AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

93a

Étude de Pesachim 93a

Étude de la Guémara 93a

Guémara
[Rabbi Akiva poursuit son analogie :] De même que le cas de l'impur rituellement [évoque quelqu'un qui] a les moyens d'observer le premier Pessah par l'intermédiaire d'un agent [en envoyant quelqu'un sacrifier en son nom] mais ne le fait pas parce que la Torah le lui a interdit — de même, le cas de celui qui est en chemin lointain concerne également quelqu'un qui a les moyens d'observer le premier Pessah par l'intermédiaire d'un agent [et de manger l'offrande le soir] mais ne le fait pas parce que la Torah le lui a interdit [en le renvoyant au second Pessah].
מָה טָמֵא, שֶׁסִּפֵּק בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה. אַף דֶּרֶךְ רְחוֹקָה נָמֵי, שֶׁסִּפֵּק בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה!
Et Rav Naḥman aurait pu vous répondre : Rabbi Akiva s'aligne sur sa propre ligne de raisonnement habituelle, car il soutient que l'on ne peut pas abattre un agneau pascal et asperger son sang au nom de quelqu'un qui est impur par contact avec un reptile mort [tamé cherets], même s'il pourrait se plonger dans le mikvé et redevenir pur à temps pour participer à l'agneau pascal le soir. Cela indique que, selon Rabbi Akiva, celui qui est inapte au moment de l'aspersion du sang est totalement exclu de l'offrande. Mais moi, je soutiens conformément à l'opinion de celui qui dit : On peut abattre un agneau pascal et asperger son sang au nom de quelqu'un qui est impur par contact avec un reptile mort — et c'est pourquoi le raisonnement de Rabbi Akiva n'est pas pertinent pour mon opinion.
וְרַב נַחְמָן אָמַר לָךְ: רַבִּי עֲקִיבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּקָסָבַר: אֵין שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ. וַאֲנָא סְבִירָא לִי כְּמַאן דְּאָמַר: שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ.
La Guemara cite une baraïta en soutien à l'opinion de Rav Naḥman. Les Sages ont enseigné : Voici ceux qui observent le second Pessah : les zavim et les zavot [hommes et femmes affectés d'un écoulement anormal] ; les hommes lépreux [metsora] et les femmes lépreuses ; les femmes niddot [en période d'impureté menstruelle] et les hommes qui ont eu des relations avec des niddot ; les femmes après un accouchement [yoldot] ; ceux qui ont manqué le premier Pessah par inadvertance, ceux qui en ont été empêchés par des circonstances indépendantes de leur volonté, et ceux qui s'en sont délibérément abstenus ; et celui qui était impur rituellement ; et celui qui était en chemin lointain.
תָּנוּ רַבָּנַן, אֵלּוּ שֶׁעוֹשִׂין אֶת הַשֵּׁנִי: הַזָּבִין וְהַזָּבוֹת, הַמְצוֹרָעִין וְהַמְצוֹרָעוֹת, [וְנִדּוֹת] וּבוֹעֲלֵי נִדּוֹת וְהַיּוֹלְדוֹת, הַשּׁוֹגְגִין וְהָאֲנוּסִין וְהַמְּזִידִין, וְטָמֵא וְשֶׁהָיָה בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה.
La baraïta continue : Si tel est le cas — c'est-à-dire que celui qui a manqué le premier Pessah pour n'importe quelle raison observe le second Pessah — pourquoi le cas de l'impur est-il mentionné explicitement dans la Torah ? La Guemara s'étonne de cette question : Pourquoi est-il mentionné ?! Il est nécessaire de mentionner ce cas pour enseigner que si un impur désire procéder au sacrifice du korban Pessah lors du premier Pessah, on ne le lui permet pas. Plutôt, la question devrait être : Pourquoi le cas de celui qui est en chemin lointain est-il mentionné dans la Torah ? Il est mentionné pour l'exempter du karet même s'il n'observe pas le second Pessah. Et ceci est conforme à l'opinion de celui qui dit que si le korban Pessah a été sacrifié au nom de celui qui était en chemin lointain, il a été agréé — c'est l'opinion de Rav Naḥman.
