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Traité Pesachim

64b

Étude de Pesachim 64b

Étude de la Mishna & Guémara 64b

[Lorsque le quatorze Nissan] tombait un Chabbat, jour où il est interdit de manier les perches [servant à suspendre la bête] (Rambam), [chacun] posait sa main sur l'épaule de son compagnon, et la main de son compagnon sur sa propre épaule, puis [y] suspendait [l'agneau] et l'écorchait. Il fendait [la chair de] l'offrande et en retirait ses émourim, c'est-à-dire les graisses et les autres parties offertes sur l'autel. Il les déposait dans un grand plat [maguis] et les faisait fumer sur l'autel.
שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת, מַנִּיחַ יָדוֹ עַל כֶּתֶף חֲבֵירוֹ, וְיַד חֲבֵירוֹ עַל כְּתֵיפוֹ, וְתוֹלֶה וּמַפְשִׁיט. קְרָעוֹ, וְהוֹצִיא אֶת אֵימוּרָיו. נְתָנוֹ בְּמָגֵיס, וְהִקְטִירָן עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ.
[Si cela] avait lieu un Chabbat, jour où il est interdit de transporter [des objets dans le domaine public], le premier groupe sortait et restait sur le Har haBayit [le mont du Temple] ; le deuxième groupe restait dans le 'Hél [l'enceinte située à l'extérieur de la cour des femmes] ; et le troisième groupe demeurait à sa place [dans la cour]. [Tous attendaient] jusqu'à la tombée de la nuit ; et dès qu'il faisait sombre [et que le Chabbat était terminé], ils sortaient et faisaient rôtir leurs agneaux pascals, chacun à l'endroit où il se trouvait.
יָצְתָה כַּת הָרִאשׁוֹנָה וְיָשְׁבָה לָהּ בְּהַר הַבַּיִת. שְׁנִיָּה בַּחֵיל, וְהַשְּׁלִישִׁית בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת. חָשֵׁיכָה — יָצְאוּ וְצָלוּ אֶת פִּסְחֵיהֶן.
Guémara
GUEMARA : Rabbi Yits'haq dit : le [korban] Pessa'h n'est égorgé qu'en trois groupes d'au moins trente personnes chacun. Quelle en est la raison ? Le verset emploie [trois termes] : « assemblée » (qahal), « communauté » (éda) et « Israël » (Yisraël), [et chacun de ces termes] désigne un groupe d'au moins dix personnes. Nous sommes dans le doute : [faut-il ces trois groupes de dix] tous en même temps (bevat a'hat), ou bien l'un après l'autre (zé a'har zé) ?
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֵין הַפֶּסַח נִשְׁחָט אֶלָּא בְּשָׁלֹשׁ כִּתּוֹת שֶׁל שְׁלֹשִׁים שְׁלֹשִׁים בְּנֵי אָדָם. מַאי טַעְמָא? ״קָהָל״ וְ״עֵדָה״ וְ״יִשְׂרָאֵל״. מְסַפְּקָא לַן אִי בְּבַת אַחַת אִי בְּזֶה אַחַר זֶה,
C'est pourquoi, [afin de satisfaire les deux interprétations possibles,] nous exigeons trois groupes de trente personnes chacun. Car si [l'on dit qu'il les faut] tous en même temps — eh bien, les voici [trente ensemble] ; et si [on les veut] l'un après l'autre — eh bien, les voici [trois groupes]. C'est pourquoi, [en cas de nécessité pressante, quand il n'y a pas assez de monde,] cinquante [personnes] suffisent aussi. [Comment cela ?] Trente entrent et accomplissent [le rite] ; [puis] dix [autres] entrent et dix [du premier groupe] sortent ; [enfin] dix [encore] entrent et dix [autres] sortent. [Ainsi le Pessa'h est égorgé en trois groupes de trente, alors que le nombre total de personnes n'est que de cinquante.]
הִלְכָּךְ בָּעֵינַן שָׁלֹשׁ כִּתּוֹת שֶׁל שְׁלֹשִׁים שְׁלֹשִׁים בְּנֵי אָדָם. דְּאִי בְּבַת אַחַת — הָא אִיכָּא, וְאִי בָּזֶה אַחַר זֶה — הָא אִיכָּא, הִלְכָּךְ בְּחַמְשִׁין נָמֵי סַגִּיא, דְּעָיְילִי תְּלָתִין וְעָבְדִי, עָיְילִי עַשְׂרָה וְנָפְקִי עַשְׂרָה, עָיְילִי עַשְׂרָה וְנָפְקִי עַשְׂרָה.
[La michna enseigne :] « Le premier groupe est entré, [après quoi l'on a fermé les portes de la cour] », etc. Il a été dit [que les Amoraïm ont divergé sur la formulation exacte de la michna]. Abayé dit : nous avons appris [dans la michna] « nin'alou » (elles se sont fermées) — [les portes de la cour se sont fermées d'elles-mêmes, miraculeusement]. Rava dit : nous avons appris « no'alin » (on ferme) — [c'est qu'on fermait les portes de la cour le moment venu].
נִכְנְסָה כַּת רִאשׁוֹנָה וְכוּ׳. אִיתְּמַר, אַבָּיֵי אָמַר: נִנְעֲלוּ תְּנַן. רָבָא אָמַר: נוֹעֲלִין תְּנַן.
Quelle est la différence [pratique] entre eux ? La différence entre eux porte sur le fait de se fier à un miracle (lemismakh anissa). Abayé dit : nous avons appris « elles se sont fermées » — autant de gens qu'il en est entré, entré ; et nous nous fions au miracle [pour que les portes se ferment, afin qu'un nombre excessif de personnes n'entre pas et ne crée pas de danger] (Rabbénou 'Hananel). Rava dit : nous avons appris « on ferme » — et nous ne nous fions pas à un miracle [pour éviter que la cour ne soit surpeuplée].
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ לְמִסְמַךְ אַנִּיסָּא. אַבָּיֵי אָמַר: נִנְעֲלוּ תְּנַן, כַּמָּה דַּעֲיַילוּ מְעַלּוּ, וְסָמְכִינַן אַנִּיסָּא. רָבָא אָמַר: נוֹעֲלִין תְּנַן, וְלָא סָמְכִינַן אַנִּיסָּא.
Et ce que nous avons appris ailleurs dans une michna [au sujet du ban prononcé contre Aqavia ben Mahalalel, pour avoir parlé durement de Chemaya et Avtalion], à savoir que Rabbi Yehouda dit : « À Dieu ne plaise qu'Aqavia ben Mahalalel ait été frappé d'excommunication [ce devait être quelqu'un d'autre], car [même lorsque tout Israël montait à Jérusalem pour la fête,] la cour ne se fermait jamais sur aucun homme d'Israël aussi rempli de sagesse et de crainte de la faute qu'Aqavia ben Mahalalel » — Abayé l'explique selon son opinion, et Rava l'explique selon la sienne. Abayé l'explique selon son opinion [ainsi] : il n'y avait, dans la cour, à l'heure où elle se fermait [d'elle-même], aucun homme d'Israël aussi rempli de sagesse et de crainte de la faute qu'Aqavia ben Mahalalel. Rava, lui, l'explique selon son opinion [ainsi] : il n'y avait, dans la cour, à l'heure où on la fermait, aucun [homme] d'Israël aussi rempli de sagesse et de crainte de la faute qu'Aqavia ben Mahalalel.
וְהָא דִּתְנַן, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: חַס וְשָׁלוֹם שֶׁעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל נִתְנַדָּה, שֶׁאֵין עֲזָרָה נִנְעֶלֶת עַל כׇּל אָדָם בְּיִשְׂרָאֵל בְּחׇכְמָה וּבְיִרְאַת חֵטְא כַּעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל. אַבָּיֵי מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרָבָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ. אַבָּיֵי מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: אֵין בָּעֲזָרָה בְּשָׁעָה שֶׁנִּנְעֲלָה עַל כׇּל אָדָם בְּיִשְׂרָאֵל בְּחׇכְמָה וּבְיִרְאַת חֵטְא כַּעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל: רָבָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: אֵין בָּעֲזָרָה בְּשָׁעָה שֶׁנּוֹעֲלִין אוֹתָהּ עַל כׇּל יִשְׂרָאֵל בְּחׇכְמָה וּבְיִרְאַת חֵטְא כַּעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל.
Nos maîtres ont enseigné : jamais un homme ne fut écrasé dans la cour [par la grande foule], à l'exception d'un seul Pessa'h, du temps de Hillel, où un vieillard y fut écrasé ; et l'on appelait ce [Pessa'h] « le Pessa'h des écrasés » (Pessa'h me'oukhin).
תָּנוּ רַבָּנַן: מֵעוֹלָם לָא נִתְמַעֵךְ אָדָם בָּעֲזָרָה, חוּץ מִפֶּסַח אֶחָד שֶׁהָיָה בִּימֵי הִלֵּל, שֶׁנִּתְמַעֵךְ בּוֹ זָקֵן אֶחָד, וְהָיוּ קוֹרְאִין אוֹתוֹ ״פֶּסַח מְעוּכִין״.
Nos maîtres ont enseigné : une fois, le roi Agrippas voulut porter son regard sur les multitudes [oukhloussin] d'Israël [pour en connaître le nombre]. Il dit au Cohen Gadol [le grand-prêtre] : « Porte ton regard sur les korbanot Pessa'h [compte combien de bêtes sont apportées, afin d'estimer le nombre de personnes]. » [Le Cohen Gadol] préleva un rognon sur chacune [puisque les rognons sont consumés sur l'autel], et l'on y trouva six cent mille paires de rognons, le double [du nombre] de ceux qui sortirent d'Égypte — et cela sans compter [ceux qui étaient] impurs (tamé) ou en route lointaine (derekh re'hoqa) [et qui ne vinrent pas offrir le sacrifice]. Et tu n'as pas un seul Pessa'h pour lequel plus de dix personnes ne se fussent inscrites. Et l'on appelait ce [Pessa'h] « le Pessa'h des denses » (Pessa'h me'oubin), [en raison de la multitude].
תָּנוּ רַבָּנַן: פַּעַם אַחַת בִּיקֵּשׁ אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ לִיתֵּן עֵינָיו בְּאוּכְלוּסֵי יִשְׂרָאֵל. אֲמַר לֵיהּ לְכֹהֵן גָּדוֹל: תֵּן עֵינֶיךָ בַּפְּסָחִים. נָטַל כּוּלְיָא מִכׇּל אֶחָד, וְנִמְצְאוּ שָׁם שִׁשִּׁים רִיבּוֹא זוּגֵי כְלָיוֹת כִּפְלַיִם כְּיוֹצְאֵי מִצְרַיִם. חוּץ מִטָּמֵא וְשֶׁהָיָה בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה. וְאֵין לָךְ כׇּל פֶּסַח וּפֶסַח שֶׁלֹּא נִמְנוּ עָלָיו יוֹתֵר מֵעֲשָׂרָה בְּנֵי אָדָם. וְהָיוּ קוֹרְאִין אוֹתוֹ ״פֶּסַח מְעוּבִּין״.
[La Guemara interroge un détail du récit :] Il préleva un rognon ? Mais il devait le faire fumer [sur l'autel] ! [La Guemara répond :] [il les prélevait d'abord pour le compte,] puis il les faisait fumer ensuite. [La Guemara objecte :] mais n'est-il pas écrit « et il le fera fumer » (Vayiqra 3, 11) ? [Le singulier « le »] indique qu'il ne doit pas mêler les graisses de l'une [des offrandes] à celles d'une autre [mais qu'il doit faire fumer chaque ensemble séparément] !
נָטַל כּוּלְיָא? הָא בָּעֵי אַקְטוּרַהּ! דַּהֲדַר מַקְטֵיר לְהוּ. וְהָכְתִיב: ״וְהִקְטִירוֹ״, שֶׁלֹּא יְעָרֵב חֲלָבָיו שֶׁל זֶה בָּזֶה!
[La Guemara répond :] [il les faisait ensuite fumer] une à une [et non toutes ensemble]. [La Guemara objecte de nouveau :] mais n'a-t-on pas enseigné [dans une baraïta] que [le pluriel] « et il les fera fumer » (Vayiqra 3, 16) [indique] que [tous les émourim d'une offrande] doivent former un seul tout [être offerts en même temps] ! Plutôt : [lorsque le Cohen Gadol prélevait un rognon pour le compte,] ce n'était qu'une saisie momentanée (tefissa be'alma) — il le prenait d'eux [un instant] jusqu'à ce qu'on lui remît autre chose [à la place, et c'est cet autre objet que l'on comptait ensuite].
דַּהֲדַר מַקְטֵיר לְהוּ חֲדָא חֲדָא. וְהָתַנְיָא ״וְהִקְטִירָם״, שֶׁיְּהֵא כּוּלּוֹ כְּאֶחָד! אֶלָּא: תְּפִיסָה בְּעָלְמָא, דְּשָׁקֵיל מִינַּיְיהוּ עַד דְּיָהֲבִין לֵיהּ מִידֵּי אַחֲרִינָא.
[Il a été dit dans la michna :] « Les Cohanim se tenaient en rangées », etc. [Il y avait des rangées tenant des bassins d'argent et des rangées tenant des bassins d'or, mais aucune rangée ne mêlait or et argent.] Quelle en est la raison ? Si tu dis [que c'est] de peur que [l'on] prenne [un bassin] d'or et [en] rende un d'argent — [cela n'écarte pas la crainte ;] de même [dans une rangée tout en or], [il y a à craindre que] l'on prenne [un bassin] de deux cents [dinars] et [en] rende un de cent [dinars] ! (Rid) Plutôt : [c'est qu']ainsi [tous les bassins d'une rangée étant de même métal] c'est plus beau (chappir tefé).
כֹּהֲנִים עוֹמְדִין שׁוּרוֹת וְכוּ׳. מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא דִּילְמָא שָׁקְלִי דְּדַהֲבָא וּמְעַיְּילִי דְּכַסְפָּא — הָכִי נָמֵי, דִּילְמָא שָׁקְלִי בַּר מָאתַן וּמְעַיְּילִי בַּר מְאָה! אֶלָּא, דְּהָכִי שַׁפִּיר טְפֵי.
Pesachim 64b
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פסחים ס״ד במַסֶּכֶת פְּסָחִים