Et de plus, la disqualification qui résulte d'un changement de sainteté [chinnouï qodech] s'applique aussi après la mort [du propriétaire] : si quelqu'un a consacré un sacrifice puis est mort, son fils doit apporter le sacrifice à sa place, et celui-ci peut être invalidé par un changement de sainteté ; et elle s'applique aux sacrifices communautaires comme à ceux d'un particulier. Mais peux-tu nécessairement dire la même chose à propos d'un changement de propriétaire [chinnouï beʿalim], qui ne possède pas ces caractéristiques ? Car sa disqualification n'est pas dans le corps [du sacrifice] lui-même ; et elle ne s'applique pas aux quatre services [du sang], mais seulement à l'aspersion [zeriqa] du sang sur l'autel ; et elle ne s'applique pas après la mort, car une fois le propriétaire mort il n'y a plus de véritable propriétaire du sacrifice, de sorte que si le kohen a l'intention de l'offrir pour quelqu'un d'autre le sacrifice demeure valide ; et elle ne s'applique pas aux sacrifices communautaires comme à ceux d'un particulier, puisqu'il n'est pas possible d'avoir à l'esprit un propriétaire différent, le sacrifice appartenant à la communauté tout entière.
וְיֶשְׁנוֹ לְאַחַר מִיתָה, וְיֶשְׁנוֹ בְּצִבּוּר כְּבַיָּחִיד. תֹּאמַר בְּשִׁינּוּי בְּעָלִים — דְּאֵין פְּסוּלוֹ בְּגוּפוֹ, וְאֵינוֹ בְּאַרְבַּע עֲבוֹדוֹת, וְאֵינוֹ לְאַחַר מִיתָה, וְאֵינוֹ בְּצִבּוּר כְּבַיָּחִיד.
Et bien que deux de ces différences ne soient pas pleinement exactes et puissent être contestées, comme on va l'expliquer, deux au moins sont exactes. La Guemara explique le manque d'exactitude : en quoi le changement de propriétaire est-il différent, au point que sa disqualification soit définie comme n'étant pas dans le corps [du sacrifice] lui-même ? Est-ce parce que sa disqualification résulte d'une simple pensée [ma'hachava] ? Si c'est le cas, on peut dire qu'un changement de sainteté n'est lui aussi qu'une disqualification due à une simple pensée, et non dans le corps même [du sacrifice] ; il n'y a donc pas là de véritable différence.
וְאַף עַל גַּב דְּתַרְתֵּי לָאו דַּוְקָא, תַּרְתֵּי מִיהָא דַּוְקָא. דְּמַאי שְׁנָא שִׁינּוּי בְּעָלִים דְּלָא הָוֵי פְּסוּלוֹ בְּגוּפוֹ — דִּפְסוּלוֹ מַחְשָׁבָה בְּעָלְמָא הִיא. שִׁינּוּי קוֹדֶשׁ נָמֵי — פְּסוּלוֹ מַחְשָׁבָה בְּעָלְמָא הִיא.
Et de plus, à propos de ce qui a été dit, à savoir qu'un changement de propriétaire ne s'applique pas après la mort, il y a la difficulté suivante : selon Rav Pin'has, fils de Rav Ami, qui a dit que la disqualification résultant d'un changement de propriétaire s'applique [bel et bien] après la mort — de sorte que si le sacrifice du défunt a été apporté pour une autre personne, le fils du défunt doit apporter un autre sacrifice au nom de son père — qu'y a-t-il à dire ? [Cette différence-là non plus n'est donc pas exacte.] Quoi qu'il en soit, deux au moins de ces différences sont exactes.
וְתוּ, הָא דְּאָמַר שִׁינּוּי בְּעָלִים אֵינוֹ לְאַחַר מִיתָה, וּלְרַב פִּנְחָס בְּרֵיהּ דְּרַב אַמֵּי דְּאָמַר יֵשׁ שִׁינּוּי בְּעָלִים לְאַחַר מִיתָה, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? תַּרְתֵּי מִיהַת דַּוְקָא נִינְהוּ.
Plutôt — la suggestion de Rav Pappa doit être rejetée — Rava a dit : un agneau pascal [pessa'h] que l'on a abattu durant le reste des jours de l'année avec un changement de propriétaire est considéré comme un sacrifice qui n'a pas de propriétaire. Autrement dit, il est assimilé à un agneau pascal qui aurait été abattu, en son temps propre [la veille de Pessa'h], non pas pour le compte de son propriétaire ; et il est invalide [passoul].
אֶלָּא, אָמַר רָבָא: פֶּסַח שֶׁשְּׁחָטוֹ בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה בְּשִׁינּוּי בְּעָלִים — נַעֲשָׂה כְּמִי שֶׁאֵין לוֹ בְּעָלִים בִּזְמַנּוֹ, וּפְסוּל.
Mishna 1
MICHNA. Si on l'a abattu [l'agneau pascal] pour des gens qui ne peuvent pas le manger, ou pour ceux qui ne s'y sont pas inscrits d'avance pour le manger, ou si on l'a abattu pour des incirconcis [ʿarelim] ou pour des gens en état d'impureté rituelle [teméïm], à qui la Torah interdit de manger l'agneau pascal — il est invalide. En revanche, si on l'a abattu à la fois pour ceux qui peuvent le manger et pour ceux qui ne le peuvent pas ; pour ceux qui s'y sont inscrits et pour ceux qui ne s'y sont pas inscrits ; pour des circoncis et pour des incirconcis ; pour des impurs et pour des purs — il est valide, car une intention partiellement invalide ne disqualifie pas le sacrifice.
מַתְנִי׳ שְׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו, וְשֶׁלֹּא לִמְנוּיָו, לַעֲרֵלִים וְלִטְמֵאִים — פָּסוּל. לְאוֹכְלָיו וְשֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו לִמְנוּיָו וְשֶׁלֹּא לִמְנוּיָו, לְמוּלִים וְלַעֲרֵלִים, לִטְמֵאִים וְלִטְהוֹרִים — כָּשֵׁר.(משנה)
Si on l'a abattu avant la mi-journée ['hatsot], il est invalide, car il est dit : « et toute l'assemblée de la communauté d'Israël l'immolera entre les deux soirs » (Chemot 12, 6). Si on l'a abattu avant le sacrifice quotidien de l'après-midi [tamid], il est valide, à condition qu'une autre personne remue son sang afin de l'empêcher de se figer, jusqu'à ce que le sang du tamid ait été aspergé. Et si le sang de l'agneau pascal a été aspergé avant celui du tamid, il est néanmoins valide, car ce changement ne disqualifie pas le sacrifice.
שְׁחָטוֹ קוֹדֶם חֲצוֹת — פָּסוּל, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״. שְׁחָטוֹ קוֹדֶם לַתָּמִיד — כָּשֵׁר, וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא אַחֵר מְמָרֵס בְּדָמוֹ עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַתָּמִיד. וְאִם נִזְרַק — כָּשֵׁר.
Guémara
GUEMARA. Nos maîtres ont enseigné dans la Tossefta : comment cela, le cas où on l'abat pour des gens qui ne peuvent pas le manger ? C'est le cas où on l'a abattu pour le compte d'un malade ['holé] ou pour le compte d'un vieillard [zaqén] incapable de manger ne serait-ce qu'une quantité grosse comme une olive [kazaït] de l'agneau pascal. Comment cela, le cas où on l'abat pour des gens qui ne s'y sont pas inscrits ? C'est le cas où un groupe ['havoura] s'y est inscrit, et où on l'a abattu pour le compte d'un autre groupe.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו? לְשׁוּם חוֹלֶה אוֹ לְשׁוּם זָקֵן. כֵּיצַד שֶׁלֹּא לִמְנוּיָו? נִמְנוּ עָלָיו חֲבוּרָה זוֹ, וּשְׁחָטוֹ לְשֵׁם חֲבוּרָה אַחֶרֶת.
La Guemara demande : d'où ces enseignements, qui ne sont pas explicitement écrits dans la Torah, sont-ils tirés ? La Guemara répond : ainsi que nos maîtres l'ont enseigné à propos du verset : « et si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, alors lui et son voisin proche de sa maison en prendront un selon le nombre [be-mikhsat] des personnes ; chacun selon ce qu'il mange, vous compterez pour l'agneau » (Chemot 12, 4). « Selon le nombre [be-mikhsat] » enseigne que l'agneau pascal n'est abattu que pour ceux qui s'y sont inscrits. Tout se fait selon le nombre des gens qui se sont inscrits avant l'abattage.
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״בְּמִכְסַת״ — מְלַמֵּד שֶׁאֵין הַפֶּסַח נִשְׁחָט אֶלָּא לִמְנוּיָו,
J'aurais pu penser que, si on l'a abattu pour ceux qui ne s'y sont pas inscrits, on serait considéré comme ayant transgressé un commandement, mais que néanmoins le sacrifice serait valide a posteriori. C'est pourquoi la Torah enseigne cette loi par la double formulation « selon le nombre [be-mikhsat]… vous compterez [takhossou] » ; l'Écriture l'a répété pour rendre cette exigence indispensable [le-ʿakkév], de sorte que le sacrifice est disqualifié s'il est abattu pour ceux qui ne s'y sont pas inscrits.
יָכוֹל שְׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לִמְנוּיָו יְהֵא כְּעוֹבֵר עַל הַמִּצְוָה וְכָשֵׁר — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּמִכְסַת ... תָּכֹסּוּ״, הַכָּתוּב שָׁנָה עָלָיו לְעַכֵּב.
Rabbi [Yehouda haNassi] dit : le terme « vous compterez [takhossou] » est de l'araméen [lachon soursi], comme celui qui dit à son prochain : « abats [kos] pour moi cet agneau » — pour enseigner que l'inscription doit avoir lieu avant l'abattage.
רַבִּי אוֹמֵר: לָשׁוֹן סוּרְסִי הוּא, כְּאָדָם שֶׁאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״כּוֹס לִי טָלֶה זֶה״.
Nous avons trouvé une source pour la halakha selon laquelle un agneau pascal abattu pour ceux qui ne s'y sont pas inscrits est invalide. Mais d'où déduisons-nous la halakha selon laquelle il est pareillement invalide s'il est abattu pour ceux qui ne peuvent pas le manger ? La Guemara répond que le verset dit : « chacun selon ce qu'il mange, vous compterez » — ceux qui le mangent sont juxtaposés, et par là assimilés [itqach], à ceux qui s'y sont inscrits. Cela enseigne que, de même que le sacrifice est disqualifié s'il est abattu pour ceux qui ne s'y sont pas inscrits, de même il est disqualifié s'il est abattu pour ceux qui ne peuvent pas le manger.
אַשְׁכְּחַן שֶׁלֹּא לִמְנוּיָו, שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו מְנָא לַן? אָמַר קְרָא ״אִישׁ לְפִי אׇכְלוֹ תָּכוֹסּוּ״, אִיתַּקַּשׁ אוֹכְלִין לִמְנוּיִין.
Rachi
וישנו לאחר מיתה - מת בנו מביא קרבן אביו ואם שחטו שלא לשמו לא עלה לשם חובה ואחריות הקרבן מוטל על נכסי המת וצריך להביא אחר וישנו בקרבן צבור כקרבן יחיד:,אבל בשינוי בעלים - מחשב בדבר אחר הוא ואינו בארבע עבודות בשאר זבחים דלאו פסח דלאו עיקרן לאכילה אתי אלא לכפרה לא שייך שינוי בעלים אלא בזריקה שאין לו בקרבן אלא כפרתו וכפרה ליתא אלא בזריקה וכי מרבינן שאר עבודות לפוסלה בשינוי בעלים בפ"ק דזבחים לא מרבינן אלא שוחט להתכפר אחר בזריקת דמו או מוליך או מקבל לזרוק לשם אחר או זרק ממנו לשם אחר אבל שוחט לשם אחר שתהא השחיטה לבדה לשם אחרים אבל בשעת שחיטה אין דעתו על הזריקה אלא לבעליו כשר והכי אמרי' התם אמר רב אשי ק"ו ומה אם במקום שאמר הריני שוחט לשם פלוני דכשר שחטו לזרוק לשם פלוני פסול מקום שאם אמר כו' ש"מ מיהא דאין מחשבת שינוי בעלים בשאר עבודות אא"כ מחשבין באחת מהן על מנת לזרוק אבל בשינוי קודש שחט שלא לשמו פסול דכתיב זבח שלמים זביחה לשם שלמים וכן בחטאת ושחט אותה לחטאת וכן פסח זבח פסח הוא ומיהו ודאי פסח שעיקרו לבעליו ליאכל בא שחטו שלא לשם בעליו להאכילו למנויין אחרים פסול כדקתני מתני' שחטו שלא למנויו פסול וע"כ בחישב על השחיטה לחודא קאמר לא על מנת לזרוק מדאיפלגו בה אמוראי בגמרא שחטו למולין על מנת שיתכפרו בו ערלים מכלל דשחטו לערלים דמתניתין במחשב על השחיטה קאמר ושלא למנויו דומיא דלערלים דהא גבי הדדי קתני להו:,ואינו לאחר מיתה - דאין שם בעליו עליו מאחר שמת ואם שינה שמו כשר:,ואינו בצבור - דלשם מי ישנה אותו שלא יהא בעליו אם לשם נכרים לא מיפסיל כדאמרי' התם ולקמן בשמעתין דאין שנוי בעלים פוסל אא"כ שינהו למחויב כפרה כמותו דיליף מלכפר עליו עליו ולא על חבירו אלמא שינוי בעלים פסול בחבירו דומיא דידיה ומחויב כפרה כמותו ואי לא לא פסיל:
ואע"ג דתרתי - מהנך פירכי:,לאו דווקא - כלומר לאו פירכי נינהו תרתי מיהא דווקא ומפרש ואזיל הי תרתי לאו דווקא: פסול מחשבה לא מיקרי פסול הגוף:
ולרב פנחס - בפ"ק דזבחים אמרה:,יש בעלים לאחר מיתה - ואם שחטו לשם בעלים אחרים צריך היורש להביא אחר:
כמי שאין לו בעלים - כמי ששחטו בזמנו שלא לשם בעלים ואני שמעתי שינוי בעלים אינו בזריקה כדאמרי' אין מחשבת אוכלים בזריקה ואי אפשר לומר כן דמחשבת שלא לאוכליו מנויין עליו הן ובשחיטה הוא דגלי רחמנא ולא בשאר עבודות אבל מחשבת שלא למנויו דהיינו שינוי בעלים עיקרה בזריקה הוא כדיליף לקמן בשמעתין בזריקה וכפר עליו ולא על חבירו:
מתני' לאוכליו ושלא לאוכליו כשר - דמקצת אוכלין לא פסלי ולקמן מפרש טעמא:
ממרס בדמו - שלא יקרוש כדי שיהא ראוי לזריקה:,ואם נזרק - קודם לתמיד כשר דאע"ג דאמרן (לעיל פסחים ד' נט.) יאוחר דבר שנאמר בו בערב ובין הערבים וגו' לא מיפסיל בהכי:
גמ' מכסת - לשון מנויין כמו את מכסת הערכך (ויקרא כ״ז:כ״ג):
סורסי - ארמי חכמי האומות קורין לו לינג"א שוריי"א (שפה סורית) :,כוס - שחוט למימרא דבשעת שחיטה צריך להתכוין למנויו:
לפי אכלו - הראוי לאכול פרט לחולה ולזקן ולערל ואפילו הן מנויין:
Tossafot
וישנו לאחר מיתה - ושינוי בעלים אינו לאחר מיתה שמא משום דכתיב לכפר עליו ולא על חבירו ומת לאו בר כפרה גמורה הוא אלא שנתחייב להביאו והך דשמעתין אתיא להדיא כמ"ד שיעבודא דאוריי' וכרב אסי אמר רב בפ"ק דקדושין (ד' יג:) דמוקי הא דתנן האשה שמתה יביאו יורשין עולתה אע"פ שלא הפרישתה מחיים אבל לרב יהוד' אמר שמואל דאמר והוא שהפרישתה מחיים אבל לא הפרישתה לא משום דשיעבודא לאו דאורייתא לכאורה אינו נפקותא בין שינוי קודש לשינוי בעלים דלאחר מיתה כיון דבשינוי קודש [נמי] אין היורש חייב להפריש אחר תחתיו ומיהו י"ל דנ"מ אם הפרישו בעלים שתי עולות לאחריות שאם תפסל האחת יביא השניה ואם לאו תהא השניה חולין אי נמי שינוי קודש אסור לשנות אחר מיתה דאמר בריש זבחים (ד' ב:) ונדבה מי שרי לשנויי בה אבל שינוי בעלים ליכא אפי' איסור כיון דאינו לאחר מיתה:
נעשה כמי שאין לו בעלים בזמנו ופסול - תימה לר"י ל"ל למימר נעשה כיון דתרתי דוקא לימא דפסול משום דאין כאן עקירה ואי לא חייש להני פירכי וסבר דדמי לשינוי קודש הואיל ופוסלו בזמנו וחשיב עקיר' א"כ אמאי הוי כמי שאין לו בעלים בזמנו הלא בשינוי קודש לא חשבי' משנה כבזמנו לפסול ואור"י דהכי פי' אפי' ליתנהו להנהו פירכי מ"מ לא הוי עקירה דנעשה כפסח בזמנו שמתו בעליו דאמר בסוף אלו דברים (פסחים ד' עג:) דבעי עקירה וכששחטו סתם פסול אע"פ שהוא כמפרש שלא לשם בעליו שהרי מתו ה"נ שלא בזמנו שינוי בעלי' לא חשיב עקירה וכן מוכיח הלשון דקאמר שאין לו בעלים ולא קאמר כמי ששחטו בשינוי בעלים:
רבי אומר לשון סורסי הוא זה - אור"י דרבי לא פליג את"ק ומודה דאיכא עיכובא באוכליו ומנויו ואינו אלא מפרש דבריו דלא פסלי אוכליו ומנויו אלא בשחיטה וכן משמע בכיצד צולין (ד עח:) דמסיק רב דאמר אכילה לא מעכבי כרבי נתן ולא קאמר כר' והיינו משום דלפרושי אתא כדפי':
לאוכליו מנא לן - אור"י דערלים וטמאים כולהו נפקי מהאי קרא דאיש לפי אכלו דכיון דלא מצו אכלי ליה חשיבי כולהו שלא לאוכליו וכן משמע בפ"ב דזבחים (ד' כב:) דקאמר קסברי זקני דרום טמא משלח קרבנותיו פי' פסח והתניא במכסת נפשות מכאן שאין הפסח נשחט אלא למנויו ואיתקש אוכליו למנויו משמע בהדיא דטמא נפקא לן מאיש לפי אכלו:,ואיתקש אוכליו למנויו - תימה לר"י א"כ מה מנויו פסלי בד' עבודות דהיינו שינוי בעלים אף אוכליו יפסלו בד' עבודות ובשאר קרבנות נמי יפסלו במנויו וי"ל דשלא למנויו אין זה שינוי בעלים דשינוי בעלים לא פסיל אלא בזריקה כגון שוחט או מקבל ומוליך על מנת לזרוק לשם אחרים או זורק לשם אחרים אבל שוחט ומקבל ומוליך לשם אחרים כשר דמוכפר עליו נפקא לן ושלא למנויו היינו שוחט שלא למנויו ולא פסיל אלא בשחיטה דווקא כדכתיב תכוסו ודווקא בפסח ולא בשאר קרבנות וא"ת ונימא הואיל וגלי שלא לאוכליו בשחיטה ה"ה בשאר עבודות כדאי' בפ"ק דזבחים (ד' ז:) פסח שלא לשמו מזבח פסח שאר עבודות מנא לן הואיל וגלי גלי ואור"י דלא דמי כיון דגלי בכל הקרבנות דלא עלו לבעלים לשם חובה וגבי פסח אשכחן פסול בחד מינייהו אין לנו לחלק:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.