Guémara
[L'année ne peut être intercalée] que par ceux qui y ont été convoqués [à cette fin] par le Nassi, le président du Grand Sanhédrin. Il y eut un incident impliquant Rabban Gamliel, qui dit aux Sages : « Amenez-moi demain matin, de bonne heure, sept [Sages] dans la chambre haute [de la tour] désignée pour réunir un tribunal chargé d'intercaler l'année. » Il monta de bonne heure le lendemain matin et trouva huit Sages déjà là. Rabban Gamliel dit : « Qui est celui qui est monté dans la chambre haute sans permission ? Qu'il descende immédiatement ! »
בִּמְזוּמָּנִין לָהּ. מַעֲשֵׂה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁאָמַר: הַשְׁכִּימוּ לִי שִׁבְעָה לַעֲלִיָּיה. הִשְׁכִּים וּמָצָא שְׁמוֹנָה. אָמַר: מִי הוּא שֶׁעָלָה שֶׁלֹּא בִּרְשׁוּת? יֵרֵד!
Shmuel HaKatan se leva et dit : « C'est moi qui suis monté sans permission ; et je ne suis pas monté pour participer à l'intercalation de l'année, mais j'avais besoin d'observer [le déroulement] afin d'apprendre la halakha pratique. » Rabban Gamliel lui dit : « Assieds-toi, mon fils, assieds-toi. Il conviendrait que toutes les années soient intercalées par toi, car tu en es vraiment digne. Mais les Sages ont dit : l'année ne peut être intercalée que par ceux qui y ont été convoqués [à cette fin]. » La Guemara précise : ce n'était pas en réalité Shmuel HaKatan qui était venu sans invitation, mais un autre homme. Et par pudeur pour cet autre, Shmuel HaKatan fit ainsi, afin que personne ne sache qui était venu sans permission.
עָמַד שְׁמוּאֵל הַקָּטָן וְאָמַר: אֲנִי הוּא שֶׁעָלִיתִי שֶׁלֹּא בִּרְשׁוּת, וְלֹא לְעַבֵּר הַשָּׁנָה עָלִיתִי אֶלָּא לִלְמוֹד הֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה הוּצְרַכְתִּי. אָמַר לוֹ: שֵׁב בְּנִי, שֵׁב. רְאוּיוֹת כׇּל הַשָּׁנִים כּוּלָּן לְהִתְעַבֵּר עַל יָדֶךָ, אֶלָּא אָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה אֶלָּא בַּמְזוּמָּנִין לָהּ. וְלָא שְׁמוּאֵל הַקָּטָן הֲוָה, אֶלָּא אִינִישׁ אַחֲרִינָא, וּמֵחֲמַת כִּיסּוּפָא הוּא דַּעֲבַד.
La Guemara relate qu'une histoire similaire à celle de Shmuel HaKatan se produisit lorsque Rabbi Yehouda haNassi était assis et enseignait, et qu'il sentit l'odeur d'ail. Rabbi Yehouda haNassi était très sensible et ne pouvait tolérer cette odeur. Il dit : « Que celui qui a mangé de l'ail sorte. » Rabbi Hiyya se leva et sortit. Par respect pour Rabbi Hiyya, tous ceux qui étaient présents se levèrent et sortirent. Le lendemain matin, Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehouda haNassi, trouva Rabbi Hiyya et lui dit : « Es-tu celui qui a troublé mon père en venant à la leçon avec la mauvaise odeur de l'ail ? » Rabbi Hiyya lui répondit : « Qu'un tel comportement n'existe pas parmi le peuple juif ! Je n'aurais pas fait une telle chose ; mais j'ai assumé la faute et suis parti, afin que celui qui l'avait fait ne soit pas embarrassé. »
כִּי הָא דְּיָתֵיב רַבִּי וְקָא דָרֵישׁ, וְהֵרִיחַ רֵיחַ שׁוּם. אָמַר: מִי שֶׁאָכַל שׁוּם יֵצֵא. עָמַד רַבִּי חִיָּיא וְיָצָא. עָמְדוּ כּוּלָּן וְיָצְאוּ. בַּשַּׁחַר מְצָאוֹ רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי לְרַבִּי חִיָּיא. אֲמַר לֵיהּ: אַתָּה הוּא שֶׁצִּיעַרְתָּ לְאַבָּא? אָמַר לוֹ: לֹא תְּהֵא כְּזֹאת בְּיִשְׂרָאֵל!
Et d'où Rabbi Hiyya a-t-il appris cette qualité de s'impliquer soi-même pour épargner l'embarras d'autrui ? Il l'a apprise de Rabbi Meir, comme il est enseigné dans une baraïta : il y eut un incident impliquant une certaine femme qui vint à l'étude de Rabbi Meir. Elle lui dit : « Mon maître, l'un d'entre vous [les hommes qui étudient ici] m'a fiancée par union conjugale. » La femme vint demander de l'aide pour identifier l'homme, afin qu'il l'épouse ou lui accorde un guett. Comme lui-même faisait partie de ceux qui étudiaient dans l'étude, Rabbi Meir se leva, rédigea pour elle un guett de divorce et le lui remit. Suivant son exemple, tous ceux qui étaient dans l'étude se levèrent, rédigèrent des guettim et les lui remirent. Ainsi, le bon homme remit aussi un guett, libérant la femme pour se remarier.
וְרַבִּי חִיָּיא מֵהֵיכָא גְּמִיר לַהּ? מֵרַבִּי מֵאִיר, דְּתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּאִשָּׁה אַחַת שֶׁבָּאתָה לְבֵית מִדְרָשׁוֹ שֶׁל רַבִּי מֵאִיר. אָמְרָה לוֹ: רַבִּי, אֶחָד מִכֶּם קִדְּשַׁנִי בְּבִיאָה. עָמַד רַבִּי מֵאִיר וְכָתַב לָהּ גֵּט כְּרִיתוּת וְנָתַן לָהּ. עָמְדוּ כָּתְבוּ כּוּלָּם וְנָתְנוּ לָהּ.
Et d'où Rabbi Meir a-t-il appris cette qualité ? De Shmuel HaKatan, dans l'incident exposé ci-dessus. Et d'où Shmuel HaKatan l'a-t-il apprise ? De Shecania ben Yehiel, comme il est écrit : « Shecania, fils de Yehiel, l'un des fils d'Elam, répondit et dit à Ezra : Nous avons été infidèles à notre D.ieu et avons épousé des femmes étrangères des peuples du pays ; pourtant il y a encore de l'espoir pour Israël à ce sujet » (Esdras 10, 2). Et bien qu'il ait confessé, Shecania n'est pas mentionné parmi ceux qui avaient épousé des femmes étrangères (Esdras 10, 18-44). Il est évident qu'il ne confessa que pour épargner aux autres l'embarras public.
וְרַבִּי מֵאִיר מֵהֵיכָא גְּמִיר לַהּ? מִשְּׁמוּאֵל הַקָּטָן. וּשְׁמוּאֵל הַקָּטָן מֵהֵיכָא גְּמִיר לַהּ? מִשְּׁכַנְיָה בֶן יְחִיאֵל, דִּכְתִיב: ״וַיַּעַן שְׁכַנְיָה בֶן יְחִיאֵל מִבְּנֵי עֵילָם וַיֹּאמֶר לְעֶזְרָא אֲנַחְנוּ מָעַלְנוּ בֵאלֹהֵינוּ וַנֹּשֶׁב נָשִׁים נׇכְרִיּוֹת מֵעַמֵּי הָאָרֶץ וְעַתָּה יֵשׁ מִקְוֶה לְיִשְׂרָאֵל עַל זֹאת״.
La Guemara poursuit : et d'où Shecania ben Yehiel l'a-t-il apprise ? D'un incident impliquant Josué, comme il est écrit : « Et l'Éternel dit à Josué : Lève-toi ! Pourquoi es-tu tombé sur ton visage ? Israël a péché » (Josué 7, 10-11). Josué dit devant Lui : « Maître de l'univers, qui a péché ? » D.ieu lui dit : « Et suis-je ton informateur ? Plutôt, lance le sort pour déterminer qui est coupable. » Ainsi, D.ieu ne révéla pas directement l'identité du coupable à Josué. Et si tu veux, dis plutôt que Shecania ben Yehiel l'apprit d'un incident impliquant Moïse, comme il est écrit : « Et l'Éternel dit à Moïse : Jusqu'à quand refuserez-vous de garder Mes mitsvot et Mes lois ? » (Exode 16, 28). Bien que seul un petit nombre de personnes tentèrent de ramasser la manne le Chabbat, D.ieu parla comme si toute la nation était coupable, afin de ne pas exposer directement les coupables.
וּשְׁכַנְיָה בֶן יְחִיאֵל מֵהֵיכָא גְּמַר לַהּ? מִיהוֹשֻׁעַ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל יְהוֹשֻׁעַ קֻם לָךְ לָמָּה זֶּה אַתָּה נֹפֵל עַל פָּנֶיךָ חָטָא יִשְׂרָאֵל״. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִי חָטָא? אָמַר לוֹ: וְכִי דֵּילָטוֹר אֲנִי? לֵךְ הַטֵּל גּוֹרָלוֹת. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מִמֹּשֶׁה, דִּכְתִיב: ״עַד אָנָה מֵאַנְתֶּם״.
§ Puisque Shmuel HaKatan et sa grande piété furent mentionnés, la Guemara relate maintenant plusieurs incidents qui éclairent davantage sa personnalité. Les Sages enseignèrent : après la mort des derniers prophètes — Haggaï, Zacharie et Malachie —, l'Esprit de prophétie se retira du peuple juif. Mais néanmoins, ils continuaient à se servir d'une Bat Kol [voix céleste], qu'ils entendaient comme une sorte d'écho de la prophétie. Une fois, un groupe de Sages étaient assis dans la chambre haute de la maison de Gurya, à Jéricho, et une Bat Kol leur fut accordée du ciel, disant : « Il y a ici quelqu'un qui est digne que la Présence divine repose sur lui comme elle reposa sur Moïse notre maître, mais sa génération ne mérite pas cette distinction. » Les Sages posèrent leurs regards sur Hillel l'Ancien, convaincus que c'était lui qui était désigné par la Bat Kol. Et quand il mourut, les Sages dirent à son sujet : « Hélas, l'homme pieux ! Hélas, l'homme humble ! Disciple d'Ezra. »
תָּנוּ רַבָּנַן: מִשֶּׁמֵּתוּ נְבִיאִים הָאַחֲרוֹנִים חַגַּי זְכַרְיָה וּמַלְאָכִי, נִסְתַּלְּקָה רוּחַ הַקּוֹדֶשׁ מִיִּשְׂרָאֵל. וְאַף עַל פִּי כֵן הָיוּ מִשְׁתַּמְּשִׁין בְּבַת קוֹל. פַּעַם אַחַת הָיוּ מְסוּבִּין בַּעֲלִיַּית בֵּית גּוּרְיָה בִּירִיחוֹ, וְנִתְּנָה עֲלֵיהֶם בַּת קוֹל מִן הַשָּׁמַיִם: יֵשׁ כָּאן אֶחָד שֶׁרָאוּי שֶׁתִּשְׁרֶה עָלָיו שְׁכִינָה כְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ, אֶלָּא שֶׁאֵין דּוֹרוֹ זַכַּאי לְכָךְ. נָתְנוּ חֲכָמִים אֶת עֵינֵיהֶם בְּהִלֵּל הַזָּקֵן. וּכְשֶׁמֵּת, אָמְרוּ עָלָיו: הִי חָסִיד, הִי עָנָיו, תַּלְמִידוֹ שֶׁל עֶזְרָא.
La baraïta poursuit : une autre fois, un groupe de Sages étaient assis dans la chambre haute à Yavné, et une Bat Kol leur fut accordée du ciel, disant : « Il y a ici quelqu'un qui est digne que la Présence divine repose sur lui en prophétie, mais sa génération ne mérite pas cette distinction. » Les Sages posèrent leurs regards sur Shmuel HaKatan. Et quand il mourut, les Sages dirent à son sujet : « Hélas, l'homme pieux ! Hélas, l'homme humble ! Disciple de Hillel. » De plus, il dit au moment de sa mort, sous l'influence de l'Esprit divin : « Rabban Shimon ben Gamliel [le Nassi du Grand Sanhédrin] et Rabbi Yishmael [le Grand Cohen] mourront par l'épée, et leurs compagnons mourront par d'autres exécutions, et le reste de la nation sera dépouillé, et de grands malheurs finiront par venir sur le monde. »
שׁוּב פַּעַם אַחַת הָיוּ מְסוּבִּין בַּעֲלִיָּה בְּיַבְנֶה, וְנִתְּנָה עֲלֵיהֶם בַּת קוֹל מִן הַשָּׁמַיִם: יֵשׁ כָּאן אֶחָד שֶׁרָאוּי שֶׁתִּשְׁרֶה עָלָיו שְׁכִינָה, אֶלָּא שֶׁאֵין דּוֹרוֹ זַכַּאי לְכָךְ. נָתְנוּ חֲכָמִים אֶת עֵינֵיהֶם בִּשְׁמוּאֵל הַקָּטָן. וּכְשֶׁמֵּת, אָמְרוּ עָלָיו: הִי חָסִיד, הִי עָנָיו, תַּלְמִידוֹ שֶׁל הִלֵּל. אַף הוּא אָמַר בִּשְׁעַת מִיתָתוֹ: שִׁמְעוֹן וְיִשְׁמָעֵאל לְחַרְבָּא, וְחַבְרוֹהִי לִקְטָלָא, וּשְׁאָר עַמָּא לְבִיזָּא, וְעָקָן סַגִּיאָן עֲתִידָן לְמֵיתֵי עַל עָלְמָא.
Et ils auraient aussi voulu dire ainsi — « Hélas, l'homme pieux ! Hélas, l'homme humble ! » — à propos de Yehouda ben Bava, dans leur éloge funèbre pour lui ; mais l'heure fut déchirée [l'occasion fut perdue], car on n'élève pas d'éloge funèbre sur ceux exécutés par le gouvernement. Comme il sera expliqué (14a), Yehouda ben Bava fut exécuté par le gouvernement.
וְעַל יְהוּדָה בֶּן בָּבָא בִּקְּשׁוּ לוֹמַר כֵּן, אֶלָּא שֶׁנִּטְרְפָה שָׁעָה, שֶׁאֵין מַסְפִּידִין עַל הֲרוּגֵי מַלְכוּת.
§ La Guemara revient à la discussion sur l'intercalation de l'année. Les Sages enseignèrent : l'année ne peut être intercalée que si le Nassi du Sanhédrin veut l'intercaler. Et il y eut une fois un incident impliquant Rabban Gamliel, qui alla demander la permission pour une affaire communautaire auprès d'un officier [hegmon] en Syrie, et tarda à revenir, après qu'il était déjà trop tard pour intercaler l'année. Et comme ils ne savaient pas quelle était son opinion sur la question, ils intercalèrent l'année à condition que Rabban Gamliel le voudrait. Et quand Rabban Gamliel revint et dit : « Je veux intercaler l'année », l'année se trouva rétroactivement intercalée.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה אֶלָּא אִם כֵּן יִרְצֶה נָשִׂיא. וּמַעֲשֶׂה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁהָלַךְ לִיטּוֹל רְשׁוּת אֵצֶל הֶגְמוֹן אֶחָד שֶׁבְּסוּרְיָא, וְשָׁהָה לָבוֹא, וְעִיבְּרוּ אֶת הַשָּׁנָה עַל מְנָת שֶׁיִּרְצֶה רַבָּן גַּמְלִיאֵל. וּכְשֶׁבָּא רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְאָמַר ״רוֹצֶה אֲנִי״, נִמְצֵאת שָׁנָה מְעוּבֶּרֶת.
Les Sages enseignèrent : l'année ne peut être intercalée que si c'est nécessaire — à cause des routes endommagées [par les pluies, rendues impraticables pour ceux qui montent à Jérusalem pour Pessa'h] ; ou à cause des ponts [également en mauvais état] ; ou à cause des fours pour les offrandes de Pessa'h [endommagés et impropres à la rôtissage] ; ou à cause des Juifs de la Diaspora qui ont quitté leurs foyers et ne sont pas encore arrivés à cause des retards de voyage. Mais l'année ne peut pas être intercalée à cause de la neige, ni à cause du froid, ni à cause des Juifs de la Diaspora qui n'ont pas encore quitté leurs foyers, même s'ils n'ont plus assez de temps pour atteindre Jérusalem pour la Fête.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה אֶלָּא אִם כֵּן הָיְתָה צְרִיכָה, מִפְּנֵי הַדְּרָכִים, וּמִפְּנֵי הַגְּשָׁרִים, וּמִפְּנֵי תַּנּוּרֵי פְסָחִים, וּמִפְּנֵי גָּלִיּוֹת יִשְׂרָאֵל שֶׁנֶּעֶקְרוּ מִמְּקוֹמָן וַעֲדַיִין לֹא הִגִּיעוּ. אֲבָל לֹא מִפְּנֵי הַשֶּׁלֶג, וְלֹא מִפְּנֵי הַצִּינָּה, וְלֹא מִפְּנֵי גָּלִיּוֹת יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא עָקְרוּ מִמְּקוֹמָן.
Les Sages enseignèrent : l'année ne peut pas être intercalée à cause des chevreaux, ni à cause des agneaux [pour leur laisser le temps de grandir avant d'être offerts en Pessa'h], ni à cause des pigeonneaux qui n'ont pas encore assez grandi pour voler [de peur qu'il n'y en ait pas assez pour ceux qui veulent apporter des offrandes d'oiseaux à la Fête]. Mais toutes ces considérations peuvent servir de facteurs d'appui dans la décision d'intercaler l'année. La Guemara demande : comment cela se fait-il ? Rabbi Yannai dit au nom de Rabban Shimon ben Gamliel, c'est-à-dire le langage que Rabban Shimon ben Gamliel utilisa dans sa déclaration d'intercalation : « Nous vous informons que les pigeonneaux sont tendres, que les agneaux sont maigres [de'arkin], et que le temps du printemps n'est pas encore arrivé. Par conséquent, la chose me paraît bonne, et j'ai ajouté trente jours à cette année. »
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה לֹא מִפְּנֵי הַגְּדָיִים, וְלֹא מִפְּנֵי הַטְּלָאִים, וְלֹא מִפְּנֵי הַגּוֹזָלוֹת שֶׁלֹּא פֵּירְחוּ, אֲבָל עוֹשִׂין אוֹתָן סַעַד לַשָּׁנָה. כֵּיצַד? רַבִּי יַנַּאי אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: מְהוֹדְעִין אֲנַחְנָא לְכוֹן דְּגוֹזָלַיָּיא רַכִּיכִין, וְאִימְּרַיָּא דַּעְדְּקִין, וְזִימְנָא דַאֲבִיבָא לָא מְטָא, וּשְׁפַרַת מִילְּתָא בְּאַנְפַּאי, וְאוֹסֵיפִית עַל שַׁתָּא דָּא תְּלָתִין יוֹמִין.