AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

50b

Étude de Pesachim 50b

Étude de la Mishna & Guémara 50b

Les Sages ont enonce un principe : et un homme ne doit pas deroger [a la coutume du lieu], a cause de la dispute [qui pourrait en naitre]. De maniere comparable : celui qui transporte des fruits de la chemita (annee sabbatique) depuis un lieu ou [cette espece] a deja disparu des champs vers un lieu ou elle n'a pas encore disparu, ou depuis un lieu ou elle n'a pas encore disparu vers un lieu ou elle a deja disparu — est tenu de proceder au biour (l'elimination de ces fruits de sa possession), conformement aux rigueurs des deux endroits. Il n'est permis aux particuliers de consommer chez eux les fruits de la chemita qu'aussi longtemps que cette espece demeure encore dans les champs en tant que bien sans maitre [accessible a tous] ; mais des lors que ce fruit n'est plus disponible pour les betes dans les champs, on est tenu d'eliminer de sa maison ce qui reste de cette espece. La michna vise celui qui a transporte des fruits depuis un lieu ou [l'espece] a disparu des champs vers un lieu ou elle n'a pas disparu, et inversement. Rabbi Yehouda dit : il n'a pas besoin de proceder au biour, car il peut dire a un habitant du lieu : « toi aussi, sors et rapporte-toi [ces fruits] » depuis un endroit ou ils demeurent encore dans les champs.
וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחֲלוֹקֶת. כַּיּוֹצֵא בּוֹ: הַמּוֹלִיךְ פֵּירוֹת שְׁבִיעִית מִמָּקוֹם שֶׁכָּלוּ לִמְקוֹם שֶׁלֹּא כָּלוּ, אוֹ מִמָּקוֹם שֶׁלֹּא כָּלוּ לְמָקוֹם שֶׁכָּלוּ — חַיָּיב לְבַעֵר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: צֵא וְהָבֵא לְךָ אַף אַתָּה.
Guémara
GUEMARA. La Guemara demande : pourquoi traiter de cette interdiction [de travailler] specialement a propos des veilles de Pessa'h ? Il est interdit d'accomplir un travail meme les veilles de Chabbat et les veilles de fete (yamim tovim) aussi ! Comme il a ete enseigne dans une baraita : celui qui accomplit un travail les veilles de Chabbat et de fete a partir de l'heure de min'ha et au-dela ne voit jamais de signe de benediction de ce [travail]. La Guemara repond qu'il y a une difference entre les deux situations : la-bas, dans le cas de Chabbat et des fetes, le travail est interdit a partir de l'heure de min'ha et au-dela ; il n'est pas interdit a l'approche de min'ha, c'est-a-dire juste avant. Ici, dans le cas de la veille de Pessa'h, il est interdit a partir de 'hatsot (midi). Ou bien, autre explication : la-bas, a la veille de Chabbat et de fete, c'est [seulement] un signe de benediction qu'il ne voit pas, mais les Sages ne l'excommunient pas (chamta) pour avoir travaille ; ici, dans le cas de la veille de Pessa'h, les Sages l'excommunient aussi pour avoir travaille, car cela est explicitement interdit.
גְּמָ׳ מַאי אִירְיָא עַרְבֵי פְסָחִים? אֲפִילּוּ עַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים נָמֵי! דְּתַנְיָא: הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם! הָתָם, מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה הוּא דְּאָסוּר, סָמוּךְ לַמִּנְחָה — לָא. הָכָא — מֵחֲצוֹת. אִי נָמֵי: הָתָם, סִימָן בְּרָכָה הוּא דְּלָא חָזֵי, אֲבָל שַׁמּוֹתֵי לָא מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ. הָכָא — שַׁמּוֹתֵי נָמֵי מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ.
[La Guemara cite] le texte lui-meme dans son integralite : celui qui accomplit un travail les veilles de Chabbat ou les veilles de fete a partir de l'heure de min'ha et au-dela, et de meme celui qui travaille immediatement a l'issue (motsae) du Chabbat, ou a l'issue d'une fete, ou a l'issue de Yom Kippour, ou en toute occasion ou il y a une trace de transgression (nidnoud avera) — ce qui vient inclure un jeune public (taanit tsibour, par exemple le 9 Av ou un jeune pour la pluie, ou il est interdit de travailler) — ne voit jamais de signe de benediction de ce [travail].
גּוּפָא: הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וּבְעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה, וּבְמוֹצָאֵי שַׁבָּת וּבְמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב וּבְמוֹצָאֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים, וּבְכׇל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ שָׁם נִידְנוּד עֲבֵירָה, לְאֵתוֹיֵי תַּעֲנִית צִיבּוּר — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם.
Nos maitres ont enseigne : il y a celui qui est diligent (zariz) et y gagne, et il y a celui qui est diligent et y perd ; il y a celui qui est nonchalant (chafal) et y gagne, et il y a celui qui est nonchalant et y perd. Diligent et gagnant : celui qui travaille toute la semaine et ne travaille pas la veille de Chabbat. Diligent et perdant : celui qui travaille toute la semaine et travaille [aussi] la veille de Chabbat. Nonchalant et gagnant : celui qui ne travaille pas de toute la semaine et ne travaille pas la veille de Chabbat. Nonchalant et perdant : celui qui ne travaille pas de toute la semaine et travaille la veille de Chabbat [pour rattraper l'ouvrage neglige durant la semaine]. Rava dit : ces femmes de Me'hoza, bien qu'elles n'accomplissent aucun travail la veille de Chabbat, c'est par exces de raffinement (mefankouta), puisqu'elles ne travaillent aucun autre jour non plus ; meme ainsi, nous les appelons « nonchalantes et gagnantes ».
תָּנוּ רַבָּנַן: יֵשׁ זָרִיז וְנִשְׂכָּר, וְיֵשׁ זָרִיז וְנִפְסָד. יֵשׁ שָׁפָל וְנִשְׂכָּר, וְיֵשׁ שָׁפָל וְנִפְסָד. זָרִיז וְנִשְׂכָּר — דְּעָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְלָא עָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. זָרִיז וְנִפְסָד — דְּעָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְעָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. שָׁפָל וְנִשְׂכָּר — דְּלָא עָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְלָא עָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. שָׁפָל וְנִפְסָד — דְּלָא עָבֵיד כּוּלֵּי שַׁבְּתָא, וְעָבֵיד בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אָמַר רָבָא: הָנֵי נְשֵׁי דְמָחוֹזָא, אַף עַל גַּב דְּלָא עָבְדָן עֲבִידְתָּא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא — מִשּׁוּם מְפַנְּקוּתָא הוּא, דְּהָא כׇּל יוֹמָא נָמֵי לָא קָא עָבְדָן. אֲפִילּוּ הָכִי — שָׁפָל וְנִשְׂכָּר קָרֵינַן לְהוּ.
Rava souleva une contradiction : il est ecrit « car ta bonte est grande jusqu'aux cieux (ad chamayim), et ta verite atteint les nues » (Tehilim 57, 11), et il est ecrit ailleurs « car ta bonte est grande par-dessus les cieux (meal chamayim), et ta verite atteint les nues » (Tehilim 108, 5). Comment cela [se concilie-t-il] ? Ici [« par-dessus les cieux »], il s'agit de ceux qui accomplissent [la mitsva] pour elle-meme (lichma) ; et la [« jusqu'aux cieux »], il s'agit de ceux qui l'accomplissent non pour elle-meme (chelo lichma). Et [c'est] conformement a [l'enseignement de] Rav Yehouda. Car Rav Yehouda a dit au nom de Rav : qu'un homme s'adonne toujours a la Torah et aux mitsvot, meme s'il le fait non pour elles-memes, car a force de [les accomplir] non pour elles-memes, il en vient a [les accomplir] pour elles-memes.
רָבָא רָמֵי: כְּתִיב ״כִּי גָדֹל עַד שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ״, וּכְתִיב ״כִּי גָדֹל מֵעַל שָׁמַיִם חַסְדֶּךָ״. הָא כֵּיצַד? כָּאן בְּעוֹשִׂין לִשְׁמָהּ, וְכָאן בְּעוֹשִׂין שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ. וְכִדְרַב יְהוּדָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסוֹק אָדָם בְּתוֹרָה וּמִצְוֹת אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ.
Nos maitres ont enseigne : celui qui compte sur le salaire de sa femme ou d'un moulin ne voit jamais de signe de benediction. La Guemara explique : « le salaire de sa femme » vise le cas ou elle file [du fil] pour autrui et facture au poids sur une balance (selon Rabbenou 'Hananel) — le gain est minime, et il est avilissant pour elle de marcher en public pour solliciter des clients. « Le [salaire du] moulin » vise un moulin a bras que l'on loue et avec lequel les gens moulent leur grain ; la aussi, les profits sont maigres. Mais si une femme travaille et vend le produit de son labeur, le verset fait son eloge, comme il est ecrit a propos de la femme vaillante : « elle fait une tunique et la vend, et livre une ceinture au marchand » (Michle 31, 24).
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְצַפֶּה לִשְׂכַר אִשְׁתּוֹ וְרֵיחַיִם — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. שְׂכַר אִשְׁתּוֹ — מַתְקוּלְתָּא. רִיחְיָיא — אַגְרָתָא. אֲבָל עָבְדָה וּמְזַבְּנָה — אִישְׁתַּבּוֹחֵי מִשְׁתַּבַּח בָּהּ קְרָא דִּכְתִיב: ״סָדִין עָשְׂתָה וַתִּמְכֹּר״.
Nos maitres ont enseigne, au sujet du signe de benediction : celui qui tire profit de [la vente de] roseaux (kanim) et de cruches (kankanim) ne voit jamais de signe de benediction de ceux-ci. Quelle en est la raison ? Puisque leur volume est grand, le mauvais oeil (ayin hara) a prise sur eux [les gens croient qu'on vend plus qu'on ne vend reellement]. Nos maitres ont enseigne : les marchands qui vendent dans une ruelle (simta) [bordant une voie passante, ou tous les voient], ceux qui elevent du petit betail (behema daka) [qui tend a endommager les champs d'autrui], ceux qui abattent de bons arbres [fruitiers, meme lorsque cela leur etait permis], et ceux qui jettent leur regard sur la belle part [dans l'intention de la prendre pour eux lors d'un partage avec d'autres] — ne voient jamais de signe de benediction [de cela]. Quelle en est la raison ? C'est qu'a cause de [ces agissements] les gens s'etonnent a leur sujet [et pretent une attention particuliere a leur conduite].
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמִּשְׂתַּכֵּר בְּקָנִים וּבְקַנְקַנִּים — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם. מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דִּנְפִישׁ אַפְחָזַיְיהוּ — שָׁלְטָא בְּהוּ עֵינָא. תָּנוּ רַבָּנַן: תַּגָּרֵי סִימְטָא, וּמְגַדְּלֵי בְּהֵמָה דַּקָּה, וְקוֹצְצֵי אִילָנוֹת טוֹבוֹת, וְנוֹתְנִין עֵינֵיהֶן בְּחֵלֶק יָפֶה — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם, מַאי טַעְמָא? דְּתָהוּ בֵּיהּ אִינָשֵׁי.
Nos maitres ont enseigne : dans quatre peroutot (menues monnaies), il n'y a jamais de signe de benediction : le salaire des copistes [de livres sacres], le salaire des metourguemanim (les repetiteurs qui retransmettent et expliquent au public les exposes des Sages le Chabbat), le salaire [tire de l'argent] des orphelins [recu en s'associant avec l'administrateur de la succession d'un orphelin], et l'argent qui provient d'un pays d'outre-mer (medinat hayam).
תָּנוּ רַבָּנַן, אַרְבַּע פְּרוּטוֹת אֵין בָּהֶן סִימָן בְּרָכָה לְעוֹלָם: שְׂכַר כּוֹתְבִין, וּשְׂכַר מְתוּרְגְּמָנִין, וּשְׂכַר יְתוֹמִים, וּמָעוֹת הַבָּאוֹת מִמְּדִינַת הַיָּם.
[La Guemara examine :] Soit, pour le salaire des metourguemanim, [on comprend] parce que cela ressemble a un salaire de Chabbat [bien que ce qu'il fait ne soit pas reellement interdit]. Et pour l'argent des orphelins aussi [on comprend], car [les mineurs] ne sont pas en mesure de renoncer (me'hila) [a leur bien] : les mineurs n'ont pas le droit legal de pardonner meme des pertes negligeables que des associes laissent habituellement passer ; aussi, celui qui, au cours des affaires, leur prend de l'argent au-dela de la somme a laquelle il a droit, fut-ce la plus infime, est considere comme un voleur. Quant a l'argent qui provient d'un pays d'outre-mer, [on n'en voit pas de benediction] parce qu'un miracle ne se produit pas chaque jour [les risques du transport maritime sur de longues traversees etant grands, le merite de l'interesse s'amenuise chaque fois que sa marchandise arrive miraculeusement intacte].
בִּשְׁלָמָא שְׂכַר מְתוּרְגְּמָנִין — מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כִּשְׂכַר שַׁבָּת. וּמָעוֹת יְתוֹמִים נָמֵי — לָאו בְּנֵי מְחִילָה נִינְהוּ. מָעוֹת הַבָּאוֹת מִמְּדִינַת הַיָּם — מִשּׁוּם דְּלָאו כׇּל יוֹמָא מִתְרְחִישׁ נִיסָּא.
Mais le salaire des copistes, quelle en est la raison ? Rabbi Yehochoua ben Levi dit : les hommes de la Grande Assemblee (Anche Kenesset haGuedola) observerent vingt-quatre jeunes [correspondant aux vingt-quatre classes sacerdotales, selon le Maharcha] au sujet des copistes de rouleaux [de Torah], de tefiline et de mezouzot, afin qu'ils ne s'enrichissent pas [de leur metier], car s'ils s'enrichissaient, ils ne copieraient plus [ces objets sacres]. De meme, nos maitres ont enseigne : les copistes de rouleaux, de tefiline et de mezouzot, eux, et leurs marchands [qui achetent les rouleaux sacres aux copistes pour les revendre], et les marchands de leurs marchands, et tous ceux qui s'adonnent a l'oeuvre du Ciel et en tirent leur subsistance — formule qui vient inclure ceux qui vendent le te'helet (la teinture bleu azur des tsitsit) — ne voient jamais de signe de benediction [de leur labeur]. Et s'ils s'y adonnent pour elle-meme (lichma) [afin qu'il y ait davantage d'objets sacres a la disposition du public], alors ils voient [la benediction].
אֶלָּא שְׂכַר כּוֹתְבִין מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע תַּעֲנִיּוֹת יָשְׁבוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה עַל כּוֹתְבֵי סְפָרִים תְּפִילִּין וּמְזוּזוֹת שֶׁלֹּא יִתְעַשְּׁרוּ, שֶׁאִילְמָלֵי מִתְעַשְּׁרִין — אֵין כּוֹתְבִין. תָּנוּ רַבָּנַן: כּוֹתְבֵי סְפָרִים תְּפִילִּין וּמְזוּזוֹת, הֵן, וְתַגָּרֵיהֶן, וְתַגָּרֵי תַגָּרֵיהֶן, וְכׇל הָעוֹסְקִין בִּמְלֶאכֶת שָׁמַיִם, לְאֵיתוֹיֵי מוֹכְרֵי תְכֵלֶת — אֵינָן רוֹאִין סִימָן בְּרָכָה לְעוֹלָם. וְאִם עוֹסְקִין לִשְׁמָהּ — רוֹאִין.
Les habitants de Beit Chean avaient coutume de ne pas se rendre de Tyr (Tsor) a [la foire de] Sidon (Tsidon) la veille de Chabbat. [Par egard pour le Chabbat, ils avaient adopte cette rigueur et n'interrompaient pas leurs preparatifs, fut-ce pour une breve traversee maritime.] Leurs enfants vinrent devant Rabbi Yo'hanan [pour qu'il abroge cette coutume]. Ils lui dirent : « pour nos peres, c'etait possible [grace a leur richesse, de gagner leur vie sans se rendre a la foire le vendredi] ; pour nous, ce n'est pas possible. » Il leur dit : « vos peres ont deja pris [cette coutume vertueuse] sur eux-memes [et elle demeure en vigueur pour vous], comme il est dit : “ecoute, mon fils, la morale de ton pere, et n'abandonne pas l'enseignement de ta mere” (Michle 1, 8). »
בְּנֵי בַיְישָׁן נְהוּג דְּלָא הֲווֹ אָזְלִין מִצּוֹר לְצִידוֹן בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אֲתוֹ בְּנַיְיהוּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, אָמְרוּ לוֹ: אֲבָהָתִין אֶפְשָׁר לְהוּ, אֲנַן לָא אֶפְשָׁר לַן. אֲמַר לְהוּ: כְּבָר קִיבְּלוּ אֲבוֹתֵיכֶם עֲלֵיהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְאַל תִּטּוֹשׁ תּוֹרַת אִמֶּךָ״.
Les habitants de la ville de 'Hozai avaient coutume de prelever la 'halla sur une pate de riz (oroza). Ils vinrent le rapporter a Rav Yossef. Il leur dit : « qu'un non-cohen (zar) la mange en leur presence [pour leur montrer sans equivoque que cette coutume n'a aucun fondement legal]. » Abaye lui souleva une objection : « s'agissant de choses qui sont permises mais que d'autres ont pris coutume de traiter comme une interdiction —
בְּנֵי חוֹזָאֵי נָהֲגִי דְּמַפְרְשִׁי חַלָּה מֵאָרוֹזָא, אֲתוֹ וַאֲמַרוּ לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף. אֲמַר לְהוּ: נֵיכְלַהּ זָר בְּאַפַּיְיהוּ. אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: דְּבָרִים הַמּוּתָּרִים וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בָּהֶן אִיסּוּר —

Rachi

ואל ישנה אדם - בגמרא פריך ממקום שאין עושין למקום שעושין ואיהו נמי אל ישנה וליעבד והא אמרת נותנין עליו חומרי מקום שיצא משם:,המוליך פירות שביעית ממקום שכלו - לחיה מן השדה וחייבין בני המקום לבערן מן הבית והוליכן זה למקום שלא כלו ובני אותו מקום עדיין אוכלין הכנוסין בבית:,חייב לבער - משום חומרי מקום שיצא משם:,צא והבא לך אף אתה - מפרש בגמרא:

גמ' מאי איריא ערבי פסחים - דקתני עד חצות במנהגא מכלל דמחצות ולהלן אסור ולמה ליה למיתני חצות לאשמעינן הך דיוקא הא כל ערבי ימים טובים אסירי:,מן המנחה - תשע שעות ומחצה:,סמוך למנחה - קודם לכן:

נידנוד עבירה - רמז עבירה:,תענית צבור - אסור במלאכה במסכת תענית (דף יב:) כשהיו מתענין על הגשמים אבל שאר תענית ציבור לא כדאמר שמואל אין חומר תענית ציבור בבבל (לקמן פסחים דף נד:):,במוצאי שבתות - משום כבוד שבת שמוסיפין מחול על הקדש:

זריז - בעל מלאכה:,שפל ונשכר דלא עביד כולה שבתא ולא במעלי שבתא - ואע"ג דלאו לשום מצוה מיכוין מצוה שלא לשמה מיהא הויא דאמרינן לקמן יעסוק אדם במצוה ואפילו שלא לשמה: ,ה"ג ואע"ג דהאי דלא קעבדן כו':

עושין לשמה - מעל שמים ושלא לשמה עד לשמים דמצוה מיהא קא עביד כדרב יהודה:

מתקולתא - נוטלת מאזנים בידה ומהלכת בשוק להשכירן לכל הצריכין דשכר מועט הוא ומתבזה אשתו על שכר מועט:,אגרתא - שכר ריחיים שמשכירין טורח גדול ושכר מועט אבל קונה ריחיים ומוכרן הרי הוא כשאר פרקמטיא:

בקנים - כל מקלות דקים קרי קנים שעושין מהן גדרות ומחיצות:,אפחזייהו - נפח שלהן:,תגרי סימטא - יושבין ומוכרין בשוק ועין שולטת בהן:,ומגדלי בהמה דקה - הכל צווחין עליהן:,וקוצצי אילנות טובות - למוכרן לעצים הכל תמיהים ומלעיזין עליהם ומתוך כך עין שולטת בהן וצעקת בני אדם:,ונותנין עיניהם בחלק יפה - כשחולקים עם אחרים תמיד מקפידין ליטול חלק יפה:

מתורגמנין - שעומדין לפני החכם בשבתות ושומעין מפיו ומשמיעין לרבים:

ומעות יתומין - למחצית שכר:,ממדינת הים - משלח ספינותיו תמיד במקום סכנה:

תכלת - לציצית:,אינן רואין - כדאמרן שאם יתעשרו לא יהו עסוקין:,ואם עוסקין לשמה - להיות המצוה מצויה לצריכין לה:,רואין - דהואיל ולשמה עושין לא יניחו בשביל עשרן:

מצור לצידון - יום השוק של צידון בע"ש והם מחמירים על עצמן שלא להיבטל מצרכי שבת:,הוה אפשר להו - להמנע מן השוק שעשירים היו:

מארוזא - אורז:

Tossafot

העושה מלאכה במוצאי שבתות - אור"י דאיתא בירושלמי הכי הני נשי דנהיגי דלא למעבד עבידתא באפוקי שבתא לאו מנהגא עד דתיתפני סידרא מנהגא פי' שישלים התפלה מנהג כשר ובהא איירי נמי הכא:

וכאן בעושים שלא לשמה וכדרב יהודה - תימה (דרב) גופיה אמר בפ"ב דברכות (ד' יז.) כל העוסק בתורה שלא לשמה נוח לו שלא נברא ואור"י דהתם מיירי כגון שלומד כדי להתיהר ולקנטר ולקפח את חביריו בהלכה ואינו לומד ע"מ לעשות אבל הכא מיירי דומיא דההיא דלעיל יש שפל ונשכר דלא עביד כוליה שבתא ולא במעלי שבתא שאין מתכוון לשום רעה אלא מתוך עצלות אפ"ה גדול עד שמים חסדו:

מתקולתא - מטוה לכך קורא אותה מתקולתא לפי שנשכרת לשיעור משקל מטוה כדתנן בכתובות (ד' סד:) כמה היא עושה לו משקל ה' סלעים ופר"ח שהיא מתבזה על כך שהיא מגלה זרועותיה בשעת טוויה:

ומגדלי בהמה - וקשה לר"ת דאמר (בחולין ד' פד:) הרוצה שיתעשר יעסוק בבהמה דקה ואמר נמי עשתרות שמעשרות את בעליהן וי"ל דהתם בחורשין:

כותבי ספרים - אור"י בשם ריב"א דדוקא הכותבים כדי למכור עליהן בקשו דלעולם ימצאו לוקחין כדקתני הן ותגריהם אבל על המשכירים עצמן לבעלי בתים לא בקשו שלא היו מקפחים פרנסתן שלא ימצאו כל כך להשתכר:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Pesachim 50b
100%
פסחים נ׳ במַסֶּכֶת פְּסָחִים