Guémara
et toutes les formulations d'une ordonnance du tribunal y étaient écrites. Mais seulement deux l'avaient signé, et la déclaration suivante n'y était pas écrite : nous avons siégé en session de trois juges, et l'un des juges n'est plus là, car il est mort ou est parti pour une autre raison. Il y avait donc lieu de craindre que peut-être il n'y avait que deux témoins, et qu'ils aient rédigé l'acte d'admission de manière incorrecte.
וְכֹל לִישָּׁנֵי דְּבֵי דִינָא, וְלָא הֲוָה כְּתִב בַּהּ ״בְּמוֹתַב תְּלָתָא הֲוֵינָא וְחַד לֵיתוֹהִי״.
Ravina pensait dire que c'est un cas auquel s'applique le principe de Reish Lakish, selon lequel les témoins ne signent pas un document à moins que l'action ait été accomplie correctement. Rav Natan bar Ami lui dit : voici ce que nous disons au nom de Rava : dans tous les cas de ce genre, nous craignons la possibilité d'un tribunal erroné qui pense que deux constituent un tribunal.
סְבַר רָבִינָא לְמֵימַר: הַיְינוּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ. אֲמַר לֵיהּ רַב נָתָן בַּר אַמֵּי: הָכִי אָמְרִינַן מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, כֹּל כִּי הַאי גַוְונָא חָיְישִׁינַן לְבֵית דִּין טוֹעִין.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : s'il était écrit dans le document : nous, les membres du tribunal, avons siégé, il n'est pas nécessaire que l'acte précise en outre qu'un des juges n'est plus là, car un tribunal standard se compose de trois juges.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אִי כְּתִב בַּהּ ״בֵּי דִינָא״, תּוּ לָא צְרִיךְ.
La Guemara demande : mais peut-être s'agissait-il d'un tribunal effronté, car Shmouel dit : à propos de deux juges qui ont convoqué un tribunal et jugé, leur verdict est un verdict contraignant ; mais parce qu'ils ont enfreint l'ordonnance rabbinique mandatant qu'un tribunal doit être composé de trois juges, ils sont appelés un tribunal effronté. La Guemara répond : c'était un document dans lequel il était écrit : nous, les membres du tribunal de Rabbana Ashi, avons siégé. Le tribunal de Rav Ashi respectait vraisemblablement le protocole rabbinique.
וְדִילְמָא בֵּית דִּין חָצוּף הוּא? דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: שְׁנַיִם שֶׁדָּנוּ, דִּינֵיהֶן דִּין, אֶלָּא שֶׁנִּקְרְאוּ בֵּית דִּין חָצוּף. דִּכְתִב בַּיהּ: ״בֵּי דִינָא דְּרַבְנָא אָשֵׁי״.
La Guemara demande : mais peut-être les Sages du tribunal de Rav Ashi pensent-ils comme Shmouel, que le verdict de deux juges est contraignant, et ont-ils convoqué un tribunal effronté ? La Guemara répond : c'est un document dans lequel il est écrit : et nous avons dit à Rabbana Ashi, et Rabbana Ashi nous a dit. Rav Ashi lui-même n'aurait certainement pas participé aux délibérations d'un tribunal effronté.
וְדִילְמָא רַבָּנַן דְּבֵי רַב אָשֵׁי כִּשְׁמוּאֵל סְבִירָא לְהוּ? דִּכְתִיב בַּהּ: ״וַאֲמַרְנָא לֵיהּ לְרַבַּנָא אָשֵׁי״, ״וַאֲמַר לַן רַבַּנָא אָשֵׁי.״
§ Les Sages enseignèrent dans une baraïta : dans un cas où l'on a dit aux enfants d'un autre : j'ai vu que votre père a caché de l'argent dans un coffre, une caisse ou un cabinet, en disant : cet argent appartient à untel, ou : cet argent est de la seconde dîme, et l'argent fut trouvé là où il l'avait dit, la halakha dépend des circonstances. Si le coffre, la caisse ou le cabinet était dans la maison, le témoin n'a rien dit. Son témoignage sur le statut de l'argent n'est pas accepté, car il n'est qu'un seul témoin, et il n'aurait pas pu prendre l'argent pour lui s'il l'avait voulu. Mais s'il était dans le champ, sa déclaration tient, c'est-à-dire est acceptée.
תָּנוּ רַבָּנַן, אָמַר לָהֶן אֶחָד: אֲנִי רָאִיתִי אֲבִיכֶם שֶׁהִטְמִין מָעוֹת בְּשִׁידָּה, תֵּיבָה, וּמִגְדָּל, וְאָמַר ״שֶׁל פְּלוֹנִי הֵן״, ״שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי הֵן״ – בַּבַּיִת לֹא אָמַר כְּלוּם, בַּשָּׂדֶה דְּבָרָיו קַיָּימִין.
Le principe de la matière est le suivant : dans tout cas où le témoin a le pouvoir de prendre l'argent, sa déclaration tient ; s'il n'a pas le pouvoir de prendre l'argent, il n'a rien dit.
כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר: כֹּל שֶׁבְּיָדוֹ לִיטְּלָן – דְּבָרָיו קַיָּימִין; אֵין בְּיָדוֹ לִיטְּלָן – לֹא אָמַר כְּלוּם.
Dans un cas où les enfants eux-mêmes ont vu que leur père a caché de l'argent dans un coffre, une caisse ou un cabinet, et que le père a dit : cet argent appartient à untel, ou : cet argent est de la seconde dîme, s'il l'a dit comme quelqu'un qui transmet une information à ses propres enfants, sa déclaration tient. Mais s'il l'a dit comme quelqu'un qui emploie une ruse, c'est-à-dire qu'il semble leur avoir dit que l'argent n'était pas le sien seulement pour qu'ils ne le prennent pas, il n'a rien dit, et ils peuvent dépenser l'argent.
הֲרֵי שֶׁרָאוּ אֶת אֲבִיהֶן שֶׁהִטְמִין מָעוֹת בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל, וְאָמַר: ״שֶׁל פְּלוֹנִי הֵן״, ״שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי הֵן״ – אִם כְּמוֹסֵר, דְּבָרָיו קַיָּימִין; אִם כְּמַעֲרִים, לֹא אָמַר כְּלוּם.
Dans un cas où quelqu'un était affligé à propos d'argent que son père lui avait laissé en héritage, car il ne le trouvait pas, et le maître du rêve, c'est-à-dire quelqu'un dans son rêve, vint lui dire : c'est telle et telle somme d'argent et elle est en tel et tel endroit, mais l'argent est de la seconde dîme, et il trouva cette somme à l'endroit dont il avait rêvé ; et ce fut un incident réel porté devant les Sages, et ils dirent qu'il peut dépenser l'argent, car les choses qui apparaissent dans les rêves ne font pas de différence pour déterminer la halakha pratique.
הֲרֵי שֶׁהָיָה מִצְטַעֵר עַל מָעוֹת שֶׁהִנִּיחַ לוֹ אָבִיו, וּבָא בַּעַל הַחֲלוֹם וְאָמַר לוֹ: ״כָּךְ וְכָךְ הֵן״, ״בְּמָקוֹם פְּלוֹנִי הֵן״, ״שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי הֵן״. זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה, וְאָמְרוּ: דִּבְרֵי חֲלוֹמוֹת לֹא מַעֲלִין וְלֹא מוֹרִידִין.
§ La michna enseigne que si deux juges disent que le défendeur est exempt et un dit qu'il est responsable, il est exempt. La Guemara demande : lorsqu'il y a un désaccord entre les juges, comment rédigent-ils le verdict ?
שְׁנַיִם אוֹמְרִים זַכַּאי כּוּ׳. מִיכְתָּב הֵיכִי כָּתְבִי?
Rabbi Yoḥanan dit : ils écrivent qu'il est exempt, sans mentionner le désaccord. Reish Lakish dit qu'ils précisent : untel et untel le déclarent exempt, et untel et untel le déclarent responsable ; ils doivent mentionner qu'il y avait un désaccord. Rabbi Élazar dit qu'ils ne précisent pas les noms des juges, mais ajoutent plutôt la phrase : sur la déclaration des juges, untel a été déclaré exempt, à la formulation du verdict. Cela indique que tous les juges ne conviennent pas qu'il est exempt, mais ne précise pas quels juges en sont venus à quelle conclusion.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״זַכַּאי״. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: ״פְּלוֹנִי וּפְלוֹנִי מְזַכִּין, וּפְלוֹנִי וּפְלוֹנִי מְחַיְּיבִין״. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אָמַר: ״מִדִּבְרֵיהֶן נִזְדַּכָּה פְּלוֹנִי״.
La Guemara demande : quelle est la différence entre ces opinions, outre la formulation du verdict ? La Guemara répond : la différence pratique entre elles concerne le fait que, dans un cas où l'on découvre que le verdict était erroné, le juge qui était dans la minorité doit payer sa part de restitution avec les juges de la majorité. Car selon celui qui dit qu'ils écrivent qu'il est exempt, le juge minoritaire paie aussi ; et selon celui qui dit qu'ils précisent : untel et untel le déclarent exempt, et untel et untel le déclarent responsable, il ne paie pas.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ לְשַׁלּוֹמֵי אִיהוּ מְנָתָא בַּהֲדַיְיהוּ, דִּלְמַאן דְּאָמַר ״זַכַּאי״ – מְשַׁלֵּם, וּלְמַאן דְּאָמַר ״פְּלוֹנִי וּפְלוֹנִי מְזַכִּין וּפְלוֹנִי וּפְלוֹנִי מְחַיְּיבִין״ – לָא מְשַׁלֵּם.