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Traité Pesachim

98b

Étude de Pesachim 98b

Étude de la Guémara 98b

Guémara
GUEMARA : La Guemara conteste la position de Rabbi Chimon, qui autorise les cohanim à manger un korban Pessah [agneau pascal] mélangé avec des bkhorot [animaux premiers-nés] : comment tous ces animaux peuvent-ils être consommés selon les règles strictes du korban Pessah ? On causerait ainsi inutilement la disqualification d'offrandes. En effet, un bkhor peut être consommé sur deux jours et une nuit, tandis qu'un korban Pessah ne peut être mangé qu'en une seule nuit ; dès lors, manger les bkhorot selon les règles du Pessah les ferait considérer comme disqualifiés et brûlés à l'arrivée du matin, alors même qu'ils ne sont pas encore réellement disqualifiés.
גְּמָ׳ וְהָא קָא מַיְיתֵי קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל?
La Guemara répond : Rabbi Chimon suit sa propre logique habituelle, car il a dit qu'il est permis de causer la disqualification d'offrandes. C'est ce que nous avons appris dans une michna : si un acham [offrande de culpabilité] s'est mélangé avec des chelamim [offrandes de paix], que faut-il faire ? Rabbi Chimon dit : on les abat tous dans la partie nord du parvis du Temple, comme un acham [car c'est ainsi qu'est abattu l'acham, au nord, bien que les chelamim puissent être abattus partout], et ils sont consommés selon la règle la plus stricte, c'est-à-dire selon les règles de l'acham [qui est une offrande de la plus haute sainteté]. Ils doivent donc être consommés dans l'enceinte du Temple sur une journée et une nuit [et non deux jours comme les chelamim], et ne peuvent pas être distribués aux membres de la famille des cohanim en tout endroit de Jérusalem.
רַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: מְבִיאִין קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל. דִּתְנַן: אָשָׁם שֶׁנִּתְעָרֵב בִּשְׁלָמִים — רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: יִשָּׁחֲטוּ בַּצָּפוֹן, וְיֵאָכְלוּ כַּחוֹמֶר שֶׁבָּהֶן.
Les Sages lui dirent : on ne peut pas causer la disqualification d'offrandes. Puisque l'un des animaux est un chelamim, on ne peut pas le traiter comme un acham, ce qui réduirait la période pendant laquelle il peut être mangé et pourrait conduire à le brûler inutilement. Cela indique que Rabbi Chimon, lui, n'est pas préoccupé par cette possibilité.
אָמְרוּ לוֹ: אֵין מְבִיאִין קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל.
La Guemara demande : et selon les Sages [qui interdisent de causer la disqualification], que doit-on faire si un korban Pessah se mélange avec des bkhorot ? Les bkhorot [premiers-nés] sont sanctifiés dès leur naissance, et leur sainteté prend effet uniquement sur eux. Rava dit : on attend [pour le propriétaire] que les animaux deviennent trefim [atteints d'une infirmité], et à ce moment-là il apporte un animal gras et non sanctifié et dit : « En tout lieu où se trouve [l'animal identifié comme étant] le korban Pessah, que sa sainteté s'applique à ce nouvel animal. » Le nouvel animal est alors présenté comme chelamim [offrande de paix]. Et pour ce qui est du groupe d'animaux original, il les consomme selon les règles d'un bkhor baal moum [premier-né atteint d'un défaut]. Un tel animal est considéré comme non sanctifié et est consommé par les cohanim, bien qu'avec certaines restrictions — par exemple, sa viande ne peut pas être pesée ni vendue de façon dégradante.
וְרַבָּנַן, הֵיכִי עָבְדִינַן? אָמַר רָבָא: נַמְתִּין לוֹ עַד שֶׁיּוּמְמוּ, וְיָבִיא בְּהֵמָה שְׁמֵינָה, וְלֵימָא: כֹּל הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ לְפֶסַח — תְּחוּל עֲלֵיהּ דְּהַאי, וְאָכֵיל לְהוּ בְּתוֹרַת בְּכוֹר בַּעַל מוּם.
Mishna 1
MICHNA : Concernant un groupe [dont l'agneau pascal] a été égaré, et ses membres ont dit à l'un d'entre eux : « Va chercher notre korban Pessah, et quand tu le trouveras, abats-le en notre nom. » Celui-ci est parti, a trouvé [l'animal égaré] et l'a abattu au nom de tout le groupe, mais entre-temps les autres ont pris un autre animal et l'ont abattu comme korban Pessah — la halakha est la suivante : si son [korban Pessah, celui que l'émissaire a retrouvé,] a été abattu en premier, il mange de son [offrande], car il est considéré comme inscrit spécifiquement pour celle-ci, et les autres mangent avec lui de son [offrande], car il les a inclus dans son offrande et elle appartient à tout le groupe. Le second animal n'a plus aucun participant inscrit et doit donc être brûlé. Et si le leur [celui abattu par le groupe] a été abattu en premier, eux mangent du leur, car ils se sont retirés de l'offrande originale par l'acte d'abattre un animal de remplacement, et lui mange du sien, car il n'était pas inscrit pour l'offrande de remplacement sacrifiée par le reste du groupe.
מַתְנִי׳ חֲבוּרָה שֶׁאָבַד פִּסְחָהּ וְאָמְרוּ לְאֶחָד ״צֵא וּבַקֵּשׁ וּשְׁחוֹט עָלֵינוּ״, וְהָלַךְ וּמָצָא וְשָׁחַט, וְהֵם לָקְחוּ וְשָׁחֲטוּ, אִם שֶׁלּוֹ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ, וְהֵם אוֹכְלִין עִמּוֹ מִשֶּׁלּוֹ. וְאִם שֶׁלָּהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הֵם אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶן, וְהוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ.
Et si l'on ne sait pas lequel des deux a été abattu en premier, ou si tous deux — le groupe et l'émissaire — les ont abattus simultanément : lui mange du sien, et eux ne mangent pas avec lui [de peur que leur animal ait été abattu en premier], et le leur doit être emporté au lieu destiné à la combustion [car il ne peut pas être consommé, par crainte qu'il ait été abattu en second et que les membres du groupe fussent de ce fait inclus dans le premier animal]. Toutefois, ils sont exemptés d'accomplir le korban Pessah lors du Pessah Chéni [second Pessah, au 14 Iyar], car ils ont participé à l'abattage de l'un des deux animaux — lequel qu'il soit. C'est uniquement en raison de circonstances extérieures qu'ils ne peuvent achever la mitsva en mangeant le korban Pessah, et cela ne les empêche pas d'avoir accompli leur obligation.
וְאִם אֵינוֹ יָדוּעַ אֵיזֶה מֵהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן, אוֹ שֶׁשָּׁחֲטוּ שְׁנֵיהֶם כְּאֶחָד — הוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ, וְהֵם אֵינָם אוֹכְלִין עִמּוֹ, וְשֶׁלָּהֶן יֵצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה. וּפְטוּרִין מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.
[Dans un cas légèrement différent :] l'émissaire avait dit aux autres membres du groupe avant de partir : « Si je suis en retard, sortez et abattez un [autre korban Pessah] pour moi. » Il est alors parti, a trouvé [l'animal perdu] et l'a abattu, et eux ont pris un autre animal et l'ont abattu comme korban Pessah. Dans ce cas : si le leur a été abattu en premier, ils mangent du leur et lui mange avec eux, car il avait demandé à être inclus dans leur offrande et ils l'ont inscrit pour leur korban Pessah. Et si le sien a été abattu en premier, il mange du sien et eux mangent du leur, car le fait qu'ils aient abattu un animal différent indique qu'ils se sont retirés de l'offrande originale.
אָמַר לָהֶן: ״אִם אֵחַרְתִּי — צְאוּ וְשַׁחֲטוּ עָלַי״. הָלַךְ וּמָצָא וְשָׁחַט, וְהֵן לָקְחוּ וְשָׁחֲטוּ. אִם שֶׁלָּהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הֵן אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶן, וְהוּא אוֹכֵל עִמָּהֶן. וְאִם שֶׁלּוֹ נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — הוּא אוֹכֵל מִשֶּׁלּוֹ, וְהֵן אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶם.
Et si l'on ne sait pas lequel des animaux a été abattu en premier, ou si le groupe et l'émissaire les ont abattus simultanément : eux mangent du leur [car ils se sont certainement retirés de l'offrande originale en abattant un animal différent], et lui ne mange pas avec eux [car lui aussi entendait être inclus dans l'animal qu'il avait abattu, et l'on ne sait pas lequel a été abattu en premier]. Dès lors, le sien doit être emporté au lieu destiné à la combustion ; et il est exempt d'accomplir le sacrifice du korban Pessah lors du Pessah Chéni.
וְאִם אֵינוֹ יָדוּעַ אֵיזֶה מֵהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן, אוֹ שֶׁשָּׁחֲטוּ שְׁנֵיהֶם כְּאֶחָד — הֵן אוֹכְלִין מִשֶּׁלָּהֶן, וְהוּא אֵינוֹ אוֹכֵל עִמָּהֶן. וְשֶׁלּוֹ יֵצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה, וּפָטוּר מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.
Si l'émissaire dit aux autres que si tardé ils l'incluent dans leur korban Pessah, et qu'ils lui disent que s'il trouve l'offrande originale il l'abatte pour eux — tous mangent du premier sacrifice abattu. Et si l'on ne sait pas lequel des deux a été abattu en premier, tous deux doivent être emportés au lieu destiné à la combustion, et tout le groupe est exempt de participer au korban Pessah lors du Pessah Chéni.
אָמַר לָהֶן וְאָמְרוּ לוֹ — אוֹכְלִין כּוּלָּן מִן הָרִאשׁוֹן. וְאִם אֵין יָדוּעַ אֵיזֶה מֵהֶן נִשְׁחַט רִאשׁוֹן — שְׁנֵיהֶן יוֹצְאִין לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה.
S'il ne leur a rien dit et qu'ils ne lui ont rien dit [c'est-à-dire qu'aucun côté n'a accordé à l'autre l'autorité d'abattre un korban Pessah en son nom], ils ne sont pas responsables l'un de l'autre [et les membres du groupe mangent leur korban Pessah tandis que l'émissaire mange de son offrande à lui]. La raison en est que l'émissaire n'est inscrit que pour l'offrande originale, tandis que les autres membres du groupe se sont retirés de cette offrande perdue en sacrifiant un autre korban Pessah.
לֹא אָמַר לָהֶן וְלֹא אָמְרוּ לוֹ — אֵין אַחֲרָאִין זֶה לָזֶה.
Deux groupes dont les korbanot Pessah se sont mélangés [et qui ne savent plus lequel appartient à quel groupe] doivent agir de la manière suivante : les membres du premier groupe tirent [séparent] l'un des animaux pour eux-mêmes, et les membres du second groupe en tirent un pour eux-mêmes. Un membre de ce [premier] groupe vient rejoindre ceux [du second groupe], et un membre de ce [second] groupe vient rejoindre ceux [du premier groupe]. Et voici ce que chaque groupe dit au membre de l'autre groupe qui les a rejoints : « Si ce korban Pessah qui est maintenant en notre possession est le nôtre, alors tu te retires du korban Pessah qui était le tien, et tu es inscrit pour notre korban Pessah et tu peux en manger. Et si ce korban Pessah est le tien [c'est-à-dire qu'il appartient réellement à l'autre groupe, dont fait partie cet individu], alors nous nous retirons du nôtre et nous nous inscrivons pour ton korban Pessah, que tu acceptes de partager avec nous. » L'autre groupe fait la même déclaration.
שְׁתֵּי חֲבוּרוֹת שֶׁנִּתְעָרְבוּ פִּסְחֵיהֶן, אֵלּוּ מוֹשְׁכִין לָהֶן אֶחָד וְאֵלּוּ מוֹשְׁכִין לָהֶן אֶחָד. אֶחָד מֵאֵלּוּ בָּא לוֹ אֵצֶל אֵלּוּ, וְאֶחָד מֵאֵלּוּ בָּא לוֹ אֵצֶל אֵלּוּ, וְכָךְ הֵם אוֹמְרִים: אִם שֶׁלָּנוּ הוּא הַפֶּסַח הַזֶּה — יָדֶיךָ מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלְּךָ וְנִמְנֵיתָ עַל שֶׁלָּנוּ. וְאִם שֶׁלְּךָ הוּא הַפֶּסַח הַזֶּה — יָדֵינוּ מְשׁוּכוֹת מִשֶּׁלָּנוּ וְנִמְנֵינוּ עַל שֶׁלָּךְ.
De même, si cinq groupes de cinq personnes chacun, ou de dix personnes chacun, [ont mélangé leurs korbanot,] ils tirent un représentant de chaque groupe, et ils prononcent cette déclaration évoquée dans le cas des deux groupes. Les membres restants de chaque groupe accorderont aux représentants des autres groupes venus les rejoindre une part dans leur korban Pessah, et ils acquerront ainsi une part dans celui-ci, au cas où l'animal qu'ils ont choisi appartenait à l'origine à l'un des autres groupes.
וְכֵן חָמֵשׁ חֲבוּרוֹת שֶׁל חֲמִשָּׁה חֲמִשָּׁה וְשֶׁל עֲשָׂרָה עֲשָׂרָה — מוֹשְׁכִין לָהֶן אֶחָד מִכׇּל חֲבוּרָה וַחֲבוּרָה וְכֵן הֵם אוֹמְרִים.
Pesachim 98b
100%
פסחים צ״ח במַסֶּכֶת פְּסָחִים