Rabbi Akiva dit à Rabbi Eliézer : ou bien peut-être peut-on inverser l'ordre de ton raisonnement et dire l'inverse : si l'aspersion (hazaa) de l'eau de purification le Chabbat, qui n'est interdite que par décret rabbinique (chevout), ne repousse pas le Chabbat — comme nous le savons par tradition reçue —, alors pour la ché'hita (l'abattage), qui est interdite comme un travail interdit par la Torah (melakha), n'est-il pas juste qu'elle non plus ne repousse pas le Chabbat ?! Il devrait donc être interdit d'abattre l'agneau pascal lorsque la veille de Péssa'h tombe un Chabbat. Rabbi Eliézer lui dit : Akiva, comment peux-tu dire cela ? Tu as ainsi déraciné ce qui est écrit dans la Torah : « Que les enfants d'Israël offrent l'agneau pascal en son temps fixé » (Bamidbar 9, 2) ; l'expression « en son temps fixé (bemoado) » indique que l'offrande doit être apportée ce jour-là, que ce soit un jour de semaine ou un Chabbat.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא, אוֹ חִלּוּף: מָה אִם הַזָּאָה שֶׁהִיא מִשּׁוּם שְׁבוּת — אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת, שְׁחִיטָה שֶׁהִיא מִשּׁוּם מְלָאכָה — אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא תִּדְחֶה אֶת הַשַּׁבָּת?! אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: עֲקִיבָא, עָקַרְתָּ מַה שֶּׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה: ״בְּמוֹעֲדוֹ״, בֵּין בַּחוֹל בֵּין בַּשַּׁבָּת.
Rabbi Akiva lui dit : mon maître, apporte-moi pour ces tâches-là — à savoir le transport de l'animal ou son acheminement depuis l'extérieur des limites du Chabbat (té'houm) — un temps fixé (moéd) énoncé dans la Torah, comme le temps fixé énoncé au sujet de la ché'hita. L'agneau pascal doit être abattu le quatorze Nissan, mais il n'y a pas d'heure fixe à laquelle l'animal doit être amené au Temple ; il est donc possible de le transporter avant le Chabbat. Rabbi Akiva énonça un principe : tout travail interdit requis pour l'offrande du sacrifice qui peut être accompli la veille du Chabbat ne repousse pas le Chabbat ; la ché'hita, qui ne peut être accomplie la veille du Chabbat, repousse le Chabbat.
אָמַר לוֹ: רַבִּי, הָבֵא לִי מוֹעֵד לְאֵלּוּ, כְּמוֹעֵד לַשְּׁחִיטָה. כְּלָל אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: כׇּל מְלָאכָה שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת — אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת. שְׁחִיטָה, שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת — דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת.
Guémara
GUEMARA : Nos maîtres ont enseigné une braïta concernant la loi fondamentale qui régit la veille de Péssa'h tombant un Chabbat : cette halakha fut oubliée par les Bné Bteira, qui étaient les chefs de leur génération. Le quatorze Nissan tomba une fois un Chabbat, et ils oublièrent et ne surent plus si l'agneau pascal repousse le Chabbat ou non. Ils dirent : y a-t-il quelqu'un qui sache si l'agneau pascal repousse le Chabbat ou non ? On leur dit : il y a un certain homme à Jérusalem, monté de Babylonie, et Hillel le Babylonien est son nom ; il a servi les deux plus grands maîtres de la génération, Chemaya et Avtalyon, et il sait certainement si l'agneau pascal repousse le Chabbat ou non. Les Bné Bteira envoyèrent des messagers et le firent appeler. Ils lui dirent : sais-tu si l'agneau pascal repousse le Chabbat ou non ? Il leur dit : n'avons-nous donc qu'un seul agneau pascal dans l'année qui repousse le Chabbat ? N'avons-nous pas bien plus de deux cents « pessa'him », c'est-à-dire de sacrifices, dans l'année qui repoussent le Chabbat ?
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הֲלָכָה זוֹ נִתְעַלְּמָה מִבְּנֵי בְתִירָא. פַּעַם אַחַת חָל אַרְבָּעָה עָשָׂר לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, שָׁכְחוּ וְלֹא יָדְעוּ אִם פֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו. אָמְרוּ: כְּלוּם יֵשׁ אָדָם שֶׁיּוֹדֵעַ אִם פֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו? אָמְרוּ לָהֶם: אָדָם אֶחָד יֵשׁ שֶׁעָלָה מִבָּבֶל וְהִלֵּל הַבַּבְלִי שְׁמוֹ, שֶׁשִּׁימֵּשׁ שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן, וְיוֹדֵעַ אִם פֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו. שָׁלְחוּ וְקָרְאוּ לוֹ, אָמְרוּ לוֹ: כְּלוּם אַתָּה יוֹדֵעַ אִם הַפֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו? אָמַר לָהֶם: וְכִי פֶּסַח אֶחָד יֵשׁ לָנוּ בַּשָּׁנָה שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת? וַהֲלֹא הַרְבֵּה יוֹתֵר מִמָּאתַיִם פְּסָחִים יֵשׁ לָנוּ בַּשָּׁנָה שֶׁדּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת.
Ils lui dirent : d'où le sais-tu ? Il leur dit : « son temps fixé (moado) » est énoncé au sujet de l'agneau pascal, et « son temps fixé (moado) » est aussi énoncé au sujet du sacrifice perpétuel (tamid), car le verset dit : « Ordonne aux enfants d'Israël et dis-leur : mon offrande, l'aliment de mes sacrifices consumés par le feu, en agréable odeur pour moi, vous veillerez à me l'offrir en son temps fixé » (Bamidbar 28, 2). De là nous apprenons que le tamid est apporté même le Chabbat. Ainsi, les sacrifices perpétuels du matin et de l'après-midi sont apportés plus de cinquante Chabbatot au cours de l'année, et deux agneaux sont offerts chaque Chabbat en sacrifices additionnels (moussaf), pour un total de plus de deux cents sacrifices par an qui repoussent le Chabbat. De même que l'expression « son temps fixé », énoncée au sujet du tamid, indique qu'il repousse le Chabbat, de même « son temps fixé », énoncée au sujet de l'agneau pascal, indique qu'il repousse le Chabbat.
אָמְרוּ לוֹ: מִנַּיִן לְךָ? אָמַר לָהֶם: נֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בַּפֶּסַח, וְנֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בַּתָּמִיד: מָה ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בַּתָּמִיד דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, אַף ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בַּפֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת.
Et de plus, c'est un raisonnement a fortiori (kal va'homer) : si le tamid, dont la négligence n'est pas passible de retranchement (karet), repousse le Chabbat, n'est-il pas juste que l'agneau pascal, dont la négligence est passible de karet, repousse le Chabbat ?
וְעוֹד, קַל וָחוֹמֶר הוּא: וּמָה תָּמִיד שֶׁאֵין עָנוּשׁ כָּרֵת דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, פֶּסַח שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת — אֵינוֹ דִּין שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת.
Après que Hillel eut apporté ces preuves, ils l'installèrent aussitôt à la tête [de l'assemblée] et le nommèrent Nassi sur eux, et il exposa les lois de Péssa'h tout ce jour-là. Au cours de son enseignement, il commença à les morigéner [mekanteran] par des paroles. Il leur dit : qu'est-ce qui a causé ceci, que je doive monter de Babylonie et devenir Nassi sur vous ? C'est la paresse qui était en vous, de n'avoir pas servi les deux plus grands maîtres de la génération vivant en Terre d'Israël, Chemaya et Avtalyon.
מִיָּד הוֹשִׁיבוּהוּ בָּרֹאשׁ, וּמִינּוּהוּ נָשִׂיא עֲלֵיהֶם, וְהָיָה דּוֹרֵשׁ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח. הִתְחִיל מְקַנְטְרָן בִּדְבָרִים. אָמַר לָהֶן: מִי גָּרַם לָכֶם שֶׁאֶעְלֶה מִבָּבֶל וְאֶהְיֶה נָשִׂיא עֲלֵיכֶם — עַצְלוּת שֶׁהָיְתָה בָּכֶם, שֶׁלֹּא שִׁמַּשְׁתֶּם שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר, שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן.
Ils dirent à Hillel : notre maître, si quelqu'un a oublié et n'a pas apporté de couteau la veille du Chabbat et ne peut pas abattre son agneau pascal, quelle est la loi ? Puisqu'il aurait pu apporter le couteau avant le Chabbat, il ne peut pas l'apporter le Chabbat ; mais que doit-il faire dans cette situation ? Il leur dit : j'ai jadis entendu cette halakha de mes maîtres, mais je l'ai oubliée. Mais laisse faire Israël : s'ils ne sont pas des prophètes auxquels Dieu a révélé ses secrets, ils sont des fils de prophètes, et feront certainement d'eux-mêmes ce qui est juste.
אָמְרוּ לוֹ: רַבִּי, שָׁכַח וְלֹא הֵבִיא סַכִּין מֵעֶרֶב שַׁבָּת, מַהוּ? אָמַר לָהֶן: הֲלָכָה זוֹ שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי, אֶלָּא הַנַּח לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל, אִם אֵין נְבִיאִים הֵן — בְּנֵי נְבִיאִים הֵן.
Le lendemain, le Chabbat qui était la veille de Péssa'h, celui dont l'offrande pascale était un agneau (talé) prit le couteau et le ficha dans sa laine ; et celui dont l'offrande pascale était un chevreau (guedi), qui n'a pas de laine, le ficha entre ses cornes. Hillel vit l'incident et se souvint de la halakha qu'il avait jadis apprise, et dit : telle est la tradition que j'ai reçue de la bouche de Chemaya et Avtalyon — ce qui signifie que c'est bien là la façon de procéder correcte. Ceci achève le texte de la braïta, et la Guemara va commencer à l'élucider.
לְמָחָר, מִי שֶׁפִּסְחוֹ טָלֶה — תּוֹחֲבוֹ בְּצַמְרוֹ, מִי שֶׁפִּסְחוֹ גְּדִי — תּוֹחֲבוֹ בֵּין קַרְנָיו. רָאָה מַעֲשֶׂה וְנִזְכַּר הֲלָכָה, וְאָמַר: כָּךְ מְקוּבְּלַנִי מִפִּי שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן.
Le Maître a dit plus haut : « son temps fixé (moado) » est énoncé au sujet de l'agneau pascal, et « son temps fixé (moado) » est énoncé au sujet du tamid ; de même que « son temps fixé », énoncée au sujet du tamid, indique qu'il repousse le Chabbat, de même « son temps fixé », énoncée au sujet de l'agneau pascal, indique qu'il repousse le Chabbat. Et d'où dérivons-nous que le tamid lui-même repousse le Chabbat ? Si l'on dit que c'est parce que « en son temps fixé (bemoado) » est écrit à son sujet — « en son temps fixé » est aussi écrit au sujet de l'agneau pascal ! S'il était possible de déduire de cette expression que le sacrifice est offert même le Chabbat, il ne serait pas nécessaire de déduire la loi de l'agneau pascal d'une analogie verbale entre le tamid et l'agneau pascal.
אָמַר מָר: נֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בַּפֶּסַח, וְנֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בְּתָמִיד, מָה ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בַּתָּמִיד דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, אַף ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בַּפֶּסַח דּוֹחֶה שַׁבָּת. וְתָמִיד גּוּפֵיהּ מְנָלַן דְּדָחֵי שַׁבָּת? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב בֵּיהּ ״בְּמוֹעֲדוֹ״ — פֶּסַח נָמֵי הָא כְּתִיב בֵּיהּ ״מוֹעֲדוֹ״!
Il faut plutôt conclure que l'expression « son temps fixé », énoncée au sujet de l'agneau pascal, n'indique pas à Hillel que la Torah aurait été à ce point rigoureuse sur le moment de l'agneau pascal que son abattage repousse le Chabbat. Ici aussi, au sujet du tamid, il faut dire que « son temps fixé » ne lui indique pas qu'il est apporté le Chabbat, et cette expression n'est donc pas la source de cette loi. Bien plutôt, la loi se déduit du verset qui dit : « L'holocauste du Chabbat en son Chabbat, outre l'holocauste perpétuel et sa libation » (Bamidbar 28, 10), d'où l'on peut inférer que l'holocauste perpétuel est apporté même le Chabbat.
אֶלָּא ״מוֹעֲדוֹ״ לָא מַשְׁמַע לֵיהּ. הָכָא נָמֵי ״מוֹעֲדוֹ״ לָא מַשְׁמַע לֵיהּ. אֶלָּא אָמַר קְרָא: ״עוֹלַת שַׁבָּת בְּשַׁבַּתּוֹ עַל עוֹלַת הַתָּמִיד״ — מִכְּלָל [עוֹלָה] דְּתָמִיד קְרֵבָה בְּשַׁבָּת.
La Guemara soulève une autre question : le Maître a dit dans cette même braïta : et de plus, c'est un a fortiori : si le tamid, dont la négligence n'est pas passible de karet, repousse le Chabbat, n'est-il pas juste que l'agneau pascal, dont la négligence est passible de karet, repousse le Chabbat ? La Guemara fait remarquer qu'il y a matière à réfuter la logique de cet argument : qu'y a-t-il d'unique dans le tamid qui lui permette de repousser le Chabbat ? Qu'il est fréquent (tadir), et ce qui est fréquent a toujours la priorité ; et aussi qu'il est entièrement consumé (kalil) sur l'autel, contrairement à l'agneau pascal, dont la majeure partie est mangée par des êtres humains. La Guemara explique ce qui s'est passé : Hillel leur dit d'abord le a fortiori, mais ils le réfutèrent et prouvèrent qu'il n'était pas fiable, comme expliqué ci-dessus ; puis il leur dit l'analogie verbale (guézéra chava), et une analogie verbale repose sur une tradition orale remontant à Moïse au Sinaï et doit être acceptée.
אָמַר מָר: וְעוֹד קַל וָחוֹמֶר, וּמָה תָּמִיד שֶׁאֵין עָנוּשׁ כָּרֵת דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, פֶּסַח שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת — אֵינוֹ דִּין שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. אִיכָּא לְמִיפְרַךְ: מָה לְתָמִיד שֶׁכֵּן תָּדִיר וְכָלִיל. קַל וָחוֹמֶר אֲמַר לְהוּ בְּרֵישָׁא וּפַרְכוּהּ, וַהֲדַר אֲמַר לְהוּ גְּזֵירָה שָׁוָה.
La Guemara demande : mais puisque Hillel avait appris cette analogie verbale de ses maîtres, pourquoi ai-je besoin d'un a fortiori ? Pourquoi a-t-il ajouté un argument logique de son cru, s'il possédait une tradition verbale explicite établissant que telle était la halakha ? La Guemara répond : bien plutôt, il le leur dit à eux, pour montrer qu'ils ne s'étaient pas suffisamment efforcés à clarifier cette halakha : certes, vous n'avez pas appris l'analogie verbale par vous-mêmes, parce que vous avez agi selon le principe selon lequel on n'expose pas une analogie verbale de son propre chef. Comme il n'y a pas de limite aux lois que l'on pourrait extraire par cette méthode de déduction, une telle déduction n'est légitime que si elle a été transmise dans le cadre de la tradition orale ; et apparemment ils n'avaient pas appris cette analogie verbale de leurs maîtres. Mais un a fortiori, que l'on peut déduire de soi-même, vous auriez dû le déduire, et vous auriez alors su résoudre cette question. Ils lui dirent : c'est un a fortiori défectueux (pari'ha), comme nous l'avons montré, car il peut être aisément réfuté.
וְכִי מֵאַחַר דְּגָמַר גְּזֵירָה שָׁוָה, קַל וָחוֹמֶר לְמָה לִי? אֶלָּא לְדִידְהוּ קָאָמַר לְהוּ: בִּשְׁלָמָא גְּזֵירָה שָׁוָה לָא גָּמְרִיתוּ, דְּאֵין אָדָם דָּן גְּזֵירָה שָׁוָה מֵעַצְמוֹ. אֶלָּא קַל וָחוֹמֶר, דְּאָדָם דָּן מֵעַצְמוֹ, אִיבְּעִי לְכוּ לְמֵידָן! אֲמַרוּ לֵיהּ: קַל וָחוֹמֶר פְּרִיכָא הוּא.