[…ne disent pas] que le soleil décoche des flèches contre ceux qui nient sa divinité, se servant de l'arc-en-ciel comme de son arc. Le côté concave de l'arc-en-ciel est toujours détourné du soleil, afin qu'il ne ressemble pas à un arc tenu par le soleil.
גִּירֵי קָא מְשַׁדְּיָיא.
§ La Michna enseignait que l'examen des témoins comprenait les questions suivantes : à quelle hauteur la lune se trouvait-elle au-dessus de l'horizon, et dans quelle direction inclinait-elle ? On a enseigné dans une baraïta : si le témoin déclare avoir vu la lune au nord du soleil, sa déclaration est valide ; mais s'il dit l'avoir vue au sud, il n'a rien dit de significatif, car c'est impossible. La Guemara demande : n'a-t-on pas enseigné l'inverse dans une autre baraïta : s'il déclare avoir vu la lune au sud du soleil, sa déclaration est valide ; mais s'il dit l'avoir vue au nord, il n'a rien dit ?
כַּמָּה הָיָה גָּבוֹהַּ, וּלְאַיִן הָיָה נוֹטֶה כּוּ׳. תָּנָא חֲדָא: לִצְפוֹנָהּ — דְּבָרָיו קַיָּימִין, לִדְרוֹמָהּ — לֹא אָמַר כְּלוּם. וְהָתַנְיָא אִיפְּכָא: לִדְרוֹמָהּ — דְּבָרָיו קַיָּימִין, לִצְפוֹנָהּ — לֹא אָמַר כְּלוּם.
La Guemara répond : ce n'est pas difficile. Ici, dans la seconde baraïta mentionnée ci-dessus, il s'agit de l'été, quand la lune est au sud du soleil ; là, dans la première baraïta mentionnée ci-dessus, il s'agit de la saison des pluies, quand la lune est au nord du soleil.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן, בִּימוֹת הַחַמָּה. כָּאן, בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים.
Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : si un témoin dit que la lune était haute de deux manches d'aiguillon au-dessus de l'horizon, et l'autre dit qu'elle était haute de trois manches d'aiguillon, leur témoignage est valide, car un léger écart de ce genre est plausible. Mais si l'un dit qu'il a vu la lune haute de trois manches d'aiguillon au-dessus de l'horizon, et l'autre dit qu'elle était haute de cinq, leur témoignage est nul, car un tel écart est inacceptable. Cela ne signifie pas pour autant que les témoins eux-mêmes soient disqualifiés, car chacun d'eux peut s'associer à un autre témoignage — c'est-à-dire combiner son récit avec celui d'un autre témoin qui dépose dans le même sens.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֶחָד אוֹמֵר גָּבוֹהַּ שְׁתֵּי מַרְדְּעוֹת, וְאֶחָד אוֹמֵר שָׁלֹשׁ — עֵדוּתָן קַיֶּימֶת. אֶחָד אוֹמֵר שָׁלֹשׁ, וְאֶחָד אוֹמֵר חָמֵשׁ — עֵדוּתָן בְּטֵילָה. אֲבָל מִצְטָרְפִין לְעֵדוּת אַחֶרֶת.
Nos maîtres ont enseigné dans une autre baraïta : si les témoins disent : nous ne l'avons pas vue directement, mais nous l'avons vue réfléchie dans l'eau, ou nous l'avons vue réfléchie dans une lanterne de verre, ou nous l'avons vue à travers de fins nuages — ils ne peuvent pas en témoigner, car seule une observation directe de la lune est recevable. S'ils disent : nous avons vu la moitié du reflet de la lune dans l'eau, ou nous en avons vu la moitié à travers les nuages, ou nous en avons vu la moitié dans une lanterne — ils ne peuvent pas non plus en témoigner.
תָּנוּ רַבָּנַן: רְאִינוּהוּ בְּמַיִם, רְאִינוּהוּ בַּעֲשָׁשִׁית, רְאִינוּהוּ בֶּעָבִים — אֵין מְעִידִין עָלָיו. חֶצְיוֹ בְּמַיִם, חֶצְיוֹ בֶּעָבִים, חֶצְיוֹ בַּעֲשָׁשִׁית — אֵין מְעִידִין עָלָיו.
La Guemara analyse cette baraïta : or, si lorsqu'on voit la lune tout entière de cette manière tu dis que ce n'est pas un témoignage valide, est-il nécessaire d'enseigner qu'on ne peut témoigner lorsqu'on n'en voit que la moitié ? Il faut donc plutôt comprendre que la baraïta dit ceci : si les témoins ont vu la moitié du reflet de la lune dans l'eau et l'autre moitié directement dans le ciel, ou la moitié à travers les nuages et l'autre moitié dans le ciel, ou la moitié dans une lanterne et l'autre moitié dans le ciel — bien qu'ils aient vu la moitié de la lune directement, ils ne peuvent pas en témoigner tant qu'ils n'ont pas vu la lune tout entière dans le ciel.
הַשְׁתָּא כּוּלּוֹ אָמְרַתְּ לָא, חֶצְיוֹ מִבַּעְיָא?! אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: חֶצְיוֹ בְּמַיִם חֶצְיוֹ בָּרָקִיעַ, חֶצְיוֹ בֶּעָבִים חֶצְיוֹ בָּרָקִיעַ, חֶצְיוֹ בַּעֲשָׁשִׁית חֶצְיוֹ בָּרָקִיעַ — אֵין מְעִידִין.
Nos maîtres ont enseigné dans une autre baraïta : si les témoins disent : un instant nous avons vu la nouvelle lune, mais nous ne l'avons plus revue — ils ne peuvent pas en témoigner. La Guemara demande : doivent-ils continuer à l'observer à ce point — c'est-à-dire pourquoi devraient-ils la voir pendant un long laps de temps ?
תָּנוּ רַבָּנַן: רְאִינוּהוּ וְשׁוּב לֹא רְאִינוּהוּ — אֵין מְעִידִין עָלָיו. כׇּל הָכִי חָזוּ לֵהּ וְאָזְלִי?!
Abayé dit que la baraïta veut dire ceci : si les témoins disent : nous l'avons vue de nous-mêmes [c'est-à-dire par hasard, sans la chercher], puis nous sommes retournés la regarder intentionnellement, afin d'en livrer un témoignage précis, mais nous ne l'avons plus revue — ils ne peuvent pas en témoigner. Quelle en est la raison ? Parce qu'on peut dire que la première fois ce n'était qu'un petit nuage rond et blanc qu'ils ont vu et pris pour la lune, et c'est pourquoi, en la cherchant de nouveau, ils n'ont pu la retrouver.
אָמַר אַבָּיֵי, הָכִי קָאָמַר: רְאִינוּהוּ מֵאֵלֵינוּ, וְשַׁבְנוּ לִרְאוֹתוֹ מִדַּעְתֵּנוּ, וְלֹא רְאִינוּהוּ — אֵין מְעִידִין עָלָיו, מַאי טַעְמָא — אֵימוֹר כּוֹבִיתָא דְעֵיבָא בְּעָלְמָא הוּא דְּחָזֵי.
Mishna 1
MICHNA : Une fois les témoins examinés et leur témoignage accepté, le président du tribunal dit : « [Le mois est] sanctifié ». Et tout le peuple répond après lui : « Sanctifié, sanctifié ». Que la lune ait été vue en son temps anticipé [le trentième jour du mois précédent], ou qu'elle n'ait pas été vue en son temps anticipé [auquel cas des témoins ne sont pas nécessaires pour établir le lendemain comme néoménie], le tribunal la sanctifie et proclame formellement ce jour comme néoménie.
מַתְנִי׳ רֹאשׁ בֵּית דִּין אוֹמֵר: ״מְקוּדָּשׁ״, וְכׇל הָעָם עוֹנִין אַחֲרָיו: ״מְקוּדָּשׁ מְקוּדָּשׁ״. בֵּין שֶׁנִּרְאָה בִּזְמַנּוֹ, בֵּין שֶׁלֹּא נִרְאָה בִּזְמַנּוֹ — מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ.(משנה)
Rabbi Eléazar, fils de Rabbi Tsadok, dit : si la nouvelle lune n'a pas été vue en son temps anticipé, le tribunal ne sanctifie pas la néoménie le lendemain, car le tribunal céleste l'a déjà sanctifiée, rendant superflue la sanctification supplémentaire par le tribunal terrestre.
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק אוֹמֵר: אִם לֹא נִרְאָה בִּזְמַנּוֹ — אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁכְּבָר קִידְּשׁוּהוּ שָׁמַיִם.
Guémara
GUEMARA : La Michna enseigne que le président du tribunal dit : « [Le mois est] sanctifié ». La Guemara demande : d'où ces choses — à savoir que le tribunal doit sanctifier la néoménie — sont-elles déduites ? Rabbi 'Hiya bar Gamda dit au nom de Rabbi Yossi ben Chaoul, au nom de Rabbi [Yehouda haNassi], que le verset dit : « Et Moïse déclara aux enfants d'Israël les temps fixés de l'Éternel » (Vayikra 23, 44). De là on déduit que le président du tribunal dit : « Sanctifié », car il ressort du verset que Moïse — dont le statut équivalait à celui du président du grand Sanhédrin — déclarait de manière formelle les temps fixés des fêtes et des néoménies.
גְּמָ׳ רֹאשׁ בֵּית דִּין וְכוּ׳. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר גַּמְדָּא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל אָמַר רַבִּי: אָמַר קְרָא ״וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מוֹעֲדֵי ה׳״ — מִכָּאן שֶׁרֹאשׁ בֵּית דִּין אוֹמֵר ״מְקוּדָּשׁ״.
§ La Michna enseigne encore qu'après que le président du tribunal a dit : « Sanctifié », tout le peuple répond après lui : « Sanctifié, sanctifié ». La Guemara demande : d'où le déduisons-nous ? Rav Papa dit que le verset dit : « Que vous proclamerez [otam] convocations saintes » (Vayikra 23, 2). Au lieu de otam [« eux »], lis dans le verset atem [« vous »], comme si le verset disait : « que vous proclamerez, vous ». Ce mot superflu « vous » enseigne que le mois doit être proclamé non seulement par le président du tribunal, mais aussi par vous, le peuple. Rav Na'hman bar Yits'hak dit qu'on le déduit de l'expression : « Ce sont [hem] Mes temps fixés » (Vayikra 23, 2). Le terme hem peut aussi signifier « eux », ce qui indique qu'eux, le peuple, doivent eux aussi énoncer et proclamer « Mes temps fixés ».
וְכׇל הָעָם עוֹנִין אַחֲרָיו ״מְקוּדָּשׁ מְקוּדָּשׁ״. מְנָלַן? אָמַר רַב פָּפָּא: אָמַר קְרָא ״אֲשֶׁר תִּקְרְאוּ אוֹתָם״, קְרִי בֵּיהּ אַתֶּם. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: ״אֵלֶּה הֵם מוֹעֲדֵי״, הֵם יֹאמְרוּ מוֹעֲדֵי.