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Traité Sanhedrin

29a

Étude de Sanhedrin 29a

Étude de la Mishna & Guémara 29a

étaient ses parents et ne l'étaient plus, car la femme de Mar Ukva, qui était leur sœur, était morte. Ils vinrent devant lui pour jugement. Mar Ukva leur dit : je suis disqualifié pour vous juger.
קְרוֹבִים וְנִתְרַחֲקוּ הֲווֹ. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ לְדִינָא. אֲמַר לְהוּ: פְּסִילְנָא לְכוּ לְדִינָא.
Ils dirent à Mar Ukva : quelle est ton opinion selon laquelle tu te disqualifies ? Te ranges-tu de l'avis de Rabbi Yehouda, selon lequel puisque tu as des enfants nous sommes encore parents ? Nous apporterons une lettre de l'Ouest, Éretz Israël, attestant que la halakha n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda.
אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּיךְ? כְּרַבִּי יְהוּדָה? אֲנַן מַיְיתִינַן אִיגַּרְתָּא מִמַּעְרְבָא דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה.
Mar Ukva leur dit : est-ce à dire que je suis collé à vous avec un kav de cire [kira] ? Je conviens que nous ne sommes pas considérés comme parents ; je dis que je suis disqualifié pour vous juger seulement parce que vous n'obéirez pas au verdict, et je ne souhaite pas participer à un tel jugement.
אֲמַר לְהוּ: אַטּוּ בְּקַבָּא דְקִירָא אִידְּבַקְנָא בְּכוּ? דְּלָא קָאָמֵינָא פְּסִילְנָא לְכוּ לְדִינָא, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא צָיְיתִיתוּ דִּינָא.
§ La michna enseigne que selon Rabbi Yehouda, celui qui aime ou celui qui hait l'un des plaideurs est disqualifié pour témoigner. Celui qui aime l'un des plaideurs : il s'agit de son garçon d'honneur [chouchbin].
אוֹהֵב זֶה שׁוֹשְׁבִינוֹ וְכוּ׳.
La Guemara demande : et pendant combien de temps le garçon d'honneur est-il disqualifié ? Rabbi Abba dit que Rabbi Yirmeya dit que Rav dit : pendant les sept jours de festin. Et les Rabbins disent au nom de Rava : même à partir du premier jour après le mariage et au-delà il n'est plus disqualifié ; il n'est disqualifié que le jour du mariage lui-même.
וְכַמָּה? אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה אָמַר רַב: כׇּל שִׁבְעַת יְמֵי הַמִּשְׁתֶּה. וְרַבָּנַן מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמְרִי: אֲפִילּוּ מִיּוֹם רִאשׁוֹן וְאֵילָךְ.
§ La michna enseigne : celui qui hait le plaideur désigne quiconque, par inimitié, n'a pas parlé au plaideur pendant trois jours. Les Sages enseignèrent dans une baraïta : cette halakha est dérivée du verset « Et il n'était pas son ennemi, et ne cherchait pas son mal » (Bamidbar 35, 23), qu'on peut dire de celui-ci : « Et il n'était pas son ennemi », peut témoigner sur lui. Et celui qui « ne cherchait pas son mal » peut le juger.
הַשּׂוֹנֵא כֹּל שֶׁלֹּא דִּבֵּר כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְהוּא לֹא אוֹיֵב לוֹ״ – יְעִידֶנּוּ, ״וְלֹא מְבַקֵּשׁ רָעָתוֹ״ – יְדִינֶנּוּ.
La Guemara demande : nous avons trouvé une source pour la disqualification de celui qui hait ; d'où déduisons-nous que celui qui aime est disqualifié ?
אַשְׁכְּחַן שׂוֹנֵא, אוֹהֵב מְנָלַן?
La Guemara répond qu'on doit lire dans le verset ainsi : on peut dire de celui-ci : Et il qui n'était pas son ennemi ni celui qui l'aime, peut témoigner sur lui ; et celui qui ne cherchait ni son mal ni son bien peut le juger.
קָרֵי בֵּיהּ הָכִי: וְהוּא לֹא אוֹיֵב לוֹ וְלֹא אוֹהֵב לוֹ – יְעִידֶנּוּ, וְלֹא מְבַקֵּשׁ רָעָתוֹ וְלֹא טוֹבָתוֹ – יְדִינֶנּוּ.
La Guemara demande : « Celui qui aime » est-il écrit dans le verset ? Comment le verset peut-il être lu de cette manière ? Plutôt, l'extension de la disqualification à celui qui l'aime aussi repose sur un raisonnement logique : quelle est la raison pour laquelle un ennemi est disqualifié pour témoigner ? C'est parce qu'il ressent de l'aversion envers cet individu et pourrait témoigner faussement contre lui. On peut employer une logique similaire pour celui qui aime : il ressent de l'affinité envers cet individu, et pourrait témoigner faussement en sa faveur.
מִידֵּי ״אוֹהֵב״ כְּתִיב? אֶלָּא סְבָרָא הוּא. אוֹיֵב – מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דִּמְרַחֲקָא דַּעְתֵּיהּ. אוֹהֵב נָמֵי – מְקָרְבָא דַּעְתֵּיהּ.
La Guemara demande : et qu'est-ce que les Rabbins, qui ne sont pas d'accord avec Rabbi Yehouda, dérivent de ce verset : « Et il n'était pas son ennemi, et ne cherchait pas son mal » ?
וְרַבָּנַן, הַאי ״לֹא אוֹיֵב לוֹ וְלֹא מְבַקֵּשׁ רָעָתוֹ״ מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ?
La Guemara répond : une partie du verset est nécessaire pour la halakha selon laquelle un juge qui aime ou hait l'un des plaideurs est disqualifié. Les Rabbins conviennent de cette halakha, car un tel juge est naturellement enclin à favoriser l'un des plaideurs.
חַד לְדַיָּין.
L'autre partie du verset s'interprète conformément à ce qui est enseigné dans une baraïta : Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : à propos du verset « Et il n'était pas son ennemi, et ne cherchait pas son mal », on en déduit que deux savants de la Torah qui se haïssent ne peuvent pas siéger en jugement ensemble comme un seul. À cause de leur haine, ils en viendront à se contredire mutuellement injustement dans leurs décisions.
אִידַּךְ, כִּדְתַנְיָא: אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, ״וְהוּא לֹא אוֹיֵב לוֹ וְלֹא מְבַקֵּשׁ רָעָתוֹ״ – מִכָּאן לִשְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁשּׂוֹנְאִין זֶה אֶת זֶה, שֶׁאֵין יוֹשְׁבִין בַּדִּין כְּאֶחָד.
Sanhedrin 29a
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סנהדרין כ״ט אמַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין