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Traité Rosh Hashana

19b

Étude de Rosh Hashana 19b

Étude de la Guémara 19b

Guémara
… tandis que les Sages le déclarent pur. Selon eux, il est toujours considéré comme un ustensile brisé. Or Rabbi Méir lui-même vécut après la destruction du Second Temple. Et le jour de fête commémorant l'annulation du décret de Rome fut institué à la suite d'un événement impliquant son disciple, Rabbi Yehouda ben Chamoua. Il en ressort clairement que la Méguilat Taanit n'avait pas encore été abolie [à cette époque].
וַחֲכָמִים מְטַהֲרִין.
La Guemara répond : la question de savoir si la Méguilat Taanit a été abolie ou non fait l'objet d'une controverse entre Tanaïm, ainsi qu'il est enseigné dans une braïta : ces jours qui sont inscrits dans la Méguilat Taanit, aussi bien du temps où le Temple est debout que du temps où il ne l'est pas, sont des jours où le jeûne est interdit ; telle est l'opinion de Rabbi Méir. Rabbi Yossi dit : du temps où le Temple est debout, ces jours sont interdits au jeûne, car ils sont pour Israël une source de joie ; mais du temps où le Temple n'est plus debout, ces jours sont permis au jeûne, car ils sont pour eux une source de deuil.
תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: הַיָּמִים הָאֵלּוּ הַכְּתוּבִין בִּמְגִילַּת תַּעֲנִית, בֵּין בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים בֵּין בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים — אֲסוּרִין, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים — אֲסוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁשִּׂמְחָה הִיא לָהֶם. אֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים — מוּתָּרִין, מִפְּנֵי שֶׁאֵבֶל הוּא לָהֶם.
La Guemara conclut : et la halakha est qu'ils ont été abolis, et la halakha est qu'ils n'ont pas été abolis. La Guemara objecte : voilà qui est difficile, car une halakha en contredit une autre ! La Guemara répond : ce n'est pas difficile. Ici, il s'agit de 'Hanouka et de Pourim — ces jours de fête ne furent jamais abolis, et 'Hanouka figure parmi les fêtes de la Méguilat Taanit. Là, la halakha vise les autres jours mentionnés dans la Méguilat Taanit, qui, eux, furent tous abolis.
וְהִלְכְתָא בָּטְלוּ, וְהִלְכְתָא לֹא בָּטְלוּ. קַשְׁיָא הִלְכְתָא אַהִלְכְתָא! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בַּחֲנוּכָּה וּפוּרִים, כָּאן בִּשְׁאָר יוֹמֵי.
La michna a enseigné : des messagers partent annoncer la sanctification de la néoménie au mois d'Eloul, à cause de Roch Hachana, et au mois de Tichri, à cause de la nécessité d'établir les dates exactes auxquelles célébrer les fêtes de Tichri. La Guemara demande : une fois que les messagers sont partis au mois d'Eloul informer le peuple de la date où la néoménie a été déclarée, pourquoi auraient-ils besoin de repartir au mois de Tichri ? Car la néoménie de Tichri tombe toujours le trentième jour après la néoménie d'Eloul.
עַל אֱלוּל מִפְּנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה, וְעַל תִּשְׁרִי מִפְּנֵי תַּקָּנַת הַמּוֹעֲדוֹת. כֵּיוָן דְּנָפְקִי לְהוּ אַאֱלוּל, אַתִּשְׁרִי לְמָה לְהוּ?
Et si tu disais que les messagers doivent partir aussi pour Tichri, parce que la cour a peut-être ajouté un jour supplémentaire au mois d'Eloul — si bien que Roch Hachana tomberait le trente et unième jour après la néoménie d'Eloul —, il y a une difficulté. Rabbi 'Hinnana bar Kahana n'a-t-il pas dit au nom de Rav : depuis les jours d'Ezra et au-delà, nous n'avons jamais trouvé que le mois d'Eloul ait eu un jour supplémentaire ! Par conséquent, il est aisé de calculer les jours où tombent les fêtes de Tichri, et il ne devrait y avoir aucun besoin d'envoyer des messagers en Tichri.
וְכִי תֵּימָא דִּלְמָא עַבְּרוּהּ לֶאֱלוּל, וְהָאָמַר רַבִּי חִינָּנָא בַּר כָּהֲנָא אָמַר רַב: מִימוֹת עֶזְרָא וְאֵילָךְ לֹא מָצִינוּ אֱלוּל מְעוּבָּר!
La Guemara répond : lorsque nous disons « nous n'avons jamais trouvé que le mois d'Eloul ait eu un jour supplémentaire », cela ne signifie pas qu'Eloul ne peut pas avoir un jour supplémentaire, mais seulement que cela ne s'est jamais produit parce que ce ne fut pas nécessaire. Mais si cela avait été nécessaire, on aurait bel et bien ajouté un jour. Puisqu'il est possible que le mois d'Eloul reçoive un jour de plus, il y a une raison d'envoyer des messagers pour le mois de Tichri, afin que tous sachent quand célébrer les fêtes.
לֹא מָצִינוּ — דְּלָא אִיצְטְרִיךְ, הָא אִיצְטְרִיךְ — מְעַבְּרִינַן לֵיהּ.
La Guemara objecte : mais si Eloul reçoit un jour supplémentaire, Roch Hachana se trouvera faussé, car les gens le célébreront trente jours après la néoménie d'Eloul, alors que sa vraie date est le trente et unième jour ! La Guemara répond : mieux vaut que Roch Hachana soit faussé, plutôt que toutes les [autres] fêtes — à savoir Yom Kippour, Soukot et Chemini Atséret — ne le soient.
הָא מִיקַּלְקַל רֹאשׁ הַשָּׁנָה! מוּטָב תִּיקַּלְקֵל רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְלֹא יִתְקַלְקְלוּ כּוּלְּהוּ מוֹעֲדוֹת.
La formulation de la michna est elle aussi précise, car elle enseigne : [des messagers partent] au mois de Tichri à cause de la nécessité d'établir les dates exactes des fêtes [de Tichri]. La Guemara conclut : oui, déduis-en que telle est bien la compréhension correcte.
דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: עַל תִּשְׁרִי מִפְּנֵי תַּקָּנַת הַמּוֹעֲדוֹת, שְׁמַע מִינַּהּ.
La michna a enseigné : des messagers partent en Kislev, à cause de 'Hanouka, et en Adar, à cause de Pourim. En revanche, il n'est pas enseigné : si l'année était embolismique [avec un second mois d'Adar], les messagers partent aussi au second Adar à cause de Pourim — célébré au second Adar. Cela indique que la michna n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, comme il est enseigné dans une braïta : Rabbi Yehouda HaNassi dit : si l'année était embolismique, les messagers partent aussi au second Adar, à cause de Pourim.
וְעַל כִּסְלֵיו מִפְּנֵי חֲנוּכָּה, וְעַל אֲדָר מִפְּנֵי הַפּוּרִים. וְאִילּוּ נִתְעַבְּרָה הַשָּׁנָה יוֹצְאִין אַף עַל אֲדָר שֵׁנִי מִפְּנֵי הַפּוּרִים — לָא קָתָנֵי. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי. דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: אִם נִתְעַבְּרָה הַשָּׁנָה — יוֹצְאִין אַף עַל אֲדָר הַשֵּׁנִי מִפְּנֵי הַפּוּרִים.
La Guemara suggère : disons qu'ils divergent sur le point suivant. Un Sage — l'auteur de cette michna — tient que toutes les mitsvot que l'on accomplit au second Adar (à savoir les lectures spéciales de la Torah et les mitsvot de Pourim) s'accomplissent aussi au premier Adar : si on les avait accomplies au premier Adar et non au second, on se serait acquitté de son obligation. Dès lors, il n'est pas besoin d'envoyer des messagers au second Adar. Et l'autre Sage — Rabbi Yehouda HaNassi — tient que toutes les mitsvot que l'on accomplit au second Adar ne s'accomplissent pas au premier. Il est donc nécessaire d'envoyer des messagers au second Adar, pour que les gens sachent quand accomplir les mitsvot d'Adar.
לֵימָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּמָר סָבַר: כׇּל מִצְוֹת הַנּוֹהֲגוֹת בַּשֵּׁנִי — נוֹהֲגוֹת בָּרִאשׁוֹן, וּמָר סָבַר: כׇּל מִצְוֹת הַנּוֹהֲגוֹת בַּשֵּׁנִי — אֵין נוֹהֲגוֹת בָּרִאשׁוֹן.
La Guemara rejette cet argument : non — tout le monde s'accorde à dire que les mitsvot que l'on accomplit au second Adar ne s'accomplissent pas au premier ; et ici, ils divergent sur la durée du mois supplémentaire de l'année embolismique, comme il est enseigné dans une braïta : combien dure le mois supplémentaire d'une année embolismique ? Trente jours. Rabban Chimon ben Gamliel dit : un mois. Rabbi Yehouda HaNassi tient comme Rabban Chimon ben Gamliel ; et puisque le mois supplémentaire n'a pas un nombre fixe de jours, il est nécessaire d'envoyer des messagers aussi pour le second Adar, afin que les gens sachent quand célébrer Pourim. Selon le premier Tana, en revanche, comme le premier Adar a toujours une durée fixe, il n'est pas besoin d'envoyer de messagers.
לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִצְוֹת הַנּוֹהֲגוֹת בַּשֵּׁנִי — אֵין נוֹהֲגוֹת בָּרִאשׁוֹן, וְהָכָא בְּעִיבּוּר שָׁנָה קָמִיפַּלְגִי. דְּתַנְיָא: כַּמָּה עִיבּוּר שָׁנָה — שְׁלֹשִׁים יוֹם, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: חֹדֶשׁ.
La Guemara demande : qu'y a-t-il de particulier à [un mois de] trente jours ? Cela tient à ce que les gens savent compter trente jours et connaître ainsi la fin du mois et la date de Pourim. Mais « un mois » aussi, les gens en connaissent la durée ! Car le terme « mois » sous-entend un mois de vingt-neuf jours, et sur cette base ils savent quand célébrer Pourim. Rav Papa dit : celui qui a dit « un mois » ne veut pas dire nécessairement un mois de vingt-neuf jours ; au contraire, si les juges de la cour le veulent, ils ajoutent un mois de vingt-neuf jours, et s'ils le veulent, ils ajoutent trente jours. C'est pourquoi il est nécessaire d'envoyer des messagers aussi pour le second Adar.
מַאי שְׁנָא שְׁלֹשִׁים — דְּיָדְעִי? חֹדֶשׁ נָמֵי יָדְעִי! אָמַר רַב פָּפָּא: מַאן דְּאָמַר חֹדֶשׁ, רָצָה — חֹדֶשׁ, רָצָה — שְׁלֹשִׁים.
Rosh Hashana 19b
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ראש השנה י״ט במַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה