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Traité Pesachim

66b

Étude de Pesachim 66b

Étude de la Guémara 66b

Guémara
Mais [comment cela serait-il permis,] puisqu'il accomplit là un travail avec des animaux consacrés — en se servant des agneaux et des chevreaux qui avaient été consacrés comme offrandes pour transporter le couteau, alors qu'il est interdit de tirer profit (méïla) d'un animal consacré ! La Guemara répond : la personne a agi ici conformément à l'opinion de Hillel, comme il a été enseigné dans une baraïta : on a dit à propos de Hillel que jamais, de sa vie, un homme ne commit de détournement (méïla) sur son offrande élevée ('ola). Comment s'y assurait-il ? Il prenait garde de ne pas consacrer l'animal à l'avance ; il l'amenait plutôt à l'état profane ('houlin) dans le parvis (azara) du Temple, là il le consacrait, puis aussitôt il posait sa main sur sa tête (semikha) et l'égorgeait. Ce jour-là, ceux qui se servirent de leurs agneaux pascals et de leurs chevreaux pour transporter les couteaux ne consacrèrent leurs bêtes qu'après leur arrivée dans le parvis du Temple.
וְהָא קָא עָבֵיד עֲבוֹדָה בְּקָדָשִׁים! כְּהִלֵּל. דְּתַנְיָא, אָמְרוּ עָלָיו עַל הִלֵּל: מִיָּמָיו לֹא מָעַל אָדָם בְּעוֹלָתוֹ. אֶלָּא מְבִיאָהּ חוּלִּין לָעֲזָרָה וּמַקְדִּישָׁהּ, וְסוֹמֵךְ יָדוֹ עָלֶיהָ וְשׁוֹחֲטָהּ.
La Guemara demande : s'il en est ainsi, comment pouvaient-ils consacrer les offrandes pascales cette année-là, lorsque la veille de Pessa'h tomba un Chabbat ? N'avons-nous pas appris dans une michna : on ne consacre pas [d'animaux], on ne fait pas de vœu d'évaluation ('arakhin), on ne voue pas [d'objets] par 'herem, et on ne prélève ni térouma ni dîmes (maasrot). Toutes ces interdictions, on les a énoncées à propos d'un jour de fête (Yom Tov), et c'est un raisonnement a fortiori (kal va'homer) qu'elles s'appliquent aussi le Chabbat ! [Car les Sages ont décrété de ne pas se livrer à ces actes, qui ressemblent à des transactions commerciales et à des activités de semaine.]
פֶּסַח בְּשַׁבָּת הֵיכִי מָצֵי מַקְדֵּישׁ לֵיהּ, וְהָתְנַן: אֵין מַקְדִּישִׁין וְאֵין מַעֲרִיכִין וְאֵין מַחְרִימִין וְאֵין מַגְבִּיהִין תְּרוּמָה וּמַעַשְׂרוֹת. כׇּל אֵלּוּ בְּיוֹם טוֹב אָמְרוּ, קַל וָחוֹמֶר בַּשַּׁבָּת!
La Guemara répond : cette interdiction de consacrer un animal comme offrande le Chabbat ou un jour de fête ne s'applique qu'aux offrandes obligatoires qui n'ont pas de temps fixé pour être apportées. Mais les offrandes obligatoires qui ont un temps fixé, comme l'agneau pascal, on peut les consacrer même le Chabbat. Car Rabbi Yo'hanan a dit : un homme consacre son agneau pascal le Chabbat et son offrande festive ('haguiga) le jour de fête. Puisque ces offrandes doivent être apportées un jour précis, on peut les consacrer ce jour-là même quand c'est Chabbat ou Yom Tov, car les Sages n'ont pas maintenu leur décret en cette circonstance.
הָנֵי מִילֵּי בְּחוֹבוֹת שֶׁאֵין קָבוּעַ לָהֶן זְמַן. אֲבָל בְּחוֹבוֹת שֶׁקָּבוּעַ לָהֶן זְמַן — מַקְדִּישִׁין. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַקְדִּישׁ אָדָם אֶת פִּסְחוֹ בְּשַׁבָּת וַחֲגִיגָתוֹ בְּיוֹם טוֹב.
La Guemara demande : mais n'est-il pas en train de conduire un animal chargé (me'hamer) ! Celui qui mène un agneau portant un couteau est considéré comme conduisant un animal chargé, ce qui est interdit le Chabbat. La Guemara répond : c'est conduire un animal chargé d'une manière inhabituelle (kelea'har yad), car un agneau ne sert habituellement pas à porter des charges. La Guemara demande : même conduire un animal chargé d'une manière inhabituelle pose problème ; certes, il n'y a pas d'interdiction de la Torah, mais il y a tout de même au moins une interdiction rabbinique. Lorsqu'on accomplit le Chabbat un acte interdit d'une manière inhabituelle, on ne transgresse pas un interdit de la Torah, mais on viole néanmoins un interdit rabbinique.
וַהֲלֹא מְחַמֵּר! מְחַמֵּר כִּלְאַחַר יָד: מְחַמֵּר כִּלְאַחַר יָד נָמֵי נְהִי דְּאִיסּוּרָא דְּאוֹרָיְיתָא לֵיכָּא אִיסּוּרָא מִדְּרַבָּנַן מִיהָא אִיכָּא.
La Guemara répond : c'est précisément cela que les fils de Betéra demandèrent à Hillel. Lorsqu'il existe un acte permis par la Torah, mais qu'un décret rabbinique se dresse devant lui et l'interdit, quelle est la loi quant à la possibilité de lever ce décret rabbinique d'une manière inhabituelle, dans une situation où l'on agit ainsi pour accomplir une mitsva ? Apporter l'offrande est une mitsva, tandis que mener l'animal pendant qu'il porte le couteau est une manière inhabituelle de violer un interdit rabbinique : est-ce permis ? Hillel leur dit : cette loi (halakha), je l'ai entendue jadis mais je l'ai oubliée. Mais laissez faire le peuple d'Israël et fiez-vous à eux pour trouver d'eux-mêmes une solution : car s'ils ne sont pas prophètes, ils sont fils de prophètes.
הַיְינוּ דְּקָא בָּעֵי מִינֵּיהּ: דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ הֶיתֵּר מִן הַתּוֹרָה, וּדְבַר שְׁבוּת עוֹמֵד לְפָנָיו, לְעׇקְרוֹ כִּלְאַחַר יָד בִּמְקוֹם מִצְוָה מַאי? אָמַר לָהֶן: הֲלָכָה זוֹ שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי, אֶלָּא הַנִּיחוּ לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל, אִם אֵין נְבִיאִים הֵן — בְּנֵי נְבִיאִים הֵן.
À propos de l'épisode de Hillel, Rav Yehouda a dit au nom de Rav : quiconque s'enorgueillit (mityaher), s'il est un sage de la Torah, sa sagesse le quitte ; et s'il est un prophète, sa prophétie le quitte. La Guemara explique : que, s'il est un sage, sa sagesse le quitte, on l'apprend de Hillel, car le Maître a dit dans cette baraïta : Hillel commença à les réprimander par des paroles [avec hauteur]. Et parce qu'il s'enorgueillit, il finit par leur dire : cette loi, je l'ai entendue jadis mais je l'ai oubliée — car il fut puni de son orgueil en oubliant la loi. Que, s'il est un prophète, sa prophétie le quitte, on l'apprend de Devora (Déborah), comme il est écrit : « Les bourgs (perazon) avaient cessé en Israël, ils avaient cessé, jusqu'à ce que je me lève, moi, Devora, que je me lève comme une mère en Israël… » (Juges 5, 7). Pour ces paroles de gloire personnelle, Devora fut punie par la perte de son esprit prophétique, comme il est écrit ensuite qu'il fallut lui dire : « Éveille-toi, éveille-toi, Devora ; éveille-toi, éveille-toi, prononce un chant… » (Juges 5, 12), parce que sa prophétie l'avait quittée.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל הַמִּתְיַהֵר, אִם חָכָם הוּא — חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ, אִם נָבִיא הוּא — נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ. אִם חָכָם הוּא חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מֵהִלֵּל, דְּאָמַר מָר הִתְחִיל מְקַנְטְרָן בִּדְבָרִים, וְקָאָמַר לְהוּ: הֲלָכָה זוֹ שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי. אִם נָבִיא הוּא נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מִדְּבוֹרָה, דִּכְתִיב: ״חָדְלוּ פְרָזוֹן בְּיִשְׂרָאֵל חָדֵלּוּ עַד שַׁקַּמְתִּי דְּבוֹרָה שַׁקַּמְתִּי אֵם בְּיִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״עוּרִי עוּרִי דְּבוֹרָה עוּרִי עוּרִי דַּבְּרִי שִׁיר וְגוֹ׳״.
De même, Rich Lakich a dit : tout homme qui se met en colère, s'il est un sage de la Torah, sa sagesse le quitte ; et s'il est un prophète, sa prophétie le quitte. La Guemara explique : que, s'il est un sage, sa sagesse le quitte, on l'apprend de Moché (Moïse), comme il est écrit : « Et Moché se mit en colère contre les officiers de l'armée, les chefs de milliers et les chefs de centaines, qui revenaient du combat » (Bamidbar 31, 14). Et quel fut son châtiment ? Comme il est écrit ensuite : « Et Elazar le Cohen dit aux hommes de guerre qui étaient allés au combat : Voici le statut de la loi (toukat haTora) que l'Éternel a ordonnée à Moché… » (Bamidbar 31, 21) — ce qui prouve par déduction que cette loi s'était dérobée à Moché [à cause de sa colère].
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: כׇּל אָדָם שֶׁכּוֹעֵס, אִם חָכָם הוּא — חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ, אִם נָבִיא הוּא — נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ. אִם חָכָם הוּא חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מִמֹּשֶׁה, דִּכְתִיב: ״וַיִּקְצוֹף מֹשֶׁה עַל פְּקוּדֵי הֶחָיִל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן אֶל אַנְשֵׁי הַצָּבָא הַבָּאִים לַמִּלְחָמָה זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה אֲשֶׁר צִוָּה ה׳ אֶת מֹשֶׁה וְגוֹ׳״, מִכְּלָל דְּמֹשֶׁה אִיעֲלַם מִינֵּיהּ.
Et que, s'il est un prophète, sa prophétie le quitte, on l'apprend d'Élichâ (Élisée), comme il est écrit qu'il se mit en colère contre le roi d'Israël et lui dit : « N'était l'égard que j'ai pour la personne de Yehochafat (Josaphat), roi de Yehouda, je ne te regarderais pas et ne te verrais pas… » (II Rois 3, 14) ; et il est écrit ensuite : « Et maintenant, amenez-moi un joueur de harpe ; et il advint, comme le musicien jouait, que la main de l'Éternel fut sur lui… » (II Rois 3, 15). Parce qu'Élichâ s'était mis en colère contre le roi d'Israël, son esprit prophétique le quitta, et il fallut un musicien pour le réveiller de nouveau.
אִם נָבִיא הוּא נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מֵאֱלִישָׁע, דִּכְתִיב: ״לוּלֵי פְּנֵי יְהוֹשָׁפָט מֶלֶךְ יְהוּדָה אֲנִי נוֹשֵׂא אִם אַבִּיט אֵלֶיךָ וְאִם אֶרְאֶךָּ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וְעַתָּה קְחוּ לִי מְנַגֵּן וְהָיָה כְּנַגֵּן הַמְנַגֵּן וַתְּהִי עָלָיו יַד ה׳ וְגוֹ׳״.
Rabbi Mani bar Patich a dit : quiconque se met en colère, même si une grandeur lui a été attribuée du Ciel, on l'abaisse [de sa grandeur]. D'où le déduisons-nous ? D'Éliav, le frère aîné de David, comme il est dit : « Et la colère d'Éliav s'enflamma contre David, et il dit : Pourquoi es-tu descendu, et à qui as-tu laissé ce petit troupeau dans le désert ? Je connais ton insolence et la méchanceté de ton cœur, car c'est pour voir la bataille que tu es descendu » (I Samuel 17, 28) — nous voyons qu'Éliav se mit en colère. Et lorsque Chemouel (Samuel) alla les oindre [après que Dieu lui eut dit que l'un des fils de Yichaï serait roi], à propos de tous les autres frères il est écrit : « L'Éternel n'a pas choisi celui-ci » (I Samuel 16, 8) ; tandis qu'au sujet d'Éliav il est écrit : « Et l'Éternel dit à Chemouel : Ne regarde pas son apparence ni la hauteur de sa stature, car je l'ai rejeté » (I Samuel 16, 7). Cela prouve par déduction que jusqu'alors Il l'avait aimé [et que ce n'est qu'à ce moment qu'Éliav fut rejeté]. N'eût été sa colère, Éliav aurait été digne de la grandeur ; mais à cause de ce défaut, Dieu le rejeta.
אָמַר רַבִּי מָנִי בַּר פַּטִּישׁ: כׇּל שֶׁכּוֹעֵס, אֲפִילּוּ פּוֹסְקִין עָלָיו גְּדוּלָּה מִן הַשָּׁמַיִם — מוֹרִידִין אוֹתוֹ. מְנָלַן? מֵאֱלִיאָב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּחַר אַף אֱלִיאָב בְּדָוִד וַיֹּאמֶר לָמָּה [זֶּה] יָרַדְתָּ וְעַל מִי נָטַשְׁתָּ מְעַט הַצֹּאן הָהֵנָּה בַּמִּדְבָּר אֲנִי יָדַעְתִּי אֶת זְדֹנְךָ וְאֵת רוֹעַ לְבָבֶךָ כִּי לְמַעַן רְאוֹת הַמִּלְחָמָה יָרָדְתָּ״. וְכִי אֲזַל שְׁמוּאֵל לְמִמְשְׁחִינְהוּ, בְּכֻלְּהוּ כְּתִיב: ״לֹא בָּזֶה בָחַר ה׳״, וּבֶאֱלִיאָב כְּתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל שְׁמוּאֵל אַל תַּבֵּיט אֶל מַרְאֵהוּ וְאֶל גְּבֹהַּ קוֹמָתוֹ כִּי מְאַסְתִּיהוּ״, מִכְּלָל דַּהֲוָה רָחֵים לֵיהּ עַד הָאִידָּנָא.
La Guemara soulève une question supplémentaire, en marge de la discussion précédente qui démontrait que l'agneau pascal l'emporte sur le Chabbat : nous avons trouvé des preuves que l'offrande quotidienne (tamid) et l'agneau pascal l'emportent sur le Chabbat. D'où déduisons-nous qu'ils l'emportent aussi sur l'impureté rituelle (toumea) ? [Car nous avons pour tradition que si toute la communauté est en état d'impureté, on offre néanmoins les sacrifices communautaires et l'agneau pascal.] Ils disent : de même que la loi de l'agneau pascal se déduit de la loi du tamid quant au fait de l'emporter sur le Chabbat, de même la loi du tamid se déduit de la loi de l'agneau pascal quant à l'impureté rituelle — de même que l'agneau pascal l'emporte sur l'impureté de la communauté, de même le tamid.
אַשְׁכְּחַן תָּמִיד וּפֶסַח דְּדָחוּ שַׁבָּת, דְּדָחוּ טוּמְאָה מְנָא לַן? אָמְרִי: כִּי הֵיכִי דְּיָלֵיף פֶּסַח מִתָּמִיד לְעִנְיַן שַׁבָּת, הָכִי נָמֵי יָלֵיף תָּמִיד מִפֶּסַח לְעִנְיַן טוּמְאָה.
La Guemara demande : et pour l'agneau pascal lui-même, d'où déduisons-nous que si la majorité du peuple est en état d'impureté, l'offrande est tout de même apportée ? Rabbi Yo'hanan a dit : car le verset dit « Tout homme qui sera impur par un mort (tamé lanefech) [ou en voyage lointain, qu'il fasse Pessa'h pour l'Éternel ; le quatorzième jour du second mois, au crépuscule, ils le feront, ils le mangeront avec des matsot et des herbes amères] » (Bamidbar 9, 10-11). Nous pouvons en déduire qu'un individu seul [ou un petit groupe d'individus] est reporté au second Pessa'h (Pessa'h Chéni) s'il est impur, mais que la communauté entière, ou sa majorité, n'est pas reportée au second Pessa'h ; ils observent plutôt le premier Pessa'h en état d'impureté.
וּפֶסַח גּוּפֵיהּ מְנָא לַן? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דְּאָמַר קְרָא ״אִישׁ אִישׁ כִּי יִהְיֶה טָמֵא לָנֶפֶשׁ״. אִישׁ נִדְחֶה לְפֶסַח שֵׁנִי, וְאֵין צִיבּוּר נִידְחִין לְפֶסַח שֵׁנִי, אֶלָּא עָבְדִי בְּטוּמְאָה.
Rabbi Chimon ben Lakich dit à Rabbi Yo'hanan : ce verset ne peut servir de preuve, car tu peux le comprendre ainsi : un individu seul [ou un petit groupe d'individus] est reporté au second Pessa'h, mais la communauté n'a aucun remède (takana), ni pour le premier Pessa'h ni pour le second Pessa'h !
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אֵימָא, אִישׁ נִדְחֶה לְפֶסַח שֵׁנִי, צִיבּוּר לֵית לְהוּ תַּקַּנְתָּא לָא בְּפֶסַח רִאשׁוֹן וְלָא בְּפֶסַח שֵׁנִי!
Pesachim 66b
100%
פסחים ס״ו במַסֶּכֶת פְּסָחִים