et son maître l'établit en son nom. Par conséquent, elle est comptée parmi les ordonnances de Rabban Yo'hanan ben Zakaï.
וְקַבְעֵיהּ רַבֵּיהּ בִּשְׁמֵיהּ.
Mishna 1
MICHNA : L'ordre des bénédictions de la prière additionnelle (Moussaf) de Roch Hachana est le suivant : on récite la bénédiction des Patriarches (Avot), la bénédiction des Puissances divines (Guevourot) et la bénédiction de la Sanctification du Nom (Kedouchat haChem), toutes trois récitées toute l'année. Et l'on inclut la bénédiction de la Royauté (Malkhouyot), qui contient de nombreux versets bibliques sur ce thème, avec elles, c'est-à-dire dans la bénédiction de la Sanctification du Nom ; et l'on ne sonne pas du chofar après elle.
מַתְנִי׳ סֵדֶר בְּרָכוֹת: אוֹמֵר אָבוֹת וּגְבוּרוֹת וּקְדוּשַּׁת הַשֵּׁם, וְכוֹלֵל מַלְכִיּוֹת עִמָּהֶן, וְאֵינוֹ תּוֹקֵעַ.(משנה)
Ensuite, on ajoute une bénédiction particulière pour la Sanctification du Jour (Kedouchat haYom), et l'on sonne du chofar après elle ; puis vient la bénédiction des Souvenirs (Zikhronot), qui contient de nombreux versets bibliques abordant ce thème, et l'on sonne du chofar après elle ; et l'on récite la bénédiction des Chofarot, qui inclut des versets mentionnant le chofar, et l'on sonne du chofar après elle. Puis l'on revient à la prière ordinaire de la Amida et l'on récite la bénédiction du Service (Avoda), la bénédiction de l'Action de grâce (Hodaa) et la bénédiction sacerdotale (Birkat Cohanim). Telle est l'opinion de Rabbi Yo'hanan ben Nouri.
קְדוּשַּׁת הַיּוֹם וְתוֹקֵעַ, זִכְרוֹנוֹת וְתוֹקֵעַ, שׁוֹפָרוֹת וְתוֹקֵעַ, וְאוֹמֵר עֲבוֹדָה וְהוֹדָאָה וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי.
Rabbi Akiva lui dit : si l'on ne sonne pas du chofar pour la bénédiction de la Royauté, pourquoi la mentionner [séparément, dans la Sanctification du Nom] ? Plutôt, l'ordre des bénédictions est le suivant : on récite la bénédiction des Patriarches, celle des Puissances divines et celle de la Sanctification du Nom. On inclut ensuite la bénédiction de la Royauté dans la bénédiction de la Sanctification du Jour, et l'on sonne du chofar. Vient ensuite la bénédiction des Souvenirs, et l'on sonne du chofar après elle, puis la bénédiction des Chofarot, et l'on sonne du chofar après elle. On récite alors la bénédiction du Service, la bénédiction de l'Action de grâce et la bénédiction sacerdotale.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: אִם אֵינוֹ תּוֹקֵעַ לְמַלְכִיּוֹת — לָמָה הוּא מַזְכִּיר? אֶלָּא: אוֹמֵר אָבוֹת וּגְבוּרוֹת וּקְדוּשַּׁת הַשֵּׁם, וְכוֹלֵל מַלְכִיּוֹת עִם קְדוּשַּׁת הַיּוֹם וְתוֹקֵעַ, זִכְרוֹנוֹת וְתוֹקֵעַ, שׁוֹפָרוֹת וְתוֹקֵעַ, וְאוֹמֵר עֲבוֹדָה וְהוֹדָאָה וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים.
Guémara
GUEMARA : La Michna a enseigné que Rabbi Akiva lui dit : si l'on ne sonne pas du chofar pour la bénédiction de la Royauté, pourquoi la mentionner ? La Guemara s'étonne de cette question : pourquoi la mentionner ?! Le Miséricordieux a dit qu'on doit la mentionner ! C'est une mitsva de réciter la bénédiction de la Royauté, indépendamment de la sonnerie du chofar. Plutôt, voici ce que Rabbi Akiva voulait dire : pourquoi mentionne-t-on dix versets de Royauté, comme dans les autres bénédictions ? Qu'on en récite neuf, ou moins. Puisque cette bénédiction se distingue en ce qu'elle n'est pas suivie de sonneries de chofar, qu'elle se distingue aussi quant au nombre de versets qu'elle comporte.
גְּמָ׳ אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: אִם אֵינוֹ תּוֹקֵעַ לְמַלְכִיּוֹת — לָמָה הוּא מַזְכִּיר? לָמָה הוּא מַזְכִּיר?! רַחֲמָנָא אָמַר אַידְכַּר! אֶלָּא: לָמָה עֶשֶׂר? לֵימָא תֵּשַׁע, דְּהוֹאִיל וְאִשְׁתַּנִּי אִשְׁתַּנִּי!
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : d'où sait-on que l'on récite la bénédiction des Patriarches ? Ainsi qu'il est dit : « Rendez à l'Éternel, fils des puissants » (Tehilim 29, 1), ce qu'on interprète ainsi : il faut mentionner devant D.ieu la grandeur des puissants, c'est-à-dire les justes Patriarches. Et d'où sait-on que l'on récite la bénédiction des Puissances divines ? Ainsi qu'il est dit : « Rendez à l'Éternel gloire et force » (Tehilim 29, 1). Et d'où sait-on que l'on récite la bénédiction de la Sanctification du Nom ? Ainsi qu'il est dit : « Rendez à l'Éternel la gloire due à Son nom, prosternez-vous devant l'Éternel dans la splendeur de la sainteté » (Tehilim 29, 2).
תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים אָבוֹת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָבוּ לַה׳ בְּנֵי אֵלִים״. וּמִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים גְּבוּרוֹת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָבוּ לַה׳ כָּבוֹד וָעוֹז״. וּמִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים קְדוּשּׁוֹת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָבוּ לַה׳ כְּבוֹד שְׁמוֹ הִשְׁתַּחֲווּ לַה׳ בְּהַדְרַת קֹדֶשׁ״.
Et d'où sait-on qu'à Roch Hachana on récite les bénédictions de la Royauté, des Souvenirs et des Chofarot ? Rabbi Éliézer dit : ainsi qu'il est écrit : « Au septième mois, le premier du mois, vous aurez un repos solennel (chabbaton), un mémorial (zikhron) au son [de la téroua], une convocation sainte (mikra kodech) » (Vayikra 23, 24). Ce verset s'interprète ainsi : « un repos solennel », ceci renvoie à la bénédiction de la Sanctification du Jour ; « un mémorial », ce sont les Souvenirs (Zikhronot) ; « téroua » (le son), ce sont les Chofarot ; « une convocation sainte », cela signifie : sanctifie-le en t'abstenant d'accomplir un travail interdit.
וּמִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים מַלְכִיּוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: דִּכְתִיב ״שַׁבָּתוֹן זִכְרוֹן תְּרוּעָה מִקְרָא קֹדֶשׁ״. ״שַׁבָּתוֹן״ — זֶה קְדוּשַּׁת הַיּוֹם; ״זִכְרוֹן״ — אֵלּוּ זִכְרוֹנוֹת; ״תְּרוּעָה״ — אֵלּוּ שׁוֹפָרוֹת; ״מִקְרָא קֹדֶשׁ״ — קַדְּשֵׁהוּ בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה.
Rabbi Akiva dit à Rabbi Éliézer : pour quelle raison ne dirait-on pas plutôt que le terme « repos solennel » (chabbaton) enseigne qu'on doit se reposer en s'abstenant d'un travail interdit, puisque c'est le terme par lequel le verset s'ouvre en premier ? Il est logique que le verset débute par l'essentiel, à savoir que ce jour est une fête au cours de laquelle il est interdit d'accomplir un travail. Plutôt, voici comment expliquer le verset : « un repos solennel », sanctifie-le en t'abstenant d'accomplir un travail interdit ; « un mémorial », ce sont les Souvenirs ; « téroua » (le son), ce sont les Chofarot ; « une convocation sainte », ceci est la Sanctification du Jour.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: מִפְּנֵי מָה לֹא נֹאמַר ״שַׁבָּתוֹן״ — שְׁבוּת, שֶׁבּוֹ פָּתַח הַכָּתוּב תְּחִילָּה! אֶלָּא: ״שַׁבָּתוֹן״ — קַדְּשֵׁהוּ בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה; ״זִכְרוֹן״ — אֵלּוּ זִכְרוֹנוֹת; ״תְּרוּעָה״ — אֵלּוּ שׁוֹפָרוֹת; ״מִקְרָא קֹדֶשׁ״ — זוֹ קְדוּשַּׁת הַיּוֹם.
D'où sait-on que l'on récite la bénédiction de la Royauté ? Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi [Yehouda haNassi] dit : un verset déclare « Je suis l'Éternel votre D.ieu » (Vayikra 23, 22), ce qui renvoie à la royauté de D.ieu sur le monde ; et deux versets plus loin il est dit « Au septième mois » (Vayikra 23, 24). Cela enseigne que la royauté de D.ieu doit être mentionnée à Roch Hachana.
מִנַּיִן שֶׁאוֹמְרִים מַלְכִיּוֹת? תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם״, וּ״בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי״ — זוֹ מַלְכוּת.
Rabbi Yossi bar Yehouda dit : ce n'est pas nécessaire [d'en déduire la preuve de ce verset], car le verset déclare : « Au jour de votre joie, en vos solennités et en vos néoménies, vous sonnerez des trompettes sur vos holocaustes et sur vos sacrifices de paix ; et ils seront pour vous un mémorial (zikaron) devant votre D.ieu : Je suis l'Éternel votre D.ieu » (Bamidbar 10, 10). Puisqu'il n'était pas nécessaire que le verset dît « Je suis l'Éternel votre D.ieu », que vient donc enseigner cette mention « Je suis l'Éternel votre D.ieu » ? Ceci établit un paradigme [bina av] : en tout endroit où des versets de Souvenirs sont énoncés, des versets de Royauté doivent être récités avec eux.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וְהָיוּ לָכֶם לְזִכָּרוֹן לִפְנֵי אֱלֹהֵיכֶם״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם״, וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם״ — זֶה בָּנָה אָב לְכׇל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ זִכְרוֹנוֹת — יִהְיוּ מַלְכִיּוֹת עִמָּהֶן.
La Guemara revient à la question débattue dans la MISHNA : et où récite-t-on la Sanctification du Jour ? Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi [Yehouda haNassi] dit : on la récite avec la bénédiction de la Royauté, dans la quatrième bénédiction. Il explique : de même que nous trouvons partout ailleurs que la Sanctification du Jour est mentionnée dans la quatrième bénédiction de la Amida, de même ici, on la récite dans la quatrième bénédiction.
וְהֵיכָן אוֹמְרָהּ לִקְדוּשַּׁת הַיּוֹם? תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: עִם הַמַּלְכִיּוֹת אוֹמְרָהּ. מָה מָצִינוּ בְּכׇל מָקוֹם בָּרְבִיעִית — אַף כָּאן בָּרְבִיעִית.
Rabban Chiméon ben Gamliel dit : on la récite avec la bénédiction des Souvenirs, dans la cinquième bénédiction. Il explique : de même que nous trouvons partout ailleurs que la Sanctification du Jour est mentionnée dans la bénédiction du milieu de la Amida — par exemple le Chabbat, où elle est la quatrième de sept bénédictions — de même ici, on la récite dans la bénédiction du milieu, qui, dans le cas de Roch Hachana, est la cinquième bénédiction, la Amida de Roch Hachana étant composée de neuf bénédictions.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עִם הַזִּכְרוֹנוֹת אוֹמְרָהּ. מַה מָצִינוּ בְּכׇל מָקוֹם בָּאֶמְצַע — אַף כָּאן בָּאֶמְצַע.