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Traité Sanhedrin

10b

Étude de Sanhedrin 10b

Étude de la Guémara 10b

Guémara
Qu'on le frappe de vingt et un coups de l'flagellation, et s'il meurt avec ce dernier, qu'il meure — selon l'évaluation médicale, il sera encore vivant après le vingtième coup. Il n'y aurait aucun risque de frapper un mort, car lorsque le tribunal le frappe avec le vingt et unième coup, c'est sur le dos d'un homme vivant qu'il frappe. Si tel est le cas, pourquoi ne recevrait-il pas le dernier coup ? Rav Ashi lui répond : le verset dit : « Alors ton frère sera déshonoré devant tes yeux » (Devarim 25, 3). Le verset signifie : même après qu'il a été frappé, j'ai besoin qu'il reste ton frère ; et s'il meurt, il n'est plus ton frère.
לִמְחֲיֵיהּ עֶשְׂרִים וַחֲדָא, וְכִי מָיֵית בְּהָךְ חֲדָא – לֵימוּת, דְּהָא כִּי מָחֵי אַגַּבָּא דְּחַיָּיא קָא מָחֵי. אֲמַר לֵיהּ: אָמַר קְרָא ״וְנִקְלָה אָחִיךָ לְעֵינֶיךָ״ – אַחַר שֶׁלָּקָה, ״אָחִיךָ״ בָּעֵינָא, וְלֵיכָּא.
§ La Michna enseigne : l'intercalation du mois se fait par un panel de trois juges. La Guemara en déduit : le tanna n'enseigne pas « le calcul pour déterminer si le mois doit être prolongé se fait par trois juges », et il n'enseigne pas « la sanctification du mois nouveau se fait par trois juges » ; il enseigne plutôt : « l'intercalation du mois », c'est-à-dire la décision de prolonger le mois d'un jour supplémentaire et de commencer le mois suivant le trente et unième jour au lieu du trentième. La Guemara demande : pourquoi des juges seraient-ils nécessaires pour prolonger le mois ? Il suffirait de ne pas sanctifier le mois nouveau, et le mois précédent serait prolongé de lui-même — lorsque le trentième jour d'un mois n'est pas déclaré le premier du mois suivant, le mois antérieur est prolongé par défaut. Pourquoi alors la Michna précise-t-elle « intercalation » ?
עִיבּוּר הַחֹדֶשׁ בִּשְׁלֹשָׁה. חִישּׁוּב לָא קָתָנֵי, קִידּוּשׁ לָא קָתָנֵי, אֶלָּא עִיבּוּר. לָא לִיקַדְּשֵׁיהּ, וּמִמֵּילָא לִעַבַּר?
Abaye dit : corrige le texte de la Michna et enseigne : « la sanctification du mois nouveau se fait par trois juges ». C'est aussi enseigné dans une baraïta (Tosefta 2, 1) : la sanctification du mois nouveau et l'intercalation de l'année se font par trois juges ; c'est l'avis de Rabbi Meir. Rava objecte à l'explication d'Abaye : mais la Michna enseigne « intercalation », et non sanctification. Plutôt, dit Rava, explique la Michna ainsi : s'il y aura sanctification du mois nouveau le trentième jour du premier mois — jour qui serait autrement celui de l'intercalation —, cela se fait par trois juges. Mais après le jour de l'intercalation, c'est-à-dire si le mois est sanctifié le trente et unième jour, aucune sanctification active n'est nécessaire.
אָמַר אַבָּיֵי: תְּנִי קִידּוּשׁ הַחֹדֶשׁ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: קִידּוּשׁ הַחֹדֶשׁ וְעִיבּוּר הַשָּׁנָה בִּשְׁלֹשָׁה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. אָמַר רָבָא: וְהָא ״עִיבּוּר״ קָתָנֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא: קִידּוּשׁ בְּיוֹם עִיבּוּר בִּשְׁלֹשָׁה, אַחַר עִיבּוּר לֵיכָּא קִידּוּשׁ.
Et selon l'avis de qui est cela ? Selon l'avis de Rabbi Elazar ben Tsadok, comme il est enseigné dans une Michna (Rosh HaShana 24a) : Rabbi Elazar ben Tsadok dit : si la nouvelle lune n'a pas été vue à l'heure prévue, le tribunal ne sanctifie pas formellement le mois nouveau le lendemain, car le tribunal céleste au Ciel l'a déjà sanctifié, ce qui exclut le besoin d'une sanctification supplémentaire par le tribunal terrestre.
וּמַנִּי? רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן צָדוֹק הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן צָדוֹק אוֹמֵר: אִם לֹא נִרְאָה בִּזְמַנּוֹ – אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁכְּבָר קִידְּשׁוּהוּ בַּשָּׁמַיִם.
Selon l'avis opposé, Rav Nahman dit : dans le cas de la sanctification du mois nouveau après l'intercalation du mois par l'ajout d'un trentième jour au mois précédent, la sanctification se fait par trois juges. Mais si la nouvelle lune est déclarée le jour de l'intercalation, de sorte que le mois précédent ne compte que vingt-neuf jours, il n'y a pas de sanctification active — c'est le moment habituel de la nouvelle lune, et aucune intervention n'est nécessaire. Et selon l'avis de qui est cela ? Selon l'avis de Peleimo, comme il est enseigné dans une baraïta : Peleimo dit : si la nouvelle lune a été signalée à l'heure prévue, le tribunal ne sanctifie pas le mois nouveau ; mais si elle a été signalée en dehors de l'heure prévue, le tribunal sanctifie le mois nouveau.
רַב נַחְמָן אָמַר: קִידּוּשׁ אַחַר עִיבּוּר – בִּשְׁלֹשָׁה, בְּיוֹם עִיבּוּר – לֵיכָּא קִידּוּשׁ. וּמַנִּי? פְּלֵימוֹ הִיא, דְּתַנְיָא, פְּלֵימוֹ אוֹמֵר: בִּזְמַנּוֹ – אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ – מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ.
Rav Ashi dit : en réalité, la Michna enseigne que trois juges sont nécessaires pour le calcul permettant de déterminer quand la nouvelle lune doit être déclarée. Et que signifie le terme « intercalation » mentionné dans la Michna ? C'est le calcul de l'intercalation. Et bien que la formulation de la Michna soit imprécise, elle est rédigée ainsi pour une raison : comme la Michna devait enseigner le nombre de juges nécessaires pour l'intercalation de l'année, elle a aussi enseigné « l'intercalation du mois », afin de décrire les processus similaires d'ajout à l'année et d'ajout au mois avec le même verbe.
רַב אָשֵׁי אָמַר: לְעוֹלָם חִישּׁוּב קָתָנֵי, וּמַאי עִיבּוּר? חִישּׁוּב דְּעִיבּוּר. וְאַיְּדֵי דְּקָבָעֵי לְמִיתְנֵי עִיבּוּר שָׁנָה, תְּנָא נָמֵי עִיבּוּר חוֹדֶשׁ.
La Guemara note : pour le calcul du mois, oui, trois juges sont requis. Mais pour la sanctification du mois, non. Selon l'avis de qui est cela ? Selon l'avis de Rabbi Eliezer. Comme il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Eliezer dit : que la nouvelle lune ait été signalée à l'heure prévue ou en dehors de l'heure prévue, nous ne sanctifions pas formellement le mois nouveau, car il est dit : « Et vous sanctifierez la cinquantième année » (Vayikra 25, 10), ce qui enseigne : vous devez sanctifier formellement les années, mais vous ne sanctifiez pas formellement les mois, car ils sont sanctifiés automatiquement. En tout cas, le calcul, lorsqu'il est nécessaire, se fait par trois juges.
חִישּׁוּב חוֹדֶשׁ – אִין, קִידּוּשׁ חוֹדֶשׁ – לָא. מַנִּי? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, בֵּין בִּזְמַנּוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקִדַּשְׁתֶּם אֵת שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים שָׁנָה״. שָׁנִים אַתָּה מְקַדֵּשׁ, וְאִי אַתָּה מְקַדֵּשׁ חֳדָשִׁים.
§ La Michna enseigne : Rabban Shimon ben Gamliel dit que l'intercalation se fait par étapes : les délibérations commencent avec trois juges, se déroulent avec cinq juges, et se concluent avec sept juges. La Guemara précise : il est enseigné dans une baraïta (Tosefta 2, 1) : comment Rabban Shimon ben Gamliel dit-il que l'intercalation doit se conduire ? Le tribunal commence la délibération avec trois juges, débat avec cinq, et conclut avec sept. Au départ, trois juges se réunissent pour une discussion préliminaire sur la nécessité d'ajouter un mois à l'année. Si l'un dit qu'il faut s'asseoir et délibérer sur l'intercalation et que deux disent qu'il n'y a pas lieu de continuer, l'avis isolé en faveur de l'intercalation est annulé en sa minorité, et le processus s'arrête.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בִּשְׁלֹשָׁה כּוּ׳. תַּנְיָא: כֵּיצַד אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל? בִּשְׁלֹשָׁה מַתְחִילִין, וּבַחֲמִשָּׁה נוֹשְׂאִין וְנוֹתְנִין, וְגוֹמְרִין בְּשִׁבְעָה. אֶחָד אוֹמֵר לֵישֵׁב, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים שֶׁלֹּא לֵישֵׁב – בָּטֵל יָחִיד בְּמִיעוּטוֹ.
La baraïta poursuit : si deux disent de s'asseoir et un dit de ne pas s'asseoir, la décision majoritaire fait passer le processus à l'étape suivante, et le tribunal ajoute alors deux autres juges ; les cinq débattent de la question. Si deux disent : l'année a besoin du mois supplémentaire, et trois disent : elle n'en a pas besoin, les avis des deux sont annulés en leur minorité. Si trois disent : l'année en a besoin, et deux disent : elle n'en a pas besoin, le tribunal leur ajoute deux autres juges, car le quorum pour déclarer une intercalation ne peut être inférieur à sept.
שְׁנַיִם אוֹמְרִים לֵישֵׁב, וְאֶחָד אוֹמֵר שֶׁלֹּא לֵישֵׁב – מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶם עוֹד שְׁנַיִם, וְנוֹשְׂאִין וְנוֹתְנִין בַּדָּבָר. שְׁנַיִם אוֹמְרִים צְרִיכָה, וּשְׁלֹשָׁה אוֹמְרִים אֵינָהּ צְרִיכָה – בָּטְלוּ שְׁנַיִם בְּמִיעוּטָן. שְׁלֹשָׁה אוֹמְרִים צְרִיכָה, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים אֵינָהּ צְרִיכָה – מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶם עוֹד שְׁנַיִם, שֶׁאֵין הַמִּנְיָן פָּחוֹת מִשִּׁבְעָה.
La Guemara demande : à quoi correspond-il que la procédure d'intercalation incorpore ces nombres de trois, cinq et sept juges ? Rabbi Yitzhaq bar Nahmani et un autre Sage qui était avec lui divergent à ce sujet. Et qui est cet autre savant ? Rabbi Shimon ben Pazi. Et d'autres disent que la divergence opposait Rabbi Shimon ben Pazi et un autre Sage qui était avec lui. Et qui est cet autre savant ? Rabbi Yitzhaq bar Nahmani. L'un dit : ces nombres correspondent au nombre de mots hébreux dans chacun des trois versets de la bénédiction sacerdotale (Bamidbar 6, 24-26). Et l'autre dit : trois correspond aux trois gardiens de la porte (II Melakhim 25, 18), cinq aux cinq officiers qui voyaient la face du roi (II Melakhim 25, 19), et sept aux sept officiers qui voyaient la face du roi (Yirmiyahu 52, 25). Comme ces nombres représentent des fonctions de distinction, les Sages ont jugé bon de les employer aussi dans la composition du tribunal.
הָנֵי שְׁלֹשָׁה חֲמִשָּׁה וְשִׁבְעָה, כְּנֶגֶד מִי? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ? רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי. וְאָמְרִי לַהּ: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ? רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי. חַד אָמַר: כְּנֶגֶד בִּרְכַּת כֹּהֲנִים, וְחַד אָמַר: שְׁלֹשָׁה – כְּנֶגֶד שׁוֹמְרֵי הַסַּף, חֲמִשָּׁה – מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, שִׁבְעָה – רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ.
De même, Rav Yosef a enseigné une baraïta : ces nombres — trois, cinq et sept membres du tribunal pour l'intercalation — sont empruntés aux différents rangs des serviteurs du roi. Trois correspond aux gardiens de la porte ; cinq, à ceux des officiers qui voyaient la face du roi, mentionnés dans le livre des Melakhim ; et sept, aux officiers qui voyaient la face du roi, mentionnés dans le livre de Yirmiyahu. Lorsque Rav Yosef enseigna cela, Abaye lui dit : quelle est la raison pour laquelle, jusqu'à présent, le Maître ne nous a pas expliqué la question de cette manière, bien qu'il ait déjà enseigné ce matériau auparavant ? Rav Yosef répondit à Abaye et aux autres présents : je ne savais pas que vous aviez besoin de cette information, car je pensais que vous connaissiez déjà la baraïta. Vous m'avez-vous jamais demandé quelque chose que je ne vous ai pas dit ?
תָּנֵי רַב יוֹסֵף: הָנֵי שְׁלֹשָׁה וַחֲמִשָּׁה וְשִׁבְעָה, שְׁלֹשָׁה – כְּנֶגֶד שׁוֹמְרֵי הַסַּף, חֲמִשָּׁה – מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, שִׁבְעָה – רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: עַד הָאִידָּנָא מַאי טַעְמָא לָא פָּרֵישׁ לַן מָר הָכִי? אֲמַר לְהוּ: לָא הֲוָה יָדַעְנָא דִּצְרִיכִיתוּ. מִי בְּעֵיתוּ מִנַּאי מִילְּתָא וְלָא אֲמַרִי לְכוּ?
§ La Guemara présente un moyen mnémotechnique pour plusieurs autres sources citées à propos de l'intercalation de l'année : Zeman, Nasi, tsarikh, gedi. Les Sages ont enseigné dans une baraïta : l'année ne peut être intercalée que
זְמַן, נָשִׂיא, צָרִיךְ, גְּדִי – סִימָן. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה אֶלָּא

Rachi

למחייה עשרים וחדא - דהא אכתי חי הוא ואגבא דחיי מחי:

חישוב לא קתני - דנימא שצריך שלשה לחשב אם יעברו את החודש דבחושבנא תליא אע"פ שצריך לעברו כגון משום ירקיא ומשום מתיא אפילו הכי חושבנא בעי כדתנן במסכת ערכין (דף ח:) אין פוחתין מארבעה חדשים המעוברין בשנה ולא נראה לעבר יותר על שמנה אבל תשעה מעוברין לא עבדינן דאם כן קדים ואתי סיהרא תלתא יומי ומחזי שיקרא הלכך צריך לחשב תולדות הלבנה אם תקדום שלשה ימים או שנים לקביעות החדש לא מעברינן ליה דתמהי בה אינשי:,קידוש לא קתני - דנימא דצריך ג' לקבל עדות החדש מפי העדים ולומר מקודש החדש:,אלא עיבור החדש - משמע שצריך שלשה לומר מעובר החדש אמירה זו למה:,לא ליקדשיה ביום שלשים - וממילא כי מקדשינן ליה למחר מיעבר החדש שעבר דיום שלשים בתריה שדית ליה:

תני קידוש - ועל כל חדשי השנה קאי: ,והא עבור קתני - דרך תנא טועה בגירסא לחסר תיבה על ידי שכחה אבל אין נחלף לתנא בין גירסת קידוש לגירסת עיבור:,ביום עיבור - יום עיבור הוא יום שלשים שממנו נעשה החדש מעובר כשרוצין לעברו:,קידוש ביום עיבור - כגון בחדש חסר שעבר צריך שלשה לקדש ראש חדש הבא ביום ל' לחדש שעבר:,לאחר עיבור - אם עשו חודש שעבר מלא וקבעו ר"ח ביום ל' ואחד אין אומרין בו מקודש מקודש:

בזמנו - ביום ל' דתולדתו ביום ל' הוא דאין חדש לבנה פחות מכ"ט יום ומחצה ותשצ"ג חלקים:,שכבר קידשוהו בשמים - ב"ד שלמעלה מאתמול:

פלימו אומר בזמנו אין מקדשין אותו - שא"צ לעשות חיזוק לדבר שהרי בזמנו בא:

חישוב דעבור - לחשב אם יעברוהו דאילו קידוש סבר תנא דידן דלא צריך לקדושי לא מלא ולא חסר וכר"א בר' שמעון לקמן ואיידי דתני עיבור השנה דהוי נמי חישוב דעיבור השנה והתם לא סגי דלא תני עיבור דאמירה בעי שיקדשו אדר השני לשם אדר דאי שתקי ממילא לשם ניסן מיקבע תנא נמי גבי חדש עיבור החדש וקרייה נמי לחישוב עיבור ואשמעינן דחישוב בעינן אבל קידוש לא בעינן לא למלא ולא לחסר כר"א:

שנים אתה מקדש - שנת של כל יובל ויובל מקדשין ב"ד לשם יובל:

א' אומר לישב - א' מן השלשה אומר צריך לישב ולעיין אם צריכה לעבר שנה זו מפני האביב או התקופות או פירות האילנות כדלקמן (סנהדרין דף יא:):,ושנים אומרים - אינו צריך להושיב ב"ד על כך שאין כאן ספק דודאי אינה צריכה לעבר:,בטל יחיד במיעוטו - ולא ישבו החמשה עוד לעיין בדבר:

שנים אומרים לישב ואחד אומר שלא לישב - הולכין אחר השנים ויושבין לישא וליתן אם צריכה לעבר אם לאו ומשא ומתן של עיבור צריך חמשה לפיכך מוסיפין עוד שנים ולקמן מפרש שלשה וחמשה ושבעה כנגד מי:,שנים אומרים צריכה - לעבר ושלשה אומרים אין צריכה בטלו שנים במיעוטן ועומדין והולכין להם:,שנים אומרים אינה צריכה ושלשה אומרים צריכה - הולכין אחר הרוב ומוסיפין עוד שנים להשלמת המנין ומעברין:

כנגד ברכת כהנים - בפסוק ראשון ג' תיבות והשני ה' ושלישי ז' תיבות:,שלשה כנגד שומרי הסף כו' - כלומר אשכחנא דמלכותא דארעא שלשה ממונין וחמשה ממונין ושבעה ממונין ג' כנגד שומרי הסף בצדקיהו (מלכים ב כה) גבי גלות נבוזראדן והתם נמי משכחת חמשה מרואי פני המלך ובאחשורוש (אסתר א) אשכחן שבעה שרי פרס ומדי ועיבור שנה מטכסיסי מלכות שמים הוא ליישב סדר השנים על מכונן:

Tossafot

שכבר קידשוהו בשמים - י"מ דב"ד של מעלה מקדשין אותו לעולם בשעת המולד ואין נראה דאם כן בזמנו נמי כבר קדשו בשמים אלא נראה כפירוש הקונטרס בפ"ב דר"ה דביום שלשים ממתינים ב"ד של מעלה לב"ד של מטה שמא יעברו אבל יום שלשים ואחד שאי אפשר שלא קדשו היום מקדשין אותו בשמים מן השחר והא דאמר בירושלמי רבא בר זבדא בשם רב טעמא דר' אלעזר בר' צדוק בשעה שב"ד שלמעלה רואין שאין מקדשין אותה מקדשין הן יש ליישבו כפירוש הקונטרס דהכי פירש בשעה שב"ד שלמעלה רואין שאין מקדשין אותו מלמטה ביום ל' מקדשין אותו הן מן הבוקר ביום ל"א דאין כאן ספק דודאי יקבע היום:

ואיידי דתנא עיבור שנה - פירש בקונטרס דהתם לא סגי דלא תני עיבור דאמירה בעי שיקדשו אדר השני לשם אדר דאי שתקי ממילא מיקבע לשם ניסן מה שפירש שיקדשו אדר השני לשם אדר לא דק דלשון קידוש אין להזכיר להאי תנא דלא בעי קידוש לא מלא ולא חסר ואין אומר בו מקודש מקודש והיה לו לומר שקובעין אותו לשם אדר ומה שמשמע מתוך פי' דביום שלשים קובעין אותו לשם אדר שני אין נראה דאמרינן לקמן (סנהדרין דף יב.) אין מעברין את השנה ביום שלשים של אדר הואיל וראוי לקובעו ניסן אלא צריך לומר דאמירה של עיבור היינו בשעה שגומרין השבעה שתהא השנה מעוברת קודם שלשים של אדר ובשעה שבאו עדים שראו את החדש אפילו יקבעו אותו סתם לית לן בה וממילא הוי אדר השני:

חישוב חדש אין קידוש חדש לא מני ר"א - תימה א"כ תיקשי דר' מאיר אדר' מאיר דבמתני' קתני עיבור החדש בשלשה ועיבור השנה בג' דברי ר"מ ולעיל קתני בברייתא קידוש החדש ועיבור השנה בג' דברי ר"מ ואין לומר דברי ר"מ דמתניתין אעיבור שנה קאי ולא אעיבור החדש מדקאמר דאיידי דבעי למיתני עיבור שנה תנא נמי עיבור חדש משמע דחד תנא תני תרווייהו:

שבעה רואי פני מלך - פירש בקונטרס דאאחשורוש קאי ואין נראה שתקנו כנגד שרי העו"ג ומפרש ר"ת דהם שרי ישראל דאשכחן בסוף מלכים (ב כה) דהגלה נבוזראדן ג' שומרי הסף וה' רואי פני המלך ובסוף ירמיה (נב) כתיב ושבעה אנשים מרואי פני המלך וכן מוכח בירושלמי ומונה אותן גבי סנהדרי גדולה והכי איתא התם אית תנא תני ע"א שנאמר ויקח רב הטבחים את שלשה שומרי הסף הרי שלשה ושבעה אנשים מרואי פני המלך הרי עשר וששים איש מעם הארץ הרי שבעים ומן העיר לקח סריס אחד אשר הוא פקיד על אנשי המלחמה הרי שבעים ואחד ולמה קרא אותו סריס שיושב ומסרס בהלכה כתוב אחד אומר ה' וכתוב אחד אומר שבעה להביא שני סופרי הדיינין:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Sanhedrin 10b
100%
סנהדרין י׳ במַסֶּכֶת סַנְהֶדְרִין