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Traité Pesachim

54b

Étude de Pesachim 54b

Étude de la Mishna & Guémara 54b

le vêtement d'Adam, le premier homme, fut créé à ce moment [au crépuscule de la veille du premier Chabbat], comme il est dit : « L'Éternel-Dieu fit pour Adam et pour sa femme des tuniques de peau, et les en revêtit » (Béréchit 3, 21).
בִּגְדּוֹ שֶׁל אָדָם הָרִאשׁוֹן.
À propos de la liste des objets créés au crépuscule, la Guemara cite ce que les Sages ont enseigné : sept choses sont cachées aux hommes, et les voici : le jour de la mort ; le jour de la consolation de ses tourments ; la profondeur du jugement [discerner la vérité dans certains litiges] ; l'homme ne sait pas non plus ce qu'il y a dans le cœur de son prochain ; l'homme ne sait pas de quelle manière il gagnera son profit ; on ne sait pas quand la royauté de la maison de David sera rendue à Israël ; et quand la royauté coupable [Rome la méchante] cessera d'exister.
תָּנוּ רַבָּנַן: שִׁבְעָה דְּבָרִים מְכוּסִּים מִבְּנֵי אָדָם, אֵלּוּ הֵן: יוֹם הַמִּיתָה, וְיוֹם הַנֶּחָמָה, וְעוֹמֶק הַדִּין, וְאֵין אָדָם יוֹדֵעַ מָה בְּלִבּוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, וְאֵין אָדָם יוֹדֵעַ בַּמֶּה מִשְׂתַּכֵּר, וּמַלְכוּת בֵּית דָּוִד מָתַי תַּחְזוֹר, וּמַלְכוּת חַיֶּיבֶת מָתַי תִּכְלֶה.
Les Sages ont enseigné sur un sujet semblable : trois choses montèrent dans la pensée [divine] pour être créées, et si elles n'y étaient pas montées, en droit elles auraient dû y monter [car elles sont fondamentales à l'existence du monde] : que le mort se décompose [afin qu'il nécessite une sépulture et que la famille ne souffre pas continuellement de voir le corps] ; que le mort soit oublié du cœur [et que la douleur de la perte s'atténue avec le temps] ; et que la récolte pourrisse [afin qu'on ne puisse pas la thésauriser indéfiniment, ce qui oblige à vendre sa production]. Et certains disent : que la monnaie circule [afin que les gens acceptent l'argent comme moyen de paiement].
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים עָלוּ בְּמַחְשָׁבָה לִיבָּרְאוֹת, וְאִם לֹא עָלוּ — דִּין הוּא שֶׁיַּעֲלוּ: עַל הַמֵּת שֶׁיַּסְרִיחַ. וְעַל הַמֵּת שֶׁיִּשְׁתַּכֵּחַ מִן הַלֵּב. וְעַל הַתְּבוּאָה שֶׁתֵּרָקֵב. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: עַל הַמַּטְבֵּעַ שֶׁיֵּצֵא.
Mishna 1
MICHNA : Cette michna poursuit la discussion précédente sur les coutumes. Dans un lieu où l'on a coutume d'accomplir un travail le neuf av (Ticha beAv), on accomplit un travail ; dans un lieu où l'on a coutume de ne pas accomplir de travail, on n'accomplit pas de travail. Et en tout lieu, les disciples des Sages (talmidei 'hakhamim) s'abstiennent [de travailler le neuf av, en signe de deuil pour la destruction du Temple]. Rabban Chimon ben Gamliel dit : au sujet du neuf av, qu'un homme se comporte toujours comme un disciple des Sages [et s'abstienne d'accomplir un travail].
מַתְנִי׳ מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בְּתִשְׁעָה בְּאָב — עוֹשִׂין, מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה — אֵין עוֹשִׂין, וּבְכׇל מָקוֹם תַּלְמִידֵי חֲכָמִים בְּטֵלִים. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: לְעוֹלָם יַעֲשֶׂה אָדָם עַצְמוֹ תַּלְמִיד חָכָם.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Chmouel dit : il n'y a pas de jeûne public (taanit tsibour) en Babylonie [où l'on observe toutes les rigueurs d'un jeûne public] hormis le neuf av seulement. Cela revient-il à dire que Chmouel tient [d'après le parallèle qu'il établit] que le neuf av, durant son crépuscule (bein hachemachot), [tout ce qui y est interdit] est interdit ? Mais Chmouel n'a-t-il pas dit : le neuf av, durant son crépuscule, [tout ce qui y est interdit] est permis [les Sages n'ayant rien décrété à ce moment] ? Et si tu dis que Chmouel tient que pour tout jeûne public, durant son crépuscule, [les afflictions] sont permises, n'avons-nous pas appris [dans une michna au sujet d'un jeûne public] : « on mange et on boit tant qu'il fait encore jour » ? [Cette expression] vient exclure quoi ? N'est-ce pas pour exclure le crépuscule [où ces activités seraient interdites] ? Non, c'est pour exclure [le temps] à partir de la tombée de la nuit [où les afflictions sont assurément en vigueur].
גְּמָ׳ אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין תַּעֲנִית צִיבּוּר בְּבָבֶל אֶלָּא תִּשְׁעָה בְּאָב בִּלְבַד. לְמֵימְרָא דְּסָבַר שְׁמוּאֵל תִּשְׁעָה בְּאָב בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁלּוֹ אָסוּר? וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: תִּשְׁעָה בְּאָב בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁלּוֹ מוּתָּר. וְכִי תֵּימָא קָסָבַר שְׁמוּאֵל: כׇּל תַּעֲנִית צִיבּוּר בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁלּוֹ מוּתָּר, וְהָאֲנַן תְּנַן: ״אוֹכְלִין וְשׁוֹתִין מִבְּעוֹד יוֹם״. לְמַעוֹטֵי מַאי, לָאו לְמַעוֹטֵי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת? לָא, לְמַעוֹטֵי מִשֶּׁחָשֵׁיכָה.
Disons que cette baraïta vient appuyer [l'avis de Chmouel] : il n'y a entre le neuf av et Yom haKippourim que ceci : que pour celui-ci [Yom Kippour], son cas douteux est interdit [car manger et boire à Yom Kippour est interdit par la Torah], tandis que pour celui-là [le neuf av], son cas douteux est permis [car les afflictions du neuf av sont des décrets rabbiniques].
נֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: אֵין בֵּין תִּשְׁעָה בְּאָב לְיוֹם הַכִּיפּוּרִים, אֶלָּא שֶׁזֶּה סְפֵיקוֹ אָסוּר, וְזֶה סְפֵיקוֹ מוּתָּר.
[La Guemara explique l'appui pour l'avis de Chmouel :] Que signifie « son cas douteux est permis » ? N'est-ce pas [au sujet] du crépuscule [dont on doute s'il fait jour ou nuit ? Il serait donc permis de manger durant le crépuscule du neuf av]. Non, c'est comme l'a dit Rav Chicha fils de Rav Idi [dans un autre contexte] : [il s'agit] de la fixation [du début] du mois [qui obligerait à observer la fête deux jours] ; ici aussi, [la baraïta parle] de la fixation du mois [or le neuf av étant d'origine rabbinique, il n'y a pas d'obligation d'observer deux jours].
מַאי סְפֵיקוֹ מוּתָּר — לָאו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת? לָא, כִּדְאָמַר רַב שִׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי: לִקְבִיעָא דְיַרְחָא, הָכָא נָמֵי — לִקְבִיעָא דְיַרְחָא.
Rava enseigna : les femmes enceintes (oubarot) et les femmes qui allaitent (meinikot) jeûnent et achèvent le jeûne le neuf av, de la même manière qu'elles jeûnent et achèvent le jeûne à Yom haKippourim, et durant son crépuscule [il est] interdit [de manger ou de boire]. Et de même ont-ils dit au nom de Rabbi Yo'hanan. La Guemara demande : et Rabbi Yo'hanan a-t-il réellement dit cela ? Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : le neuf av n'est pas comme un jeûne public ? Cela ne se rapporte-t-il pas au crépuscule [Rabbi Yo'hanan tiendrait alors qu'il est permis de manger et de boire durant le crépuscule du neuf av] ? La Guemara répond : non, cela se rapporte à l'accomplissement d'un travail [qui est interdit le neuf av, à la différence des autres jeûnes].
דָּרֵשׁ רָבָא: עוּבָּרוֹת וּמְנִיקוֹת — מִתְעַנּוֹת וּמַשְׁלִימוֹת בּוֹ, כְּדֶרֶךְ שֶׁמִּתְעַנּוֹת וּמַשְׁלִימוֹת בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים, וּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁלּוֹ אָסוּר. וְכֵן אָמְרוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן. וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תִּשְׁעָה בְּאָב אֵינוֹ כְּתַעֲנִית צִיבּוּר. מַאי לָאו, לְבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת? לֹא, לִמְלָאכָה.
[La Guemara s'étonne :] À l'accomplissement d'un travail ? Nous l'avons déjà appris [explicitement dans la michna] : dans un lieu où l'on a coutume d'accomplir un travail le neuf av, on accomplit un travail ; et dans un lieu où l'on a coutume de ne pas en accomplir, on n'en accomplit pas [la défense de travailler dépend donc de la coutume locale et n'est pas une interdiction absolue]. Et même Rabban Chimon ben Gamliel n'a dit [qu'on peut se comporter comme un disciple des Sages et s'abstenir de travailler] que parce que, lorsqu'on est assis et qu'on ne travaille pas, cela n'apparaît pas comme de la présomption (yohara) [de sa part — on ne croira pas qu'il se prend pour un disciple des Sages, car les autres penseront simplement qu'il n'a pas de travail à faire]. Mais quant à interdire [l'accomplissement d'un travail], il ne l'interdit pas.
מְלָאכָה? תְּנֵינָא: מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בְּתִשְׁעָה בְּאָב — עוֹשִׂין, וּבְמָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת — אֵין עוֹשִׂין. וַאֲפִילּוּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל לָא אָמַר אֶלָּא דְּכִי יָתֵיב וְלָא עָבֵיד, לָא מִיחְזֵי כְּיוּהֲרָא, אֲבָל מֵיסָר — לָא אָסַר.
Mais alors, que signifie « il n'est pas comme un jeûne public » ? [Cela fut dit] au sujet de la prière de clôture (neïla). [Un jour de jeûne public il y a quatre prières, et à Yom Kippour cinq, mais le neuf av il n'y en a que trois, comme un jour de semaine ordinaire.] Mais Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : « si seulement un homme pouvait prier tout au long de la journée entière » ? [Cela indique que, selon Rabbi Yo'hanan, on peut réciter des prières supplémentaires si on le souhaite.]
אֶלָּא: מַאי אֵינוֹ כְּתַעֲנִית צִיבּוּר — לִתְפִילַּת נְעִילָה. וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּלְוַאי שֶׁיִּתְפַּלֵּל אָדָם וְהוֹלֵךְ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ!
[La Guemara répond :][un jour de jeûne public], c'est une obligation [de réciter quatre prières] ; ici [le neuf av], [réciter des prières supplémentaires] est facultatif [selon Rabbi Yo'hanan]. Et si tu veux, dis plutôt : que signifie « il n'est pas comme un jeûne public » ? [C'est] au sujet des vingt-quatre [bénédictions que l'on récite lors d'un jeûne public — six bénédictions ajoutées aux dix-huit de la Amida quotidienne ; le neuf av on ne récite que les dix-huit bénédictions habituelles].
הָתָם חוֹבָה, הָכָא רְשׁוּת. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מַאי אֵינוֹ כְּתַעֲנִית צִיבּוּר — לְעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה.
Rav Papa dit : que signifie « il n'est pas comme un jeûne public » ? [Cela vient enseigner une rigueur. Il existe différents types de jeûnes publics pour la pluie : les trois premiers jeûnes sont les moins rigoureux ; les trois suivants le sont davantage ; et les sept derniers sont les plus rigoureux de tous.] [La déclaration enseigne que le neuf av] n'est pas comme les premiers [jeûnes, plus indulgents à plusieurs égards — par exemple ils ne commencent pas dès le crépuscule], mais comme les derniers [où manger et accomplir un travail sont interdits dès le crépuscule], et [le crépuscule] est interdit.
רַב פָּפָּא אָמַר: מַאי ״אֵינוֹ כְּתַעֲנִית צִיבּוּר״ — אֵינוֹ כָּרִאשׁוֹנוֹת, אֶלָּא כָּאַחֲרוֹנוֹת, וַאֲסוּרָה.
Pesachim 54b
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