Quoi, ne s'agit-il pas de ceux qui prêtent serment et ne paient pas, c'est-à-dire des cas où l'accusé est obligé de prêter serment sur la fausseté de la plainte contre lui et est ainsi dispensé de payer? En conséquence, c'est le demandeur qui suggère au défendeur de faire un vœu à la place, ce qui revient à dire: Si vous faites un vœu, l'argent que je prétends que vous devez vous est pardonné.
מַאי לָאו בְּאוֹתָן הַנִּשְׁבָּעִין וְלֹא מְשַׁלְּמִין, דַּהֲוָה לֵיהּ כְּ״מָחוּל לָךְ״?
La Guemara rejette cette objection: Non, elle fait référence à ceux qui prêtent serment et recouvrent une dette. Il y a des cas où c'est le demandeur qui est tenu de prêter serment, et il récupère ensuite l'argent qu'il réclame. Dans le cas où le défendeur suggère au demandeur de faire un vœu à la place, cela revient à dire: Si vous faites un vœu, je vous donnerai ce que vous réclamez.
לָא, בְּאוֹתָן הַנִּשְׁבָּעִין וְנוֹטְלִין, דְּהָוֵה לֵיהּ כְּ״אֶתֵּן לָךְ״.
La Guemara conteste: Mais selon l’interprétation de Rava, la mishna a déjà enseigné la halakha dans un cas où l’accusé dit: Je vous donnerai, dans la première clause, où l’accusé accepte des juges inaptes.
וְהָא תְּנָא לֵיהּ רֵישָׁא!
La Guemara répond: La Michna enseigne dans la première clause un cas où le défendeur fait dépendre l'issue de la décision d'autrui, à savoir son père ou le père du demandeur; et la mishna enseigne dans cette dernière clause un cas où il fait dépendre le résultat de la propre décision du demandeur.
תְּנָא תּוֹלֶה בְּדַעַת אֲחֵרִים, וּתְנָא תּוֹלֶה בְּדַעַת עַצְמוֹ.
Et il est nécessaire que la Michna enseigne les deux cas, car si la Michna enseignait uniquement le cas où il fait dépendre le résultat de la décision des autres, on pourrait penser que spécifiquement dans ce cas, Rabbi Meir dit qu'il peut retirer son acceptation des juges inaptes. En effet, il n'a sans doute pas décidé de transférer l'argent si ces juges le jugeaient responsable, comme il a dû se dire: qui dira que les juges trancheront en faveur du réclamant? Mais dans le cas où il fait dépendre l’issue de la décision du demandeur en lui suggérant de faire un vœu, disons que le rabbin Meir concède aux rabbins que le défendeur ne peut pas revenir sur son engagement de payer.
וּצְרִיכָא, דְּאִי תְּנָא תּוֹלֶה בְּדַעַת אֲחֵרִים – בְּהָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר דְּמָצֵי הָדַר בֵּיהּ, מִשּׁוּם דְּלָא גָּמַר וּמַקְנֵי, דְּאָמַר: ״מִי יֵימַר דִּמְזַכֵּי לֵיהּ?״ אֲבָל תּוֹלֶה בְּדַעַת עַצְמוֹ, אֵימָא מוֹדֵי לְהוּ לְרַבָּנַן.
Et inversement, si la Michna nous apprenait uniquement ce dernier cas, où le défendeur suggère au demandeur de faire un vœu, on pourrait penser que spécifiquement dans ce cas les rabbins disent qu'il ne peut pas retirer son offre; mais dans le premier cas, où il fait dépendre le résultat de la décision d'autrui, dites que les rabbins concèdent à Rabbi Meir qu'il peut retirer son acceptation des juges inaptes. Il est donc nécessaire que la Michna enseigne les deux cas.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא, בְּהָא קָאָמְרִי רַבָּנַן, אֲבָל בְּהַהִיא אֵימָא מוֹדוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרַבִּי מֵאִיר. צְרִיכָא.
§ Reish Lakish dit: Le différend entre le rabbin Meir et les rabbins concerne la question de savoir si l'on peut ou non retirer son acceptation des juges inaptes avant que le verdict ne soit rendu. Mais une fois le verdict rendu, tout le monde s'accorde sur le fait qu'on ne peut pas revenir sur son acceptation, car sa responsabilité est déjà engagée. Et Rabbi Yohanan dit: Le différend concerne la question de savoir si l'on peut ou non retirer son acceptation après le prononcé du verdict.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַחְלוֹקֶת לִפְנֵי גְּמַר דִּין, אֲבָל לְאַחַר גְּמַר דִּין – דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין יָכוֹל לַחְזוֹר בּוֹ. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לְאַחַר גְּמַר דִּין מַחְלוֹקֶת.
Un dilemme a été soulevé devant les Sages concernant l'opinion de Rabbi Yohanan: est-ce que le débat est de savoir si l'on peut rétracter son acceptation après le prononcé du verdict, mais avant que le verdict ne soit rendu, tout le monde est d'accord sur le fait qu'il peut rétracter son acceptation? Ou peut-être que Rabbi Yohanan soutient que le différend porte à la fois sur ce cas et sur ce cas-là.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: לְאַחַר גְּמַר דִּין מַחְלוֹקֶת, אֲבָל לִפְנֵי גְּמַר דִּין דִּבְרֵי הַכֹּל יָכוֹל לַחְזוֹר בּוֹ? אוֹ דִילְמָא: בֵּין בָּזוֹ וּבֵין בָּזוֹ מַחְלוֹקֶת?
La Guemara suggère: Venez entendre une résolution du dilemme, comme le dit Rava: Si quelqu'un a accepté un parent sur lui-même comme juge ou témoin, ou s'il a accepté quelqu'un qui est disqualifié pour une autre raison de servir comme juge ou témoin, il peut retirer son acceptation avant que le verdict ne soit rendu. Il ne peut pas revenir sur son acceptation après le prononcé du verdict.
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רָבָא: קִיבֵּל עָלָיו קָרוֹב אוֹ פָּסוּל – לִפְנֵי גְּמַר דִּין יָכוֹל לַחְזוֹר בּוֹ, לְאַחַר גְּמַר דִּין אֵין יָכוֹל לַחְזוֹר בּוֹ.
Certes, cela a du sens si l’on dit que selon Rabbi Yohanan également, le différend porte sur la question de savoir si l’on peut retirer son acceptation après que le verdict soit rendu, mais avant que le verdict ne soit rendu, tout le monde s’accorde sur le fait que l’on peut retirer son acceptation; alors cela signifie que Rava énonce la halakha conformément à l'opinion du rabbin Yoḥanan et selon l'opinion des rabbins. Mais si vous dites que selon Rabbi Yohanan, le différend porte à la fois sur ce cas et sur ce cas-là, alors selon l'opinion de qui Rava énonce-t-il la halakha? Sa déclaration n’est conforme ni à l’opinion de Reish Lakish ni à celle du rabbin Yohanan.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא: לְאַחַר גְּמַר דִּין מַחְלוֹקֶת, אֲבָל לִפְנֵי גְּמַר דִּין דִּבְרֵי הַכֹּל יָכוֹל לַחְזוֹר בּוֹ – רָבָא דְּאָמַר כְּרַבִּי יוֹחָנָן וְאַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ: בֵּין בָּזוֹ בֵּין בָּזוֹ מַחְלוֹקֶת – רָבָא דְּאָמַר כְּמַאן?
Ne devons-nous pas plutôt conclure de la déclaration de Rava que le débat porte sur la possibilité de retirer son acceptation une fois le verdict rendu? La Guemara affirme: Concluez de la déclaration de Rava qu’il en est ainsi.
אֶלָּא, לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: לְאַחַר גְּמַר דִּין מַחְלוֹקֶת? שְׁמַע מִינַּהּ.
Rav Nahman, fils du Rav Hisda, a envoyé la question suivante à Rav Nahman bar Ya'akov: Notre professeur, instruis-nous: le différend porte-t-il sur la question de savoir si l'on peut ou non retirer son acceptation avant que le verdict ne soit rendu, ou le différend concerne-t-il la question de savoir si l'on peut ou non retirer son acceptation après que le verdict soit rendu? Et de plus, selon quelle déclaration est la halakha? Rav Nahman bar Ya'akov lui a répondu: Le différend concerne la question de savoir si l'on peut retirer son acceptation après le prononcé du verdict, et la halakha est conforme à la déclaration des rabbins.
שְׁלַח לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא לְרַב נַחְמָן בַּר יַעֲקֹב: יְלַמְּדֵנוּ רַבֵּינוּ, לִפְנֵי גְּמַר דִּין מַחְלוֹקֶת אוֹ לְאַחַר גְּמַר דִּין מַחְלוֹקֶת? וַהֲלָכָה כְּדִבְרֵי מִי? שְׁלַח לֵיהּ: לְאַחַר גְּמַר דִּין מַחְלוֹקֶת, וַהֲלָכָה כְּדִבְרֵי חֲכָמִים.