AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

56b

Étude de Pesachim 56b

Étude de la Guémara 56b

Guémara
De qui as-tu entendu qu'il a dit « ils ont réprimandé » et « ils n'ont pas réprimandé » ? C'est Rabbi Yehouda, tandis que Rabbi Méir, lui, emploie l'expression « avec l'assentiment » et « sans l'assentiment ». Or [la baraïta] enseigne au nom de Rabbi Yehouda : « ils moissonnaient avec l'assentiment des Sages » [ce qui contredit son propre style] ! La Guemara répond par une question : Et selon ton raisonnement, ces activités énumérées dans la michna, pour lesquelles les Sages ne les ont pas réprimandés, sont en réalité au nombre de quatre — greffer les palmiers, lier le Chema, moissonner et entasser — et non de trois, comme il est dit [dans la michna] ! Plutôt, retire d'ici la moisson : la moisson ne doit pas figurer parmi les activités pour lesquelles les Sages ne les ont pas réprimandés.
מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר ״מִיחוּ״ וְ״לֹא מִיחוּ״ — רַבִּי יְהוּדָה. וְקָתָנֵי: קוֹצְרִין בִּרְצוֹן חֲכָמִים! וְלִיטַעְמָיךְ, הָנֵי אַרְבְּעָה הֲוָה! אֶלָּא: סְמִי מִיכָּן קְצִירָה.
[La michna enseigne que les gens de Jéricho] permettaient l'usage des rameaux consacrés (hekdech) du caroubier et du sycomore. La Guemara explique la raison : ils disaient : nos pères n'ont consacré que les troncs, et nous pouvons donc permettre les rameaux consacrés qui ont poussé sur les branches du caroubier et du sycomore. La Guemara précise que nous traitons ici de la croissance survenue par la suite, et [les gens de Jéricho] sont d'avis comme celui qui dit : il n'y a pas de détournement (meïla) de bien consacré pour ce qui pousse ensuite. Et les Sages (Rabbanan) sont d'avis : certes, il n'y a pas de détournement, mais en tout cas il y a [tout de même] une interdiction.
וּמַתִּירִין גַּמְזִיּוֹת שֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁל חָרוּב וְשֶׁל שִׁקְמָה. אָמְרוּ: אֲבוֹתֵינוּ לֹא הִקְדִּישׁוּ אֶלָּא קוֹרוֹת, וְאָנוּ נַתִּיר גַּמְזִיּוֹת שֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁל חָרוּב וְשֶׁל שִׁקְמָה. וּבְגִידּוּלִין הַבָּאִין לְאַחַר מִכָּאן עָסְקִינַן, וְסָבְרִי לַהּ כְּמַאן דְּאָמַר: אֵין מְעִילָה בְּגִידּוּלִין. וְרַבָּנַן סָבְרִי: נְהִי דִּמְעִילָה לֵיכָּא, אִיסּוּרָא מִיהָא אִיכָּא.
[La michna enseigne que les gens de Jéricho] ouvraient des brèches [dans leurs jardins, les années de disette, pour que les pauvres prennent les fruits tombés le Chabbat et les jours de fête]. 'Oulla dit au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : Cette controverse [entre les gens de Jéricho et les Sages] porte sur les dattes [qui ne sont plus attachées à l'arbre et] qui sont tombées sur les palmes supérieures [makhbedot]. Les Sages sont d'avis : nous décrétons [l'interdiction de les prendre] de peur qu'on ne grimpe et qu'on ne cueille [des dattes encore attachées à l'arbre]. Et les gens de Jéricho sont d'avis : nous ne décrétons pas de peur qu'on ne grimpe et qu'on ne cueille. Mais pour les dattes [tombées] sur les palmes inférieures [keifin], tout le monde s'accorde à dire que c'est permis.
וּפוֹרְצִין פְּרָצוֹת. אָמַר עוּלָּא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁל מַכְבֵּדוֹת, דְּרַבָּנַן סָבְרִי: גָּזְרִינַן שֶׁמָּא יַעֲלֶה וְיִתְלוֹשׁ, וְאַנְשֵׁי יְרִיחוֹ סָבְרִי: לָא גָּזְרִינַן שֶׁמָּא יַעֲלֶה וְיִתְלוֹשׁ. אֲבָל בְּשֶׁל בֵּין הַכִּיפִּין — דִּבְרֵי הַכֹּל מוּתָּר.
Rava lui dit [à 'Oulla] : Mais ne sont-elles pas mouktsé, [écartées de tout usage,] puisqu'elles ne sont pas préparées comme nourriture avant le Chabbat, étant tombées de l'arbre le Chabbat lui-même ? [Tout objet interdit durant le crépuscule (bein hachemachot) de la veille du Chabbat reste interdit tout le jour, même si les circonstances changent.] Et si tu dis : ces dattes ne sont pas mouktsé, puisqu'elles conviennent à la consommation des corbeaux [domestiques, qui peuvent voler et cueillir celles encore attachées à l'arbre] — eh bien, [au contraire,] ce qui est préparé pour l'usage d'un homme n'est pas considéré comme préparé pour l'usage des chiens, comme nous l'avons appris dans une michna où Rabbi Yehouda dit : si la bête n'était pas déjà une charogne (névéla) la veille du Chabbat [c'est-à-dire si elle était encore vivante], on ne peut la donner aux chiens le Chabbat, car elle n'était pas expressément préparée à cet usage. [Or, du vivant de la bête, celle-ci était préparée à la consommation humaine durant le crépuscule ; et pourtant il est interdit d'en donner la charogne aux chiens.] Ce qui est préparé pour les corbeaux serait-il [a fortiori] considéré comme préparé pour un homme ?!
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְהָא מוּקְצוֹת נִינְהוּ. וְכִי תֵּימָא: הוֹאִיל דַּחֲזֵי לְעוֹרְבִין. הַשְׁתָּא מוּכָן לְאָדָם לָא הָוֵי מוּכָן לִכְלָבִים, דִּתְנַן: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם לֹא הָיְתָה נְבֵילָה מֵעֶרֶב שַׁבָּת — אֲסוּרָה, לְפִי שֶׁאֵינָהּ מִן הַמּוּכָן, מוּכָן לְעוֹרְבִים הָוֵי מוּכָן לְאָדָם?!
[' Oulla] lui dit [à Rava] : Oui [tu as raison sur le premier point] : ce qui est préparé pour la consommation d'un homme n'est pas [pour autant] préparé pour les chiens, car tout ce qui convient à un homme, on ne l'écarte pas de sa pensée [il demeure exclusivement destiné à l'usage de l'homme]. [Mais sur le second point, c'est l'inverse :] ce qui est préparé pour les corbeaux est aussi préparé pour l'usage d'un homme, car tout ce qui convient à un homme, sa pensée se porte dessus. [Bien qu'au départ les dattes ne soient accessibles qu'aux corbeaux, un homme est prêt à manger toute nourriture qui devient accessible.] Telle est la version de 'Oulla de l'enseignement de Rabbi Chimon ben Lakich.
אֲמַר לֵיהּ: אִין, מוּכָן לְאָדָם — לָא הָוֵי מוּכָן לִכְלָבִים, דְּכׇל מִידֵּי דַּחֲזֵי לְאִינִישׁ, לָא מַקְצֵה לֵיהּ מִדַּעְתֵּיהּ. מוּכָן לְעוֹרְבִים — הָוֵי מוּכָן לְאָדָם, כׇּל מִידֵּי דַּחֲזֵי לְאִינִישׁ, דַּעְתֵּיהּ עִלָּוֵיהּ.
Quand Ravin vint [d'Erets Israël à Babylonie], il rapporta [une version différente de] ce qu'avait dit Rabbi Chimon ben Lakich : Cette controverse porte sur les dattes tombées sur les palmes inférieures [keifin], car les Sages sont d'avis : ce qui est préparé pour les corbeaux n'est pas préparé pour un homme ; et les gens de Jéricho sont d'avis : ce qui est préparé pour les corbeaux est préparé pour un homme. Mais pour les dattes sur les palmes supérieures [makhbedot], tout le monde s'accorde à dire que c'est interdit, car nous décrétons de peur qu'on ne grimpe et qu'on ne cueille.
כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁל בֵּין כִּיפִּין, דְּרַבָּנַן סָבְרִי: מוּכָן לְעוֹרְבִים — לָא הָוֵי מוּכָן לְאָדָם, וְאַנְשֵׁי יְרִיחוֹ סָבְרִי: מוּכָן לָעוֹרְבִים — הָוֵי מוּכָן לְאָדָם, אֲבָל בְּשֶׁל מַכְבֵּדוֹת — דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר, גָּזְרִינַן שֶׁמָּא יַעֲלֶה וְיִתְלוֹשׁ.
[La michna enseigne que les gens de Jéricho] laissaient la péa (le coin du champ pour les pauvres) au légume. La Guemara demande : Mais les gens de Jéricho ne souscrivent-ils pas à ce que nous avons appris dans une michna : Une règle générale a été énoncée à propos de la péa : tout ce qui est nourriture, qui est gardé [non abandonné], dont la croissance vient de la terre, dont la cueillette se fait en une seule fois, et que l'on rentre pour le conserver — est soumis [à l'obligation] de la péa ?
וְנוֹתְנִין פֵּיאָה לַיָּרָק. וְלֵית לְהוּ לְאַנְשֵׁי יְרִיחוֹ הָא דִּתְנַן, כְּלָל אָמְרוּ בַּפֵּיאָה: כׇּל שֶׁהוּא אוֹכֶל, וְנִשְׁמָר, וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ, וּלְקִיטָתוֹ כְּאַחַת, וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם — חַיָּיב בְּפֵיאָה.
La Guemara détaille chaque critère de la michna. « Tout ce qui est nourriture » — cela vient exclure les repousses (sefi'him) de pastel (setis) et de carthame (kotsa) [ces plantes servent à teindre et non à se nourrir ; on n'en prélève donc pas la péa]. « Qui est gardé » — cela vient exclure les produits sans propriétaire (hefker). « Dont la croissance vient de la terre » — cela vient exclure les truffes (kemehin) et les champignons (pitriyot), qui, à la différence des autres plantes, ne tirent pas leur subsistance de la terre. « Dont la cueillette se fait en une seule fois » — cela vient exclure le figuier, dont les fruits se cueillent sur une longue période, les figues ne mûrissant pas ensemble. « Et que l'on rentre pour le conserver » — cela vient exclure les légumes, qui ne peuvent se conserver longtemps.
״כׇּל שֶׁהוּא אוֹכֶל״ — פְּרָט לִסְפִיחֵי סְטִיס וְקוֹצָה. ״וְנִשְׁמָר״ —פְּרָט לְהֶפְקֵר. ״וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ״ — פְּרָט לִכְמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת. ״וּלְקִיטָתָן כְּאַחַת״ — פְּרָט לִתְאֵנִים. ״וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם״ — פְּרָט לְיָרָק.
Rav Yehouda dit au nom de Rav : Ici, nous traitons de têtes de navet [c'est-à-dire des feuilles du navet], qui peuvent se conserver longtemps, et [les gens de Jéricho et les Sages] divergent sur [la question de] rentrer le produit pour le conserver par le moyen d'une autre substance. [Les navets ne se conservent pas seuls ; pour les garder, on les met dans du vinaigre ou une substance semblable (Rabbénou 'Hananel).] Un maître [les gens de Jéricho] soutient : la conservation par le moyen d'une autre substance [comme le vinaigre] s'appelle conservation [et l'on est donc tenu à la péa]. Et un maître [les Sages] soutient : cela ne s'appelle pas conservation [et l'on n'est donc pas tenu de prélever la péa sur les navets].
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הָכָא בְּרָאשֵׁי לְפָתוֹת עָסְקִינַן, וּמַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר קָמִיפַּלְגִי. מָר סָבַר: מַכְנִיסוֹ לְקִיּוּם עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר — שְׁמֵיהּ קִיּוּם, וּמָר סָבַר: לָא שְׁמֵיהּ קִיּוּם.
Nos maîtres ont enseigné : À l'origine, on laissait la péa au navet (léfét) et au chou (krouv). Rabbi Yossi dit : même au poireau [kaflot]. Et il a été enseigné dans une autre baraïta : on laissait la péa au navet et au poireau. Rabbi Chimon dit : même au chou.
תָּנוּ רַבָּנַן: בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ נוֹתְנִין פֵּיאָה לְלֶפֶת וְלִכְרוּב, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף לְקַפְלוֹט. וְתַנְיָא אִידַּךְ: הָיוּ נוֹתְנִין פֵּיאָה לְלֶפֶת וּלְקַפְלוֹט, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אַף לִכְרוּב.

