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Traité Rosh Hashana

30b

Étude de Rosh Hashana 30b

Étude de la Mishna & Guémara 30b

[Rabban Yo'hanan ben Zakaï] a énoncé son décret conformément à l'opinion de Rabbi Yehouda, qui a dit : lorsque le verset déclare « Vous ne mangerez ni pain, ni grain grillé, ni épis frais, jusqu'à ce jour même [etsem], jusqu'à ce que vous ayez apporté l'offrande de votre D.ieu » (Vayikra 23, 14), cela n'enseigne pas qu'il est permis de manger le nouveau grain le matin du 16, lorsque l'horizon oriental s'éclaire. Plutôt, c'est interdit jusqu'à la substance même [atsmo] du jour. Et il tient que, lorsque le verset dit « jusqu'à ce jour », cela signifie : jusqu'à cette date incluse. Si tel est le cas, selon la loi de la Torah, la consommation du nouveau grain n'est permise qu'après la fin du 16 — à moins que l'offrande du omer n'ait été sacrifiée, auquel cas il est permis de manger le nouveau grain aussitôt après.
בְּשִׁיטַת רַבִּי יְהוּדָה אַמְרַהּ, דְּאָמַר: ״עַד עֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה״, עַד עַצְמוֹ שֶׁל יוֹם. וְקָסָבַר: עַד, וְעַד בַּכְּלָל.
La Guemara demande : et Rabban Yo'hanan ben Zakaï tient-il conformément à l'opinion de Rabbi Yehouda ? Mais il est en désaccord avec lui, ainsi que nous l'avons appris dans une Michna (Souccot 41a) : après la destruction du Temple, Rabban Yo'hanan ben Zakaï institua que, durant toute la journée du balancement de l'offrande du omer, il serait interdit de manger du grain de la nouvelle récolte. Rabbi Yehouda dit : mais n'est-ce pas interdit par la loi de la Torah, ainsi qu'il est écrit « jusqu'à ce jour même » ? Cela indique que Rabbi Yehouda est en désaccord avec Rabban Yo'hanan ben Zakaï.
וּמִי סָבַר לַהּ כְּווֹתֵיהּ? וְהָא מְפַלֵּיג פְּלִיג עֲלֵיהּ, דִּתְנַן: מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, הִתְקִין רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי שֶׁיְּהֵא יוֹם הֶנֶף כּוּלּוֹ אָסוּר. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: וַהֲלֹא מִן הַתּוֹרָה הוּא אָסוּר, דִּכְתִיב: ״עַד עֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה״!
La Guemara rejette cet argument. Là, c'est Rabbi Yehouda qui s'est mépris dans sa compréhension. Il a cru que Rabban Yo'hanan ben Zakaï disait que manger du nouveau grain le 16 Nissan est interdit par la loi rabbinique. Mais il n'en est rien : il disait en réalité que c'est interdit par la loi de la Torah.
הָתָם — רַבִּי יְהוּדָה הוּא דְּקָא טָעֵי. אִיהוּ סָבַר רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי מִדְּרַבָּנַן קָאָמַר, וְלָא הִיא, מִדְּאוֹרָיְיתָא קָאָמַר.
La Guemara soulève une difficulté. Mais il est enseigné dans la MISHNA : « il institua ». Ce terme renvoie à une ordonnance rabbinique, et non à une loi de la Torah. La Guemara explique : que signifie le terme « il institua » ? Cela signifie que Rabban Yo'hanan ben Zakaï a interprété le verset, et a institué que c'est ainsi que l'on doit agir désormais. Lorsque le Temple était debout, cette halakha n'avait pas lieu d'être, car il était permis de manger le nouveau grain après le sacrifice du omer.
וְהָא הִתְקִין קָתָנֵי! מַאי הִתְקִין — דָּרַשׁ וְהִתְקִין.
Mishna 1
MICHNA : Au début, on recevait les témoignages relatifs à [la consécration du] mois durant toute la journée [du trentième jour à compter du début du mois d'Eloul, avant Roch Hachana ; et si des témoins venaient de loin et attestaient avoir aperçu la nouvelle lune la nuit précédente, on déclarait ce jour-là jour de fête].
מַתְנִי׳ בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ מְקַבְּלִין עֵדוּת הַחֹדֶשׁ כׇּל הַיּוֹם.(משנה)
Une fois, les témoins tardèrent à venir jusqu'à une heure avancée, et les Léviim se trompèrent au sujet du chant — c'est-à-dire le psaume qu'ils étaient censés réciter — car ils ne savaient pas, à ce moment-là, s'il s'agissait d'un jour de fête ou d'un jour de semaine ordinaire. À partir de ce moment, les Sages instituèrent que l'on ne recevrait les témoignages relatifs à [la consécration du] mois que jusqu'à l'heure de min'ha. Si les témoins n'étaient pas arrivés à cette heure, on déclarait Eloul mois de trente jours et l'on calculait en conséquence les dates des fêtes.
פַּעַם אַחַת נִשְׁתַּהוּ הָעֵדִים מִלָּבוֹא, וְנִתְקַלְקְלוּ הַלְוִיִּם בַּשִּׁיר. הִתְקִינוּ שֶׁלֹּא יְהוּ מְקַבְּלִין אֶלָּא עַד הַמִּנְחָה.
