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Traité Rosh Hashana

16a

Étude de Rosh Hashana 16a

Étude de la Mishna & Guémara 16a

Mishna 1
MICHNA : à quatre moments de l'année le monde est jugé : à Pessa'h, le jugement est rendu concernant le grain ; à Chavouot, concernant les fruits qui poussent sur l'arbre ; à Roch Hachana, toutes les créatures passent devant Lui comme des brebis [bné maron], ainsi qu'il est dit : « Lui qui façonne leur cœur à tous, qui discerne toutes leurs actions » (Tehilim 33, 15) ; et à la fête de Souccot, elles sont jugées concernant l'eau, c'est-à-dire les pluies de l'année à venir.
מַתְנִי׳ בְּאַרְבָּעָה פְּרָקִים הָעוֹלָם נִידּוֹן: בַּפֶּסַח — עַל הַתְּבוּאָה, בַּעֲצֶרֶת — עַל פֵּירוֹת הָאִילָן, בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה — כׇּל בָּאֵי עוֹלָם עוֹבְרִין לְפָנָיו כִּבְנֵי מָרוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַיּוֹצֵר יַחַד לִבָּם הַמֵּבִין אֶל כׇּל מַעֲשֵׂיהֶם״, וּבֶחָג נִידּוֹנִין עַל הַמַּיִם.(משנה)
Guémara
GUEMARA : la michna a enseigné qu'à Pessa'h le jugement est rendu concernant le grain. La Guemara demande : de quel grain s'agit-il ? Si l'on dit qu'il s'agit du grain présentement sur pied dans les champs, prêt à être moissonné entre Pessa'h et Chavouot, quand le jugement a-t-il été rendu pour tous les événements (harpatké) déjà survenus à ce grain tandis qu'il poussait durant l'hiver ? Plutôt, la michna doit se référer au grain qui sera semé au cours de l'année à venir.
גְּמָ׳ הֵי תְּבוּאָה? אִילֵּימָא הָא תְּבוּאָה דְּקָיְימָא, כׇּל הָנֵי הַרְפַּתְקֵי דַּעֲדוֹ עֲלַהּ אֵימַת אִיתְּדוּן? אֶלָּא תְּבוּאָה דְּמִזְדַּרְעָא.
La Guemara demande en outre : est-ce à dire qu'un seul jugement est rendu pour une récolte donnée, et pas davantage ? Mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta : si du grain subit un incident ou un cas de force majeure avant Pessa'h, il a été jugé dans le passé, au Pessa'h précédent ; si cela survient après Pessa'h, il a été jugé à ce Pessa'h-ci pour l'avenir. Et de même, si une personne subit un incident ou un cas de force majeure avant Yom Kippour, elle a été jugée dans le passé, au Roch Hachana précédent ; si cela survient après Yom Kippour, elle a été jugée à ce Roch Hachana-ci pour l'avenir.
לְמֵימְרָא דְּחַד דִּינָא מִתַּדְנָא? וְהָתַנְיָא: תְּבוּאָה שֶׁאֵירַע בָּהּ קֶרִי אוֹ אוֹנֶס, קוֹדֶם הַפֶּסַח — נִידּוֹנֶית לְשֶׁעָבַר, לְאַחַר הַפֶּסַח — נִידּוֹנֶית לְהַבָּא. אָדָם שֶׁאֵירַע בּוֹ קֶרִי אוֹ אוֹנֶס, קוֹדֶם יוֹם הַכִּפּוּרִים — נִידּוֹן לְשֶׁעָבַר, לְאַחַר יוֹם הַכִּפּוּרִים — נִידּוֹן לְהַבָּא.
Rava dit : apprends de là que deux jugements sont rendus pour chaque récolte — l'un couvrant la période entre le moment où elle est semée et Pessa'h, l'autre couvrant la période entre Pessa'h et le moment où elle est moissonnée. Abayé dit : par conséquent, si une personne voit que ses cultures à croissance lente — celles qui sont semées au début de l'hiver mais ne mûrissent qu'au printemps ou en été — se portent bien, qu'elle se hâte de semer des cultures à croissance rapide, comme l'orge, qui peut être semée à la fin de l'hiver et mûrir tout de même avant Pessa'h ; car avant qu'elle ne soit amenée au jugement du Pessa'h suivant, elle aura déjà poussé avec succès, puisqu'il sait que les cultures de cette année ont été jugées pour un rendement favorable.
אָמַר רָבָא: שְׁמַע מִינַּהּ תְּרֵי דִינֵי מִתַּדְנָא. אָמַר אַבָּיֵי: הִלְכָּךְ, כִּי חָזֵי אִינָשׁ דְּמַצְלַח זַרְעָא אַפְלָא — לִיקַדֵּים וְלִיזְרַע חָרְפָא. דְּעַד דְּמָטֵי לְמֵדַיְינֵיהּ — קָדֵים סָלֵיק.
La Guemara soulève une question sur la michna : selon quelle opinion la michna est-elle énoncée ? Elle n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Méir, ni à l'opinion de Rabbi Yehouda, ni à l'opinion de Rabbi Yossi, ni à l'opinion de Rabbi Nathan.
מַנִּי מַתְנִיתִין? לָא רַבִּי מֵאִיר, וְלָא רַבִּי יְהוּדָה, וְלָא רַבִּי יוֹסֵי, וְלָא רַבִּי נָתָן.
La Guemara explique : ainsi qu'il est enseigné dans une baraïta : tous sont jugés à Roch Hachana, et leur sentence est scellée à Yom Kippour ; telles sont les paroles de Rabbi Méir. Rabbi Yehouda dit : tous sont jugés à Roch Hachana, et leur sentence est scellée chacun en son temps : à Pessa'h la sentence est scellée concernant le grain ; à Chavouot concernant les fruits qui poussent sur l'arbre ; à la fête de Souccot ils sont jugés concernant l'eau ; et l'homme est jugé à Roch Hachana, et la sentence est scellée à Yom Kippour.
דְּתַנְיָא: הַכֹּל נִידּוֹנִים בָּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, וּגְזַר דִּין שֶׁלָּהֶם נֶחְתָּם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַכֹּל נִידּוֹנִין בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, וּגְזַר דִּין שֶׁלָּהֶם נֶחְתָּם כׇּל אֶחָד וְאֶחָד בִּזְמַנּוֹ: בַּפֶּסַח — עַל הַתְּבוּאָה, בַּעֲצֶרֶת — עַל פֵּירוֹת הָאִילָן, בֶּחָג נִידּוֹנִין עַל הַמַּיִם. וְאָדָם נִידּוֹן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, וּגְזַר דִּין שֶׁלּוֹ נֶחְתָּם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים.
Rabbi Yossi dit : l'homme est jugé chaque jour, et non une seule fois par an, ainsi qu'il est dit : « Tu le visites chaque matin » (Iyov 7, 18) — ce qui signifie que chaque matin un compte est fait et un jugement est rendu. Rabbi Nathan dit : l'homme est jugé à chaque instant, ainsi qu'il est dit : « Tu l'éprouves à chaque moment » (Iyov 7, 18).
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אָדָם נִידּוֹן בְּכׇל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּפְקְדֶנּוּ לִבְקָרִים״. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: אָדָם נִידּוֹן בְּכׇל שָׁעָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לִרְגָעִים תִּבְחָנֶנּוּ״.
Et si tu disais : en réalité la michna est énoncée selon l'opinion de Rabbi Yehouda, et lorsque la michna enseigne, elle enseigne au sujet de la sentence — et non des jugements, qui sont tous rendus à Roch Hachana — s'il en est ainsi, [cela] fait difficulté concernant l'homme ; car la michna aurait dû dire que la sentence est scellée à Yom Kippour.
וְכִי תֵּימָא: לְעוֹלָם רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וְכִי קָתָנֵי מַתְנִיתִין — אַגְּזַר דִּין, אִי הָכִי — קַשְׁיָא אָדָם!
Rava dit : le tanna de [cette] michna est un tanna de l'école de Rabbi Yichmael, car un tanna de l'école de Rabbi Yichmael a enseigné : à quatre moments de l'année le monde est jugé : à Pessa'h concernant le grain ; à Chavouot concernant les fruits qui poussent sur l'arbre ; à la fête de Souccot ils sont jugés concernant l'eau ; et l'homme est jugé à Roch Hachana, et sa sentence est scellée à Yom Kippour. Et lorsque la michna enseigne, elle enseigne au sujet du début du jugement — c'est-à-dire que le jugement de l'homme est initialement rendu à Roch Hachana.
אָמַר רָבָא: הַאי תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הִיא, דְּתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, בְּאַרְבָּעָה פְּרָקִים הָעוֹלָם נִידּוֹן: בַּפֶּסַח — עַל הַתְּבוּאָה, בַּעֲצֶרֶת — עַל פֵּירוֹת הָאִילָן, בְּחָג נִידּוֹנִין עַל הַמַּיִם. וְאָדָם נִידּוֹן בָּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, וּגְזַר דִּין שֶׁלּוֹ נֶחְתָּם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. וְכִי קָתָנֵי מַתְנִיתִין — אַתְּחִלַּת דִּין.
Rav 'Hisda dit : quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Yossi ? La Guemara s'étonne de cette question : pourquoi s'interroger sur sa raison ? Il a énoncé sa raison — le verset qui dit : « Tu le visites chaque matin » ! La Guemara explique : voici ce que nous voulons dire : si Rabbi Yossi s'appuie sur ce verset, quelle est la raison pour laquelle il n'a pas énoncé son opinion selon l'opinion de Rabbi Nathan, à savoir que l'homme est jugé à chaque instant ? Et si tu dis qu'il tient que le verset « Tu l'éprouves à chaque moment » ne peut servir de preuve — parce qu'« éprouver » indique seulement un examen et non un jugement effectif — alors de la même manière, « visiter » indique seulement un examen. S'il en est ainsi, il n'y a pas de preuve nette à partir de ce verset.
אָמַר רַב חִסְדָּא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי? כִּדְקָאָמַר טַעְמֵיהּ: ״וַתִּפְקְדֶנּוּ לִבְקָרִים״! אֲנַן הָכִי קָאָמְרִינַן: מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַבִּי נָתָן? בְּחִינָה — עַיּוֹנֵי בְּעָלְמָא הִיא. פְּקִידָה נָמֵי עַיּוֹנֵי בְּעָלְמָא הִיא?!
Plutôt, Rav 'Hisda dit : la raison de Rabbi Yossi vient d'ici, un autre verset, qui dit : « Pour faire le jugement de Son serviteur et le jugement de Son peuple Israël, chaque jour ce qu'il faut en son jour » (Melakhim I 8, 59) — ce qui indique que le monde entier est jugé chaque jour.
אֶלָּא אָמַר רַב חִסְדָּא: טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי מֵהָכָא: ״לַעֲשׂוֹת מִשְׁפַּט עַבְדּוֹ וּמִשְׁפַּט עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל דְּבַר יוֹם בְּיוֹמוֹ״.
Et Rav 'Hisda dit : un roi et une communauté — le roi entre en jugement le premier, ainsi qu'il est dit : « Pour faire le jugement de Son serviteur », puis : « et le jugement de Son peuple Israël ». Quelle en est la raison ? Si tu veux, dis : il n'est pas convenable que le roi se tienne dehors à attendre que le procès de ses sujets s'achève. Et si tu veux, dis plutôt : le roi est introduit le premier afin d'être jugé avant que la colère [divine] ne s'intensifie du fait des fautes de la communauté, et qu'ainsi il puisse être épargné d'un jugement trop sévère.
וְאָמַר רַב חִסְדָּא: מֶלֶךְ וְצִבּוּר — מֶלֶךְ נִכְנָס תְּחִלָּה לַדִּין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַעֲשׂוֹת מִשְׁפַּט עַבְדּוֹ וּמִשְׁפַּט עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל״. מַאי טַעְמָא? אִיבָּעֵית אֵימָא: לָאו אוֹרַח אַרְעָא לְמֵיתַב מַלְכָּא אַבָּרַאי. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מִקַּמֵּי דְּלִיפּוֹשׁ חֲרוֹן אַף.
Rosh Hashana 16a
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ראש השנה ט״ז אמַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה