Mishna 1
MICHNA : Une femme, lorsqu'elle réside dans la maison de son mari : si son mari a abattu le korban Pessah en son nom et que son père a également abattu le korban Pessah en son nom, elle doit manger [le korban] de son mari, car on présume que l'épouse entendait s'inscrire dans le groupe de son mari. Toutefois, si — comme c'était souvent la coutume — elle se rendit lors de la première fête [après son mariage] pour célébrer la fête dans la maison de son père, alors : si son mari a abattu le korban Pessah en son nom et que son père a également abattu le korban Pessah en son nom, elle peut manger là où elle le désire [dans le groupe de son choix], car il n'est pas évident de quel groupe elle souhaitait faire partie.
מַתְנִי׳ הָאִשָּׁה בִּזְמַן שֶׁהִיא בְּבֵית בַּעְלָהּ, שָׁחַט עָלֶיהָ בַּעְלָהּ וְשָׁחַט עָלֶיהָ אָבִיהָ — תֹּאכַל מִשֶּׁל בַּעְלָהּ. הָלְכָה רֶגֶל רִאשׁוֹן לַעֲשׂוֹת בְּבֵית אָבִיהָ, שָׁחַט עָלֶיהָ אָבִיהָ וְשָׁחַט עָלֶיהָ בַּעְלָהּ — תֹּאכַל בִּמְקוֹם שֶׁהִיא רוֹצָה.(משנה)
Dans le cas d'un orphelin [dont plusieurs tuteurs ont chacun abattu un korban Pessah en son nom] : si chacun de ses tuteurs [apotropsin] a abattu un korban Pessah en son nom, entendant l'inclure dans son groupe, il peut manger là où il le désire [dans le groupe de l'un ou l'autre tuteur]. Un esclave détenu conjointement par deux associés ne peut manger du korban ni de l'un ni de l'autre, à moins qu'il n'ait été stipulé au préalable de quel korban il partagerait. Celui dont la moitié est esclave et la moitié homme libre ne peut manger du korban de son maître. On présume que le maître n'avait pas l'intention de permettre à la moitié libre de cette personne de participer au korban ; l'homme mi-esclave n'est donc pas compris parmi ceux qui sont inscrits pour l'offrande de son maître, sauf s'il y fut explicitement inclus.
יָתוֹם שֶׁשָּׁחֲטוּ עָלָיו אַפּוֹטְרוֹפְּסִין — יֹאכַל בִּמְקוֹם שֶׁהוּא רוֹצֶה. עֶבֶד שֶׁל שְׁנֵי שׁוּתָּפִין לֹא יֹאכַל מִשֶּׁל שְׁנֵיהֶן. מִי שֶׁחֶצְיוֹ עֶבֶד וְחֶצְיוֹ בֶּן חוֹרִין לֹא יֹאכַל מִשֶּׁל רַבּוֹ.
Guémara
GUEMARA : La Guemara suggère : Peut-on déduire de cela qu'il existe une [règle de] clarification rétroactive [yech bréira] ? [Selon cette règle, la décision finale de quelqu'un rétroactivement révèle ce qui était vrai dès le départ.] On a pourtant posé la question de l'inscription dans un groupe avant l'abattage. La Guemara rejette cette suggestion : Que signifie l'expression « là où elle le désire » [dans la michna] ? Elle désigne un cas où la femme a déjà exprimé son choix avant l'heure de l'abattage [chibat chehita]. Par conséquent, ce cas ne concerne pas le principe de la clarification rétroactive, et aucune conclusion à son sujet ne peut en être tirée.
גְּמָ׳ שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ יֵשׁ בְּרֵירָה? מַאי רוֹצָה — בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה.
La Guemara soulève une contradiction entre la règle de la michna et une règle parallèle dans une baraïta. La baraïta enseigne : Une femme, lors de la première fête [après son mariage], mange du korban Pessah de son père. À partir de ce moment, si elle le désire, elle mange du korban de son père ; si elle le désire, elle mange de celui de son mari. Alors que la michna enseigne qu'après la première fête elle mange exclusivement avec son mari, la baraïta enseigne qu'elle peut continuer à choisir.
וּרְמִינְהוּ: אִשָּׁה, רֶגֶל הָרִאשׁוֹן אוֹכֶלֶת מִשֶּׁל אָבִיהָ. מִכָּאן וְאֵילָךְ, רוֹצָה — אוֹכֶלֶת מִשֶּׁל אָבִיהָ, רוֹצָה — מִשֶּׁל בַּעְלָהּ.
Cela n'est pas difficile [à résoudre] : Là [la baraïta], il s'agit d'une femme qui se précipite ardemment [rédoufa] comme quelqu'un de poursuivi pour se rendre chez son père. Il est donc raisonnable que, même après la première année de mariage, elle souhaite être incluse dans le groupe de son père. Ici [la michna], il s'agit d'une femme qui ne se précipite pas ardemment comme quelqu'un de poursuivi pour se rendre chez son père, et l'on présume donc qu'elle souhaite être incluse dans le groupe de son mari.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן, בִּרְדוּפָה לֵילֵךְ. כָּאן, בְּשֶׁאֵינָהּ רְדוּפָה.
Comme il est écrit : « Alors j'étais à ses yeux comme celle qui trouve la paix » (Chir haChirim 8, 10). Et Rabbi Yohanan dit : [Cette mariée] est comme une kalah [mariée] qui a été trouvée parfaite [bien reçue] dans la maison de son beau-père. Et elle se précipite ardemment, comme quelqu'un de poursuivi, pour aller annoncer sa bonne réputation dans la maison de son père. Comme il est écrit : « Il sera en ce jour-là, dit l'Éternel, que tu M'appelleras : Mon mari [ichi], et tu ne M'appelleras plus : Mon maître [baali] » (Hochéa 2, 18). Rabbi Yohanan dit : [Israel sera] comme une kalah dans la maison de son beau-père [où elle vit une relation étroite avec son mari] — et non comme une kalah encore dans la maison de son père, pendant les fiançailles, période où sa relation avec son mari n'est pas encore pleinement développée.
דִּכְתִיב: ״אָז הָיִיתִי בְעֵינָיו כְּמוֹצְאֵת שָׁלוֹם״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּכַלָּה שֶׁנִּמְצֵאת שְׁלֵימָה בְּבֵית חָמִיהָ, וּרְדוּפָה לֵילֵךְ לְהַגִּיד שִׁבְחָהּ בְּבֵית אָבִיהָ. כְּדִכְתִיב: ״וְהָיָה בַּיּוֹם הַהוּא נְאֻם ה׳ תִּקְרְאִי אִישִׁי וְלֹא תִקְרְאִי לִי עוֹד בַּעְלִי״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּכַלָּה בְּבֵית חָמִיהָ, וְלֹא כְּכַלָּה בְּבֵית אָבִיהָ.
À propos du verset du Chir haChirim cité précédemment, la Guemara interprète un verset adjacent de façon homilétique : « Nous avons une petite sœur qui n'a pas encore de seins » (Chir haChirim 8, 8). Rabbi Yohanan dit : Ceci est une allusion à la communauté juive d'Eilam, qui eut le mérite d'étudier la Torah et d'en devenir savante, mais n'eut pas le mérite d'enseigner [la Torah] et d'influencer les masses.
״אָחוֹת לָנוּ קְטַנָּה וְשָׁדַיִם אֵין לָהּ״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: זוֹ עֵילָם, שֶׁזָּכְתָה לִלְמוֹד, וְלֹא זָכְתָה לְלַמֵּד.
« Je suis un rempart et mes seins sont comme des tours » (Chir haChirim 8, 10). Rabbi Yohanan dit : « Je suis un rempart » — ceci désigne la Torah. « Et mes seins sont comme des tours » — ce sont les talmidé hakhamim [les érudits en Torah], qui, en diffusant leur Torah et en influençant les masses, les protègent comme des tours de guet. Et Rava dit : « Je suis un rempart » — ceci désigne la Knésset Israël [la Communauté d'Israël]. « Et mes seins sont comme des tours » — ce sont les synagogues et les maisons d'étude [batté knesset ouchvatté midrachot] dans lesquelles la Communauté d'Israël est nourrie par la Torah, dont elle tire sa force spirituelle.
״אֲנִי חוֹמָה וְשָׁדַי כַּמִּגְדָּלוֹת״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״אֲנִי חוֹמָה״ — זוֹ תּוֹרָה, ״וְשָׁדַי כַּמִּגְדָּלוֹת״ — אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים. וְרָבָא אָמַר: ״אֲנִי חוֹמָה״ — זוֹ כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, ״וְשָׁדַי כַּמִּגְדָּלוֹת״ — אֵלּוּ בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת.
Rav Zutra bar Toviya dit au nom de Rav une interprétation homilétique d'un autre verset à la gloire d'Israël : Que signifie ce qui est écrit : « Nos fils sont comme des plants [neti'im] élevés dans leur jeunesse ; nos filles sont comme des piliers d'angle [zaviyot] taillés selon le modèle d'un palais [hekhal] » (Téhilim 144, 12) ?
אָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב, מַאי דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר בָּנֵינוּ כִּנְטִעִים מְגֻדָּלִים בִּנְעוּרֵיהֶם בְּנוֹתֵינוּ כְזָוִיֹּת מְחֻטָּבוֹת תַּבְנִית הֵיכָל״,
« Nos fils sont comme des plants [neti'im] » — [les plants sont sains et non abîmés] : ce sont les jeunes hommes d'Israël qui n'ont pas goûté au goût du péché. « Nos filles sont comme des piliers d'angle [zaviyot] » — [les coins sont remplis et bien fermés] : ce sont les jeunes filles vierges d'Israël qui réservent [litt. : scellent] leur entrée exclusivement pour leurs maris. De même, un autre verset montre qu'un pilier d'angle désigne quelque chose de plein : il est dit : « Et ils seront remplis comme les coupes, comme les coins [zaviyot] de l'autel » (Zakharia 9, 15). Si tu veux, tu peux apporter un soutien alternatif à cette idée depuis ici : « Nos coins [mézavénou] sont pleins, offrant toute sorte d'abondance » (Téhilim 144, 13).
״אֲשֶׁר בָּנֵינוּ כִּנְטִעִים״ — אֵלּוּ בַּחוּרֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא טָעֲמוּ טַעַם חֵטְא. ״בְּנוֹתֵינוּ כְזָוִיֹּת״ — אֵלּוּ בְּתוּלוֹת יִשְׂרָאֵל שֶׁאוֹגְדוֹת פִּתְחֵיהֶן לְבַעֲלֵיהֶן. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וּמָלְאוּ כַּמִּזְרָק כְּזָוִיֹּת מִזְבֵּחַ״, אִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״מְזָוֵינוּ מְלֵאִים מְפִיקִים מִזַּן אֶל זַן״,
La Guemara revient sur la dernière partie du verset : « Taillés selon le modèle d'un palais [hekhal] ». Le verset attribue à ces jeunes hommes et à ces jeunes filles — qui veillent scrupuleusement à leur modestie — [une récompense symbolique] : c'est comme si le Sanctuaire [Hekhal, le Temple] avait été reconstruit en leur temps.
״מְחֻטָּבוֹת תַּבְנִית הֵיכָל״ — אֵלּוּ וָאֵלּוּ מַעֲלֶה עֲלֵיהֶן הַכָּתוּב כְּאִילּוּ נִבְנָה הֵיכָל בִּימֵיהֶן.
« La parole de l'Éternel qui fut adressée à Hochéa... aux jours d'Ouziyahou, de Yotam, d'Ahaz, de Hizkiyahou, rois de Yéhouda » (Hochéa 1, 1). En une seule époque, quatre prophètes prophétisèrent, et le plus grand d'entre eux était Hochéa, comme il est dit : « Lorsque l'Éternel parla pour la première fois à Hochéa » (Hochéa 1, 2), ce qui indique que Hochéa fut le premier de ces prophètes. [Mais] est-ce bien avec Hochéa que l'Éternel parla en premier parmi tous les prophètes ? N'y avait-il pas plusieurs prophètes qui vécurent et prophétisèrent pendant la période allant de Moïché jusqu'à Hochéa ? Mais Rabbi Yohanan dit : Il était le premier des quatre prophètes qui prophétisèrent à cette époque [le sens de « en premier » est donc relatif à ce groupe]. Et voici ces prophètes : Hochéa, Yéchaïa, Amos et Mikha.
״דְּבַר ה׳ אֲשֶׁר הָיָה אֶל הוֹשֵׁעַ וְגוֹ׳ בִּימֵי עֻזִּיָּהוּ יוֹתָם אָחָז יְחִזְקִיָּה מֶלֶךְ יְהוּדָה״. בְּפֶרֶק אֶחָד נִתְנַבְּאוּ אַרְבָּעָה נְבִיאִים, וְגָדוֹל שֶׁבְּכוּלָּן הוֹשֵׁעַ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תְּחִלַּת דִּבֶּר ה׳ בְּהוֹשֵׁעַ״. וְכִי בְּהוֹשֵׁעַ דִּבֵּר תְּחִלָּה? וַהֲלֹא מִמֹּשֶׁה עַד הוֹשֵׁעַ כַּמָּה נְבִיאִים! אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תְּחִלָּה לְאַרְבָּעָה נְבִיאִים שֶׁנִּתְנַבְּאוּ בְּאוֹתוֹ הַפֶּרֶק, וְאֵלּוּ הֵן: הוֹשֵׁעַ, יְשַׁעְיָה, עָמוֹס וּמִיכָה.