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Traité Rosh Hashana

35a

Étude de Rosh Hashana 35a

Étude de la Guémara 35a

Guémara
La Guemara répond : lorsque Rabbi Abba revint de ses voyages en mer, il expliqua la chose ainsi : les Sages concèdent l'opinion de Rabban Gamliel à propos des bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour, c'est-à-dire que dans ces cas le chalia'h tsibour [officiant] accomplit l'obligation au nom de l'ensemble [du public]. Et l'énoncé de Rabbi Yo'hanan, selon lequel la halakha est conforme à Rabban Gamliel — ce qui, par déduction, indique que les tanaïm sont encore en désaccord —, se rapporte aux bénédictions de toute l'année.
כִּי סְלֵיק רַבִּי אַבָּא מִיַּמֵּי, פֵּירְשַׁהּ: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּבְרָכוֹת שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְשֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים, וַהֲלָכָה מִכְּלָל דִּפְלִיגִי בִּבְרָכוֹת דְּכׇל הַשָּׁנָה.
La Guemara soulève une difficulté. Est-ce bien ainsi ? Rabbi 'Hana de la ville de Tsippori n'a-t-il pas dit que Rabbi Yo'hanan dit : la halakha est conforme à l'opinion de Rabban Gamliel à propos des bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour ? Apparemment, il tient que les tanaïm demeurent en désaccord même à propos de ces bénédictions.
אִינִי?! וְהָאָמַר רַבִּי חָנָה צִיפּוֹרָאָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּבְרָכוֹת שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְשֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים!
Au contraire, les énoncés de Rabbi Yo'hanan doivent être attribués à des Sages différents, comme l'a dit Rav Na'hman bar Yits'hak : qui concède l'opinion de Rabban Gamliel ? Rabbi Méir. Et quant à la décision de Rabbi Yo'hanan selon laquelle la halakha est conforme à Rabban Gamliel — ce qui, par déduction, indique que les tanaïm sont encore en désaccord —, cela se rapporte aux Sages, qui sont en désaccord avec Rabbi Méir.
אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאן מוֹדִים — רַבִּי מֵאִיר, וַהֲלָכָה מִכְּלָל דִּפְלִיגִי — רַבָּנַן.
La Guemara explique : comme il est enseigné dans une baraïta : à propos des bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour, le chalia'h tsibour [officiant] accomplit l'obligation au nom de l'ensemble [du public]. Telle est l'opinion de Rabbi Méir. Et les Sages disent : de même que le chalia'h tsibour est obligé dans ces prières, de même chaque individu est obligé de les réciter lui-même. Il est clair que Rabbi Méir s'accorde avec Rabban Gamliel à propos des bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour, tandis que les Sages contestent cette décision.
דְּתַנְיָא: בְּרָכוֹת שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְשֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים — שְׁלִיחַ צִבּוּר מוֹצִיא הָרַבִּים יְדֵי חוֹבָתָן, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כְּשֵׁם שֶׁשְּׁלִיחַ צִבּוּר חַיָּיב — כָּךְ כָּל יָחִיד וְיָחִיד חַיָּיב.
La Guemara demande : qu'y a-t-il de différent à propos de ces bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour, pour que Rabbi Méir ne concède l'opinion de Rabban Gamliel qu'à leur sujet, mais non à propos des bénédictions récitées le reste de l'année ? Si l'on dit que c'est en raison des nombreux versets inclus dans ces bénédictions, cela fait difficulté. Rav 'Hananel n'a-t-il pas dit que Rav dit : une fois qu'on a récité la formule de la prière « Et dans Ta Torah il est écrit, disant… », il n'est plus nécessaire de réciter les versets eux-mêmes ? Au contraire, c'est parce qu'il y a de nombreuses bénédictions et que, ces bénédictions étant longues, tout le monde n'est pas capable de les apprendre par cœur.
מַאי שְׁנָא הָנֵי? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּנְפִישִׁי קְרָאֵי — וְהָאָמַר רַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁאָמַר ״וּבְתוֹרָתְךָ כָּתוּב לֵאמֹר״ שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ! אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאָוְושִׁי בְּרָכוֹת.
La Guemara examine la chose en elle-même. Rav 'Hananel dit que Rav dit : une fois qu'on a récité la formule de la prière « Et dans Ta Torah il est écrit, disant… », il n'est plus nécessaire de réciter les versets eux-mêmes. La Guemara précise la portée de cette règle : certains en ont compris qu'elle ne s'applique qu'à un individu, mais non à une assemblée. Néanmoins, il est énoncé que Rabbi Yehochoua ben Lévi dit : aussi bien pour un individu que pour une assemblée, une fois qu'on a récité « Et dans Ta Torah il est écrit, disant… », il n'est plus nécessaire de réciter les versets.
גּוּפָא, אָמַר רַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁאָמַר ״וּבְתוֹרָתְךָ כָּתוּב לֵאמֹר״ — שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ. סְבוּר מִינַּהּ: הָנֵי מִילֵּי בְּיָחִיד, אֲבָל בְּצִבּוּר לָא. אִתְּמַר, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: אֶחָד יָחִיד אֶחָד צִבּוּר, כֵּיוָן שֶׁאָמַר ״וּבְתוֹרָתְךָ כָּתוּב לֵאמֹר״ — שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ.
§ Rabbi Eléazar dit : une personne devrait toujours ordonner sa prière dans son esprit, et seulement ensuite prier. Rabbi Abba dit : l'énoncé de Rabbi Eléazar est raisonnable à propos des bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour, et dans le cas des prières qui ne sont récitées que de façon intermittente. Mais à propos des bénédictions récitées toute l'année, non, cette pratique n'est pas nécessaire.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לְעוֹלָם יַסְדִּיר אָדָם תְּפִלָּתוֹ, וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל. אָמַר רַבִּי אַבָּא: מִסְתַּבְּרָא מִילְּתֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בִּבְרָכוֹת שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְשֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים וְשֶׁל פְּרָקִים, אֲבָל דְּכׇל הַשָּׁנָה — לָא.
La Guemara demande : est-ce bien ainsi ? Rav Yehouda n'ordonnait-il pas d'abord sa prière dans son esprit avant de prier, même un jour ordinaire ? La Guemara répond : Rav Yehouda était différent, puisqu'il ne priait qu'une fois tous les trente jours. Le reste du mois, il ne s'adonnait pas à la prière, car il était occupé à l'étude de la Torah. Aussi, pour lui, même les prières des jours de semaine ordinaires étaient comme des prières récitées de façon intermittente.
אִינִי?! וְהָא רַב יְהוּדָה מְסַדַּר צְלוֹתֵיהּ וּמְצַלֵּי! שָׁאנֵי רַב יְהוּדָה, כֵּיוָן דְּמִתְּלָתִין יוֹמִין לִתְלָתִין יוֹמִין הֲוָה מְצַלֵּי, כִּפְרָקִים דָּמֵי.
Rav A'ha bar Avira dit que Rabbi Chimon 'Hassida dit : Rabban Gamliel permettait au chalia'h tsibour [officiant] d'acquitter même les gens qui se trouvaient dans les champs, loin de la synagogue. La Guemara objecte : cet énoncé implique que le chalia'h tsibour acquitte même les gens dans les champs, et, à plus forte raison, qu'il acquitte ceux qui sont ici, en ville, mais qui n'ont pas assisté à l'office à la synagogue ?
אָמַר רַב אַחָא בַּר עַוִּירָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא: פּוֹטֵר הָיָה רַבָּן גַּמְלִיאֵל אֲפִילּוּ עַם שֶׁבַּשָּׂדוֹת. וְלָא מִיבַּעְיָא הָנֵי דְּקָיְימִי הָכָא?!
La Guemara conteste cette conclusion : au contraire, l'inverse est plus raisonnable : ceux qui sont dans les champs ne sont pas venus à la synagogue en raison de circonstances indépendantes de leur volonté, et devraient donc pouvoir accomplir leur obligation par l'intermédiaire du chalia'h tsibour. À l'inverse, ceux qui sont en ville n'ont pas été empêchés de venir à la synagogue par des circonstances indépendantes de leur volonté. Par conséquent, ils ne devraient pas accomplir leur obligation par l'intermédiaire du chalia'h tsibour.
אַדְּרַבָּה: הָנֵי אֲנִיסִי, הָנֵי לָא אֲנִיסִי,
Comme l'a enseigné Abba, fils de Rav Binyamin bar 'Hiya, dans une baraïta : les gens qui se tiennent dans la synagogue derrière les Cohanim pendant la Bénédiction sacerdotale, et qui ne sont pas placés face à eux, ne sont pas inclus dans la bénédiction. On attend d'eux qu'ils fassent l'effort minimal de se placer devant les Cohanim. En revanche, ceux qui sont dans les champs sont inclus dans la Bénédiction sacerdotale.
דְּתָנֵי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַב בִּנְיָמִין בַּר חִיָּיא: עַם שֶׁאֲחוֹרֵי כֹּהֲנִים — אֵינָן בִּכְלַל בְּרָכָה.
Au contraire, l'énoncé de Rabban Gamliel doit se comprendre autrement : lorsque Ravin vint d'Erets Israël à Babylone, il rapporta que Rabbi Yaakov bar Idi dit que Rabbi Chimon 'Hassida dit : Rabban Gamliel ne permit au chalia'h tsibour [officiant] d'acquitter que les gens dans les champs. Quelle en est la raison ? Parce que les gens dans les champs sont dans l'impossibilité de venir à la synagogue en raison de circonstances de travail indépendantes de leur volonté, et n'ont pas le temps de préparer leurs prières. En revanche, Rabban Gamliel n'acquitta pas ceux qui, en ville, ne viennent pas à la synagogue, car ils sont en mesure de préparer leurs prières et de prier par eux-mêmes.
אֶלָּא, כִּי אֲתָא רָבִין: אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידֵּי אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא: לֹא פָּטַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל אֶלָּא עַם שֶׁבַּשָּׂדוֹת, מַאי טַעְמָא — מִשּׁוּם דַּאֲנִיסִי בִּמְלָאכָה, אֲבָל בָּעִיר — לֹא.
Rosh Hashana 35a
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ראש השנה ל״ה אמַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה