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Traité Sanhedrin

2a

Étude de Sanhedrin 2a

Étude de la Mishna & Guémara 2a

Mishna 1
MICHNA : Les affaires de droit pécuniaire sont jugées par trois juges. Les affaires de vol et de blessures sont jugées par trois juges. Les affaires de dommages pour lesquels on est responsable parce que lui-même ou son bien a causé le dommage sont aussi jugées par trois juges. De même, le paiement de la moitié du dommage — lorsqu'un bœuf non averti [de sa tendance à encorner] a encorné un autre animal (cf. Shemot 21, 35) ; le paiement du double du capital par un voleur pris sur le fait (cf. Shemot 22, 3) ; et le paiement de quatre ou cinq fois le capital par un voleur qui a abattu ou vendu un bœuf ou un agneau volé (cf. Shemot 21, 37) — tout cela est jugé par trois juges.
מַתְנִי׳ דִּינֵי מָמוֹנוֹת – בִּשְׁלֹשָׁה, גְּזֵילוֹת וַחֲבָלוֹת – בִּשְׁלֹשָׁה, נֶזֶק וַחֲצִי נֶזֶק, תַּשְׁלוּמֵי כֶפֶל וְתַשְׁלוּמֵי אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה – בִּשְׁלֹשָׁה.(משנה)
Les affaires concernant celui qui viole de force ou séduit une jeune vierge — et doit donc payer au père de la jeune fille cinquante sicles d'argent (cf. Devarim 22, 29 ; Shemot 22, 15) — ; et les affaires concernant un diffamateur qui prétend faussement que son épouse n'était pas vierge au moment du mariage, et amène de faux témoins attestant qu'elle a commis l'adultère pendant ses fiançailles, et qui doit donc payer au père de la jeune fille cent sicles d'argent et recevoir des coups de fouet (cf. Devarim 22, 13-19) : tout cela est jugé par trois juges ; tel est l'avis de Rabbi Meir.
הָאוֹנֵס וְהַמְפַתֶּה וְהַמּוֹצִיא שֵׁם רַע – בִּשְׁלֹשָׁה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Et les Sages disent : les affaires de diffamation sont jugées par un tribunal de vingt-trois juges — le type de cour autorisé à juger les affaires capitales — parce que cette affaire peut devenir une affaire capitale. Le mari amène des témoins que son épouse a commis l'adultère ; si elle est reconnue coupable, elle encourt la peine de mort. Cette peine s'applique aux témoins s'ils sont démasqués comme témoins comploteurs [édim zomemim].
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מוֹצִיא שֵׁם רַע – בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דִּינֵי נְפָשׁוֹת.
Les affaires de transgression entraînant des coups de fouet sont jugées par trois juges. Les Sages ont dit au nom de Rabbi Yishmael : les affaires de coups de fouet sont jugées par vingt-trois juges.
מַכּוֹת בִּשְׁלֹשָׁה. מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אָמְרוּ: בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה.
L'intercalation du mois est effectuée par un panel de trois juges. L'intercalation de l'année — c'est-à-dire la décision d'ajouter un mois supplémentaire à l'année lorsque cela est nécessaire — est aussi décidée par un panel de trois juges ; tel est l'avis de Rabbi Meir. Rabban Shimon ben Gamliel dit : les délibérations commencent avec trois juges, se poursuivent avec cinq juges, et se concluent avec sept juges, en raison de l'importance de la décision. Et Rabban Shimon ben Gamliel concède que s'ils ont conclu la question avec seulement trois juges, l'intercalation est valide et c'est une année embolismique.
עִיבּוּר הַחֹדֶשׁ – בִּשְׁלֹשָׁה. עִיבּוּר הַשָּׁנָה – בִּשְׁלֹשָׁה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בִּשְׁלֹשָׁה מַתְחִילִין, וּבַחֲמִשָּׁה נוֹשְׂאִין וְנוֹתְנִין, וְגוֹמְרִין בְּשִׁבְעָה. וְאִם גָּמְרוּ בִּשְׁלֹשָׁה – מְעוּבֶּרֶת.
