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Traité Pesachim

68a

Étude de Pesachim 68a

Étude de la Guémara 68a

Guémara
Nous avons appris, dans la suite de la michna précédemment citée, que la loi régissant celui qui a eu des relations avec une nidda [femme en état d'impureté menstruelle] est semblable à la loi régissant celui qui est rendu impur par un cadavre. À propos de quoi cette comparaison a-t-elle été formulée ? Si l'on dit qu'on les a comparés au sujet de leur impureté, à savoir qu'ils sont tous deux impurs pendant sept jours, [cela ne tient pas] : une impureté de sept jours est explicitement écrite à propos de celui-ci, celui qui a eu des relations avec une nidda, et une impureté de sept jours est explicitement écrite à propos de celui-là, celui qui est impur par un cadavre ; la michna n'aurait donc nul besoin de nous enseigner ces lois.
בּוֹעֵל נִדָּה כִּטְמֵא מֵת. לְמַאי? אִילֵימָא לְטוּמְאָתָם, הַאי טוּמְאַת שִׁבְעָה כְּתִיב בֵּיהּ, וְהַאי טוּמְאַת שִׁבְעָה כְּתִיב בֵּיהּ.
Mais n'est-ce pas plutôt qu'on les compare quant à leurs camps [ma'hanot], pour enseigner que celui qui a eu des relations avec une nidda est renvoyé du même camp que celui qui est impur par un cadavre ? Et du fait que la comparaison de la clause finale de la michna porte sur leurs camps, il est logique que la comparaison de la clause initiale de cette même michna — entre celui qui a eu une émission séminale [ba'al keri] et celui qui est devenu impur par contact avec un reptile [chèrets] — porte elle aussi sur leurs camps, et non comme nous l'avons expliquée précédemment. La Guemara réfute cet argument : Les cas sont-ils donc comparables ?! Ce cas est tel qu'il est, et ce cas est tel qu'il est ; chaque partie de la michna formule sa propre comparaison.
אֶלָּא לָאו, לְמַחֲנוֹתָם. וּמִדְּסֵיפָא לְמַחֲנוֹתָם הָוֵי — רֵישָׁא נָמֵי לְמַחֲנוֹתָם! מִידֵּי אִירְיָא?! הָא כִּדְאִיתָא וְהָא כִּדְאִיתָא.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné [dans une braïta] : Le statut légal d'un métsora [lépreux] est plus sévère que celui d'un zav [homme atteint d'un écoulement], et le statut légal d'un zav est plus sévère que celui d'un impur par un cadavre — quant aux camps dans lesquels il leur est interdit d'entrer ; à l'exclusion de celui qui a eu une émission séminale [ba'al keri], car le statut légal de l'impur par un cadavre est plus sévère que le sien.
מֵיתִיבִי: מְצוֹרָע חָמוּר מִזָּב, וְזָב חָמוּר מִטְּמֵא מֵת, יָצָא בַּעַל קֶרִי שֶׁטְּמֵא מֵת חָמוּר מִמֶּנּוּ.
La Guemara cherche à élucider cet énoncé énigmatique : Que signifient les mots « à l'exclusion de celui qui a eu une émission séminale » ? L'intention n'est-elle pas qu'il est exclu de la catégorie du zav et entre dans la catégorie de l'impur par un cadavre — car le statut de l'impur par un cadavre est plus sévère que le sien, son impureté durant sept jours — et que néanmoins il est permis dans le camp lévitique [ma'hané leviya] ? Nous devrions donc en déduire que celui qui a eu une émission séminale est lui aussi permis dans le camp lévitique.
מַאי יָצָא? לָאו: יָצָא מִכְּלַל זָב וּבָא לִכְלַל טְמֵא מֵת, דְּהָא טְמֵא מֵת חָמוּר מִמֶּנּוּ — וּמוּתָּר בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה!
La Guemara réfute cette preuve : Non, l'intention est que celui qui a eu une émission séminale est exclu du camp de l'impur par un cadavre et entre dans le camp du zav — c'est-à-dire qu'il est exclu du camp lévitique, tout comme le zav. Et bien que le statut de l'impur par un cadavre soit plus sévère que le sien et qu'il soit, lui, permis dans le camp lévitique — de sorte qu'il semblerait que celui qui a eu une émission séminale devrait pareillement y être permis —, néanmoins, nous le comparons à ce à quoi il ressemble. L'impureté de celui qui a eu une émission séminale est fondamentalement semblable à celle du zav, et différente de celle de l'impur par un cadavre.
לֹא, יָצָא מִמַּחֲנֵה טְמֵא מֵת וְנִכְנַס לְמַחֲנֵה זָב, וְאַף עַל גַּב דִּטְמֵא מֵת חָמוּר מִמֶּנּוּ (דְּמוּתָּר) בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה — לְמַאי דְּדָמֵי לֵיהּ מְדַמֵּינַן לֵיהּ.
Un tanna enseigna une braïta devant Rav Yits'haq bar Avdimi : « S'il se trouve parmi toi un homme qui n'est pas pur par suite d'un accident nocturne, il sortira hors du camp, il ne rentrera pas à l'intérieur du camp » (Devarim 23, 11). Ce verset peut être expliqué ainsi : « Il sortira hors du camp » — c'est le camp de la Chekhina [Présence divine]. « Il ne rentrera pas à l'intérieur du camp » — c'est le camp lévitique. De là nous déduisons que celui qui a eu une émission séminale doit sortir de deux camps.
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: ״וְיָצָא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה שְׁכִינָה. ״לֹא יָבֹא אֶל תּוֹךְ הַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה לְוִיָּה. מִכָּאן לְבַעַל קֶרִי שֶׁיֵּצֵא חוּץ לִשְׁתֵּי מַחֲנוֹת.
Rav Yits'haq dit au tanna : Quelque chose cloche dans la formulation de cette braïta : Tu ne l'as pas encore fait entrer et tu le fais déjà sortir ? Autrement dit, pour affirmer que les mots « il ne rentrera pas à l'intérieur du camp » enseignent que le ba'al keri doit quitter le camp lévitique, il te faut d'abord prouver qu'il s'y trouvait au départ. Autre version, qui ne diffère de la précédente que par la formulation et non sur le fond : Tu ne l'as pas encore fait sortir et tu le fais déjà entrer ? Autrement dit, comment peux-tu dire que les mots « il ne rentrera pas à l'intérieur du camp » se rapportent au camp lévitique si nous n'avons pas encore appris qu'il doit quitter ce camp en premier lieu ? Corrige plutôt la braïta et lis-la ainsi : « Hors du camp » — c'est le camp lévitique. « Il ne rentrera pas à l'intérieur du camp » — c'est le camp de la Chekhina.
אֲמַר לֵיהּ: אַכַּתִּי לָא עַיֵּילְתֵּיהּ, אַפֵּיקְתֵּיהּ. לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: אַכַּתִּי לָא אַפֵּיקְתֵּיהּ, עַיֵּילְתֵּיהּ. אֶלָּא אֵימָא: ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה לְוִיָּה. ״לָא יָבֹא אֶל תּוֹךְ הַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה שְׁכִינָה.
Ravina objecte vigoureusement à cette exégèse du verset : Dis [plutôt] que ceci et cela se rapportent [tous deux] au camp de la Chekhina — qu'il doit quitter le camp de la Chekhina et ne peut y entrer — et que la répétition vient enseigner qu'il transgresse un commandement positif [en n'en sortant pas] et un commandement négatif [en y entrant]. La Guemara répond : S'il en était ainsi, que le verset dise seulement : « Il sortira hors du camp, il ne rentrera pas à l'intérieur », ou « à l'intérieur de celui-ci ». Pourquoi me faut-il la répétition du mot « le camp » ? Déduis-en qu'elle vient lui assigner un camp différent : il ne s'agit pas du même camp dont il est sorti, mais bien d'un autre.
מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: אֵימָא אִידֵּי וְאִידֵּי לְמַחֲנֵה שְׁכִינָה, וְלַעֲבוֹר עָלָיו בַּעֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה! אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא: ״וְיָצָא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְלֹא יָבֹא אֶל תּוֹךְ״, ״הַמַּחֲנֶה״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִיתֵּן לוֹ מַחֲנֶה אַחֶרֶת.
Nous avons appris dans la michna que le nettoyage des entrailles [mi'houï qeravav] de l'agneau pascal prime sur le Chabbat. La Guemara demande : Qu'entend-on par « nettoyage des entrailles » ? Rav Houna dit : Cela signifie qu'il les perce avec un couteau, laissant ainsi sortir les excréments. Rav 'Hiyya bar Rav dit : Cela se rapporte à l'extraction des sécrétions de l'intestin [chirqa di-me'aya], qui sortent sous la pression du couteau et qui, si on les laissait dans les entrailles, gâteraient tout le sacrifice et le feraient putréfier.
וּמִיחוּי קְרָבָיו וְכוּ׳. מַאי מִיחוּי קְרָבָיו? רַב הוּנָא אָמַר: שֶׁמְּנַקְּבָן בְּסַכִּין. (רַב) חִיָּיא בַּר רַב אָמַר: שִׁירְקָא דִמְעִיָּיא דְּנָפְקָא אַגַּב דּוּחְקָא דְסַכִּינָא.
Rabbi Eliézer dit : Quelle est la raison de 'Hiyya bar Rav [pour expliquer le terme de cette manière] ? Comme il est écrit : « Alors les agneaux paîtront comme dans leur pâturage, et les ruines des gras [mé'him] seront mangées par des étrangers » (Yecha'ya 5, 17). D'où peut-on inférer que ce verset a un quelconque rapport avec notre discussion ? Comme Rav Yossef traduit ce verset : « Et les justes hériteront des biens des méchants. » Cela indique que le mot mé'him, compris par Rav Yossef comme désignant les méchants, est un terme de dégradation. C'est ce qui a conduit 'Hiyya bar Rav à interpréter la clause de la michna relative au nettoyage [mi'houï] des entrailles comme désignant le retrait de la matière répugnante qui s'y trouve.
אָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): מַאי טַעְמָא דְּחִיָּיא בַּר רַב? דִּכְתִיב: ״וְחׇרְבוֹת מֵחִים גָּרִים יֹאכֵלוּ״, מַאי מַשְׁמַע? כְּדִמְתַרְגֵּם רַב יוֹסֵף ״וְנִכְסֵיהֹן דְּרַשִּׁיעַיָּא צַדִּיקַיָּא יַחְסְנוּן״.
Ayant expliqué la dernière partie du verset de Yecha'ya, la Guemara se tourne vers le début de ce même verset. « Alors les agneaux paîtront comme dans leur pâturage [kedavram]. » Menachya bar Yirmeya dit au nom de Rav : [Cela signifie] comme il a été dit à leur sujet [kamedoubar bam], c'est-à-dire comme le prophète l'a promis. À quelle prophétie le verset fait-il référence par l'expression « comme il a été dit à leur sujet » ? Abayé dit : Cela se rapporte à la suite du verset : « Et les ruines des gras seront mangées par des étrangers. » Rava lui dit que cela ne peut être : Soit, s'il était écrit seulement « les ruines des gras », il serait possible d'expliquer comme tu l'as dit ; mais maintenant qu'il est écrit « et les ruines », avec l'ajout du mot « et », cela indique que le verset énonce autre chose, et qu'il contient deux prophéties distinctes.
״וְרָעוּ כְבָשִׂים כְּדׇבְרָם״, אָמַר מְנַשְּׁיָא בַּר יִרְמְיָה אָמַר רַב: כַּמְדוּבָּר בָּם. מַאי כַּמְדוּבָּר בָּם? אָמַר אַבָּיֵי: ״וְחׇרְבוֹת מֵחִים גָּרִים יֹאכֵלוּ״. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: בִּשְׁלָמָא אִי כְּתִיב ״חׇרְבוֹת״ — כִּדְקָאָמְרַתְּ, הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״וְחׇרְבוֹת״, מִילְּתָא אַחֲרִיתִי קָאָמַר.
Rava dit plutôt : Ce verset doit être compris conformément à ce que Rav 'Hananel a dit au nom de Rav. Car Rav 'Hananel a dit au nom de Rav : Dans l'avenir, les justes ressusciteront les morts. Il est écrit ici : « Alors les agneaux paîtront [vera'ou] comme dans leur pâturage » — les agneaux servant d'allusion aux justes —, et il est écrit là-bas : « Fais paître ton peuple avec ta houlette, le troupeau de ton héritage, qui demeure solitaire dans la forêt, au milieu du Carmel ; qu'ils paissent [yir'ou] en Bachan et en Guil'ad comme aux jours d'autrefois » (Mikha 7, 14).
אֶלָּא אָמַר רָבָא: כִּדְרַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב. דְּאָמַר רַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב: עֲתִידִין צַדִּיקִים שֶׁיְּחַיּוּ אֶת הַמֵּתִים. כְּתִיב הָכָא: ״וְרָעוּ כְבָשִׂים כְּדׇבְרָם״, וּכְתִיב הָתָם: ״יִרְעוּ בָשָׁן וְגִלְעָד כִּימֵי עוֹלָם״.
Pesachim 68a
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