Et si des témoins venaient à partir de l'heure de min'ha — bien que les calculs des dates des fêtes commençassent à partir du jour suivant — le peuple observait néanmoins comme saint ce jour-là, celui où les témoins étaient arrivés, afin que, dans les années futures, on ne traitât pas la journée entière comme un jour de semaine et qu'on ne se livrât pas au travail dès le matin, en supposant que les témoins n'arriveraient qu'après l'heure de min'ha. Et l'on observait aussi le jour suivant comme saint. Le second jour, on observait Roch Hachana pleinement, tant en offrant ses sacrifices qu'en calculant à partir de cette date les fêtes à venir.
וְאִם בָּאוּ עֵדִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה — נוֹהֲגִין אוֹתוֹ הַיּוֹם קוֹדֶשׁ, וּלְמָחָר קוֹדֶשׁ.
Après la destruction du Temple — n'y ayant plus de raison à cette ordonnance — Rabban Yo'hanan ben Zakaï institua que l'on recevrait de nouveau les témoignages relatifs à [la consécration du] mois durant toute la journée.
מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, הִתְקִין רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי שֶׁיְּהוּ מְקַבְּלִין עֵדוּת הַחֹדֶשׁ כׇּל הַיּוֹם.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : quelle erreur les Léviim commirent-ils au sujet du chant qu'ils étaient censés réciter ? La Guemara répond : ici, en Babylonie, on l'a interprété [ainsi] : ils ne récitèrent aucun chant du tout, car ils ne savaient quel psaume chanter — celui d'un jour de semaine ordinaire ou celui, particulier, de la fête. Rabbi Zéira dit : leur erreur fut de réciter le chant d'un jour de semaine ordinaire avec le sacrifice quotidien de l'après-midi [le tamid de l'après-midi]. Après que les témoins eurent témoigné, il apparut clairement qu'ils auraient dû réciter le psaume de la fête.
גְּמָ׳ מָה קִלְקוּל קִלְקְלוּ הַלְוִיִּם בַּשִּׁיר? הָכָא תַּרְגִּימוּ: שֶׁלֹּא אָמְרוּ שִׁירָה כׇּל עִיקָּר. רַבִּי זֵירָא אָמַר: שֶׁאָמְרוּ שִׁירָה שֶׁל חוֹל עִם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם.
Rabbi Zéira dit à son fils Ahava : sors et enseigne aux Sages de Babylonie la baraïta suivante : on institua qu'à Roch Hachana le tribunal ne recevrait les témoignages relatifs à [la consécration du] mois que s'il restait assez de temps dans la journée pour offrir les sacrifices quotidiens [tamidim] et les sacrifices additionnels [moussafim] de la fête, ainsi que leurs libations, et pour réciter le chant approprié sans erreur. Admettons, si tu dis qu'ils récitèrent le chant d'un jour de semaine ordinaire, voilà bien un cas où il y a erreur. Mais si tu dis qu'ils ne récitèrent aucun psaume du tout, quelle erreur y a-t-il ? Le terme « erreur » indique l'accomplissement d'un acte incorrect.
אָמַר לוֹ רַבִּי זֵירָא לְאַהֲבָה בְּרֵיהּ, פּוֹק תְּנִי לְהוּ: הִתְקִינוּ שֶׁלֹּא יְהוּ מְקַבְּלִין עֵדוּת הַחֹדֶשׁ אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיְּהֵא שְׁהוּת בַּיּוֹם לְהַקְרִיב תְּמִידִין וּמוּסָפִין וְנִסְכֵּיהֶם, וְלוֹמַר שִׁירָה שֶׁלֹּא בְּשִׁיבּוּשׁ. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא אֲמוּר שִׁירָה דְחוֹל — הַיְינוּ דְּאִיכָּא שִׁיבּוּשׁ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לָא אֲמוּר כְּלָל — מַאי שִׁיבּוּשׁ אִיכָּא!
La Guemara explique : puisqu'ils ne récitèrent aucun psaume du tout, tu n'as pas d'erreur plus grande que celle-là. Le fait de ne pas réciter le psaume approprié perturbe tout le service sacrificiel.
כֵּיוָן דְּלָא אֲמוּר כְּלָל — אֵין לְךָ שִׁיבּוּשׁ גָּדוֹל מִזֶּה.
Rav A'ha bar Houna souleva une objection à partir d'une baraïta : pour le sacrifice quotidien de Roch Hachana, le matin il est offert conformément à ses halakhot ordinaires — c'est-à-dire que les Léviim récitent le psaume habituel de ce jour de la semaine. Quant au sacrifice additionnel de Roch Hachana, quel psaume récite-t-on ? Le psaume qui contient le verset : « Chantez avec allégresse vers D.ieu, notre force ; acclamez le D.ieu de Yaakov » (Tehilim 81, 2). Et pour le sacrifice quotidien de l'après-midi, quel psaume récite-t-on ? Le psaume qui contient le verset : « La voix de l'Éternel fait trembler le désert » (Tehilim 29, 8).
מֵתִיב רַב אַחָא בַּר הוּנָא: תָּמִיד שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה שַׁחֲרִית קָרֵב כְּהִלְכָתוֹ, בְּמוּסָף מַהוּ אוֹמֵר — ״הַרְנִינוּ לֵאלֹהִים עוּזֵּנוּ הָרִיעוּ לֵאלֹהֵי יַעֲקֹב״, בְּמִנְחָה מַהוּ אוֹמֵר — ״קוֹל ה׳ יָחִיל מִדְבָּר״.
Rosh Hashana 30b
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ראש השנה ל׳ במַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה