AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

52b

Étude de Pesachim 52b

Étude de la Guémara 52b

Guémara
On continue de manger des dattes en se fondant sur celles qui sont tombées de l'arbre et qui restent prises entre les palmes [bein ha-kipin]. Mais on ne continue pas de manger en se fondant sur les dattes tombées entre les rameaux épineux [bein ha-chitsin], car les animaux ne peuvent les atteindre là. Selon le premier tana de la michna citée, on peut continuer de manger un fruit tant qu'un animal a accès à son espèce — ce qui correspond à l'avis des Sages au sujet de l'élimination [bi'our]. L'avis de Rabban Chimon ben Gamliel correspond, lui, à l'avis de Rabbi Yehouda : si le fruit d'un certain endroit n'est pas accessible à tous, on est tenu de l'éliminer.
אוֹכְלִין עַל שֶׁל בֵּין הַכִּיפִּין, וְאֵין אוֹכְלִין עַל שֶׁבֵּין הַשִּׁיצִין.
Puisque la Guemara vient de traiter du moment où le produit de l'année sabbatique [chevi'it] doit être éliminé selon les lieux, elle cite une michna du traité Chevi'it portant sur un sujet voisin. Nous avons appris là-bas, dans une michna : Erets Israël se divise en trois territoires distincts pour ce qui est de l'élimination [bi'our] — la Judée [Yehouda], la Transjordanie [Ever ha-Yarden] et la Galilée [Galil]. Et il y a trois territoires dans chacun d'eux [la vallée, la montagne et la plaine], où les lois de l'élimination diffèrent. Et pourquoi les Sages ont-ils dit qu'il y a trois territoires pour l'élimination, si ces territoires sont eux-mêmes encore subdivisés ? C'est afin que les gens mangent dans chacun d'eux jusqu'à ce qu'une certaine récolte cesse du champ dans la dernière des régions qui le composent. Ainsi, même si un certain fruit n'est plus disponible dans une région donnée à l'intérieur du territoire, on peut encore le manger là tant qu'il est disponible dans l'une des autres régions.
תְּנַן הָתָם, שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת לְבִיעוּר: יְהוּדָה, וְעֵבֶר הַיַּרְדֵּן, וְגָלִיל. וְשָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת בְּכׇל אַחַת וְאַחַת. וְלָמָה אָמְרוּ שָׁלֹשׁ אֲרָצוֹת לְבִיעוּר? שֶׁיִּהְיוּ אוֹכְלִין בְּכׇל אַחַת וְאַחַת עַד שֶׁיִּכְלֶה הָאַחֲרוֹן שֶׁבָּהּ.
La Guemara demande : D'où ces choses sont-elles tirées — à savoir qu'il est permis de continuer de manger un type de fruit qui a cessé des champs d'une région, tant qu'il n'a pas cessé ailleurs dans le territoire, mais qu'une fois qu'il a cessé des champs de tout le territoire cela devient interdit, bien qu'il n'ait pas cessé des champs des autres territoires ? Rav 'Hama bar Oukva a dit au nom de Rabbi Yossi bar 'Hanina : le verset dit, au sujet de la terre pendant l'année sabbatique : « Et pour ton bétail et pour la bête sauvage qui est dans ton pays, tout son produit pourra être mangé » (Vayikra 25, 7). On en déduit : tant que la bête sauvage [‘haya] mange un type de produit du champ, tu peux en donner à manger à l'animal domestique [behéma] qui est dans ta maison, car il en reste encore dans le champ ; mais lorsque ce type de produit a cessé pour la bête sauvage dans le champ — cesse d'en donner à ton animal domestique dans la maison.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב חָמָא בַּר עוּקְבָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: אָמַר קְרָא ״וְלִבְהֶמְתְּךָ וְלַחַיָּה אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ״. כׇּל זְמַן שֶׁחַיָּה אוֹכֶלֶת מִן הַשָּׂדֶה — הַאֲכֵל לַבְּהֵמָה שֶׁבַּבַּיִת, כָּלָה לְחַיָּה אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה — כַּלֵּה לִבְהֶמְתְּךָ מִן הַבַּיִת.
Et nous avons appris comme une tradition que la bête sauvage de Judée ne se nourrit pas [littéralement : ne se développe pas] du produit de Galilée, et que la bête sauvage de Galilée ne se nourrit pas des fruits de Judée. Dans chaque région règnent des conditions propres aux espèces qui y vivent (Sefat Emet). Les animaux errent d'une région à l'autre à l'intérieur de la Judée, ou à l'intérieur de la Galilée, en quête de nourriture, mais ils ne franchissent pas les frontières du territoire qui est leur habitat.
וּגְמִירִי: דְּאֵין חַיָּה שֶׁבִּיהוּדָה גְּדֵילָה עַל פֵּירוֹת שֶׁבַּגָּלִיל, וְאֵין חַיָּה שֶׁבַּגָּלִיל גְּדֵילָה עַל פֵּירוֹת שֶׁבִּיהוּדָה.
Les Sages ont enseigné : des fruits de l'année sabbatique qui sont sortis d'Erets Israël et sont allés en diaspora [‘houts la-arets] doivent être éliminés en tout lieu où ils se trouvent. Rabbi Chimon ben Elazar dit : il n'en est pas ainsi ; les fruits doivent plutôt retourner à leur lieu d'origine en Erets Israël et y être éliminés. Selon son avis, l'élimination ne peut pas être effectuée hors d'Erets Israël, car il est dit « dans ton pays » (Vayikra 25, 7), ce qui indique que cette opération ne peut se faire qu'en Erets Israël. La Guemara demande : N'as-tu pas [déjà] tiré de ce verset que chacun des trois territoires d'Erets Israël a un statut halakhique différent ?
תָּנוּ רַבָּנַן: פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְחוּצָה לָאָרֶץ — מִתְבַּעֲרִין בְּכׇל מָקוֹם שֶׁהֵן. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יַחְזְרוּ לִמְקוֹמָן וְיִתְבַּעֲרוּ, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּאַרְצֶךָ״. הָא אַפֵּיקְתֵּיהּ?
La Guemara répond : Lis l'expression à la fois comme « dans le pays » [ba-arets] et comme « dans ton pays » [be-artsekha]. Il est possible de tirer deux lois de ce verset : l'une concerne Erets Israël en général — on ne peut effectuer l'élimination hors d'Erets Israël, « le pays » — et l'autre concerne les différents territoires à l'intérieur d'Erets Israël, « ton pays ». Autrement dit [i nami], la seconde loi peut être tirée des mots superflus de l'expression « qui est dans ton pays », puisque la Torah aurait pu se contenter de « dans ton pays ».
קְרִי בֵּיהּ: ״בָּאָרֶץ״ ״בְּאַרְצֶךָ״, אִי נָמֵי: ״מֵאֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ״.
La Guemara rapporte : Rav Safra sortit d'Erets Israël vers la diaspora, et il avait avec lui une cruche [garba] de vin de l'année sabbatique. Rav Houna fils de Rav Ika et Rav Kahana l'accompagnaient. Il leur dit : Y a-t-il quelqu'un qui a entendu de Rabbi Abahou si la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Chimon ben Elazar ou non ? [Selon cet avis, Rav Safra serait tenu de ramener le vin en Erets Israël.] Rav Kahana lui dit : voici ce qu'a dit Rabbi Abahou — la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Chimon ben Elazar [et l'on est tenu de revenir effectuer l'élimination du produit sabbatique en Erets Israël]. Rav Houna fils de Rav Ika lui dit : voici ce qu'a dit Rabbi Abahou — la halakha n'est pas conforme à l'avis de Rabbi Chimon ben Elazar [et l'on peut effectuer l'élimination où que l'on soit].
רַב סָפְרָא נְפַק מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְחוּצָה לָאָרֶץ. הֲוָה בַּהֲדֵיהּ גַּרְבָּא דְחַמְרָא דִּשְׁבִיעִית, לַוּוֹ בַּהֲדֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא וְרַב כָּהֲנָא, אָמַר לְהוּ: אִיכָּא דִּשְׁמִיעַ לֵיהּ מִינֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹ לָא? אֲמַר לֵיהּ רַב כָּהֲנָא, הָכִי אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר. אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא, הָכִי אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר.
Rav Safra dit : Tiens bien en main ce principe de Rav Houna — c'est-à-dire, fie-toi à lui —, car il est rigoureux et il a bien appris la halakha de la bouche de celui qui l'a énoncée, à la manière du Sage Ra'hava de la ville de Poumbedita [réputé pour la précision avec laquelle il transmettait ce qu'il avait reçu de son maître]. La Guemara en donne un exemple : Ra'hava a dit au nom de Rav Yehouda : le mont du Temple [Har ha-Bayit] était une colonnade double [stav], car il y avait là une colonnade à l'intérieur d'une colonnade. Ici, Ra'hava a employé la langue même de son maître pour décrire la structure du Temple et ses rangées de colonnes : il n'a pas employé le terme courant pour « colonnade », itstaba, mais stav, reprenant le mot qu'il avait entendu de son maître. Au sujet du cas où Rav Safra s'appuya sur l'avis de Rav Houna et fut indulgent, Rav Yossef lut, par moquerie, le verset : « Mon peuple consulte son morceau de bois, et son bâton [maklo] le renseigne » (Hochéa 4, 12), qu'il interpréta de façon homilétique à propos de Rav Safra : quiconque est indulgent [mékel] le renseigne — il n'écoute que l'avis du Sage qui tranche avec indulgence.
אֲמַר רַב סָפְרָא: נְקוֹט הָא כְּלָלָא דְּרַב הוּנָא בִּידָךְ, דְּדָיֵיק וְגָמַר שְׁמַעְתָּתָא מִפּוּמֵּיהּ דְּרַבֵּיהּ כְּרַחֲבָה דְפוּמְבְּדִיתָא. דְּאָמַר רַחֲבָה אָמַר רַב יְהוּדָה: הַר הַבַּיִת סְטָיו כָּפוּל הָיָה סְטָיו לְפָנִים מִסְּטָיו. קָרֵי עֲלֵיהּ רַב יוֹסֵף: ״עַמִּי בְּעֵצוֹ יִשְׁאָל וּמַקְלוֹ יַגִּיד לוֹ״. כׇּל הַמֵּיקֵל לוֹ — מַגִּיד לוֹ.
La Guemara poursuit la discussion sur les lois de l'année sabbatique : Rabbi Ilaï coupa un palmier portant des dattes encore vertes [kafniyata] de l'année sabbatique. La Guemara demande : comment a-t-il pu faire cela ? Le Miséricordieux dit : « Et le produit sabbatique du pays sera pour vous à manger » (Vayikra 25, 6), d'où l'on déduit : pour le manger et non pour le détruire. Il est interdit de détruire le produit de l'année sabbatique ; il n'est permis que de le manger. Et si tu dis que cette restriction ne s'applique que dans un cas où le fruit a atteint le statut de fruit, mais que dans un cas où il n'a pas encore atteint le statut de fruit, non, elle ne s'applique pas — Rav Na'hman n'a-t-il pas dit au nom de Rabba bar Avouh : ces enveloppes de dattes relevant de l'orla sont interdites [comme les autres fruits d'orla], puisque leur statut est celui d'un aliment, du fait qu'elles sont devenues une protection [chomer] pour le fruit ? Elles ne sont pas considérées comme une partie de l'arbre qui pourrait être mangée durant les années d'orla.
רַבִּי אִילְעַאי קַץ כַּפְנְיָיתָא דִשְׁבִיעִית. הֵיכִי עָבֵיד הָכִי?! ״לְאׇכְלָה״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא לְהֶפְסֵד. וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּנָחֵית לְפֵירָא, אֲבָל הֵיכָא דְּלָא נָחֵית לְפֵירָא — לָא. וְהָאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: הָנֵי מְתַחֲלֵי דְעׇרְלָה — אֲסִירִי, הוֹאִיל וְנַעֲשׂוּ שׁוֹמֵר לְפֵירֵי.
La Guemara analyse ceci : Et quand ces enveloppes servent-elles de protection au fruit ? Lorsque le fruit est encore jeune [bein koufré] — et pourtant on les appelle [déjà] « fruit » ! Les dattes sont considérées comme un fruit même lorsqu'elles ne sont pas développées. [De même qu'il est interdit de manger ces dattes durant la période d'orla, il est de même interdit de les détruire durant l'année sabbatique.] La Guemara répond : c'est Rav Na'hman qui a énoncé son avis conformément à l'avis individuel de Rabbi Yossi, contraire à l'avis de la majorité. Comme nous l'avons appris dans une michna, Rabbi Yossi dit : le bourgeon de raisin [semadar] — c'est-à-dire une grappe de raisin à son tout premier stade, immédiatement après la chute des fleurs de la vigne — est interdit [au titre de l'orla] parce qu'il est déjà considéré comme un fruit. Mais les Sages [Rabbanan] ne sont pas d'accord avec lui, expliquant que le fruit, à ce stade, n'est pas considéré comme un fruit.
וְשׁוֹמֵר לְפֵירֵי אִימַּת הָוֵה? בְּכוּפְרֵי וְקָא קָרֵי לְהוּ פֵּירֵי! רַב נַחְמָן דְּאָמַר כְּרַבִּי יוֹסֵי. דִּתְנַן, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: סְמָדַר אָסוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא פֵּירֵי, וּפְלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ.
Rav Chimi de Neharde'a soulève une objection à cela : les Sages sont-ils vraiment en désaccord avec Rabbi Yossi au sujet des fruits de tous les autres arbres [en dehors de la vigne], au point que, même au tout premier stade de la maturation, ils ne seraient pas considérés comme un fruit ? N'avons-nous pas appris dans une michna : À partir de quand ne coupe-t-on plus les arbres durant l'année sabbatique [puisqu'on en abîme ainsi le fruit] ? Beit Chammaï disent : pour tous les arbres, dès que les fleurs tombent et que le fruit commence à poindre, à son tout premier stade. Et Beit Hillel disent : il y a une distinction entre les différentes espèces d'arbres. Les caroubiers ne peuvent être coupés dès qu'ils forment des chapelets de caroubes ; et les vignes,
מַתְקֵיף לַהּ רַב שִׁימִי מִנְּהַרְדְּעָא: וּמִי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בִּשְׁאָר אִילָנוֹת? וְהָא תְּנַן: מֵאֵימָתַי אֵין קוֹצְצִין אֶת הָאִילָנוֹת בַּשְּׁבִיעִית? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: כׇּל הָאִילָנוֹת מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: הֶחָרוּבִין מִשֶּׁיְּשַׁרְשְׁרוּ, וְהַגְּפָנִים

Rachi

אוכלין על של בין הכיפין - דרך דקלים להיות בעיקרן קוצים סביב והיינו שיצים ומן הדקל עצמן הן ולמעלה עלין שלו עשויין כסדרן כמין כפות תמרים וכשהרוח מנשב התמרים נופלין ונשארין באותן כיפין ולמטה בשיצין וקאמר רבן שמעון דכל זמן שמצויין בכיפין אוכלין מאותן שבבית אבל אין אוכלין מן הבית על סמך אותן שבשיצין לפי שאין החיה יכולה ליטלן מפני הקוצים ומתניתין הכי קאמר תנא קמא כלה לגמרי אף מבין השיצים חייב לבער אבל כלו מן הכיפין ועדיין יש בשיצין אינו חייב לבער רבי יהודה אומר צא והבא לך אף אתה ממקום הראוי ליטלן ולא תמצא ולחומרא אמרה רבי יהודה:

שלש ארצות - בארץ ישראל חלוקות זו מזו לענין ביעור שאין זו סומכת על זו משכלו בה ואע"פ שלא כלו בחבירתה:,ושלש ארצות בכל אחת ואחת - שחלוקות במנהג קיום פירותיהן שפירותיהן כלות של זו קודם לזו ואעפ"כ עשינו כולן אחת לביעור כדמפרש ואזיל:,ולמה אמרו שלש ארצות - הואיל ושלש ארצות לכל אחת הרי כאן תשע ארצות למאי הילכתא אמרו שלש ארצות לביעור ותו לא:,שיהיו אוכלין בכל אחת - עשאום לשלש שבכל אחת כאילו הן אחת ואוכלין בכל אחת ואחת מהשלש החלוקות לביעור עד שיכלה האחרון שבשלש ארצותיה אוכלין ביהודה עד שיכלה אחרון שבשלש ארצותיה וכן בעבר הירדן וכן בגליל:

מנא הני מילי - דאוכלין ביהודה עד שיכלה אחרון שבשלש ארצות שבה אבל אין אוכלין ביהודה ע"י אותן שבגליל:

וגמירי - מסורת מאבותינו:,דאין חיה שביהודה - מתרחקת כל כך לצאת מיהודה לגליל ומגליל ליהודה אבל יוצאה היא מגליל לגליל ומיהודה ליהודה:

מתבערין - כשתגיע עונת הביעור שכלו לחיה:,בכל מקום שהן - ולא מטרחינן ליה להחזירן לארץ לבערן שם:,משום שנאמר בארצך - לחיה אשר בארצך וזהו ביעורן שמפקירן במקום דריסת חיה ובהמה:,הא אפיקתיה - למעוטי דאין סומכין בני יהודה אלא על ארצם ולא על של גליל:

קרי ביה בארץ בארצך - אי הוה כתיב בארץ הוה שמעת מינה חדא מינייהו השתא דכתיב בארצך דרוש בה תרתי:,אי נמי - אשר לדרשא:

לוו בהדיה - נתלוו עמו בחבורה:,מיניה דר' אבהו - תלמידיו היו:

דקים ליה דאיהו דייק שמעתא מפומיה דרביה - כשהשמועה יוצאה מפי רבו מדקדק ואומר לרבו לשנותה פעם שנייה ומבחין הימנו או הן או לאו:,כרחבה דפומבדיתא - שהיה מדקדק בשמועתו לדעת ממי קיבלה:,רבי יהודה - ספק שמעה מרב יהודה או מר' יהודה נשיאה דהוה נמי בההוא דרא:,סטיו כפול היה - איצטבאות סביב לו כפולות זו לפנים מזו סביב:,קרי רב יוסף עליה - דרב ספרא:

קץ כפנייתא דשביעית - דקל טעון כפניות והן תמרים קטנים שלא בישלו וקצץ הדקל לעצים והפסיד כפניות:,דנחת לפירא - פירי שנגמר אסור להפסידו:,מתחלי דערלה - שומר הגדל סביבות התמרים בקטנן כעין פקס הגדל סביבות אגוזי יער הדקות:,אסירי - משום ערלה דלא הוו כעץ אלא שם פירי עליהם הואיל דנעשו שומר לפירי:

ושומר פירי אימת הוי בכופרי - כשהן קטנות וכופרא הוא כפניות וכשגדילין הוא יבש ונופל אלמא כפניות קרויין פירי:,רב נחמן - דאמר פירי שלא נגמר קרוי פירי:,דאמר כר' יוסי - דאמר משנפל פרח הגפן ונראית צורת הענבים והיינו סמדר אסור משום ערלה מפני שהוא פירי ובלעז קורין אשפני"ר:,ופליגי רבנן עליה - במסכת ערלה דקתני רישא העלין והלולבין ומי גפנים וסמדר מותרים משום ערלה ורבי אלעאי דעבד כרבנן:

בשאר אילנות - חוץ מגפן:,אין קוצצין - לעצים מפני שמפסיד הפירי ורחמנא אמר לאכלה ולא להפסד:,משיוציאו - תחילת העלין בימי ניסן:,משישרשרו - משיראו בהן כעין שרשרות של חרובין:

Tossafot

עד שיכלה אחרון שבה - פ"ה עד שתכלה האחרונה שבארצותיה והשלש ארצות שבכל אחת שוות הן ואין נראה דאם אינם חלוקות למה שונה שלש ארצות בכל אחת ועוד קשה לר"י דתנן בפ"ט דשביעית (מ"ב) שלש ארצות לביעור ושלש ארצות בכל אחת עד שיכלה האחרונה שבה ר"ש אומר לא אמרו שלש ארצות אלא ביהודה מכלל דלתנא קמא שלש ארצות חלוקות שכל אחת חלוקה לביעור ור"ש נמי מודה להו ביהודה לכך י"ל דאחרון שבה היינו פירות שבהר עד שיכלה אחרון שבהר ופירות שבעמקים עד שיכלה אחרון שבעמקים וכן שבשפילה עד שיכלה אחרון שבשפילה ובירושלמי יש אמר ר'. חייא בר' עקיבא בשם ר' יוסי בר חנינא שיערו לומר אין חיה שבהר גדילה בעמק וחיה שבעמק אין גדילה בהר ולפי זה משמע דהוי מדאורייתא ולא תיקשי הא דאמרינן בשמעתין דאין חיה שביהודה גדילה על של גליל דמיירי אפי' מהר להר והיינו דמסקינן בשילהי שמעתין דתניא אמר רשב"ג סימן להרים מילין וכו' דנפקא מינה נמי לג' ארצות שביהודה והא דלא קאמר לקמן נפקא מינה לביעור משום דחילוק הר ושפלה ועמק לא שייך אלא ביהודה גרידא כדקתני במסכת שביעית בהדיא אבל ביכורים ונחל איתן שייכים בכל א"י ובגמ' דירושלמי במסכת שביעית עלה דההיא סימן להרים מילין קאמר אית דבעי למימר למידק הדא איתמר פירוש לענין שלש ארצות נאמר אותו סימן:

מתבערין בכל מקום - פ"ה שנותנין אותן למרמס חיה ובהמה ולא נראה דהא מותרין אחר ביעור לעניים לכ"ע דתנן התם (משנה ח) מי שהיו לו פירות שביעית והגיע שעת הביעור מחלקן מזון שלש סעודות לכל אחד עניים אוכלים אחר הביעור ולא עשירים דברי ר' יהודה ר' יוסי אומר אחד עניים וא' עשירים אוכלים אחר הביעור ובתוספתא קתני מי שיש לו פירות שביעית והגיע שעת הביעור מחלק מהן לשכיניו ולקרוביו וליודעיו ומוציא ומניח על פתח ביתו ואומר אחינו בית ישראל מי שצריך ליטול יטול וחוזר ומכניס לתוך ביתו והולך ואוכל עד שיכלו ואומר ר"י הא דמשמע בכל מקום לאסור לאכול אחר הביעור היינו כשמשהה בביתו בחזקת שלו אבל אם מפקירו ומוציאו מרשותו שיאכל כל מי שירצה הן אדם והן חיה מותר להכניסו ולאכלו אחר הביעור:

רב ספרא אפיק גרבא דחמרא מא"י לח"ל - הקשה ריב"א דתנן בפ"ו דשביעית (משנה ה) אין מוציאין שמן שריפה ופירות שביעית מן הארץ לח"ל ותירץ דהתם מיירי לאכילה ורב ספרא אפיק לסחורה דיש סחורה שמותרת אי נמי בשוגג הוציאו:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Pesachim 52b
100%
פסחים נ״ב במַסֶּכֶת פְּסָחִים