L'imposition des mains par les Anciens et la cassure du cou de la génisse [egla arufa] — dans le cas où un homme a été trouvé assassiné et que l'on ignore qui l'a tué (cf. Devarim 21, 1-9) — se font devant un panel de trois juges ; tel est l'avis de Rabbi Shimon. Rabbi Yehouda dit : ces rituels se font devant cinq juges. La halitsa — rituel par lequel le yavam, frère survivant d'un homme marié mort sans enfant, libère la yevama, la veuve, du lien lévirat lorsqu'il ne souhaite pas l'épouser (cf. Devarim 25, 5-10) — et le refus [mioun] d'une fille avant sa majorité de rester mariée à l'homme auquel sa mère ou son frère l'a fiancée, se font devant un tribunal de trois juges.
סְמִיכַת זְקֵנִים וַעֲרִיפַת עֶגְלָה – בִּשְׁלֹשָׁה, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בַּחֲמִשָּׁה. הַחֲלִיצָה וְהַמֵּיאוּנִין – בִּשְׁלֹשָׁה.
La halakha concernant les fruits d'un plant de la quatrième année [neta revai] et ceux de la seconde dîme est qu'ils doivent être apportés à Jérusalem et y être consommés. Si cela est impraticable, les produits peuvent être rachetés et l'argent du rachat apporté à Jérusalem pour y acheter nourriture et boisson. L'évaluation des fruits de la quatrième année ou de la seconde dîme lorsque leur valeur n'est pas connue est effectuée par trois juges. L'évaluation des biens consacrés [hekdesh] aux fins du rachat est effectuée par trois juges, et les évaluations portant sur des biens meubles (cf. Vayikra 27, 1-8) le sont aussi par trois juges. Rabbi Yehouda dit : l'un des trois juges doit être un Cohen.
נֶטַע רְבָעִי וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁאֵין דָּמָיו יְדוּעִין – בִּשְׁלֹשָׁה. הַהֶקְדֵּשׁוֹת – בִּשְׁלֹשָׁה. הָעֲרָכִין הַמִּטַּלְטְלִים – בִּשְׁלֹשָׁה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֶחָד מֵהֶן כֹּהֵן.
Et l'évaluation des terres consacrées est effectuée par neuf juges, auxquels s'ajoute un Cohen. Et l'évaluation d'une personne aux fins d'un vœu se fait de manière analogue à celle des terres.
וְהַקַּרְקָעוֹת – תִּשְׁעָה וְכֹהֵן. וְאָדָם – כַּיּוֹצֵא בָּהֶן.
§ Les affaires capitales sont jugées par vingt-trois juges. Un animal qui a copulé avec un être humain et un animal qui a été l'objet d'un acte de bestialité sont jugés par vingt-trois juges, car il est dit : « Et si une femme s'approche de quelque animal pour s'unir à lui, vous tuerez la femme et l'animal » (Vayikra 20, 16), et il est dit : « Et si un homme s'unit à un animal, il sera mis à mort, et vous tuerez l'animal » (Vayikra 20, 15). Dans les cas de bestialité, le verset rapproche l'exécution de l'animal de celle de la personne ; l'affaire de l'animal est donc jugée comme les affaires capitales.
דִּינֵי נְפָשׁוֹת – בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה. הָרוֹבֵעַ וְהַנִּרְבָּע – בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָרַגְתָּ אֶת הָאִשָּׁה וְאֶת הַבְּהֵמָה״, וְאוֹמֵר: ״וְאֶת הַבְּהֵמָה תַּהֲרֹגוּ״.
De même, un bœuf qui doit être lapidé parce qu'il a tué un homme est jugé par vingt-trois juges, car il est dit : « Mais si le bœuf avait l'habitude d'encorner par le passé, et qu'on a averti son maître sans qu'il ne le garde, et qu'il tue un homme ou une femme, le bœuf sera lapidé et son maître aussi sera mis à mort » (Shemot 21, 29). De ce verset on déduit que, de même que la manière de la mort du maître, ainsi est la manière de la mort du bœuf. La même halakha s'applique au loup, au lion, à l'ours, au léopard, au guépard ou au serpent qui a tué un homme : leur mort est décrétée par vingt-trois juges. Rabbi Eliezer dit : ces animaux dangereux n'ont pas besoin d'être amenés devant le tribunal ; quiconque les tue le premier accomplit une mitsva. Rabbi Akiva dit : leur mort est décrétée par vingt-trois juges.
שׁוֹר הַנִּסְקָל – בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַשּׁוֹר יִסָּקֵל וְגַם בְּעָלָיו יוּמָת״. כְּמִיתַת בְּעָלִים כָּךְ מִיתַת הַשּׁוֹר. הַזְּאֵב וְהָאֲרִי, הַדּוֹב וְהַנָּמֵר וְהַבַּרְדְּלָס וְהַנָּחָשׁ – מִיתָתָן בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כׇּל הַקּוֹדֵם לְהוֹרְגָן זָכָה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מִיתָתָן בְּעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה.
§ Le tribunal ne juge les affaires impliquant une tribu entière qui a péché, ni un faux prophète (cf. Devarim 18, 20-22), ni un Grand Cohen qui a transgressé une interdiction pouvant entraîner la peine de mort, qu'en vertu d'un tribunal de soixante et onze juges, c'est-à-dire le Grand Sanhédrin. Et le roi ne peut mener la nation à une guerre facultative — c'est-à-dire une guerre non mandatée par la Torah et qui n'est pas une guerre de défense — qu'en vertu d'un tribunal de soixante et onze juges. On ne peut étendre la ville de Jérusalem ni les parvis du Temple qu'en vertu d'un tribunal de soixante et onze juges. Et on ne peut instituer un petit Sanhédrin de vingt-trois juges pour les tribus qu'en vertu d'un tribunal de soixante et onze juges.
אֵין דָּנִין לֹא אֶת הַשֵּׁבֶט, וְלֹא אֶת נְבִיא הַשֶּׁקֶר, וְלֹא אֶת כֹּהֵן גָּדוֹל, אֶלָּא עַל פִּי בֵּית דִּין שֶׁל שִׁבְעִים וְאֶחָד. וְאֵין מוֹצִיאִין לְמִלְחֶמֶת הָרְשׁוּת אֶלָּא עַל פִּי בֵּית דִּין שֶׁל שִׁבְעִים וְאֶחָד. אֵין מוֹסִיפִין עַל הָעִיר וְעַל הָעֲזָרוֹת אֶלָּא עַל פִּי בֵּית דִּין שֶׁל שִׁבְעִים וְאֶחָד. אֵין עוֹשִׂין סַנְהֶדְרָיוֹת לַשְּׁבָטִים אֶלָּא עַל פִּי בֵּית דִּין שֶׁל שִׁבְעִים וְאֶחָד.
Une ville ne peut être désignée comme ville idolâtre — c'est-à-dire une ville dont tous les habitants pratiquent l'idolâtrie, et que la Torah ordonne donc de détruire en tuant tous les habitants (cf. Devarim 13, 13-19) — qu'en vertu de la décision d'un tribunal de soixante et onze juges. De plus, le tribunal ne peut désigner comme ville idolâtre une ville située en frontière, près des limites d'Eretz Israël ; et trois villes voisines ne peuvent pas être désignées comme villes idolâtres. Mais le tribunal peut désigner une ville, ou deux villes voisines, comme villes idolâtres.
אֵין עוֹשִׂין עִיר הַנִּדַּחַת, אֶלָּא עַל פִּי בֵּית דִּין שֶׁל שִׁבְעִים וְאֶחָד. אֵין עוֹשִׂין עִיר הַנִּדַּחַת בַּסְּפָר, וְלֹא שָׁלֹשׁ, אֲבָל עוֹשִׂין אַחַת אוֹ שְׁתַּיִם.
Sanhedrin 2a
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סנהדרין ב׳ אמַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין