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Traité Pesachim

70b

Étude de Pesachim 70b

Étude de la Guémara 70b

Guémara
[…lorsque le groupe inscrit pour le sacrifice pascal est] nombreux [par rapport à la bête], peu de gens étant inscrits sur elle, de sorte que chaque personne reçoit une grande part du sacrifice. Dès lors, il n'y a pas besoin d'un sacrifice de fête ('haguiga) ni d'un couperet (qofitz, pour briser les os). La Guemara conteste cette réponse : comment les propriétaires savent-ils déjà le treize [Nissan] que seul un petit nombre de gens sera inscrit sur l'agneau pascal ? Peut-être davantage de gens s'inscriront-ils sur le sacrifice avant qu'il ne soit égorgé, auquel cas nous devrions supposer que le couperet a été plongé [au mikvé], car il pourrait être nécessaire d'apporter un sacrifice de fête avec l'agneau pascal.
בִּמְרוּבֶּה. מְנָא יָדְעִי?
Plutôt, il faut dire que nous parlons d'un sacrifice pascal venu en état d'impureté rituelle (toum'a), auquel cas on n'apporte pas de sacrifice de fête, et par conséquent il n'y a pas besoin de couperet. La Guemara demande : en fin de compte, comment les propriétaires savent-ils déjà le treize, lorsqu'ils plongent leurs couteaux [au mikvé], que l'agneau pascal sera apporté en état d'impureté, de sorte qu'ils n'auraient pas à plonger leurs couperets ? Peut-être s'avèrera-t-il que la majorité de la communauté est pure.
וְאֶלָּא שֶׁבָּא בְּטוּמְאָה. סוֹף סוֹף, מְנָא יָדְעִי?
La Guemara répond que nous parlons d'une situation où le Nassi [le prince, chef du peuple] est mort, auquel cas tout Israël doit se rendre impur afin de participer à son enterrement. La Guemara demande : quand le Nassi est-il mort ? Si tu dis qu'il est mort le treize, et que tout le monde est devenu impur de ce fait, pourquoi me faut-il plonger le couteau d'égorgement pour commencer ? Il redeviendra impur de toute façon. Plutôt, il est mort le quatorze, et l'on ne savait pas à l'avance que l'agneau pascal serait apporté en état d'impureté. Mais s'il en est ainsi, en quoi le couteau d'égorgement diffère-t-il, pour qu'on le plonge, et en quoi le couperet diffère-t-il, pour qu'on ne le plonge pas ?
דְּמִית נָשִׂיא. דְּמִית נָשִׂיא אֵימַת? אִילֵּימָא דְּמִית בִּשְׁלֹשָׁה עָשָׂר — סַכִּין לְמָה לִי דְּמַטְבְּלֵיהּ? וְאֶלָּא דְּמִית בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר. מַאי שְׁנָא סַכִּין דְּמַטְבֵּיל, וּמַאי שְׁנָא קוֹפִיץ דְּלָא מַטְבֵּיל לֵהּ?
La Guemara répond : il n'était nécessaire d'enseigner cette halakha que dans un cas où le Nassi était à l'agonie (gossess) le treize. S'agissant du couteau d'égorgement, à propos duquel il n'y a qu'un seul doute — que peut-être le Nassi mourra avant la fête et que l'agneau pascal sera apporté en état d'impureté —, on le plonge, car si le Nassi ne meurt pas, on aura besoin d'un couteau pur pour égorger son agneau pascal. S'agissant du couperet, à propos duquel il y a deux doutes — que peut-être le Nassi mourra et qu'un couteau pur ne sera pas nécessaire, et que même s'il ne meurt pas, peut-être la viande de l'agneau pascal sera-t-elle abondante et le sacrifice de fête ne sera-t-il pas apporté —, on ne le plonge pas.
לָא צְרִיכָא, דְּנָשִׂיא גּוֹסֵס בִּשְׁלֹשָׁה עָשָׂר. סַכִּין, דְּחַד סְפֵיקָא — מַטְבֵּיל לֵהּ. קוֹפִיץ, דִּתְרֵי סְפֵיקֵי — לָא מַטְבֵּיל לֵהּ.
Il a été enseigné dans une baraïta : Yehouda ben Dourtaï se sépara des autres Sages, lui et Dourtaï son fils, et il alla s'installer dans le sud, afin de ne pas être obligé d'apporter l'agneau pascal, vu qu'il se trouvait à une grande distance de Jérusalem. Il fit cela parce qu'il était en désaccord avec les Sages au sujet du sacrifice de fête du quatorze ('haguigat arba'a 'assar), lequel, à leur avis, ne repousse pas le Chabbat. Il dit : si Élie [le prophète] vient et dit au peuple d'Israël : « Pour quelle raison n'avez-vous pas offert le sacrifice de fête le Chabbat ? », que lui diront-ils ? Je suis stupéfait au sujet des deux plus éminents érudits de la génération, Chemaya et Avtalyon, qui sont de grands Sages et de grands exégètes de la Torah (darchanim), et qui pourtant n'ont pas dit au peuple d'Israël que même le sacrifice de fête du quatorze repousse le Chabbat.
תַּנְיָא, יְהוּדָה בֶּן דּוֹרְתַאי פֵּירַשׁ הוּא וְדוֹרְתַאי בְּנוֹ, וְהָלַךְ וְיָשַׁב לוֹ בַּדָּרוֹם. אָמַר: אִם יָבוֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל: מִפְּנֵי מָה לֹא חֲגַגְתֶּם חֲגִיגָה בַּשַּׁבָּת, מָה הֵן אוֹמְרִים לוֹ? תְּמֵהַנִי עַל שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן שֶׁהֵן חֲכָמִים גְּדוֹלִים וְדַרְשָׁנִין גְּדוֹלִים, וְלֹא אָמְרוּ לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל חֲגִיגָה דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת.
Rav dit : quel est le raisonnement de ben Dourtaï ? Comme il est écrit : « Tu sacrifieras le pessa'h à l'Éternel ton Dieu, du menu et du gros bétail, au lieu que l'Éternel choisira pour y faire résider Son nom » (Devarim 16, 2). Une question doit être posée : le sacrifice pascal vient-il du gros bétail, c'est-à-dire des bovins ? Le sacrifice pascal ne vient-il pas uniquement des moutons et des chèvres, comme il est ordonné dans le livre de Chemot (12, 5) ? Plutôt, le verset doit être compris ainsi : « du menu bétail (tson) » — ceci se rapporte au sacrifice pascal ; « du gros bétail (baqar) » — ceci se rapporte au sacrifice de fête ('haguiga) qui est apporté avec lui. Et le Miséricordieux dit : « Tu sacrifieras le pessa'h », enseignant ainsi que les deux sacrifices sont offerts ensemble. De là ben Dourtaï a déduit que le sacrifice de fête du quatorze est en tout point comme le sacrifice pascal, et qu'ainsi lui aussi repousse le Chabbat.
אָמַר רַב: מַאי טַעְמָא דְּבֶן דּוֹרְתַאי, דִּכְתִיב: ״וְזָבַחְתָּ פֶּסַח לַה׳ אֱלֹהֶיךָ צֹאן וּבָקָר״, וַהֲלֹא אֵין פֶּסַח אֶלָּא מִן הַכְּבָשִׂים וּמִן הָעִזִּים! אֶלָּא: ״צֹאן״ — זֶה פֶּסַח, ״בָּקָר״ — זוֹ חֲגִיגָה, וְאָמַר רַחֲמָנָא ״וְזָבַחְתָּ פֶּסַח״!
Rav Achi dit : devons-nous nous lever et expliquer le raisonnement de ceux qui se sont séparés des autres Sages ? Ben Dourtaï et son fils ont rompu avec tous les autres Sages du peuple d'Israël, et nous n'avons pas à nous occuper des opinions de telles gens. Plutôt, le verset vient expliquer l'opinion de Rav Na'hman, car Rav Na'hman a dit au nom de Rabba bar Avouh : d'où sait-on qu'un reliquat de sacrifice pascal (motar hapessa'h) est offert en sacrifice de paix (chelamim) ? Un reliquat de sacrifice pascal est une bête qui avait été consacrée comme sacrifice pascal mais fut ensuite perdue, puis retrouvée après qu'une autre bête eut déjà été offerte à sa place. De même, si l'on a mis de côté et consacré de l'argent pour l'achat d'un agneau pascal, et que le prix du bétail a ensuite baissé de sorte qu'il restât de l'argent après l'achat, le surplus a le statut d'un reliquat de sacrifice pascal.
אָמַר רַב אָשֵׁי: וַאֲנַן טַעְמָא דִּפְרוּשִׁים נֵיקוּ וְנִפְרוֹשׁ? אֶלָּא קְרָא לְכִדְרַב נַחְמָן הוּא דַּאֲתָא, דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: מִנַּיִין לְמוֹתַר הַפֶּסַח שֶׁקָּרֵב שְׁלָמִים —
Comme il est dit : « Tu sacrifieras le pessa'h à l'Éternel ton Dieu, du menu et du gros bétail » (Devarim 16, 2). Or, le sacrifice pascal vient-il du gros bétail ? Ne vient-il pas uniquement des moutons et des chèvres ? Plutôt, le verset vient enseigner qu'un reliquat de sacrifice pascal sera apporté en tant que chose qui vient du menu et du gros bétail, c'est-à-dire en tant que sacrifice de paix (chelamim), lequel peut être apporté de toutes sortes de menu et de gros bétail, y compris mâles et femelles.
שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְזָבַחְתָּ פֶּסַח לַה׳ אֱלֹהֶיךָ צֹאן וּבָקָר״. וְכִי פֶּסַח מִן הַבָּקָר בָּא? וַהֲלֹא אֵין פֶּסַח בָּא אֶלָּא מִן הַכְּבָשִׂים וּמִן הָעִזִּים! אֶלָּא מוֹתַר הַפֶּסַח יְהֵא לְדָבָר הַבָּא מִן הַצֹּאן וּמִן הַבָּקָר.
La Guemara s'interroge sur le fond de la question : et selon l'opinion des Sages, quelle est la raison pour laquelle le sacrifice de fête ne repousse pas le Chabbat ? C'est assurément un sacrifice public (qorban tsibbour), et tous les sacrifices publics repoussent le Chabbat.
וְרַבָּנַן, מַאי טַעְמָא לָא דָּחֵי שַׁבָּת? הָא וַדַּאי קׇרְבַּן צִיבּוּר הוּא!
Rabbi Ilea dit au nom de Rabbi Yehouda ben Safra : le verset dit, à propos de la fête de Souccot : « Vous la célébrerez comme une fête pour l'Éternel, sept jours dans l'année ; ce sera une loi pour toujours dans vos générations ; vous la célébrerez au septième mois » (Vayiqra 23, 41). Or, la fête de Souccot dure-t-elle sept jours ? Elle dure huit jours, car le Huitième Jour de Rassemblement (Chemini Atséret) est toujours célébré à la clôture de Souccot. Plutôt, de là nous déduisons que le sacrifice de fête ('haguiga), au sujet duquel le verset énonce « vous la célébrerez (ve'hagotem) », ne repousse pas le Chabbat. Puisque toute période de huit jours contient un Chabbat, la Torah a dit que la fête ('hag) se célèbre, c'est-à-dire que le sacrifice de fête ('haguiga) peut être apporté pendant l'ensemble des sept jours de la fête [les jours restants une fois le Chabbat retranché].
אָמַר רַבִּי אִילְעָא מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בֶּן סָפְרָא, אָמַר קְרָא: ״וְחַגֹּתֶם אֹתוֹ חַג לַה׳ שִׁבְעַת יָמִים בַּשָּׁנָה״. שִׁבְעָה? שְׁמוֹנָה הֲווֹ! אֶלָּא מִכָּאן לַחֲגִיגָה שֶׁאֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת.
Lorsque Ravin vint d'Erets Israël à Babylone, il dit : j'ai dit devant mes maîtres, soulevant la difficulté suivante au sujet de cette source : il y a des fois où l'on ne trouve que six jours [où le sacrifice de fête peut être apporté], par exemple lorsque le premier jour de la fête tombe un Chabbat, auquel cas le Huitième Jour de Rassemblement (Chemini Atséret) tombe lui aussi un Chabbat, et il n'y a donc que six jours où le sacrifice de fête peut être apporté. Abayé dit : Avin l'endeuillé (takhla) — autre nom de Ravin — dirait-il une telle chose et serait-il si insouciant au point de poser une question sans fondement ? Il y a une grande différence : huit, tu ne le trouves pas du tout — les huit jours de la fête ne peuvent en aucun cas se passer d'un Chabbat ; mais sept jours, où le sacrifice de fête peut être apporté, se trouvent en fait dans la plupart des années.
כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר: אָמַרְתִּי לִפְנֵי רַבּוֹתַי: פְּעָמִים שֶׁאִי אַתָּה מוֹצֵא אֶלָּא שִׁשָּׁה, כְּגוֹן שֶׁחָל יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל חַג בַּשַּׁבָּת! אֲמַר אַבָּיֵי: אָבִין תַּכָּלָא לֵימָא כִּי הָא מִילְּתָא? שְׁמֹנָה לָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ כְּלָל, שִׁבְעָה אִיתָא בְּרוֹב שָׁנִים.
Oulla dit au nom de Rabbi Elazar : s'agissant de sacrifices de paix (chelamim) que l'on a égorgés la veille de la fête, on n'accomplit par eux ni la mitsva d'apporter les sacrifices de paix de réjouissance (chalmé sim'ha), ni la mitsva d'apporter un sacrifice de fête ('haguiga). La mitsva d'apporter les sacrifices de paix de réjouissance n'est pas accomplie, car il est écrit : « Tu sacrifieras des sacrifices de paix et tu [les] mangeras là, et tu te réjouiras devant l'Éternel ton Dieu » (Devarim 27, 7). D'après ce verset, nous exigeons que l'égorgement soit
אָמַר עוּלָּא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שְׁלָמִים שֶׁשְּׁחָטָן מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, אֵינוֹ יוֹצֵא בָּהֶן לֹא מִשּׁוּם שִׂמְחָה וְלֹא מִשּׁוּם חֲגִיגָה. מִשּׁוּם שִׂמְחָה, דִּכְתִיב: ״וְזָבַחְתָּ ... וְשָׂמַחְתָּ״ — בָּעֵינַן זְבִיחָה

Rachi

במרובה - בחבורה מועטת שהפסח מרובה להן ולא יביאו חגיגה:,מנא ידעי - הבעלים בשלשה עשר שתהא חבורתו מועטת הרי כל שעה באין ונמנין עליו אנשים מעלמא וקונים להן בו חלק מן הבעלים עד שעת שחיטה הלכך לא קים ליה שתהא חבורה מועטת ומטביל לקופיץ שמא יביאו חגיגה ויצטרכו לשבירת עצמות:

שבא בטומאה - שרוב ציבור טמאין ותנן בזמן שבא בטומאה אין מביאין עמו חגיגה וזה המוצאה טהור ואע"פ שאף הטהורים עושין בטומאה עם הציבור מטבילה לשבר בה עצמות חגיגת חמשה עשר שאינה באה בטומאה:,מנא ידעי - הבעלים בשלשה עשר כשמטבילין סכיניהם שיהו רוב ציבור טמאין:

דמית נשיא - ומצוה לכל ישראל להתעסק בו:,אי נימא בשלשה עשר - כשהיו מטהרין כליהם:,סכין למה ליה לאטבוליה - למריה הרי היא עתיד ליטמא וזה המוצאה אם טהור הוא למה מחזיקה בטהורה ושוחט בה שלמי חגיגתו בי"ט:,אלא דמית בארבעה עשר - וכשהטבילו כליהם בי"ג הצריכין לארבעה עשר לא היו יודעין שיבוא בטומאה א"כ גם את הקופיץ הטביל לשבירת העצמות דחגיגת ארבע' עשר:,ומאי שנא סכין - דאמרי' אטבלה מרה מאתמול ומאי שנא קופיץ דלא אמרי' אטבלה מרה מאתמול:

לא צריכא דנשיא גוסס בשלשה עשר - ולא גרסינן ומת בארבעה עשר דמה לי מת ומה לי לא מת:,סכין דחד ספיקא הוא - דאיכא למימר שמא ימות הנשיא ויעשו פסח בטומאה משום הך ספיקא לא אימנע מלאטבולה ואטבלה דחייש שמא לא ימות ויעשה פסח בטהרה:,אבל קופיץ דתרי ספיקי - אית ליה מסלקי ליה מתורת טבילה שמא ימות ולא יביאו חגיגות לא בארבעה עשר ולא בחמשה עשר או אפי' לא ימות שמא אני לא אצטרך לחגיגת ארבעה עשר שתהא חבורתי מועטת ויבא פסח במרובה ואי משום חגיגת חג חמשה עשר עדיין יש שהות להטבילה בי"ד הלכך לא אטבלה מרה בשלשה עשר:

בן דורתאי פירש - מן החכמים ונבדל מהם מפני שהיו אומרים אין חגיגת ארבעה עשר דוחה שבת:,וישב לו בדרום - רחוק מירושלים שלא לעלות לרגל ויתחייב בפסח ובחגיגה דקסבר חגיגה חובה ואפי' במרובה:

ואנן טעמא דפרושים וכו' - וכי לכך הוצרכנו לדרוש המקראות אחר טעמי המבדילים מן החכמים:,מותר הפסח - בין שהפריש פסחו ואבד ונתכפר באחר ואח"כ נמצא זה בין שהפריש מעות לפסחו וחלה קדושת פסח על כולן והוזלו טלאים וניתותרו מן המעות:,שקרב שלמים - במועד או לאחר הרגל:

לדבר הבא מן הצאן ומן הבקר - היינו שלמים שכשירין לבא מכל צאן ומכל בקר זכר ונקבה:

אמאי לא דחיא שבת - ואפילו חגיגת חמשה עשר הא ודאי קרבן ציבור הוא דהא אתי בכינופיא כי פסח וזמן קבוע לה:

וחגותם אותו - בחג הסכות כתיב דתשלומין דידיה כל שמונה הלכך שמונה הוי אלא לאו שמע מינה אין לך חגיגה שדוחה שבת הלכך לא משכחת שמונה לעולם:

כגון שחל י"ט הראשון של חג להיות בשבת - דמטי נמי שמיני עצרת בשבת דאין כאן אלא ששה:,אבין תכלא - קובר את בניו היה:,לימא כי האי מילתא - שאילה שאינה הוגנת:

Tossafot

מאי טעמא דבן דורתאי דכתיב וזבחת פסח וכו' - רש"י פי' דבחגיגת י"ד מיירי ולפי' צ"ל דלבן תימא אע"ג דאית ליה היקשא אחרינא לעיל חגיגת י"ד לא דחיא שבת אע"ג דלכל מילי אקשיה חגיגה לפסח דאפילו לשבירת עצם אקשיה אי לאו דכתב בו מדקאמר רב אשי בסמוך ואנן טעמא דפרושין ניקו וניפרוש ואי בן תימא נמי ס"ל דדחי' שבת לא הוה מתמה כולי האי וטעמא כדילפינן בסמוך מוחגותם אותו וגו' דלא דחיא שבת אע"ג דקרבן ציבור היא ה"נ לבן תימא ואע"ג דקרא וחגותם אותו בחגיגת ט"ו כתיב סברא הוא להשוות החגיגות יחד ולהכי איצטריך לבן דורתאי למילף מוזבחת פסח שהוקשו לענין זביחה ואפי' בשבת לאפוקי שלא נקיש החגיגות יחד ולא מצי למילף מהיקשא דבן תימא כדפי' וקשה דלעיל קאמר רב אשי דאי חובה היא תיתי בשבת משמע דלבן תימא ולתנא דלקמן דאית להו חגיגת ארבעה עשר דאורייתא דחיא שבת א"כ מאי קמתמה רב אשי ואנן טעמא דפרושין ניקו וניפרוש ועוד תיקשי לההוא דאמר בהוציאו לו (יומא נ.) נקוט האי כללא בידך כל שזמנו קבוע דוחה את השבת ואת הטומאה ואפי' דיחיד הא איכא חגיגת י"ד דקבוע לה זמן ולא דחיא לכך נראה לר"י עיקר דהכא איירי בחגיגת ט"ו כדמוכח דמייתי קרא דוחגותם אותו ואתי שפיר דלא כייל בהוציאו לו אלא דבר שקבוע לו זמן יום אחד ולא יותר אבל חגיגת ט"ו לא חשיב כל כך זמן קבוע כיון שיש לה תשלומין כל שבעה ומ"מ פריך שפיר הא ודאי קרבן ציבור הוא דאף חגיגת חמשה עשר חשיבה זמנה קבוע כדאמרינן בפרק ב' דביצה (דף כ:) אמר להן ב"ה אף זו קבוע לה זמן דתנן עבר הרגל ולא חג אינו חייב באחריותו ואין להקשות א"כ אמאי הוצרך בן דורתאי לפרוש ולהתרחק כדי שיהיה בדרך רחוקה ויפטר הלא היה יכול להביא חגיגתו כל שבעה כדילפינן בסמוך אומר ר"י דילמא יהודה בן דורתאי ס"ל מדאיתקש חגיגת חמשה עשר לפסח שמע מינה אין לה תשלומין והא דמוקי בן דורתאי קרא דוזבחת פסח בחגיגת חמשה עשר ולא בחגיגת י"ד משום דסבר דחגיגת י"ד לאו דאורייתא:

הא ודאי קרבן ציבור הוא - נקט קרבן ציבור משום דאיכא תנא דתלי בהכי בפ' יש קרבנות (תמורה יד.) דתנן יש בקרבנות ציבור שאין ביחיד שקרבנות ציבור דוחין את השבת ואת הטומאה ומיהו בפרק הוציאו לו (יומא נ.) אמרי' כל שזמנו קבוע דוחה את השבת וטומאה אפילו ביחיד וק"ק דהכא קרו ליה קרבן ציבור משום דאתי בכינופיא וכן ביומא [אבל בחגיגה] (דף ו.) קרי ליה קרבן יחיד:,הא ודאי קרבן ציבור - תימה לרשב"א מה בכך אם הוא קרבן ציבור והא פסח ותמיד ושעירי ר"ח ועומר ושתי הלחם לכולהו מצרכינן קראי בכיצד צולין (לקמן פסחים עז.) שידחו שבת וא"כ הכא מנא לן ואור"י דחגיגה בכלל שאר קרבנות מועדות דהאי קרא דוחגותם כתיב בסוף פרשת פינחס:

שלמים ששחטן מערב יו"ט וכו' - נראה לר"י דאפי' הקדישם מתחלה ושחטן לשם חגיגת ט"ו איירי דאי לשם שלמים דעלמא אין יוצא משום חגיגה אפי' שחטן בי"ט דכל דבר שבחובה אין בא אלא מן החולין לכך נראה דהקדישן ושחטן לשם חגיגה דהואיל והוי דבר שבחובה ואינו בא אלא מן החולין שצריך להקדישם לשם כך סברא הוא שישחט נמי בשעה הראוייה לחגיגה וראייה לדבר מדאמר לעיל שבעה שמונה הוו אלא מכאן לחגיגה וכו' ואי יכול לשוחטה מערב י"ט אכתי שמונה הוו הקשה ריב"א והא האי קרא דוזבחת שלמים לא כתיב גבי שמחת י"ט אלא גבי הר עיבל והיכי יליף מיניה י"ט וי"ל דאיכא למימר דבכל ענין קאמר קרא דבעינן זביחה בשעת שמחה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Pesachim 70b
100%
פסחים ע׳ במַסֶּכֶת פְּסָחִים