types différents de décès imposés par un tribunal, car chaque cas nécessite suffisamment de temps pour faire l’objet d’une enquête approfondie sur ses propres mérites. Mais le tribunal juge plusieurs cas d’un même type de décès, c’est-à-dire une seule transgression, le même jour.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה, חַלֵּק לָהֶם בָּתֵּי דִינִין. מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם שֶׁאֵין דָּנִין שְׁנַיִם בְּיוֹם אֶחָד? וְהָאָמַר רַב חִסְדָּא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּשְׁתֵּי מִיתוֹת, אֲבָל בְּמִיתָה אַחַת דָּנִין!
La Guemara explique: La raison de la nomination de plusieurs tribunaux était plutôt de permettre à la colère féroce de l'Éternel de se détourner d'Israël. La colère féroce de Dieu persisterait jusqu’à ce que ceux qui adoraient les idoles soient punis. Il était donc nécessaire de les essayer en toute hâte.
אֶלָּא, כְּדֵי שֶׁיָּשׁוּב חֲרוֹן אַף מִיִּשְׂרָאֵל.
§ La Michna enseigne: Dans les affaires de droit monétaire, le tribunal peut conclure les délibérations et rendre le jugement même le même jour, soit pour exempter l'accusé, soit pour le déclarer responsable. Dans les cas de droit capital, le tribunal peut conclure le délibéré et rendre la décision même le même jour pour acquitter l'accusé, mais doit attendre le lendemain pour le déclarer responsable. La Guemara demande: D’où proviennent ces matières?
דִּינֵי מָמוֹנוֹת גּוֹמְרִין בּוֹ בַּיּוֹם כּוּ׳. מְנָהָנֵי מִילֵּי?
Rabbi Hanina a dit: Le verset déclare prophétiquement concernant Jérusalem après la destruction du Premier Temple: « Celle qui était pleine de justice, la justice était en elle, mais maintenant elle est meurtrière » (Yéchayahou 1, 21). Le verset associe le logement, ou l'attente pour la nuit, à la justice. Et Rava dit que ces questions découlent d’ici: « Apprenez à bien faire; recherchez le jugement, soulagez [ashru] les opprimés [ḥamotz] » (Yéchayahou 1, 17). Ceci est interprété: Louez [ashru] le juge qui retarde [meḥametz] son verdict avant de le prononcer.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: דְּאָמַר קְרָא, ״מְלֵאֲתִי מִשְׁפָּט צֶדֶק יָלִין בָּהּ וְעַתָּה מְרַצְּחִים״. וְרָבָא אָמַר מֵהָכָא: ״אַשְּׁרוּ חָמוֹץ״ – אַשְּׁרוּ דַּיָּין שֶׁמְּחַמֵּץ אֶת דִּינוֹ.
Et l’autre amora, Rabbi Ḥanina, qui n’a pas tiré cette halakha de ce verset, l’interprète comme signifiant: Soulagez la victime du vol [ḥamotz], mais pas le voleur [ḥometz], comme le font les méchants juges. La Guemara demande: Et l'autre amora, Rava, que fait-il de ce verset: « Celle qui était pleine de justice, la justice était logée en elle, mais maintenant elle est meurtrière »?
וְאִידַּךְ: ״אַשְּׁרוּ חָמוֹץ״, וְלֹא חוֹמֵץ. וְאִידַּךְ, הַאי ״מְלֵאֲתִי מִשְׁפָּט״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ?
La Guemara répond: Rava l'interprète conformément à la déclaration selon laquelle Rabbi Elazar dit que Rabbi Yitzḥak dit, comme Rabbi Elazar dit que Rabbi Yitzḥak dit: Chaque jour de jeûne où la distribution de l'aumône [tzedaka] est laissée pendant la nuit, cela est considéré comme si l'on versait le sang des pauvres, car ils jeûnaient toute la journée dans l'espoir de recevoir l'aumône avant la fin de la journée afin d'acheter de la nourriture avec laquelle rompre leur jeûne. Comme il est dit: « Celle qui était pleine de justice [tzedek], la justice habitait en elle, mais maintenant elle est meurtrière. » La Guemara précise: Et cette déclaration s'applique en ce qui concerne le retard de la distribution du pain et des dattes, qui sont prêts à être consommés; mais en ce qui concerne le retard dans la distribution de l'argent, du blé et de l'orge, cela ne nous pose aucun problème.
כִּדְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי יִצְחָק, דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל תַּעֲנִית שֶׁמְּלִינִין בּוֹ אֶת הַצְּדָקָה – כְּאִילּוּ שׁוֹפֵךְ דָּמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מְלֵאֲתִי מִשְׁפָּט צֶדֶק וְגוֹ׳״. וְהָנֵי מִילֵּי – בְּרִיפְתָּא וְתַמְרֵי, אֲבָל בְּזוּזֵי, חִיטֵּי וּשְׂעָרֵי – לֵית לַן בַּהּ.
§ Après avoir enseigné que dans les cas de droit capital, le verdict ne peut pas être rendu le même jour que les délibérations, la Michna déclare: Par conséquent, le tribunal ne juge pas les cas de droit capital certains jours, ni la veille du Chabbat ni la veille d'une fête. La Guemara demande: Quelle en est la raison? Qu'est-ce que la halakha selon laquelle le verdict ne peut pas être rendu le jour même du délibéré a à voir avec le fait de ne pas juger les affaires ces jours-là?
לְפִיכָךְ אֵין דָּנִין כּוּ׳. מַאי טַעְמָא?
La Guemara explique: C'est parce qu'il n'est pas possible de conduire le procès la veille du Chabbat ou la veille d'une fête. Car, comment devons-nous agir? Si nous disons que nous devons le juger la veille de Chabbat et conclure son verdict la veille de Chabbat, peut-être y trouverions-nous une raison de déclarer l'accusé responsable, et dans cette situation, le tribunal est tenu de suspendre le procès jusqu'au lendemain, car le tribunal ne peut pas rendre de verdict dans les affaires de peine capitale le même jour que le délibéré. Si nous disons: nous devons le juger la veille du Chabbat et conclure le verdict le jour du Chabbat, et, s'il est reconnu coupable, le tuer la veille du Chabbat, cela ne peut pas être fait, car le meurtre d'une personne passible de la peine capitale imposée par le tribunal n'annule pas le Chabbat. Et si nous disons: Nous devons le tuer la nuit, après la fin du Chabbat, cela ne peut pas être fait, car nous exigeons que la peine capitale soit administrée face au soleil, pendant la journée.
מִשּׁוּם דְּלָא אֶפְשָׁר. הֵיכִי לֶיעְבַּד? לִידַיְּינֵיהּ בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא וְלִיגְמְרֵיהּ לְדִינֵיהּ בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא? דִּילְמָא חָזוּ טַעַם לְחוֹבָה, וּבָעוּ לְמִיעְבַּד הֲלָנַת דִּין. לְדַיְּינֵיהּ בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא וְלִיגְמְרֵיהּ בְּשַׁבְּתָא, וְלִיקְטְלֵיהּ בְּשַׁבְּתָא? אֵין רְצִיחָה דּוֹחָה אֶת שַׁבָּת. וְלִיקְטְלֵיהּ לְאוּרְתָּא? נֶגֶד הַשֶּׁמֶשׁ בָּעֵינַן.
Et si nous disons: Nous devrions le juger la veille de Chabbat, conclure son verdict le jour de Chabbat et le tuer dimanche, vous avez retardé son verdict, car l'accusé devra attendre toute la nuit sachant qu'il est condamné à mort. Et si nous disons: nous devons le juger la veille du Chabbat et conclure son verdict dimanche, les juges oublieront entre-temps les raisons de leur position. Et même si deux scribes des juges se tiennent devant eux et qu’ils écrivent les déclarations de ceux qui acquittent l’accusé et les déclarations de ceux qui le déclarent responsable, et qu’ils écrivent ce qui est sorti de la bouche des juges, c’est-à-dire leur verdict provisoire, le cœur des gens [enashei] est oublieux [inshei], et ils oublieront les raisons. Par conséquent, il n’est pas possible de commencer les délibérations dans les cas de loi capitale la veille de Chabbat ou de Fête.
וְלִיגְמְרֵיהּ לְדִינֵיהּ בְּשַׁבְּתָא, וְלִיקְטְלֵיהּ בְּחַד בְּשַׁבְּתָא? נִמְצָא אַתָּה מְעַנֶּה אֶת דִּינוֹ. נִידַיְּינֵיהּ בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא וְנִגְמְרֵיהּ בְּחַד בְּשַׁבְּתָא? מִינְּשׁוּ טַעְמַיְיהוּ. אַף עַל גַּב דִּשְׁנֵי סוֹפְרֵי הַדַּיָּינִין עוֹמְדִים לִפְנֵיהֶם, וְכוֹתְבִין דִּבְרֵי הַמְזַכִּין וְדִבְרֵי הַמְחַיְּיבִין, נְהִי דִּבְפוּמָּא כָּתְבִין, לִיבָּא דְּאִינְּשִׁי אִינְּשִׁי. הִלְכָּךְ לָא אֶפְשָׁר.
§ La Guemara discute d'un sujet connexe: Reish Lakish dit à Rabbi Yohanan: Et l'enterrement d'un cadavre sans personne pour l'enterrer [met mitsva] devrait l'emporter sur le Chabbat au moyen d'une inférence a fortiori: Si en ce qui concerne le service du Temple, qui l'emporte sur le Chabbat, l'enterrement d'une met mitsva l'emporte, sur la base de l'interprétation du terme écrit à propos d'un nazirite: « Ou pour sa sœur » (Bamidbar 6, 7); la Guemara interrompt son récit de la question de Reish Lakish et cite une baraïta qui enseigne cette halakha.
אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: וּתְהֵא קְבוּרַת מֵת מִצְוָה דּוֹחָה שַׁבָּת מִקַּל וָחוֹמֶר: וּמָה עֲבוֹדָה שֶׁדּוֹחָה שַׁבָּת – קְבוּרַת מֵת מִצְוָה דּוֹחָה אוֹתָהּ, מִ״וּלְאַחֹתוֹ״.