[La suite du discours de Rava :] mais pas [la brûlure d'une] circoncision [mila] qui n'est pas à son moment [optimal] [c'est-à-dire non pratiquée le huitième jour depuis la naissance, mais ultérieurement]. Si, pour une raison quelconque, la circoncision n'a pas été pratiquée le huitième jour après la naissance, son accomplissement à une date ultérieure ne repousse pas [les lois de] la fête, car l'obligation d'accomplir la circoncision n'est pas spécifique à ce jour particulier. Cela devait être souligné, car autrement on aurait pu déduire par un raisonnement a fortiori [kal vahomer] que la circoncision repousse le Chabbat et les fêtes, étant donné qu'elle repousse les lois de la lèpre [tsara'at]. C'est pourquoi la Torah a souligné que la circoncision pratiquée après le huitième jour ne repousse pas les fêtes.
וְלֹא מִילָה שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ, הַבָּאָה מִקַּל וָחוֹמֶר.
Rav Achi dit une raison différente [pour laquelle le noutaar du korban pessah n'est pas brûlé le jour de la fête] : L'obligation de repos solennel [chavaton] prescrite pour les jours de fête est une mitsva positive [assa]. Par conséquent, les halakhot de fête comprennent à la fois une mitsva positive de se reposer d'un travail interdit et une interdiction négative [lo ta'assé] contre un tel travail, et une mitsva positive [telle que la brûlure de la viande restante des offrandes] ne repousse pas à la fois une interdiction et une mitsva positive.
רַב אָשֵׁי אָמַר: ״שַׁבָּתוֹן״ דְּיוֹם טוֹב — עֲשֵׂה הוּא, וְאֵין עֲשֵׂה דּוֹחֶה לֹא תַעֲשֶׂה וַעֲשֵׂה.
Mishna 1
MICHNA : Tout ce qui est comestible dans un bœuf adulte [dont les os ont complètement durci] peut être mangé dans un chevreau [gedi] tendre. On peut s'inscrire sur un korban pessah pour en manger l'une de ces parties, et manger l'une de ces parties est considéré comme l'accomplissement de la mitsva de manger le korban pessah. Cependant, toute partie de l'animal qui n'est pas comestible dans un bœuf adulte n'est pas considérée comme de la viande, même si elle est suffisamment molle pour être mangée dans un chevreau tendre. On ne peut pas s'inscrire sur un korban pessah pour en manger une de ces parties, et le fait d'en manger ne constitue pas l'accomplissement de la mitsva de manger le korban pessah. Et les extrémités souples des côtes [rachéi kenafaïm] et le cartilage [sehousim] sont suffisamment souples pour être considérés comme comestibles et peuvent donc être mangés du korban pessah.
מַתְנִי׳ כׇּל הַנֶּאֱכָל בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל — יֵאָכֵל בִּגְדִי הָרַךְ, וְרָאשֵׁי כְנָפַיִם וְהַסְּחוּסִים.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Rabba soulève une contradiction : Nous avons appris dans la michna que tout ce qui est comestible dans un bœuf adulte peut être mangé dans un chevreau tendre, ce qui indique clairement que tout ce qui n'est pas mangé dans un bœuf adulte ne l'est pas non plus même venu d'un chevreau tendre. Maintenant lis la deuxième partie de la michna : les extrémités des côtes et le cartilage du chevreau tendre peuvent être mangés. Or ces parties ne se mangent pas dans un bœuf adulte, car elles sont devenues aussi dures que l'os et ne sont plus comestibles !
גְּמָ׳ רַבָּה רָמֵי, תְּנַן: כׇּל הַנֶּאֱכָל בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל — יֵאָכֵל בִּגְדִי הָרַךְ, וְשֶׁאֵינוֹ נֶאֱכָל — לֹא. אֵימָא סֵיפָא: רָאשֵׁי כְנָפַיִם וְהַסְּחוּסִים. וְהָא הָנֵי לָא מִתְאַכְלִי בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל!
[La Guemara répond :] Plutôt, c'est un désaccord entre des tanna'im, et les deux opinions sont mentionnées dans la michna, et voici ce qu'elle enseigne : Tout ce qui se mange dans un bœuf adulte peut se manger dans un chevreau tendre, et ce qui ne se mange pas dans un bœuf adulte ne se mange pas dans un chevreau tendre. Et certains disent : même les extrémités des côtes et le cartilage peuvent être mangés d'un chevreau tendre, car même ces parties d'un bœuf adulte peuvent devenir comestibles par une cuisson prolongée.
אֶלָּא תַּנָּאֵי הִיא, וְהָכִי קָתָנֵי: כׇּל הַנֶּאֱכָל בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל — יֵאָכֵל בִּגְדִי הָרַךְ, וְשֶׁאֵינוֹ נֶאֱכָל — לֹא. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף רָאשֵׁי כְנָפַיִם וְהַסְּחוּסִים.
Rava dit : La michna utilise la formule « Qu'est-ce que c'est ? » [mahh héin], par laquelle elle énonce un principe puis fournit un détail, et voici ce qu'elle enseigne : Tout ce qui est comestible dans un bœuf adulte par la cuisson [chelika] peut se manger dans un chevreau tendre rôti, même si cette partie d'un bœuf adulte ne peut pas être rendue comestible par rôtissage. Et qu'est-ce que cela désigne ? [Ce sont] les extrémités des côtes et le cartilage.
רָבָא אָמַר: ״מָה הֵן״ קָתָנֵי, וְהָכִי קָתָנֵי: כׇּל הַנֶּאֱכָל בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל בְּשִׁלְקָא — יֵאָכֵל בִּגְדִי הָרַךְ בְּצָלִי. וּמָה הֵן: רָאשֵׁי כְנָפַיִם וְהַסְּחוּסִים.
Il a été enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Rava : Tout ce qui est comestible dans un bœuf adulte par la cuisson peut se manger dans un chevreau tendre rôti ; et qu'est-ce que cela désigne ? [Ce sont] les extrémités des côtes et le cartilage ; et les tendons souples sont traités comme de la viande.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרָבָא: כׇּל הַנֶּאֱכָל בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל בְּשִׁלְקָא — יֵאָכֵל בִּגְדִי הָרַךְ בְּצָלִי, וּמָה הֵן: רָאשֵׁי כְנָפַיִם וְהַסְּחוּסִים, וְגִידִין הָרַכִּין נִידּוֹנִין כְּבָשָׂר.
Il a été dit [par les Amoraïm] [que les Sages ont débattu de la question des] tendons qui durciront éventuellement [mais qui sont actuellement souples]. Rabbi Yohanan dit : On peut s'inscrire sur [ces tendons dans le cadre du] korban pessah. Réich Lakiche dit : On ne peut pas s'inscrire sur eux [dans le cadre du] korban pessah. La Guemara explique : Rabbi Yohanan dit qu'on peut s'inscrire sur eux [dans le korban pessah] car nous suivons [l'état] actuel des tendons ; puisqu'ils sont comestibles dans leur état actuel, ils sont considérés comme de la viande. Réich Lakiche dit qu'on ne peut pas s'inscrire sur eux [dans le korban pessah] car nous suivons [l'état] final des tendons, et ils deviendront finalement non comestibles.
אִיתְּמַר: גִּידִין שֶׁסּוֹפָן לְהַקְשׁוֹת, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: נִמְנִין עֲלֵיהֶן בַּפֶּסַח, רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: אֵין נִמְנִין עֲלֵיהֶן בַּפֶּסַח. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר נִמְנִין עֲלֵיהֶן — בָּתַר הַשְׁתָּא אָזְלִינַן. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר אֵין נִמְנִין עֲלֵיהֶן — בָּתַר בַּסּוֹף אָזְלִינַן.
Réich Lakiche souleva une objection à [l'opinion de] Rabbi Yohanan : Il a été dit que tout ce qui se mange dans un bœuf adulte peut se manger dans un chevreau tendre, et qu'est-ce que cela désigne ? [Ce sont] les extrémités des côtes et le cartilage. Cela indique qu'en ce qui concerne ces articles, oui, ils peuvent être mangés — mais en ce qui concerne les tendons qui durciront éventuellement, non, ils ne le peuvent pas. [Ceci contredit l'opinion de Rabbi Yohanan.] Rabbi Yohanan lui dit : [La baraïta] a enseigné ceux-ci [c'est-à-dire les extrémités des côtes et le cartilage], et il en va de même pour ceux-là [c'est-à-dire la même halakha s'applique aux tendons qui durciront éventuellement]. Quelle est la raison pour laquelle on peut s'inscrire pour ceux-ci, les extrémités des côtes et le cartilage ? C'est parce qu'ils se mangent dans un bœuf adulte par la cuisson. Ceux-là aussi, les tendons qui durciront éventuellement, se mangent dans un bœuf adulte par la cuisson.
אֵיתִיבֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַנֶּאֱכָל בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל — יֵאָכֵל בִּגְדִי הָרַךְ, וּמָה הֵן רָאשֵׁי כְנָפַיִם וְהַסְּחוּסִים. הָנֵי אִין, אֲבָל גִּידִין שֶׁסּוֹפָן לְהַקְשׁוֹת — לָא! אֲמַר לֵיהּ: תְּנָא הָנֵי וְהוּא הַדִּין לְהָנָךְ. הָנֵי מַאי טַעְמָא — דְּהָא מִתְאַכְלִי בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל בְּשִׁלְקָא, הָנָךְ נָמֵי מִתְאַכְלִי בְּשׁוֹר הַגָּדוֹל בְּשִׁלְקָא.
Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Avin : Quand tu iras [te présenter] devant Rabbi Avvahu, soulève-lui la contradiction suivante : Rabbi Yohanan a-t-il vraiment dit que pour les tendons qui durciront éventuellement, on peut s'inscrire sur eux dans le korban pessah — ce qui indiquerait apparemment que nous suivons l'état actuel des tendons ? Mais Réich Lakiche avait demandé à Rabbi Yohanan : Concernant la peau de la tête d'un jeune veau — qui est encore comestible — quelle est la halakha concernant la possibilité qu'elle devienne rituellement impure en tant que nourriture [tum'at okhalin] ? Et [Rabbi Yohanan] lui avait répondu : Elle ne devient pas rituellement impure. Apparemment, nous suivons [l'état] final de la peau — ce qui contredit la propre opinion de Rabbi Yohanan concernant les tendons !
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי אָבִין: כִּי אָזְלַתְּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ, רְמִי לֵיהּ: מִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן גִּידִין שֶׁסּוֹפָן לְהַקְשׁוֹת נִמְנִין עֲלֵיהֶן בַּפֶּסַח, אַלְמָא: בָּתַר הַשְׁתָּא אָזְלִינַן? וְהָא בְּעָא מִינֵּיהּ רֵישׁ לָקִישׁ מֵרַבִּי יוֹחָנָן: עוֹר הָרֹאשׁ שֶׁל עֵגֶל הָרַךְ, מַהוּ שֶׁיְּטַמֵּא? וְאָמַר לוֹ: אֵין מְטַמֵּא. אַלְמָא: בָּתַר בַּסּוֹף אָזְלִינַן!
Quand Rabbi Avin vint [se présenter] devant Rabbi Avvahu et lui posa cette question, Rabbi Avvahu lui dit : Celui qui t'a posé cette question ne se souciait pas de sa farine [c'est-à-dire n'a pas bien réfléchi à ce qu'il disait]. Rabbi Yohanan s'est rétracté sur ce sujet en faveur de l'opinion de Réich Lakiche, et Rabbi Yohanan lui a dit, à la fin de leur discussion sur le sujet : Ne me trouble pas [al takniténi] en me posant une question fondée sur une michna qui semble prouver que nous suivons l'état actuel de la peau, car je l'enseigne à titre individuel [belachon yahid]. Cette michna, sur laquelle je m'étais précédemment appuyé, est l'opinion d'un seul Sage et ne doit pas être retenue [comme halakha definitoire]. [Cela prouve que Rabbi Yohanan a changé d'avis et conclu que le statut des parties de l'animal est établi selon leur état final. L'opinion de Rabbi Yohanan concernant le korban pessah avait été formulée avant qu'il ne change d'avis.]
אֲמַר לֵיהּ: דִּרְמָא לָךְ הָא — לָא חַשׁ לְקִמְחֵיהּ. הָא הֲדַר בֵּיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְגַבֵּי דְּרֵישׁ לָקִישׁ, וַאֲמַר לֵיהּ: אַל תַּקְנִיטֵנִי, שֶׁבִּלְשׁוֹן יָחִיד אֲנִי שׁוֹנֶה אוֹתָהּ.
Mishna 2
MICHNA : Celui qui brise un os du korban pessah pur rituellement — [c'est-à-dire d'un korban pessah non entaché d'impureté] — reçoit quarante coups de fouet [malkot] [pour avoir violé une interdiction de la Torah]. Mais celui qui laisse [de la viande] d'un korban pessah pur rituellement, et celui qui brise l'os d'un korban pessah impur rituellement — ne reçoivent pas les quarante coups de fouet.
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹבֵר אֶת הָעֶצֶם בַּפֶּסַח הַטָּהוֹר — הֲרֵי זֶה לוֹקֶה אַרְבָּעִים. אֲבָל הַמּוֹתִיר בַּטָּהוֹר וְהַשּׁוֹבֵר בְּטָמֵא — אֵינוֹ לוֹקֶה אֶת הָאַרְבָּעִים.