Rachi

מאן שמעת ליה - דנקט לישנא דמיחו ולא מיחו ר' יהודה היא דשמעת ליה לעיל:,וליטעמיך - דסבירא לך הא דלעיל דקתני אלו ואלו שלא ברצון חכמים כו' מתרצתא היא דקא רמית אחריתי עליה ליפרכיה מינה ובה דקתני על שלשה לא מיחו וקא חשיב ארבעה מרכיבין וכורכין וקוצרין וגודשין:

ובגידולין - גרסינן:,כמאן דאמר אין מעילה בגידולין - במסכת מעילה (דף יג.):

מחלוקת - דאנשי יריחו ורבנן:,בשל מכבדות - כפות תמרים הן בראש הדקל וכפופות זו אצל זו כעין כלי וכשהתמרים נושרין מקבלות אותן וכיון דגבוה וצריך לעלות על הדקל לנוטלן חיישינן שמא יתלוש מן המחוברות דהוי אב מלאכה:,בשל בין הכיפים - למטה מנופיהן נופות התחתונים וליכא למיחש לתלישה דאין כאן מחוברות:

והא מוקצות נינהו - שמערב שבת בין השמשות היו מחוברות ונמצאו מוקצות מחמת איסור תלישה ומוקצה בין השמשות מוקצה לכל היום:,וכי תימא הואיל וחזו - במחובר לעורבים שיש לו הגדילות בתוך ביתו לגדולה ומותר להעמידם עליהן לאוכלם: ,נבילה שנתנבלה בשבת היתה עומדת בין השמשות לאדם ולא חשיב לה מוכן לגבי כלבים:

ונשמר - שאינו מופקר ומקפידין עליו לשומרו:,ומכניסו לקיום - שמתקיים ימים רבים:

ספיחי סטיס וקוצה - קשין לאכילה אבל סטיס וקוצה שאינם ספיחים חזו לאכילה סטיס מוריקא קרו"ג:,קוצה - וויישר"א:,תאינה אינה מתבשלת כאחת אלא זו גמורה היום ואחרת יוצאה בצידה כל ימות הקיץ:

ראשי לפתות - עלי הלפת מכניסין אותן לקיום על ידי האימהות:

ללפת - לעלין דבאימהות כולי עלמא מודו דהא מתקיימין:

Tossafot

מחלוקת בשל מכבדות - פ"ה כולה שמעתא בנתלשו ביו"ט ודווקא בשל מכבדות דאיכא נמי מחוברות גזרו רבנן שמא יעלה ויתלוש וקשה נהי דלא גזרו בני יריחו בשל מכבדות שמא יעלה ויתלוש תיפוק ליה שמשתמש במחובר דאטו לית להו הא דתנן (ביצה דף לו:) אין עולין באילן וכו' ובין הכיפין נמי אמאי ד"ה מותר הא קמשתמש באילן כדאמר בכירה (שבת דף מה.) אין מניחין נר על גבי דקל שמא ישתמש באילן בשעת נטילתה וכן משמע בעירובין (דף ק.) ובכמה דוכתי ועוד דלא גרע בין הכיפין מביצה שנולדה שהיא על הקרקע דאסרינן בביצה (דף ג.) משום פירות הנושרין וליכא לאוקמא בפחות מג' טפחים דמותר להשתמש דמ"מ ה"ל לפלוגי בבין הכיפין בין פחות מג' טפחים ליותר ונראה לר"י דשמעתא איירי בתלושין מעי"ט במכבדות ובכיפים ומונחים שם בין השמשות וקאמר מחלוקת בשל מכבדות דרבנן אסרי אפילו נפלו לארץ בי"ט כיון דמכבדות איכא נמי מחוברים גזרינן שמא יעלה ויתלוש כיון דבין השמשות היו על האילן אע"פ שהן תלוש ובני יריחו לא גזרו כיון דתלוש מעי"ט אבל בשל בין הכיפין הואיל ולא היו שם מחוברים ליכא למיגזר אטו שמא יעלה ויתלוש ממקום שלא נשרו והשתא א"ש דלא דמי לביצה דהתם שנולד בי"ט גזרינן והכא בנתלשו מעי"ט וקצת תימה איך יכירו בין אותם שנשרו אתמול לאותם שנשרו היום ונשר מן הכיפין לנשר מן המכבדות ופריך והא מוקצה נינהו כיון דהיו בין השמשות על האילן ולא היו ראויות לינטל שלא ישתמש באילן ובירושלמי דס"פ פריך במה אנן קיימין אי בנשרו מעי"ט ד"ה מותרים ואי בי"ט ד"ה אסורים אלא במה קיימין בסתם פי' דבסתם לא שייך למיגזר שמא יעלה ויתלוש אלא דוקא בנשרו ודאי בי"ט והיכא דנשרו ודאי בי"ט אפילו בשל בין הכיפין אסור ופריך והא מוקצות נינהו פי' ספק מוקצות נינהו אבל מ"מ קשה דתיפוק ליה שמשתמש במחובר:

דתנן רבי יהודה אומר אם לא היתה נבילה מע"ש - תימה הא התם לא הוי מוכן לאדם דאסור לשוחטה בשבת ומפרש ה"ר יוסף דממשנה יתירא דייק דלא ה"ל למיתני לפי שאינה מן המוכן כיון דכבר תנא איסורא אלא אפילו היה מוכן שאין מוקצה מחמת איסור לא הוי מוכן לכלבים ור"י מפרש מוכן לאדם היינו שעומדת לאכילת אדם ואע"ג דאין ראויה לאדם לאותה שבת היינו מחמת איסור ולא מחמת הקצאה שלא היה רוצה שיהנה בה אדם ולא אמרינן עמידתה לאדם כעמידתה לכלבים שאלו היתה עומדת לכלבים כמו שעומדת לאדם היתה מותרת כשנתנבלה בשבת דלגבי כלבים ליכא מוקצה מחמת איסור כי יש דברים שראוים לינתן לכלבים חיים כגון עופות וכיוצא בהן ולא אמר דהוי מוכן לכלבים אע"ג דלבסוף הוי מוכן לכלבים אלא אדרבה לפי שסתמא עומד לאדם מקצי ליה מכלבים ה"נ מוכן לעורבים לא הוי מוכן לאדם אע"ג דלבסוף הוי מוכן לאדם:,מוכן לעורבים - אפילו אי לא שרי הכא אלא למי שיש לו עורבים איצטריך בריש ביצה (דף ג.) למיסר פירות הנושרין מטעם גזירה שמא יעלה ויתלוש דלא מצי למימר התם איסורא משום מוקצה שהרי מעמיד שם המשנה בתרנגולת העומדת לאכילה א"כ איסור מוקצה לא שייך בה למיגזר אי לאו משום גזירה שמא יעלה ויתלוש:

כלל אמרו בפיאה כו' - נראה לרבינו תם דמדאורייתא לא מיחייב בפאה אלא זית וכרם ושדה דכתיבי בהדיא בקרא ואחריני תקנתא דרבנן נינהו ושאין מכניסו לקיום לא רצו לתקן פיאה דאינו דבר חשוב ותאינה וכל דדמי לה אף על גב דחשיב איכא בטול עניים לפי שאין לקיטתן כאחד והפסד יתר על הריוח וכמיהין ופטריות הואיל ואין במינו חיובא שאין גדל בקרקע לא תקנו והא דדריש בתורת כהנים יכול שאני מרבה קישואין ודלועין שיהיו חייבין בפיאה תלמוד לומר ובקוצרכם את קציר ארצכם מה קציר שהוא אוכל ונשמר וגידולו מן הארץ אף כל כו' יצאו ירקות כו' אסמכתא בעלמא היא כמו שדורש שם מקרא מעשר ירק אף על גב דהוי דרבנן:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Pesachim 56b
100%
פסחים נ״ו במַסֶּכֶת פְּסָחִים