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Traité Rosh Hashana

12b

Étude de Rosh Hashana 12b

Étude de la Guémara 12b

Guémara
[s'il en a cueilli de nouveau] après le coucher du soleil [ils relèvent alors de l'année nouvelle], on ne prélève ni dîme de l'un sur l'autre — car on ne prélève pas du nouveau sur l'ancien, ni de l'ancien sur le nouveau. Si l'on passait de la deuxième à la troisième année [du cycle sabbatique] : de ce qui fut cueilli la deuxième année, on prélève la première dîme (maasser richon, au Lévi) et la seconde dîme (maasser chéni, mangée à Jérusalem) ; de la troisième, la première dîme et la dîme du pauvre (maasser ani, donnée à l'indigent).
מִשֶּׁתָּבֹא הַשֶּׁמֶשׁ — אֵין תּוֹרְמִין וּמְעַשְּׂרִין מִזֶּה עַל זֶה, לְפִי שֶׁאֵין תּוֹרְמִין וּמְעַשְּׂרִין, לֹא מִן הֶחָדָשׁ עַל הַיָּשָׁן, וְלֹא מִן הַיָּשָׁן עַל הֶחָדָשׁ. אִם הָיְתָה שְׁנִיָּה נִכְנֶסֶת לִשְׁלִישִׁית — שְׁנִיָּה מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי, שְׁלִישִׁית — מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעְשַׂר עָנִי.
D'où ces règles [que la troisième année on donne la dîme du pauvre, et non la seconde dîme] ? Rabbi Yehochoua ben Lévi dit : « Quand tu auras achevé de prélever toute la dîme de ta récolte, la troisième année, l'année de la dîme… » (Devarim 26, 12) — une année où il n'y a qu'UNE seule des deux dîmes [des années précédentes]. Comment ? La première dîme et la dîme du pauvre [explicitement nommée dans ce passage] ; la seconde dîme, elle, est annulée cette année-là.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: ״כִּי תְכַלֶּה לַעְשֵׂר אֶת כׇּל מַעְשַׂר תְּבוּאָתְךָ בַּשָּׁנָה הַשְּׁלִישִׁית שְׁנַת הַמַּעֲשֵׂר״, שָׁנָה שֶׁאֵין בָּהּ אֶלָּא מַעֲשֵׂר אֶחָד. הָא כֵּיצַד? מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעְשַׂר עָנִי, וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי יִבְטַל.
Ou peut-être même la première dîme est-elle annulée [n'en laissant qu'une, celle du pauvre] ? Le verset dit : « Parle aux Léviim et dis-leur : quand vous prélèverez des enfants d'Israël la dîme que Je vous ai donnée d'eux pour votre héritage… » (Bamidbar 18, 26). Le verset l'a rapprochée (hékéch) d'un héritage : de même qu'un héritage [foncier] est sans interruption — il passe de génération en génération sans jamais cesser —, de même la première dîme est sans interruption [on la prélève chaque année].
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן נָמֵי יִבְטַל — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאֶל הַלְוִיִּם תְּדַבֵּר וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כִּי תִקְחוּ מֵאֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַמַּעֲשֵׂר אֲשֶׁר נָתַתִּי לָכֶם מֵאִתָּם בְּנַחֲלַתְכֶם״, הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לְנַחֲלָה: מָה נַחֲלָה אֵין לָהּ הֶפְסֵק — אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן אֵין לוֹ הֶפְסֵק.
Une autre baraïta enseigne : « Quand tu auras achevé de prélever… » — une année où il n'y a qu'une seule dîme. Comment ? Première dîme et dîme du pauvre ; la seconde dîme est annulée. On aurait pu croire que même la première dîme est annulée ? Le verset dit « et le Lévi… viendra et mangera et se rassasiera » (Devarim 14, 29) — chaque fois qu'il vient, donne-lui. Paroles de Rabbi Yehouda.
תַּנְיָא אִידַּךְ: ״כִּי תְכַלֶּה לַעְשֵׂר וְגוֹ׳״, שָׁנָה שֶׁאֵין בָּהּ אֶלָּא מַעֲשֵׂר אֶחָד. הָא כֵּיצַד? מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וּמַעְשַׂר עָנִי, וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי יִבְטַל. יָכוֹל אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן נָמֵי יִבְטַל? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבָא הַלֵּוִי״, כׇּל זְמַן שֶׁבָּא — תֵּן לוֹ. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : point n'est besoin [de ce verset] ; il est déjà dit « Parle aux Léviim… la dîme… pour votre héritage » — le verset l'a rapprochée d'un héritage : de même qu'un héritage est sans interruption, de même la première dîme est sans interruption.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וְאֶל הַלְוִיִּם תְּדַבֵּר וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כִּי תִקְחוּ מֵאֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַמַּעֲשֵׂר אֲשֶׁר נָתַתִּי לָכֶם מֵאִתָּם בְּנַחֲלַתְכֶם״, הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לְנַחֲלָה: מָה נַחֲלָה אֵין לָהּ הֶפְסֵק — אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן אֵין לוֹ הֶפְסֵק.
« et pour les vœux ». Nos Maîtres ont enseigné : celui à qui l'on a interdit par vœu de tirer profit d'autrui « pour un an » compte douze mois de date à date. Mais s'il a dit « pour cette année-ci », même si le vœu n'a été prononcé que le 29 Eloul, dès que le 1ᵉʳ Tichri arrive, cela compte pour une année — et l'interdiction prend fin.
וְלַנְּדָרִים וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוּדָּר הֲנָאָה מֵחֲבֵירוֹ לְשָׁנָה — מוֹנֶה שְׁנֵים עָשָׂר חוֹדֶשׁ מִיּוֹם לְיוֹם. וְאִם אָמַר לְשָׁנָה זוֹ, אֲפִילּוּ לֹא עָמַד אֶלָּא בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בֶּאֱלוּל, כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ יוֹם אֶחָד בְּתִשְׁרִי — עָלְתָה לוֹ שָׁנָה.
Et cela vaut même selon celui qui dit qu'un seul jour dans l'année ne vaut pas une année : car, pour un vœu, l'intéressé a accepté de s'affliger [de se priver], et il s'est déjà affligé [un jour durant] — son but est donc atteint.
אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה אֵינוֹ חָשׁוּב שָׁנָה, לְצַעוֹרֵיהּ נַפְשֵׁיהּ קַבֵּיל עֲלֵיהּ — וְהָא אִצְטַעַר לֵיהּ.
Mais dis [que l'année des vœux s'achève en] Nissan ? Réponse : pour les vœux, on suit le langage courant des gens — et lorsque les gens parlent d'une « année », ils la comptent ordinairement depuis Tichri.
וְאֵימָא נִיסָן? בִּנְדָרִים הַלֵּךְ אַחַר לְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם.
Nous avons appris là-bas (Maasrot 1, 3) : à partir de quand un produit est-il soumis à la dîme ? Le fenugrec, dès qu'il germe ; le grain et les olives, dès qu'ils atteignent le tiers de leur croissance.
תְּנַן הָתָם: הַתִּלְתָּן — מִשֶּׁתִּצְמַח, הַתְּבוּאָה וְהַזֵּיתִים — מִשֶּׁיָּבִיאוּ שְׁלִישׁ.
Que signifie « dès qu'il germe » — puisque le fenugrec germe presque aussitôt planté ? Cela veut dire : dès qu'il germe pour la semence, c'est-à-dire dès que ses graines sont assez développées pour pouvoir germer en une nouvelle culture.
מַאי מִשֶּׁתִּצְמַח — מִשֶּׁתִּצְמַח לִזְרָעִים.
« Le grain et les olives, dès le tiers de leur croissance ». D'où ces règles ? Rav Assi dit au nom de Rabbi Yo'hanan — certains le rapportent au nom de Rabbi Yossi haGelili : le verset dit « Au terme de sept ans, à l'époque de l'année de relâche (chemita), à la fête de Souccot… » (Devarim 31, 10). Que vient faire « l'année de chemita » à la fête de Souccot ? Souccot appartient déjà à la huitième année !
הַתְּבוּאָה וְהַזֵּיתִים מִשֶּׁיָּבִיאוּ שְׁלִישׁ. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וּמָטוּ בָּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, אָמַר קְרָא: ״מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים בְּמוֹעֵד שְׁנַת הַשְּׁמִטָּה בְּחַג הַסּוּכּוֹת״, שְׁנַת הַשְּׁמִטָּה מַאי עֲבִידְתֵּיהּ בְּחַג הַסּוּכּוֹת? שְׁמִינִית הִיא!
Plutôt, cela vient t'enseigner : tout grain ayant atteint le tiers de sa croissance durant l'année sabbatique, avant Roch Hachana, tu le traites selon les règles de la chemita [même] la huitième année — même s'il n'arrive à pleine maturité qu'en huitième année.
אֶלָּא, לוֹמַר לָךְ: כׇּל תְּבוּאָה שֶׁהֵבִיאָה שְׁלִישׁ בַּשְּׁבִיעִית לִפְנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה — אַתָּה נוֹהֵג בּוֹ מִנְהַג שְׁבִיעִית בַּשְּׁמִינִית.
Rosh Hashana 12b
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ראש השנה י״ב במַסֶּכֶת רֹאשׁ הַשָּׁנָה