Guémara
Le moment de la destruction (hachbatat) du levain (séor) est juxtaposé au moment où la consommation de pain levé ('hamets) est interdite. Lorsque l'interdiction de manger du 'hamets entre en vigueur, l'obligation de détruire le levain est elle aussi en vigueur. Et de plus, le moment de l'interdiction de manger du pain levé est juxtaposé au moment de la consommation de la matsa, car son interdiction prend effet à partir du moment où la mitsva de manger de la matsa prend effet.
דְּהָא אִיתַּקַּשׁ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ, וַאֲכִילַת חָמֵץ לַאֲכִילַת מַצָּה.
La Guemara développe : la destruction du levain est juxtaposée à la consommation du pain levé, car ils apparaissent dans le même verset, ainsi qu'il est écrit : « Sept jours, on ne trouvera pas de levain (séor) dans vos maisons, car quiconque mange du levé ('hamets), cette âme-là sera retranchée de la communauté d'Israël » (Chemot 12, 19).
הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר לַאֲכִילַת חָמֵץ, דִּכְתִיב: ״שִׁבְעַת יָמִים שְׂאֹר לֹא יִמָּצֵא בְּבָתֵּיכֶם כִּי כָּל אֹכֵל מַחְמֶצֶת וְנִכְרְתָה״.
Et l'interdiction de manger du pain levé est juxtaposée à la consommation de la matsa, car tous deux apparaissent dans le même verset, ainsi qu'il est écrit : « Vous ne mangerez rien de levé (ma'hmétset) ; dans toutes vos demeures vous mangerez des matsot, etc. » (Chemot 12, 20) ; et il est écrit à propos de la matsa : « Au soir, vous mangerez des matsot » (Chemot 12, 18). Puisque la halakha selon laquelle le 'hamets est interdit la première nuit de Pessa'h se déduit de cette source, il n'est pas besoin d'une déduction supplémentaire.
וַאֲכִילַת חָמֵץ לַאֲכִילַת מַצָּה, דִּכְתִיב: ״כָּל מַחְמֶצֶת לֹא תֹאכֵלוּ בְּכֹל מוֹשְׁבֹתֵיכֶם תֹּאכְלוּ מַצּוֹת (וְגוֹ׳)״, וּכְתִיב בֵּיהּ בְּמַצָּה: ״בָּעֶרֶב תֹּאכְלוּ מַצּוֹת״.
La Guemara demande : et dis donc que le verset « Mais au premier jour, vous ferez disparaître le levain de vos maisons » vient inclure la nuit du quatorze dans l'obligation de détruire le levain, ce qui signifierait que l'on doit détruire tout le 'hamets de sa maison dès la nuit du quatorze ? La Guemara rejette cette suggestion : cela n'est pas possible, car il est écrit « au jour (bayom) ».
וְאֵימָא לְרַבּוֹת לֵיל אַרְבָּעָה עָשָׂר לְבִיעוּר? ״בַּיּוֹם״ כְּתִיב.
La Guemara continue à demander : et dis donc que le levain doit être détruit dès le matin (mitsafra) du quatorze ! La Guemara répond : cela aussi est incorrect, car le verset dit « Mais (akh) au premier jour » ; et le mot « akh » divise. La connotation du mot « akh » est restrictive. Dans ce contexte, il enseigne que le 'hamets est interdit non pas pour le jour entier, mais seulement pour une partie de celui-ci. On n'est tenu de détruire le levain que pour la seconde moitié du quatorze Nissan, et non pour la première moitié de la journée.
וְאֵימָא מִצַּפְרָא! ״אַךְ״ חִלֵּק.
L'école de Rabbi Yichmaël enseigna : nous avons trouvé que le quatorzième jour est appelé « premier (richon) », ainsi qu'il est dit : « Au premier (barichon), le quatorzième jour du mois » (Chemot 12, 18). Rav Na'hman bar Yits'hak dit : il ressort du verset lui-même qu'il s'agit de la destruction du levain le quatorze, car « richon » signifie « antérieur ». Dans ce contexte, « premier » désigne le jour qui précède les autres, c'est-à-dire la veille du début de la fête, ainsi que le verset l'a dit : « Es-tu né le premier (richon) des hommes ? Ou as-tu été enfanté avant les collines ? » (Iyov 15, 7). Sur la base du parallélisme entre les deux parties du verset, le mot « richon » signifie ici « avant », celui qui précède tous les autres.
דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תָּנָא: מָצִינוּ אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁנִּקְרָא רִאשׁוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרִאשׁוֹן בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: רִאשׁוֹן — דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע, דְּאָמַר קְרָא: ״הָרִאשׁוֹן אָדָם תִּוָּלֵד״.
La Guemara demande : mais s'il en est ainsi, considère un verset écrit à propos de Soukkot : « Vous prendrez pour vous au premier (barichon) jour le fruit d'un arbre magnifique, des branches de palmier, des rameaux d'arbres touffus et des saules de torrent » (Vayikra 23, 40). De même, en ce cas, « harichon » signifierait-il le jour qui précède la fête ? Or il est clair que l'on n'est pas tenu de prendre les quatre espèces le quatorze Tichri, veille de Soukkot.
אֶלָּא מֵעַתָּה, ״וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן״, הָכִי נָמֵי רִאשׁוֹן דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע?
La Guemara rejette cette objection. Là, c'est différent, car il est écrit immédiatement après : « Vous vous réjouirez devant l'Éternel votre Dieu sept jours » (Vayikra 23, 40). De même que le septième de ces sept jours est le septième jour de la fête, de même le premier de ces jours est le premier jour de la fête elle-même, et non le jour précédant Soukkot. En revanche, là où ce n'est pas dit explicitement, « richon » signifie le jour qui précède la fête.
שָׁאנֵי הָתָם, דִּכְתִיב: ״וּשְׂמַחְתֶּם לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֵיכֶם שִׁבְעַת יָמִים״, מָה ״שְׁבִיעִי״ — שְׁבִיעִי לֶחָג, אַף ״רִאשׁוֹן״ — רִאשׁוֹן לֶחָג.
La Guemara soulève une difficulté. Ici aussi, à propos de Pessa'h, il est écrit : « Mais au premier (harichon) jour, vous ferez disparaître le levain de vos maisons » ; « pendant sept jours, vous mangerez des matsot » (Chemot 12, 15). De même que « septième » désigne ici le septième jour de la fête, de même « richon » devrait désigner le premier jour de la fête. La Guemara répond : s'il en était ainsi, que le verset écrive « richon » [sans article] ; pourquoi ai-je besoin de l'ajout de l'article défini, « harichon » ? Apprends-en, comme nous l'avons dit : « harichon » signifie le jour qui précède la fête.
הָכָא נָמֵי כְּתִיב: ״אַךְ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן תַּשְׁבִּיתוּ שִׁבְעַת יָמִים מַצּוֹת תֹּאכֵלוּ״! אִם כֵּן, נִכְתּוֹב קְרָא ״רִאשׁוֹן״, ״הָרִאשׁוֹן״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִכְדַאֲמַרַן.
La Guemara soulève une objection : s'il en est ainsi, là aussi, à propos de Soukkot, pourquoi ai-je besoin que le verset dise « harichon » ? Et de plus, là il est écrit : « Au premier (harichon) jour, repos solennel (chabbaton), et au huitième jour, repos solennel » (Vayikra 23, 39). Ici aussi, dis que « premier » signifie « antérieur », le jour précédant la fête ? La Guemara rejette cette suggestion : c'est différent là, car le verset a dit « et au huitième jour, repos solennel », d'où l'on peut déduire que, de même que « huitième » signifie le huitième jour de la fête, de même « richon » désigne le premier jour de la fête.
אִי הָכִי הָתָם נָמֵי, ״הָרִאשׁוֹן״ לְמָה לִי? וְתוּ, הָתָם דִּכְתִיב: ״בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן שַׁבָּתוֹן וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי שַׁבָּתוֹן״, אֵימַר ״רִאשׁוֹן״ דְּמֵעִיקָּרָא מַשְׁמַע? שָׁאנֵי הָתָם דְּאָמַר קְרָא: ״וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי שַׁבָּתוֹן״, מָה ״שְׁמִינִי״ — שְׁמִינִי דְּחַג, אַף ״רִאשׁוֹן״ — רִאשׁוֹן דְּחַג.
La Guemara répète sa question précédente : pourquoi ai-je besoin que le verset dise « harichon » ? La Guemara répond : l'article défini vient exclure les jours intermédiaires de la fête ('hol hamo'ed). Il n'est pas interdit d'accomplir un travail durant ces jours, car la sainteté pleine et entière de la fête ne s'applique pas à eux. La Guemara dit : le statut des jours intermédiaires se déduit [déjà] des mots « premier » et « huitième ». Le fait que le verset ne mentionne comme fêtes que le premier et le huitième jour indique clairement que les jours qui les séparent ne sont pas des fêtes.
״הָרִאשׁוֹן״ לְמָה לִי? לְמַעוֹטֵי חוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד. חוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד מֵ״רִאשׁוֹן״ וּ״שְׁמִינִי״ נָפְקָא!
La Guemara répond : néanmoins, un verset particulier était nécessaire pour exclure les jours intermédiaires de la fête, car autrement il aurait pu te venir à l'esprit de dire que, puisque le Miséricordieux (Ra'hamana) écrit « et au huitième jour », le principe « le vav ajoute au sujet précédent » s'applique. Lorsqu'une expression commence par la conjonction vav, qui signifie « et », elle est la continuation du sujet précédent plutôt qu'un nouveau thème. Sur la base de ce principe, j'aurais pu dire que l'on doit traiter même les jours intermédiaires comme des jours de fête à part entière. C'est pourquoi l'article défini nous enseigne qu'il n'en est pas ainsi.
אִיצְטְרִיךְ: סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא, הוֹאִיל דִּכְתַב רַחֲמָנָא: ״וּבַיּוֹם הַשְּׁמִינִי״, וָיו מוֹסִיף עַל עִנְיָן רִאשׁוֹן, דַּאֲפִילּוּ בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד, קָא מַשְׁמַע לַן.