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Traité Rosh Hashana

18b

Étude de Rosh Hashana 18b

Étude de la Guémara 18b

Guémara
Car Rav 'Hana bar Bizna dit au nom de Rabbi Chimon 'Hassida : que signifie ce qui est écrit : « Ainsi a parlé D.ieu des armées : le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième deviendront pour la maison de Yehouda allégresse et joie, et de joyeuses fêtes » (Zekharia 8, 19) ? Il les nomme « jeûne » et il les nomme « allégresse et joie ». Comment cela ? Quand il y a la paix dans le monde, ce seront des jours d'allégresse et de joie [où oraisons funèbres et jeûnes sont interdits] ; mais quand il n'y a pas la paix, ce sont des jours de jeûne. [Mais alors,] en un temps où il n'y a pas la paix, pourquoi n'envoie-t-on pas aussi des messagers pour les quatrième et dixième mois, afin que l'on sache quand observer ces jeûnes ?
דְּאָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא, מַאי דִּכְתִיב: ״כֹּה אָמַר ה׳ צְבָאוֹת צוֹם הָרְבִיעִי וְצוֹם הַחֲמִישִׁי וְצוֹם הַשְּׁבִיעִי וְצוֹם הָעֲשִׂירִי יִהְיֶה לְבֵית יְהוּדָה לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה״. קָרֵי לְהוּ ״צוֹם״, וְקָרֵי לְהוּ ״שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה״! בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ שָׁלוֹם — יִהְיוּ לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה, אֵין שָׁלוֹם — צוֹם.
Rav Papa dit : voici ce que [le verset] dit : quand il y a la paix dans le monde [et que le Temple est debout], ces jours seront allégresse et joie ; quand il y a persécution [et malheurs pour le peuple juif], ce sont des jours de jeûne ; et quand il n'y a pas de persécution mais pas non plus de paix [ni malheurs particuliers, ni consolation pour Israël], la règle est la suivante : s'ils le veulent, ils jeûnent ; s'ils le veulent, ils ne jeûnent pas. Puisqu'il n'y a pas d'obligation absolue de jeûner, on n'envoie pas de messagers pour ces mois.
אָמַר רַב פָּפָּא, הָכִי קָאָמַר: בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ שָׁלוֹם — יִהְיוּ לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה, יֵשׁ שְׁמָד — צוֹם, אֵין שְׁמָד וְאֵין שָׁלוֹם — רָצוּ מִתְעַנִּין, רָצוּ אֵין מִתְעַנִּין.
La Guemara demande : s'il en est ainsi, le 9 Av aussi [devrait être facultatif, parfois observé, parfois non, selon la volonté de la communauté du moment — pourquoi la Michna dit-elle que les messagers sortent pour le mois d'Av] ? Rav Papa dit : le 9 Av est différent, car les malheurs survenus ce jour-là se sont multipliés. Comme l'a dit le Maître : le 9 Av, le Temple fut détruit la première et la seconde fois ; ce jour-là, la ville de Bétar fut prise ; et ce jour-là, la ville [de Jérusalem] fut labourée [par les ennemis du peuple juif, en signe qu'elle ne serait jamais rebâtie]. Par conséquent, le jeûne du 9 Av est obligatoire, et non facultatif comme les autres jeûnes ; on envoie donc des messagers afin que l'on sache quand jeûner.
אִי הָכִי, תִּשְׁעָה בְּאָב נָמֵי? אָמַר רַב פָּפָּא: שָׁאנֵי תִּשְׁעָה בְּאָב, הוֹאִיל וְהוּכְפְּלוּ בּוֹ צָרוֹת. דְּאָמַר מָר: בְּתִשְׁעָה בְּאָב חָרַב הַבַּיִת בָּרִאשׁוֹנָה וּבַשְּׁנִיָּה, וְנִלְכְּדָה בֵּיתָר, וְנֶחֶרְשָׁה הָעִיר.
Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon dit : Rabbi Akiva interprétait quatre versets, mais moi, je ne les interprète pas comme lui. [L'une de ces controverses porte sur les jeûnes mentionnés par Zekharia.] Rabbi Akiva interprétait le verset ainsi : « le jeûne du quatrième », c'est le neuf Tamouz, jour où la ville [de Jérusalem] fut ouverte par une brèche, ainsi qu'il est dit : « Au quatrième mois, le neuvième jour du mois, la famine sévit dans la ville, et il n'y avait plus de pain pour le peuple du pays. Alors la ville fut ouverte par une brèche » (Yirmeyahou 52, 6-7). Et pourquoi le prophète l'appelle-t-il « le jeûne du quatrième » ? Parce que c'est Tamouz, le quatrième des mois [à compter de Nissan].
תַּנְיָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: אַרְבָּעָה דְּבָרִים הָיָה רַבִּי עֲקִיבָא דּוֹרֵשׁ, וַאֲנִי אֵין דּוֹרֵשׁ כְּמוֹתוֹ: ״צוֹם הָרְבִיעִי״ — זֶה תִּשְׁעָה בְּתַמּוּז שֶׁבּוֹ הוּבְקְעָה הָעִיר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרְבִיעִי בְּתִשְׁעָה לַחֹדֶשׁ וַיֶּחֱזַק הָרָעָב בָּעִיר וְלֹא הָיָה לֶחֶם לְעַם הָאָרֶץ וַתִּבָּקַע הָעִיר״. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״רְבִיעִי״ — רְבִיעִי לֶחֳדָשִׁים.
« Le jeûne du cinquième », c'est le 9 Av, jour où la Maison de notre D.ieu fut incendiée. Et pourquoi l'appelle-t-il « le jeûne du cinquième » ? Parce qu'il tombe au cinquième des mois. « Le jeûne du septième », c'est le trois Tichri, jour où Guedalia fils d'A'hikam fut assassiné. Et qui le tua ? Yichmaël fils de Netania le tua (voir II Melakhim 25, 25 ; Yirmeyahou, chapitre 41). [Les Sages instituèrent un jeûne en mémoire de la mort de Guedalia] pour t'enseigner que la mort des justes équivaut à l'incendie de la Maison de notre D.ieu. Et pourquoi le prophète l'appelle-t-il « le jeûne du septième » ? Parce que Tichri est le septième des mois.
״צוֹם הַחֲמִישִׁי״ — זֶה תִּשְׁעָה בְּאָב, שֶׁבּוֹ נִשְׂרַף בֵּית אֱלֹהֵינוּ. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״חֲמִישִׁי״ — חֲמִישִׁי לֶחֳדָשִׁים. צוֹם הַשְּׁבִיעִי — זֶה שְׁלֹשָׁה בְּתִשְׁרִי, שֶׁבּוֹ נֶהֱרַג גְּדַלְיָה בֶּן אֲחִיקָם. וּמִי הֲרָגוֹ — יִשְׁמָעֵאל בֶּן נְתַנְיָה הֲרָגוֹ, לְלַמֶּדְךָ שֶׁשְּׁקוּלָה מִיתָתָן שֶׁל צַדִּיקִים כִּשְׂרֵיפַת בֵּית אֱלֹהֵינוּ. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״שְׁבִיעִי״ — שְׁבִיעִי לֶחֳדָשִׁים.
« Le jeûne du dixième », c'est le dix Tévet, jour où le roi de Babylone mit le siège devant Jérusalem, ainsi qu'il est dit : « Et la parole de D.ieu me fut adressée, la neuvième année, au dixième mois, le dixième jour du mois, en ces termes : Fils d'homme, écris le nom de ce jour, de ce jour même : le roi de Babylone a mis le siège devant Jérusalem en ce jour même » (Ye'hezkel 24, 1-2). Et pourquoi l'appelle-t-il « le jeûne du dixième » ? Parce que c'est Tévet, le dixième des mois. Ne conviendrait-il pas d'écrire ce jeûne en premier [puisque la suite des événements commença par le siège] ? Pourquoi a-t-il été écrit ici, à la fin de la liste ? Cela fut fait afin d'énumérer les mois dans leur ordre régulier [car le prophète commença par le quatrième mois et termina par le dixième]. Telle est la position de Rabbi Akiva.
״צוֹם הָעֲשִׂירִי״ — זֶה עֲשָׂרָה בְּטֵבֵת, שֶׁבּוֹ סָמַךְ מֶלֶךְ בָּבֶל עַל יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי דְבַר ה׳ אֵלַי בַּשָּׁנָה הַתְּשִׁיעִית בַּחֹדֶשׁ הָעֲשִׂירִי בֶּעָשׂוֹר לַחֹדֶשׁ לֵאמֹר. בֶּן אָדָם כְּתׇב לְךָ אֶת שֵׁם הַיּוֹם אֶת עֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה סָמַךְ מֶלֶךְ בָּבֶל אֶל יְרוּשָׁלִַים״. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״עֲשִׂירִי״ — עֲשִׂירִי לֶחֳדָשִׁים. וַהֲלֹא הָיָה רָאוּי זֶה לִכְתּוֹב רִאשׁוֹן? וְלָמָּה נִכְתַּב כָּאן — כְּדֵי לְהַסְדִּיר חֳדָשִׁים כְּתִיקְנָן.
Et moi, je ne dis pas ainsi, mais plutôt : « le jeûne du dixième », c'est le cinq Tévet, jour où parvint à la Diaspora la nouvelle que la ville avait été frappée, ainsi qu'il est dit : « Et il arriva, la douzième année de notre exil, au dixième mois, le cinquième jour du mois, qu'un rescapé de Jérusalem vint à moi, disant : la ville a été frappée » (Ye'hezkel 33, 21) ; et ils firent du jour de la nouvelle l'équivalent du jour de l'incendie [et décrétèrent un jeûne ce jour-là].
וַאֲנִי אֵינִי אוֹמֵר כֵּן, אֶלָּא: ״צוֹם הָעֲשִׂירִי״ — זֶה חֲמִשָּׁה בְּטֵבֵת, שֶׁבּוֹ בָּאת שְׁמוּעָה לַגּוֹלָה שֶׁהוּכְּתָה הָעִיר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בִּשְׁתֵּי עֶשְׂרֵה שָׁנָה בָּעֲשִׂירִי בַּחֲמִשָּׁה לַחֹדֶשׁ לְגָלוּתֵנוּ בָּא אֵלַי הַפָּלִיט מִירוּשָׁלִַם לֵאמֹר הוּכְּתָה הָעִיר״, וְעָשׂוּ יוֹם שְׁמוּעָה כְּיוֹם שְׂרֵיפָה.
Et Rabbi Chimon ajouta : et mes paroles paraissent plus convaincantes que les siennes, car je dis du premier [jeûne mentionné par le prophète] qu'il marque l'événement survenu en premier, et du dernier qu'il marque l'événement survenu en dernier [selon Rabbi Chimon, les jeûnes sont énumérés dans l'ordre chronologique des événements]. Mais lui, Rabbi Akiva, dit du premier [jeûne mentionné par le prophète] qu'il marque l'événement survenu en dernier, et du dernier qu'il marque l'événement survenu en premier — seulement, lui les énumère dans l'ordre des mois, tandis que moi, je les énumère [aussi] dans l'ordre des malheurs [qu'ils commémorent].
וְנִרְאִין דְּבָרַי מִדְּבָרָיו, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר עַל רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן וְעַל אַחֲרוֹן אַחֲרוֹן, וְהוּא אוֹמֵר עַל רִאשׁוֹן אַחֲרוֹן וְעַל אַחֲרוֹן רִאשׁוֹן. אֶלָּא שֶׁהוּא מוֹנֶה לְסֵדֶר חֳדָשִׁים, וַאֲנִי מוֹנֶה לְסֵדֶר פּוּרְעָנִיּוֹת.
Il fut énoncé que les Sages divergèrent sur le point suivant : Rav et Rabbi 'Hanina disent tous deux : la Méguilat Taanit a été abolie [car, dans la présente période d'exil, il n'y a plus lieu de célébrer les événements joyeux que ces jours commémorent]. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehochoua ben Lévi disent : la Méguilat Taanit n'a pas été abolie.
אִיתְּמַר, רַב וְרַבִּי חֲנִינָא אָמְרִי: בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמְרִי: לֹא בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית.
La Guemara explique : Rav et Rabbi 'Hanina disent que la Méguilat Taanit a été abolie. Voici ce que dit [le prophète] : en un temps où il y a la paix dans le monde, les dates [énumérées] seront allégresse et joie [où oraisons funèbres et jeûnes sont interdits] ; mais quand il n'y a pas la paix, ce sont des jours de jeûne. Et ces jours-là [mentionnés dans la Méguilat Taanit] sont aussi comme ceux-ci [c'est-à-dire que les jours de joie énumérés dans la Méguilat Taanit sont eux aussi abolis quand il n'y a pas la paix].
רַב וְרַבִּי חֲנִינָא אָמְרִי בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית, הָכִי קָאָמַר: בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ שָׁלוֹם — יִהְיוּ לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה, אֵין שָׁלוֹם — צוֹם. וְהָנָךְ נָמֵי כִּי הָנֵי.
Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehochoua ben Lévi disent que la Méguilat Taanit n'a pas été abolie, et ils raisonnent ainsi : ce sont ces jours de jeûne mentionnés dans l'Écriture (le Tanakh) que le Miséricordieux fait dépendre de la reconstruction du Temple ; mais ces jours de fête énumérés dans la Méguilat Taanit demeurent tels qu'ils étaient et n'ont pas été abolis.
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמְרִי: לֹא בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית — הָנֵי הוּא דִּתְלִינְהוּ רַחֲמָנָא בְּבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, אֲבָל הָנָךְ — כִּדְקָיְימִי קָיְימִי.
Rav Kahana souleva une objection [contre Rav et Rabbi 'Hanina] à partir d'une baraïta : il advint que les Sages décrétèrent un jeûne à 'Hanouka, à Loud, et Rabbi Éliézer descendit ce jour-là se baigner aux bains, et Rabbi Yehochoua descendit se faire couper les cheveux [pour montrer qu'ils n'acceptaient pas ce jeûne]. De plus, ces deux Sages dirent aux autres : sortez et jeûnez un autre jeûne en pénitence pour ce que vous avez jeûné [car les jours de 'Hanouka sont des jours de joie où le jeûne est interdit]. [['Hanouka est l'une des fêtes énumérées dans la Méguilat Taanit. Même après la destruction du Temple, 'Hanouka est célébrée, ce qui démontre que la Méguilat Taanit n'a pas été abolie.]]
מֵתִיב רַב כָּהֲנָא: מַעֲשֶׂה וְגָזְרוּ תַּעֲנִית בַּחֲנוּכָּה בְּלוֹד, וְיָרַד רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרָחַץ, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְסִיפֵּר. וְאָמְרוּ לָהֶם: צְאוּ וְהִתְעַנּוּ עַל מַה שֶּׁהִתְעַנִּיתֶם.
Rosh Hashana 18b
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ראש השנה י״ח במַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה