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Traité Rosh Hashana

17b

Étude de Rosh Hashana 17b

Étude de la Guémara 17b

Guémara
… c'est-à-dire que D.ieu ne pardonne les péchés que pour celui qui se considère lui-même comme un reste, c'est-à-dire d'une importance seulement secondaire [humble et effacé].
לְמִי שֶׁמֵּשִׂים עַצְמוֹ כְּשִׁירַיִם.
Rav Houna releva une contradiction entre les deux moitiés d'un même verset. Il est écrit : « D.ieu est juste [tsadik] dans toutes Ses voies » (Tehilim 145, 17), ce qui indique que D.ieu agit selon la mesure de stricte justice [tsédek] ; et il est écrit dans le même verset : « et bienveillant [hassid] dans toutes Ses œuvres », ce qui implique qu'Il agit avec grâce et bonté [hessed], au-delà de la lettre de la loi. Rav Houna expliqua : au début, au moment du jugement, Il est juste ; mais à la fin, au moment du châtiment, Il est bienveillant.
רַב הוּנָא רָמֵי, כְּתִיב: ״צַדִּיק ה׳ בְּכׇל דְּרָכָיו״, וּכְתִיב: ״וְחָסִיד בְּכׇל מַעֲשָׂיו״! בַּתְּחִלָּה — צַדִּיק, וּלְבַסּוֹף — חָסִיד.
Rabbi Eléazar releva une contradiction semblable : il est écrit : « Et à Toi, D.ieu, appartient la bonté [hessed] » (Tehilim 62, 13), ce qui implique que D.ieu agit au-delà de la lettre de la loi ; et il est écrit dans le même verset : « Car Tu rétribues chacun selon ses actes », ce qui implique qu'Il récompense et châtie mesure pour mesure. Rabbi Eléazar répondit : au début, au moment du jugement : « Car Tu rétribues chacun selon ses actes » ; mais à la fin, au moment du châtiment : « Et à Toi, D.ieu, appartient la bonté ».
רַבִּי אֶלְעָזָר רָמֵי, כְּתִיב: ״וּלְךָ ה׳ חָסֶד״, וּכְתִיב: ״כִּי אַתָּה תְשַׁלֵּם לְאִישׁ כְּמַעֲשֵׂהוּ״. בַּתְּחִלָּה — ״כִּי אַתָּה תְּשַׁלֵּם כְּמַעֲשֵׂהוּ״, וּלְבַסּוֹף — ״וּלְךָ ה׳ חָסֶד״.
Ilfaï — et certains disent que c'était le Sage Ilfa — releva lui aussi une contradiction : il est écrit dans la liste des attributs de D.ieu : « et riche en bonté [hessed] » (Chemot 34, 6), et il est écrit dans le même verset : « et vérité [émet] », ce qui évoque la mesure de justice. Il répondit : au début, au moment du jugement : « et vérité », c'est-à-dire que D.ieu applique la stricte justice ; mais à la fin, lorsqu'Il voit que le monde ne peut subsister sur un jugement fondé uniquement sur la vérité et la justice : « et riche en bonté », c'est-à-dire qu'Il est miséricordieux.
אִילְפַי, וְאָמְרִי לַהּ אִילְפָא רָמֵי, כְּתִיב: ״וְרַב חֶסֶד״, וּכְתִיב: ״וֶאֱמֶת״. בַּתְּחִלָּה — ״וֶאֱמֶת״, וּלְבַסּוֹף — ״וְרַב חֶסֶד״.
Le verset dit : « Et D.ieu passa devant lui et proclama » (Chemot 34, 6). Rabbi Yo'hanan dit : si le verset ne l'avait pas écrit explicitement, il serait impossible de le dire, car ce serait offensant pour l'honneur de D.ieu. Le verset enseigne que le Saint, béni soit-Il, s'enveloppa [d'un talith] comme un officiant et montra à Moché l'ordre de la prière. Il lui dit : chaque fois qu'Israël pèche, qu'ils accomplissent devant Moi cet ordre [que l'officiant s'enveloppe d'un talith et récite publiquement les treize attributs de miséricorde], et Je leur pardonnerai.
״וַיַּעֲבוֹר ה׳ עַל פָּנָיו וַיִּקְרָא״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אִלְמָלֵא מִקְרָא כָּתוּב, אִי אֶפְשָׁר לְאוֹמְרוֹ. מְלַמֵּד שֶׁנִּתְעַטֵּף הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כִּשְׁלִיחַ צִבּוּר, וְהֶרְאָה לוֹ לְמֹשֶׁה סֵדֶר תְּפִלָּה. אָמַר לוֹ: כׇּל זְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל חוֹטְאִין — יַעֲשׂוּ לְפָנַי כַּסֵּדֶר הַזֶּה וַאֲנִי מוֹחֵל לָהֶם.
Le verset poursuit : « D.ieu, D.ieu » — et il faut le comprendre ainsi : Je suis Lui avant que l'homme ne pèche, et Je suis Lui après que l'homme a péché et a fait téchouva [car D.ieu ne lui rappelle pas ses premiers péchés], puisqu'Il est toujours « D.ieu, miséricordieux et clément » (Chemot 34, 6).
״ה׳ ה׳״ — אֲנִי הוּא קוֹדֶם שֶׁיֶּחְטָא הָאָדָם, וַאֲנִי הוּא לְאַחַר שֶׁיֶּחְטָא הָאָדָם וְיַעֲשֶׂה תְּשׁוּבָה — ״אֵל רַחוּם וְחַנּוּן״.
Rav Yehouda dit : une alliance a été conclue au sujet des treize attributs, [garantissant] qu'ils ne reviennent pas les mains vides — c'est-à-dire que si quelqu'un les mentionne, il sera assurément exaucé — ainsi qu'il est dit à ce propos : « Voici, Je conclus une alliance » (Chemot 34, 10).
אָמַר רַב יְהוּדָה: בְּרִית כְּרוּתָה לִשְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מִדּוֹת שֶׁאֵינָן חוֹזְרוֹת רֵיקָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנֵּה אָנֹכִי כּוֹרֵת בְּרִית״.
Rabbi Yo'hanan dit : grande est la téchouva, car elle déchire la sentence portée contre une personne, ainsi qu'il est dit : « Engraisse le cœur de ce peuple, alourdis ses oreilles et bouche-lui les yeux, de peur qu'il ne voie de ses yeux, n'entende de ses oreilles et ne comprenne de son cœur, qu'il ne revienne et ne soit guéri » (Yechayahou 6, 10) — ce qui implique que s'ils reviennent et font téchouva, ils seront guéris de tous leurs péchés.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: גְּדוֹלָה תְּשׁוּבָה שֶׁמְּקָרַעַת גְּזַר דִּינוֹ שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַשְׁמֵן לֵב הָעָם הַזֶּה וְאׇזְנָיו הַכְבֵּד וְעֵינָיו הָשַׁע פֶּן יִרְאֶה בְעֵינָיו וּבְאׇזְנָיו יִשְׁמָע וּלְבָבוֹ יָבִין וָשָׁב וְרָפָא לוֹ״.
Rav Papa dit à Abayé : mais peut-être cela fut-il dit avant que la sentence ne soit prononcée, alors qu'une fois la sentence décrétée, la téchouva n'aide plus ? Abayé lui répondit : il est écrit ici : « et qu'il revienne et soit guéri » (Yechayahou 6, 10). Qu'est-ce qui requiert une guérison ? Une maladie. Tu dois donc dire que la référence est ici à une sentence déjà prononcée ; et malgré cela, après la téchouva, ils seront guéris.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: וְדִלְמָא לִפְנֵי גְּזַר דִּין? אֲמַר לֵיהּ: ״וְרָפָא לוֹ״ כְּתִיב, אֵיזֶהוּ דָּבָר שֶׁצָּרִיךְ רְפוּאָה — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה גְּזַר דִּין.
La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta : si l'on fait téchouva dans l'intervalle [entre Roch Hachana et Yom Kippour], on lui pardonne ; si l'on ne fait pas téchouva dans l'intervalle, alors même qu'on apporterait ensuite en offrandes tous les béliers de Nevayot du monde [qui sont de la meilleure qualité], on ne lui pardonne pas [dans la cour céleste]. Cela implique qu'une fois la sentence décrétée, même la téchouva ne peut la modifier. La Guemara répond : ce n'est pas une difficulté. Ici [où la téchouva n'est efficace qu'avant la sentence de Yom Kippour], la baraïta parle de la téchouva d'un individu ; là [où le pardon est accordé même après une sentence prononcée], elle parle de la téchouva d'une communauté.
מֵיתִיבִי: הַשָּׁב בֵּינְתַיִם — מוֹחֲלִין לוֹ, לֹא שָׁב בֵּינְתַיִם — אֲפִילּוּ הֵבִיא כׇּל אֵילֵי נְבָיוֹת שֶׁבָּעוֹלָם אֵין מוֹחֲלִין לוֹ! לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּיָחִיד, הָא — בְּצִבּוּר.
La Guemara soulève une objection à partir d'une autre baraïta : le verset dit : « Un pays dont D.ieu, ton D.ieu, prend soin ; les yeux de D.ieu, ton D.ieu, sont constamment sur lui » (Devarim 11, 12). La providence constante de D.ieu sur la Terre d'Israël est parfois en bien, parfois en mal. En bien, comment cela ? Si les Juifs étaient entièrement méchants à Roch Hachana, de sorte qu'une faible quantité de pluie leur fut décrétée pour l'année, mais qu'à la fin ils firent téchouva — que peut-on faire ? Ajouter de la pluie est impossible, car le décret a déjà été prononcé. Mais le Saint, béni soit-Il, fait tomber ces pluies rares aux moments opportuns, sur la terre qui en a besoin [par exemple les champs, les vignes et les jardins], le tout selon les besoins de la terre [et ces pluies sont aussi efficaces qu'une abondance de pluie].
מֵיתִיבִי: ״עֵינֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ בָּהּ״ — עִתִּים לְטוֹבָה עִתִּים לְרָעָה. עִתִּים לְטוֹבָה כֵּיצַד? הֲרֵי שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל רְשָׁעִים גְּמוּרִין בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וּפָסְקוּ לָהֶם גְּשָׁמִים מוּעָטִים, לְסוֹף חָזְרוּ בָּהֶן. לְהוֹסִיף עֲלֵיהֶן אִי אֶפְשָׁר — שֶׁכְּבָר נִגְזְרָה גְּזֵרָה, אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מוֹרִידָן בִּזְמַנָּן, עַל הָאָרֶץ הַצְּרִיכָה לָהֶן — הַכֹּל לְפִי הָאָרֶץ.
En mal, comment cela ? Si le peuple d'Israël était entièrement juste à Roch Hachana, de sorte qu'une abondance de pluie leur fut décrétée pour cette année-là, mais qu'à la fin ils régressèrent et péchèrent — que peut-on faire ? Réduire la quantité de pluie est impossible, car le décret a déjà été prononcé. Mais le Saint, béni soit-Il, fait tomber la pluie à un moment inopportun, et sur une terre qui n'en a pas besoin [par exemple les forêts et les déserts], et cette pluie abondante n'est pas plus profitable qu'une pluie rare.
עִתִּים לְרָעָה כֵּיצַד? הֲרֵי שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל צַדִּיקִים גְּמוּרִין בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וּפָסְקוּ עֲלֵיהֶן גְּשָׁמִים מְרוּבִּין, לְסוֹף חָזְרוּ בָּהֶן. לִפְחוֹת מֵהֶן אִי אֶפְשָׁר — שֶׁכְּבָר נִגְזְרָה גְּזֵרָה, אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מוֹרִידָן שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּן, עַל הָאָרֶץ שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לָהֶן.
Rosh Hashana 17b
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