אִם כֵּן לָמָּה נֶאֱמַר ״טָמֵא״? לָמָּה נֶאֱמַר?! דְּאִי בָּעֵי לְמִיעְבַּד בָּרִאשׁוֹן לָא שָׁבְקִינַן לֵיהּ! אֶלָּא: אִם כֵּן, לָמָּה נֶאֱמַר ״בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה״ — לְפוֹטְרוֹ מִן הִכָּרֵת. וּכְמַאן דְּאָמַר הוּרְצָה.
La baraïta a mentionné plusieurs catégories de femmes rituellement impures qui observent le second Pessah et non le premier. La Guemara demande : Une femme est-elle obligée d'observer le second Pessah ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : J'aurais pu penser que seuls celui qui est impur par impureté [contractée d'un] cadavre ou celui qui était en chemin lointain observent le second Pessah ; pour les zavim, les lépreux mâles et ceux qui ont eu des relations avec des niddot, d'où sait-on qu'ils peuvent observer le second Pessah ? Le verset dit : « Tout homme, tout homme [ish ish] parmi vous ou parmi vos générations qui sera rituellement impur à cause d'un cadavre ou qui sera en voyage éloigné » (Bamidbar 9, 10). Le mot ish [homme] est doublé afin d'inclure ces autres cas. Mais les femmes ne sont pas incluses par la répétition du mot ish [qui désigne l'homme].
אִשָּׁה בַּשֵּׁנִי מִי מִיחַיְּיבָא? וְהָא תַּנְיָא: יָכוֹל לֹא יְהוּ עוֹשִׂין אֶת הַשֵּׁנִי אֶלָּא טְמֵא נֶפֶשׁ וְשֶׁהָיָה בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה. זָבִין וּמְצוֹרָעִין וּבוֹעֲלֵי נִדּוֹת מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִישׁ אִישׁ״.
La Guemara répond : Ce n'est pas difficile [de réconcilier les deux baraïtot] : Cette première baraïta, qui inclut les femmes, est conforme à l'opinion de Rabbi Yossé, selon qui on peut abattre le korban Pessah au second Pessah pour les femmes [considérant leur obligation comme pleine et entière] ; et cette seconde baraïta, qui n'inclut que les hommes, est conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda et de Rabbi Chimon, qui soutiennent que les femmes n'ont pas d'obligation à part entière [mais seulement facultative] d'observer le second Pessah.
לָא קַשְׁיָא: הָא — רַבִּי יוֹסֵי, הָא — רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן.
Les Sages ont enseigné dans la Tossefta : On est passible du karet pour s'être délibérément abstenu d'observer le premier Pessah, et on est pareillement passible du karet pour s'être délibérément abstenu d'observer le second Pessah — telle est la déclaration de Rabbi [Yehouda HaNassi]. Rabbi Natan dit : On est passible du karet pour s'être délibérément abstenu d'observer le premier Pessah, mais on est exempt du karet pour s'être délibérément abstenu d'observer le second Pessah — même si on avait involontairement manqué le premier — car la Torah ne mentionne pas explicitement la peine de karet pour le second Pessah. Rabbi Ḥananya ben Akavya dit : Même pour avoir délibérément manqué le premier Pessah, on n'est passible du karet que si l'on a délibérément manqué le second Pessah également.
תָּנוּ רַבָּנַן: חַיָּיב כָּרֵת עַל הָרִאשׁוֹן, וְחַיָּיב כָּרֵת עַל הַשֵּׁנִי, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: חַיָּיב כָּרֵת עַל הָרִאשׁוֹן, וּפָטוּר עַל הַשֵּׁנִי. רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא אוֹמֵר: אַף [עַל] הָרִאשׁוֹן אֵינוֹ חַיָּיב כָּרֵת אֶלָּא אִם כֵּן לֹא עָשָׂה אֶת הַשֵּׁנִי.
La Guemara ajoute que Rabbi [Yehouda HaNassi] et Rabbi Natan s'alignent chacun sur leur propre raisonnement, comme le démontre un autre débat entre eux lié à la controverse citée plus haut. Comme il a été enseigné dans une baraïta : Un ger [converti] qui s'est converti entre les deux mois [de l'offrande des deux agneaux pascals, c'est-à-dire entre le premier et le second Pessah], et de même un mineur qui a grandi et est devenu sujet aux mitsvot entre les deux [Pessahim] — est tenu d'observer le second Pessah ; telle est la déclaration de Rabbi [Yehouda HaNassi]. Rabbi Natan dit : Quiconque est tenu d'observer le premier Pessah est tenu d'observer le second ; quiconque n'est pas tenu d'observer le premier Pessah [par exemple un mineur ou quelqu'un qui n'était pas encore juif] n'est pas non plus tenu d'observer le second.
וְאָזְדוּ לְטַעְמַיְיהוּ. דְּתַנְיָא: גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר בֵּין שְׁנֵי פְסָחִים, וְכֵן קָטָן שֶׁהִגְדִּיל בֵּין שְׁנֵי פְסָחִים — חַיָּיב לַעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: כֹּל שֶׁזָּקוּק לָרִאשׁוֹן — זָקוּק לַשֵּׁנִי, כֹּל שֶׁאֵין זָקוּק לָרִאשׁוֹן — אֵין זָקוּק לַשֵּׁנִי.
La Guemara explique : Sur quoi leur désaccord porte-t-il ? Rabbi [Yehouda HaNassi] soutient que le second Pessah est une fête à part entière [règuèl bifné atsmo], et que quiconque n'a pas participé au premier Pessah est tenu de participer au second — même s'il n'était pas apte à apporter le korban Pessah lors du premier.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? רַבִּי סָבַר: שֵׁנִי רֶגֶל בִּפְנֵי עַצְמוֹ הוּא.
En revanche, Rabbi Natan soutient que le second Pessah n'est qu'un mode de rattrapage [tachlumim] du premier Pessah : si quelqu'un était obligé d'apporter le korban Pessah lors du premier et ne l'a pas fait, il peut le faire au second. Cependant, le second Pessah ne répare pas le manquement au premier. Par conséquent, celui qui s'est délibérément abstenu d'apporter le korban Pessah lors du premier est passible du karet même s'il l'a apporté lors du second. Mais si quelqu'un a involontairement manqué le premier Pessah, il n'est pas passible du karet même s'il s'est délibérément abstenu d'observer le second.
רַבִּי נָתָן סָבַר: שֵׁנִי תַּשְׁלוּמִין דְּרִאשׁוֹן הוּא. תַּקּוֹנֵי לָרִאשׁוֹן, לָא מְתַקֵּין לֵיהּ.
Et Rabbi Ḥananya ben Akavya soutient que le second Pessah est une taqanta [un remède, une réparation] du premier. C'est-à-dire que le korban Pessah apporté lors du second Pessah n'est pas une obligation indépendante ; il offre plutôt une seconde chance d'éviter la responsabilité du karet [pour avoir manqué le premier].
וְרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא סָבַר: שֵׁנִי תַּקַּנְתָּא דְרִאשׁוֹן הוּא.
Et tous les trois ont déduit leurs opinions d'un même verset : « Et l'homme qui est pur et qui n'était pas en voyage, s'il s'abstient de faire le Pessah, cette âme sera retranchée [karet] de son peuple, car [ki] il n'a pas apporté l'offrande de l'Éternel en son temps désigné, cet homme portera son péché » (Bamidbar 9, 13). Rabbi [Yehouda HaNassi] soutient que le verset se comprend ainsi : l'expression « s'il s'abstient de faire le Pessah, cette âme sera retranchée » signifie qu'il n'a pas participé à l'offrande lors du premier Pessah. Dans la suite du verset, Rabbi [Yehouda HaNassi] comprend le mot ki dans le sens de « si » [car le mot ki a plusieurs significations en hébreu, dont « si »]. Ainsi le verset peut être compris comme suit : si en plus « il n'a pas apporté l'offrande de l'Éternel en son temps désigné », s'agissant du second Pessah — « cet homme portera son péché. »
וּשְׁלׇשְׁתָּן מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ: ״וְהָאִישׁ אֲשֶׁר הוּא טָהוֹר וּבְדֶרֶךְ לֹא הָיָה״. רַבִּי סָבַר: ״וְחָדַל לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח וְנִכְרְתָה״, דְּלָא עֲבַד בָּרִאשׁוֹן, אִי נָמֵי: ״קׇרְבַּן ה׳ לֹא הִקְרִיב בְּמוֹעֲדוֹ״, בַּשֵּׁנִי.
Pesachim 93a
100%
פסחים צ״ג אמַסֶּכֶת פְּסָחִים