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Traité Rosh Hashana

22b

Étude de Rosh Hashana 22b

Étude de la Mishna & Guémara 22b

[mais] un seul témoin est-il digne de foi ? N'est-il pas enseigné dans une baraïta : il y eut un incident où [un témoin potentiel] vint témoigner, et ses témoins étaient avec lui — [car ils venaient témoigner à son sujet] ? [L'emploi du pluriel indique que deux témoins sont requis pour établir quelqu'un comme témoin oculaire valable.] Rav Papa dit : quel est le sens du terme « un autre » ? Cela veut dire une autre paire [de témoins].
וְחַד מִי מְהֵימַן?! וְהָתַנְיָא: מַעֲשֶׂה שֶׁבָּא הוּא וְעֵדָיו עִמּוֹ לְהָעִיד עָלָיו! אָמַר רַב פָּפָּא: מַאי ״אַחֵר״ — זוּג אַחֵר.
La Guemara remarque : cela aussi est plausible, car si tu ne dis pas ainsi, alors le début de la michna — « s'ils ne connaissent pas celui-là [oto] » — [pose problème]. Quel est le sens du terme « celui-là » ? Si l'on dit qu'il s'agit de ce seul témoin, un seul témoin est-il digne de foi ? Le mot « jugement » est écrit à son sujet [pour la fixation de la néoménie et de Roch Hachana] : « Car c'est une loi pour Israël, un jugement du D.ieu de Yaakov » (Tehilim 81, 5) — [et les jugements requièrent deux témoins]. Mais alors, quel est le sens du terme « celui-là » ? Cette paire [de témoins]. De même ici : quel est le sens du terme « un autre » ? Une autre paire [de témoins].
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי — ״אִם אֵינָן מַכִּירִין אוֹתוֹ״, מַאי ״אוֹתוֹ״? אִילֵּימָא ״אוֹתוֹ״ חַד — וְחַד מִי מְהֵימַן? ״מִשְׁפָּט״ כְּתִיב בֵּיהּ. אֶלָּא מַאי ״אוֹתוֹ״ — אוֹתוֹ הַזּוּג, הָכִי נָמֵי: מַאי ״אַחֵר״ — זוּג אַחֵר.
La Guemara demande : et un seul témoin n'est-il pas digne de foi [pour témoigner au sujet du témoin oculaire qui a vu la nouvelle lune] ? N'est-il pas enseigné dans une baraïta : il y eut un incident impliquant Rabbi Nehoraï, qui alla [avec le témoin] pour témoigner à son sujet, un Chabbat, à Oucha ? [Apparemment, Rabbi Nehoraï offrit seul son témoignage.]
וְחַד לָא מְהֵימַן? וְהָתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי נְהוֹרַאי שֶׁהָלַךְ אֵצֶל הָעֵד לְהָעִיד עָלָיו בְּשַׁבָּת בְּאוּשָׁא!
On dit [en explication de cet incident] : en réalité, deux témoins sont nécessaires, et dans le cas de Rabbi Nehoraï il y avait un autre témoin avec lui. Et s'il n'est pas mentionné, c'est par égard pour l'honneur de Rabbi Nehoraï, [afin de ne pas laisser entendre que l'autre était son égal]. Rav Achi dit : dans l'incident impliquant Rabbi Nehoraï, il y avait déjà un autre témoin qui attendait à Oucha, et Rabbi Nehoraï s'y rendit pour se joindre à lui.
אָמְרִי: רַבִּי נְהוֹרַאי סָהֲדָא אַחֲרִינָא הֲוָה בַּהֲדֵיהּ, וְהָא דְּלָא חָשֵׁיב לֵיהּ — מִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ שֶׁל רַבִּי נְהוֹרַאי. רַב אָשֵׁי אָמַר: רַבִּי נְהוֹרַאי סָהֲדָא אַחֲרִינָא הֲוָה בְּאוּשָׁא, וַאֲזַל רַבִּי נְהוֹרַאי לְאִצְטְרוֹפֵי בַּהֲדֵיהּ.
La Guemara demande : s'il en est ainsi, quel est l'intérêt de rapporter [cet incident] ? La Guemara répond : de peur que tu ne dises que, dans un cas d'incertitude, on ne profane pas le Chabbat — [c'est-à-dire qu'il se pourrait que le témoin d'Oucha ne soit pas présent ce jour-là, de sorte que Rabbi Nehoraï aurait profané le Chabbat en vain]. C'est pourquoi [la Tossefta] nous enseigne que, pour l'objet important [qu'est la néoménie], on peut profaner le Chabbat même dans un cas douteux.
אִי הָכִי, מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא: מִסְּפֵיקָא לָא מְחַלְּלִינַן שַׁבְּתָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
§ Lorsque Oulla vint [d'Erets Israël à Babylone], il dit : on a sanctifié la néoménie [à telle date] en Occident, [en Erets Israël]. [Bien qu'Oulla fût l'unique témoin, son témoignage fut accepté.] Rav Kahana dit : il n'est pas nécessaire de dire qu'Oulla, qui est un grand homme, est digne de foi pour un tel témoignage ; mais même un homme ordinaire est lui aussi digne de foi [en ce cas, et il n'est pas besoin de deux témoins]. Quelle en est la raison ? Toute chose vouée à être révélée, les gens ne mentent pas à son sujet. La Guemara remarque que cela est aussi enseigné dans une baraïta : si une personne vient du bout du monde et dit : le tribunal a sanctifié le nouveau mois — elle est digne de foi. [Il n'est pas besoin de deux témoins.]
כִּי אֲתָא עוּלָּא, אָמַר: קַדְּשׁוּהּ לְיַרְחָא בְּמַעְרְבָא. אָמַר רַב כָּהֲנָא: לָא מִיבַּעְיָא עוּלָּא, דְּגַבְרָא רַבָּה הוּא, דִּמְהֵימַן. אֶלָּא אֲפִילּוּ אִינִישׁ דְּעָלְמָא נָמֵי מְהֵימַן. מַאי טַעְמָא? כֹּל מִילְּתָא דַּעֲבִידָא לְאִגַּלּוֹיֵי — לָא מְשַׁקְּרִי בַּהּ אִינָשֵׁי. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: בָּא אֶחָד בְּסוֹף הָעוֹלָם וְאָמַר קִדְּשׁוּ בֵּית דִּין אֶת הַחֹדֶשׁ — נֶאֱמָן.
La Michna a enseigné : au début, on acceptait le témoignage [fixant le début du mois] de toute personne, [et cela dura jusqu'à ce que les Baïtoussim se missent à corrompre le procédé]. Les Sages ont enseigné une baraïta [décrivant l'incident décisif] : en quoi consista la corruption à laquelle se livrèrent les Baïtoussim ? Une fois, les Baïtoussim cherchèrent à tromper les Sages [quant au jour de la néoménie]. Ils engagèrent deux hommes pour quatre cents zouz [afin qu'ils témoignent faussement avoir vu la nouvelle lune le trentième jour du mois] : l'un des nôtres [c'est-à-dire un membre des Perouchim et des Sages d'Israël], et l'autre des leurs.
בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ מְקַבְּלִין עֵדוּת הַחֹדֶשׁ מִכׇּל אָדָם וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: מָה קִלְקוּל קִלְקְלוּ הַבַּיְיתּוֹסִין? פַּעַם אַחַת בִּקְּשׁוּ בַּיְיתּוֹסִין לְהַטְעוֹת אֶת חֲכָמִים, שָׂכְרוּ שְׁנֵי בְּנֵי אָדָם בְּאַרְבַּע מֵאוֹת זוּז, אֶחָד מִשֶּׁלָּנוּ, וְאֶחָד מִשֶּׁלָּהֶם.
Celui des leurs déposa son témoignage et sortit. Quant à celui des nôtres, [les Sages] lui dirent [selon l'usage] : dis comment tu as vu la lune ! Il leur répondit : je montais à Maalé Adoumim, et je l'ai vue tapie entre deux rochers ; sa tête ressemblait à celle d'un veau, ses oreilles à celles d'un chevreau, ses cornes à celles d'un cerf, et sa queue reposait entre ses cuisses. Je l'ai regardée, j'ai pris peur et je suis tombé à la renverse. Et si vous ne me croyez pas [que c'est là ce que j'ai vu], voici deux cents zouz noués dans mon drap [qui m'ont été versés pour livrer ce témoignage].
שֶׁלָּהֶם — הֵעִיד עֵדוּתוֹ וְיָצָא. שֶׁלָּנוּ, אָמְרוּ לוֹ: אֱמוֹר כֵּיצַד רָאִיתָ אֶת הַלְּבָנָה! אָמַר לָהֶם: עוֹלֶה הָיִיתִי בְּמַעֲלֵה אֲדוּמִּים, וּרְאִיתִיו שֶׁהוּא רָבוּץ בֵּין שְׁנֵי סְלָעִים, רֹאשׁוֹ דּוֹמֶה לְעֵגֶל, אׇזְנָיו דּוֹמִין לִגְדִי, קַרְנָיו דּוֹמוֹת לִצְבִי, וּזְנָבוֹ מוּנַּחַת לוֹ בֵּין יַרְכוֹתָיו, וְהֵצַצְתִּי בּוֹ וְנִרְתַּעְתִּי וְנָפַלְתִּי לַאֲחוֹרַי. וְאִם אֵין אַתֶּם מַאֲמִינִים לִי — הֲרֵי מָאתַיִם זוּז צְרוּרִין לִי בִּסְדִינִי.
[Comprenant que le témoignage du premier témoin était lui aussi faux,] les Sages lui dirent : qui t'a poussé à agir ainsi ? Il leur répondit : j'ai entendu que les Baïtoussim cherchaient à tromper les Sages ; je me suis dit : j'irai [me louer pour donner un faux témoignage] et j'avertirai les Sages [de la vérité], de peur que des gens indignes ne viennent tromper les Sages.
אָמְרוּ לוֹ: מִי הִזְקִיקְךָ לְכָךְ? אָמַר לָהֶם: שָׁמַעְתִּי שֶׁבִּקְּשׁוּ בַּיְיתּוֹסִים לְהַטְעוֹת אֶת חֲכָמִים, אָמַרְתִּי: אֵלֵךְ אֲנִי וְאוֹדִיעַ לָהֶם, שֶׁמָּא יָבוֹאוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁאֵינָם מְהוּגָּנִין וְיַטְעוּ אֶת חֲכָמִים.
Les Sages lui dirent : les deux cents zouz [que tu as reçus des Baïtoussim] te sont donnés en cadeau — [bien que tu n'aies pas accompli ta mission, le tribunal a le pouvoir de déclarer cet argent sans maître et de te l'attribuer] —, et celui qui t'a engagé sera étendu sur le poteau [pour la flagellation]. À ce moment-là, les Sages instituèrent qu'on n'accepterait le témoignage [au sujet de la nouvelle lune] que de ceux qui étaient connus [du grand Sanhédrin comme témoins qualifiés].
אָמְרוּ לוֹ: מָאתַיִם זוּז — נְתוּנִין לְךָ בְּמַתָּנָה, וְהַשּׂוֹכֶרְךָ יִמָּתַח עַל הָעַמּוּד. בְּאוֹתָהּ שָׁעָה הִתְקִינוּ שֶׁלֹּא יְהוּ מְקַבְּלִין אֶלָּא מִן הַמַּכִּירִין.
Mishna 1
MICHNA : Au début, [après que le tribunal eut sanctifié le nouveau mois,] on allumait des torches [au sommet des montagnes, de cime en cime, pour signaler à la communauté de Babylone que le mois avait été sanctifié]. Après que les Koutim [les Samaritains] eurent corrompu et ruiné ce procédé [en allumant des torches à de mauvais moments pour semer la confusion], les Sages instituèrent que des messagers sortiraient [vers la Diaspora pour informer du début du mois].
מַתְנִי׳ בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ מַשִּׂיאִין מַשּׂוּאוֹת. מִשֶּׁקִּלְקְלוּ הַכּוּתִים, הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ שְׁלוּחִין יוֹצְאִין.(משנה)
[La michna demande :] comment allumait-on les torches [à cette époque ancienne] ? On apportait [des matières qui brûlent bien — par exemple] de longues perches de cèdre, des roseaux, du bois de pin et de l'étoupe de lin, et on les liait avec une corde. Puis quelqu'un montait au sommet de la montagne et y mettait le feu, et l'agitait de long en large et de haut en bas, jusqu'à ce qu'il voie son compagnon faire de même au sommet de la deuxième montagne. [Il savait ainsi que le messager suivant avait reçu le message et l'avait transmis.] Et de même [le deuxième porteur de torche attendait un signal de celui] au sommet de la troisième montagne, et ainsi de suite. [De cette manière, le message parvenait à la Diaspora.]
כֵּיצַד הָיוּ מַשִּׂיאִין מַשּׂוּאוֹת? מְבִיאִין כְּלוֹנְסָאוֹת שֶׁל אֶרֶז אֲרוּכִּין, וְקָנִים, וַעֲצֵי שֶׁמֶן, וּנְעוֹרֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן. וְכוֹרֵךְ בִּמְשִׁיחָה וְעוֹלֶה לְרֹאשׁ הָהָר וּמַצִּית בָּהֶן אֶת הָאוּר. וּמוֹלִיךְ וּמֵבִיא וּמַעֲלֶה וּמוֹרִיד, עַד שֶׁהוּא רוֹאֶה אֶת חֲבֵירוֹ שֶׁהוּא עוֹשֶׂה כֵּן בְּרֹאשׁ הָהָר הַשֵּׁנִי, וְכֵן בְּרֹאשׁ הָהָר הַשְּׁלִישִׁי.
Rosh Hashana 22b
100%
ראש השנה כ״ב במַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה