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Traité Rosh Hashana

23b

Étude de Rosh Hashana 23b

Étude de la Mishna & Guémara 23b

C'est la ville appelée Biram.
זוֹ בֵּירָם.
§ La Michna enseignait : il agitait le flambeau de long en large et de haut en bas, jusqu'à ce qu'il voie toute la Diaspora devant lui illuminée comme un seul grand brasier. La Guemara demande : quel est le sens, dans ce contexte, du terme « Diaspora », qui ne peut certainement pas désigner toute la Diaspora à travers le monde ? Rav Yossef dit : cela désigne la ville de Poumbedita en Babylonie. La Guemara demande encore : quel est le sens de l'expression « comme un seul grand brasier » ? On a enseigné dans une baraïta : chaque personne prenait un flambeau en main, montait sur le toit de sa maison et l'allumait. De cette manière, toute la ville présentait l'aspect d'un grand brasier.
מַאי גּוֹלָה? אָמַר רַב יוֹסֵף: זוֹ פּוּמְבְּדִיתָא. מַאי כִּמְדוּרַת הָאֵשׁ? תָּנָא: כׇּל אֶחָד וְאֶחָד נוֹטֵל אֲבוּקָה בְּיָדוֹ וְעוֹלֶה לְרֹאשׁ גַּגּוֹ.
On a enseigné dans une baraïta que Rabbi Chimon ben Eléazar dit : on allumait aussi des flambeaux à 'Harim, à Kayar et à Guéder, ainsi qu'aux lieux voisins. Certains disent que les lieux ajoutés par Rabbi Chimon ben Eléazar se situent entre les lieux mentionnés dans la Michna, tandis que d'autres disent qu'ils se situent de l'autre côté d'Eretz Israël, du côté le plus proche de Babylonie. Le Sage de la Michna énumère les lieux situés d'un côté d'Eretz Israël, tandis que le Sage de la baraïta énumère les lieux situés de l'autre côté.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף חָרִים וּכְיָיר וּגְדֹר וְחַבְרוֹתֶיהָ. אִיכָּא דְּאָמְרִי: בֵּינֵי וּבֵינֵי הֲווֹ קָיְימִי. אִיכָּא דְּאָמְרִי: לְהָךְ גִּיסָא דְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הֲווֹ קָיְימִי. מָר חָשֵׁיב דְּהַאי גִּיסָא, וּמָר חָשֵׁיב דְּהַאי גִּיסָא.
Rabbi Yo'hanan dit : entre chacune des stations, il y avait une distance de huit parsaot. La Guemara demande : combien de parsaot cela fait-il au total ? Trente-deux parsaot. La Guemara demande encore : la distance du mont des Oliviers à Beit Baltin n'est-elle pas aujourd'hui bien supérieure à trente-deux parsaot ? Abayé dit : les routes directes ont été obstruées, et c'est pourquoi les gens doivent aujourd'hui emprunter des chemins détournés, ce qui allonge considérablement le trajet.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בֵּין כׇּל אַחַת וְאַחַת שְׁמוֹנֶה פַּרְסָאוֹת. כַּמָּה הָווּ לְהוּ? תְּלָתִין וְתַרְתֵּין, וְהָא הָאִידָּנָא טוּבָא הָווּ! אָמַר אַבָּיֵי: אִסְתַּתּוֹמֵי אִסְתַּתּוּם לְהוּ דַּרְכֵי.
La Guemara fournit une source à cette affirmation. Ainsi qu'il est écrit : « C'est pourquoi je vais barrer ton chemin de ronces, j'élèverai un mur, et elle ne retrouvera plus ses sentiers » (Hochéa 2, 8). Rav Na'hman bar Yits'hak dit : on le déduit d'ici, ainsi qu'il est écrit : « Il a rendu mes sentiers tortueux » (Eikha 3, 9), ce qui indique qu'au cours de l'exil les routes se sont allongées.
דִּכְתִיב: ״לָכֵן הִנְנִי שָׂךְ אֶת דַּרְכֵּךְ בַּסִּירִים״, רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר מֵהָכָא, דִּכְתִיב: ״נְתִיבוֹתַי עִוָּה״.
Mishna 1
MICHNA : Il y avait à Jérusalem une grande cour, appelée Beit Yazek. Et c'est là que se rassemblaient tous les témoins venus témoigner au sujet de la nouvelle lune, et le tribunal de soixante et onze juges les y examinait. Et on leur préparait de grands festins, afin qu'ils soient disposés et accoutumés à venir présenter leur témoignage.
מַתְנִי׳ חָצֵר גְּדוֹלָה הָיְתָה בִּירוּשָׁלַיִם וּבֵית יַעְזֵק הָיְתָה נִקְרֵאת, וּלְשָׁם כׇּל הָעֵדִים מִתְכַּנְּסִין. וּבֵית דִּין בּוֹדְקִין אוֹתָם שָׁם. וּסְעוּדוֹת גְּדוֹלוֹת עוֹשִׂין לָהֶם, בִּשְׁבִיל שֶׁיְּהוּ רְגִילִין לָבֹא.(משנה)
Au début, lorsque des témoins arrivaient le Chabbat depuis un lieu éloigné, ils ne bougeaient pas de là de toute la journée, car ils avaient quitté leur limite de Chabbat [te'houm], et il leur était par conséquent interdit de marcher plus de quatre coudées dans quelque direction que ce soit, une fois leur mission accomplie. Craignant que cette restriction ne décourage les témoins de venir, Rabban Gamliel l'Ancien institua qu'il leur soit permis de marcher deux mille coudées dans chaque direction.
בָּרִאשׁוֹנָה לֹא הָיוּ זָזִין מִשָּׁם כׇּל הַיּוֹם. הִתְקִין רַבָּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן שֶׁיְּהוּ מְהַלְּכִין אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ.
La Michna poursuit : et ce ne sont pas seulement ces témoins qui se voient accorder deux mille coudées depuis leur nouveau lieu, mais cela s'applique aussi à la sage-femme venue accoucher une femme, et à celui qui vient porter secours à des Juifs face à un incendie, à une incursion de troupes ennemies, à une rivière en crue ou à l'effondrement d'un bâtiment. Tous ceux-là sont considérés comme les habitants de la ville où ils arrivent, et ils ont donc deux mille coudées dans chaque direction.
וְלֹא אֵלּוּ בִּלְבַד, אֶלָּא אַף חֲכָמָה הַבָּאָה לְיַילֵּד, וְהַבָּא לְהַצִּיל מִן הַדְּלֵיקָה וּמִן הַגַּיִיס וּמִן הַנָּהָר וּמִן הַמַּפּוֹלֶת — הֲרֵי אֵלּוּ כְּאַנְשֵׁי הָעִיר, וְיֵשׁ לָהֶם אַלְפַּיִם לְכׇל רוּחַ.
Guémara
GUEMARA : Un dilemme fut soulevé devant les Sages : quelle est la lecture correcte de la Michna ? Avons-nous appris « Beit Yazek » [avec ya'azek], ou avons-nous appris « Beit Yazek » [avec azik] ? La Guemara explique la différence entre ces deux versions. Avons-nous appris « Beit Yazek », terme élogieux indiquant que c'était un lieu agréable où les témoins faisaient une expérience plaisante, ainsi qu'il est écrit : « Il le bêcha [vaye'azzekehou] et en ôta les pierres » (Yechayahou 5, 2) — ce qui montre que la racine a-z-k dénote l'amélioration ? Ou peut-être avons-nous appris « Beit Yazek », terme de détresse, reflétant le fait que les témoins arrivés là le Chabbat n'avaient pas le droit de bouger de toute la journée, ainsi qu'il est écrit : « Et il était lié de chaînes [bazikim] » (Yirmeyahou 40, 1) ?
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״בֵּית יַעְזֵק״ תְּנַן, אוֹ ״בֵּית יָזֵק״ תְּנַן? ״בֵּית יַעְזֵק״ תְּנַן — לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא הוּא, דִּכְתִיב: ״וַיְעַזְּקֵהוּ וַיְסַקְּלֵהוּ״, אוֹ דִלְמָא ״בֵּית יָזֵק״ תְּנַן — לִישָּׁנָא דְצַעֲרָא הוּא, כְּדִכְתִיב: ״וְהוּא אָסוּר בָּאזִיקִּים״?
Abayé dit : viens et entends [une preuve depuis] la MISHNA : on leur préparait là de grands festins, afin qu'ils soient accoutumés à venir présenter leur témoignage. Cela indique que les témoins étaient bien accueillis, conformément au nom Beit Yazek [terme élogieux]. La Guemara rejette cet argument : peut-être appliquait-on à leur égard deux pratiques — c'est-à-dire qu'on leur offrait des festins, mais qu'on restreignait aussi leurs déplacements. Il n'y a donc pas de preuve depuis la Michna en faveur de cette version du nom.
אָמַר אַבָּיֵי, תָּא שְׁמַע: סְעוּדוֹת גְּדוֹלוֹת הָיוּ עוֹשִׂין לָהֶם שָׁם, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ רְגִילִים לָבוֹא. דִּלְמָא תַּרְתֵּי הֲווֹ עָבְדִי בְּהוּ.
Mishna 2
MICHNA : Comment examine-t-on les témoins qui viennent témoigner au sujet de la nouvelle lune ? On les traite dans l'ordre : la paire de témoins arrivée la première, on l'examine la première. On fait entrer le plus âgé des deux témoins, et on lui dit : raconte comment tu as vu la lune. Était-ce devant le soleil ou derrière le soleil ? Au nord de celui-ci ou au sud ? À quelle hauteur la lune se trouvait-elle au-dessus de l'horizon, et dans quelle direction inclinait-elle ? Et quelle était sa largeur ? Si par exemple il dit qu'il a vu la lune devant le soleil, il n'a rien dit de substantiel, car c'est impossible : il est donc soit dans l'erreur, soit menteur.
מַתְנִי׳ כֵּיצַד בּוֹדְקִין אֶת הָעֵדִים? זוּג שֶׁבָּא רִאשׁוֹן — בּוֹדְקִין אוֹתוֹ רִאשׁוֹן. וּמַכְנִיסִין אֶת הַגָּדוֹל שֶׁבָּהֶן, וְאוֹמְרִין לוֹ, אֱמוֹר כֵּיצַד רָאִיתָ אֶת הַלְּבָנָה: לִפְנֵי הַחַמָּה, אוֹ לְאַחַר הַחַמָּה? לִצְפוֹנָהּ, אוֹ לִדְרוֹמָהּ? כַּמָּה הָיָה גָּבוֹהַּ, וּלְאַיִן הָיָה נוֹטֶה, וְכַמָּה הָיָה רָחָב. אִם אָמַר לִפְנֵי הַחַמָּה — לֹא אָמַר כְּלוּם.
Et après avoir achevé d'entendre le témoignage du premier témoin, on faisait entrer le second et on l'examinait de la même manière. Si leurs déclarations concordent, leur témoignage est accepté et le tribunal sanctifie la néoménie. Et le tribunal interroge ensuite toutes les autres paires de témoins sur quelques points généraux, sans entrer dans tous les détails. On ne le fait pas parce qu'on a besoin de leur témoignage supplémentaire, mais afin que ces témoins ne repartent pas déçus, et qu'ils soient accoutumés à venir témoigner, et n'hésitent pas à revenir la fois suivante, lorsqu'on pourrait avoir besoin d'eux.
וְאַחַר כָּךְ הָיוּ מַכְנִיסִין אֶת הַשֵּׁנִי וּבוֹדְקִין אוֹתוֹ. אִם נִמְצְאוּ דִּבְרֵיהֶם מְכֻוּוֹנִים — עֵדוּתָן קַיֶּימֶת. וּשְׁאָר כׇּל הַזּוּגוֹת, שׁוֹאֲלִין אוֹתָן רָאשֵׁי דְבָרִים. לֹא שֶׁהָיוּ צְרִיכִים לָהֶם, אֶלָּא כְּדֵי שֶׁלֹּא יֵצְאוּ בְּפַחֵי נֶפֶשׁ, בִּשְׁבִיל שֶׁיְּהוּ רְגִילִים לָבוֹא.
Rosh Hashana 23b
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ראש השנה כ״ג במַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה