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Traité Rosh Hashana

27a

Étude de Rosh Hashana 27a

Étude de la Mishna & Guémara 27a

§ Il a été enseigné dans la MISHNA : et l'embouchure du chofar dont on se servait à Roch Hachana était plaquée d'or. La Guemara soulève une difficulté : mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : si un chofar a été plaqué d'or à l'endroit où l'on pose sa bouche, il est impropre [à la sonnerie] ; s'il a été plaqué, mais non à l'endroit où l'on pose sa bouche, il est propre ? Abayé dit : lorsque nous avons appris cela aussi dans notre Michna, nous l'avons appris d'un cas où il s'agissait non pas de l'endroit même où l'on pose sa bouche, mais d'un peu au-dessus de celui-ci.
וּפִיו מְצוּפֶּה זָהָב. וְהָתַנְיָא: צִיפָּהוּ זָהָב בִּמְקוֹם הַנָּחַת פִּיו — פָּסוּל, שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם הַנָּחַת פִּיו — כָּשֵׁר! אֲמַר אַבָּיֵי: כִּי תְּנַן נָמֵי מַתְנִיתִין — שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם הַנָּחַת פֶּה תְּנַן.
§ Il a été enseigné dans la MISHNA : et il y avait deux trompettes, une de chaque côté de celui qui sonne du chofar. La Guemara demande : mais est-il vraiment possible de bien distinguer deux sons différents — celui du chofar et celui des trompettes — en même temps ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : les deux versions du cinquième des Dix Commandements, « Souviens-toi du jour du Chabbat » (Chemot 20, 8) et « Garde le jour du Chabbat » (Devarim 5, 12), furent prononcées par D.ieu simultanément en une seule parole, chose que la bouche humaine ne peut dire et que l'oreille humaine ne peut entendre ? Cela indique qu'il est impossible de saisir deux sons à la fois ; ainsi, à cause du son des trompettes, il devrait être impossible d'entendre la sonnerie du chofar. La Guemara répond : c'est pour cette raison que l'on prolongeait la sonnerie du chofar, afin de rendre possible l'audition du son du chofar à lui seul.
וּשְׁתֵּי חֲצוֹצְרוֹת מִן הַצְּדָדִים. וּתְרֵי קָלֵי מִי מִשְׁתַּמְעִי? וְהָתַנְיָא: ״זָכוֹר״ וְ״שָׁמוֹר״, בְּדִיבּוּר אֶחָד נֶאֶמְרוּ, מַה שֶּׁאֵין הַפֶּה יְכוֹלָה לְדַבֵּר וְאֵין הָאוֹזֶן יְכוֹלָה לִשְׁמוֹעַ! לְכָךְ מַאֲרִיךְ בְּשׁוֹפָר.
La Guemara rejette cette réponse : est-ce à dire que si l'on entend la fin d'une sonnerie sans en entendre le début, on s'est acquitté de son obligation ? Dans ce cas, en effet, on n'entend que la fin de la sonnerie du chofar, puisque le chofar était d'abord sonné en même temps que les trompettes. S'il en est ainsi, il s'ensuivrait que si l'on entend le début d'une sonnerie sans en entendre la fin, on s'est également acquitté.
לְמֵימְרָא דְּכִי שָׁמַע סוֹף תְּקִיעָה בְּלֹא תְּחִילַּת תְּקִיעָה יָצָא, וּמִמֵּילָא: תְּחִילַּת תְּקִיעָה בְּלֹא סוֹף תְּקִיעָה יָצָא?
Cela, cependant, fait difficulté. Viens écouter ce qui a été enseigné dans une MISHNA : si l'on a sonné la première tékia — une sonnerie longue et continue — de la première série tékia-teroua-tékia, puis que l'on a prolongé la dernière tékia de cette série de sorte qu'elle s'étende sur la longueur de deux tékiot, cela ne compte que pour une seule tékia et n'est pas considéré comme deux tékiot, c'est-à-dire la dernière tékia de la première série et la première tékia de la deuxième série. Mais pourquoi en est-il ainsi ? Que cela lui compte pour deux tékiot, puisque, comme on l'a dit plus haut, une moitié de sonnerie est considérée comme une sonnerie ! La Guemara explique : si l'on n'entend que le début ou la fin d'une sonnerie de chofar, on s'est certes acquitté de son obligation ; néanmoins, nous ne divisons pas une sonnerie de chofar en deux.
תָּא שְׁמַע: תָּקַע בָּרִאשׁוֹנָה וּמָשַׁךְ בַּשְּׁנִיָּה כִּשְׁתַּיִם — אֵין בְּיָדוֹ אֶלָּא אַחַת. אַמַּאי? תִּיסְלַק לֵיהּ בְּתַרְתֵּי! פַּסּוֹקֵי תְּקִיעָתָא מֵהֲדָדֵי לָא פָּסְקִינַן.
La Guemara soulève une autre difficulté : viens écouter ce qui a été enseigné dans une MISHNA : celui qui sonne du chofar dans une fosse, dans une citerne ou dans une grande jarre [pitas] — s'il a entendu clairement le son du chofar, il s'est acquitté de son obligation ; mais s'il a aussi entendu le son d'un écho, il ne s'est pas acquitté. Mais pourquoi en est-il ainsi ? Si une moitié de sonnerie est bien considérée comme une sonnerie complète, qu'il s'acquitte de son obligation par le début de la sonnerie, avant que le son ne se confonde avec l'écho, puisque le début de la sonnerie a été entendu clairement.
תָּא שְׁמַע: הַתּוֹקֵעַ לְתוֹךְ הַבּוֹר אוֹ לְתוֹךְ הַדּוּת אוֹ לְתוֹךְ הַפִּיטָס, אִם קוֹל שׁוֹפָר שָׁמַע — יָצָא, וְאִם קוֹל הֲבָרָה שְׁמַע — לֹא יָצָא. אַמַּאי? לִיפּוֹק בִּתְחִילַּת תְּקִיעָה, מִקַּמֵּי דְּלִיעַרְבַּב קָלָא!
Il faut plutôt revenir sur l'explication proposée plus haut et dire ceci : deux sons provenant d'une seule source ou d'une seule personne ne peuvent être distingués — et tel fut le miracle du Sinaï, où le peuple entendit à la fois « Souviens-toi du Chabbat » (Chemot 20, 8) et « Garde le Chabbat » (Devarim 5, 12) en une seule parole divine. Mais deux sons provenant de deux sources ou de deux personnes différentes peuvent, eux, être bien distingués.
אֶלָּא: תַּרְתֵּי קָלֵי מֵחַד גַּבְרָא — לָא מִשְׁתַּמְעִי, מִתְּרֵי גַבְרֵי — מִשְׁתַּמְעִי.
La Guemara soulève une autre difficulté : mais est-il vraiment vrai que deux sons provenant de deux personnes différentes puissent être bien distingués ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : pour la lecture publique de la Torah, une personne peut lire et une autre traduire, pourvu qu'il n'y ait pas deux personnes qui lisent et deux qui traduisent ? Il en ressort clairement que deux sons ne peuvent être bien entendus, même lorsqu'ils proviennent de deux personnes différentes.
וּמִתְּרֵי גַבְרֵי מִי מִשְׁתַּמְעִי? וְהָא תַּנְיָא: בַּתּוֹרָה — אֶחָד קוֹרֵא וְאֶחָד מְתַרְגֵּם, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהוּ שְׁנַיִם קוֹרִין וּשְׁנַיִם מְתַרְגְּמִין!
La Guemara répond : cela ne fait pas difficulté, car notre cas n'est semblable qu'à celui mentionné dans la clause finale de cette baraïta, qui dit : pour la lecture du Hallel et de la Méguila, même dix personnes peuvent lire simultanément. Manifestement, parce que ces lectures sont chères à ceux qui les écoutent, ils y prêtent attention, écoutent avec application et distinguent entre les différents lecteurs. Ici aussi, parce que la sonnerie du chofar est chère à celui qui écoute, il prête attention à la chose et distingue entre les deux sons.
הָא לָא דָּמְיָא אֶלָּא לְסֵיפָא: בְּהַלֵּל וּבִמְגִילָּה — אֲפִילּוּ עֲשָׂרָה קוֹרִין. אַלְמָא, כֵּיוָן דְּחַבִּיב — יָהֵיב דַּעְתֵּיהּ, הָכָא נָמֵי: כֵּיוָן דְּחַבִּיב — יָהֵיב דַּעְתֵּיהּ וְשָׁמַע.
La Guemara demande : mais s'il est en effet possible de distinguer le son du chofar même lorsqu'il est sonné en même temps que les trompettes, pourquoi prolonge-t-on la sonnerie du chofar ? La Guemara répond : c'est afin que les gens sachent que la mitsva du jour s'accomplit spécifiquement avec le chofar.
אֶלָּא לָמָּה מַאֲרִיךְ בְּשׁוֹפָר? לֵידַע שֶׁמִּצְוַת הַיּוֹם בְּשׁוֹפָר.
§ Il a été enseigné dans la MISHNA : les chofarot dont on se servait les jours de jeûne public étaient faits des cornes recourbées de béliers, et leur embouchure était plaquée d'argent. La Guemara demande : qu'y a-t-il de différent là-bas, où le chofar de Roch Hachana est plaqué d'or, et qu'y a-t-il de différent ici, où les chofarot des jours de jeûne sont plaqués d'argent ? La Guemara répond : si tu veux, tu peux dire : tout instrument fait dans le but de rassembler le peuple est fait d'argent, comme il est écrit : « Fais-toi deux trompettes d'argent ; tu les feras d'une seule pièce, et elles te serviront pour convoquer l'assemblée et pour la mise en marche des camps » (Bamidbar 10, 2). Et si tu veux, tu peux dire : la Torah a épargné l'argent du peuple d'Israël, et permet donc que ces chofarot soient faits d'argent, qui coûte moins cher que l'or.
וּבְתַעֲנִיּוֹת בְּשֶׁל זְכָרִים כְּפוּפִין וּפִיו מְצוּפֶּה כֶּסֶף. מַאי שְׁנָא הָתָם דְּזָהָב, וּמַאי שְׁנָא הָכָא דְּכֶסֶף? אִיבָּעֵית אֵימָא כָּל כִּינּוּפְיָא דְּכֶסֶף הוּא, דִּכְתִיב: ״עֲשֵׂה לְךָ שְׁתֵּי חֲצוֹצְרוֹת כֶּסֶף״? וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הַתּוֹרָה חָסָה עַל מָמוֹנָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל.
La Guemara demande : s'il en est ainsi, là aussi le chofar de Roch Hachana devrait être fait d'un plaquage d'argent. La Guemara répond : même ainsi, le devoir d'honorer la fête a la priorité, de sorte qu'il convient d'embellir le chofar de Roch Hachana. Un jour de jeûne, en revanche, comme ce n'est pas une fête, il n'est pas nécessaire d'employer l'or, et l'argent suffit.
הָתָם נָמֵי נַעֲבֵיד דְּכֶסֶף! אֲפִילּוּ הָכִי, כְּבוֹד יוֹם טוֹב עֲדִיף.
On raconte que Rav Papa bar Chmouel pensa agir conformément à la Michna pour tous les détails du chofar et des trompettes. Mais Rava lui dit : on n'a dit cela qu'à propos du Temple. Cela aussi est enseigné dans une baraïta : dans quel cas cet énoncé est-il dit ? Seulement au Temple ; mais dans les provinces — partout en dehors du Temple — la halakha est la suivante : là où il y a des trompettes, par exemple les jours de jeûne, il n'y a pas de chofar ; et là où il y a un chofar, par exemple à Roch Hachana, il n'y a pas de trompettes.
רַב פָּפָּא בַּר שְׁמוּאֵל סָבַר לְמִיעְבַּד עוֹבָדָא כְּמַתְנִיתִין. אָמַר לֵיהּ רָבָא: לָא אָמְרוּ אֶלָּא בְּמִקְדָּשׁ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בַּמִּקְדָּשׁ, אֲבָל בִּגְבוּלִין, מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ חֲצוֹצְרוֹת — אֵין שׁוֹפָר, מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ שׁוֹפָר — אֵין חֲצוֹצְרוֹת.
Rosh Hashana 27a
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