Guémara
et inacceptable.
וְאֵינוֹ מִתְקַבֵּל.
Nos maîtres ont enseigné : qu'un homme soit toujours prêt à vendre tout ce qu'il possède afin d'épouser la fille d'un érudit en Torah (talmid 'hakham). S'il ne trouve pas la fille d'un érudit, qu'il épouse la fille de l'un des grands de la génération (guedolé ha-dor), qui sont des hommes pieux et vertueux bien qu'ils ne soient pas des érudits. S'il ne trouve pas la fille de l'un des grands de la génération, qu'il épouse la fille de l'un des chefs des assemblées (rachei khenessiyot). S'il ne trouve pas la fille de l'un des chefs des assemblées, qu'il épouse la fille de l'un des collecteurs de la charité (gabbaei tsedaka). S'il ne trouve pas la fille de l'un des collecteurs de la charité, qu'il épouse la fille de l'un des maîtres d'enfants (melamdei tinokot). Mais qu'il n'épouse pas la fille d'un ignorant (am ha-arets), car ils sont une chose abominable (chékets), et leurs femmes sont semblables à un reptile (chérets), [leur conduite de vie comportant la transgression de nombreux interdits] ; et à propos de leurs filles, le verset dit : « Maudit soit celui qui couche avec une bête » (Devarim 27, 21), [car elles ressemblent aux bêtes, dénuées de savoir et de sens moral].
תָּנוּ רַבָּנַן: לְעוֹלָם יִמְכּוֹר אָדָם כׇּל מַה שֶׁיֵּשׁ לוֹ, וְיִשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חָכָם. לֹא מָצָא בַּת תַּלְמִיד חָכָם — יִשָּׂא בַּת גְּדוֹלֵי הַדּוֹר. לֹא מָצָא בַּת גְּדוֹלֵי הַדּוֹר — יִשָּׂא בַּת רָאשֵׁי כְנֵסִיּוֹת. לֹא מָצָא בַּת רָאשֵׁי כְנֵסִיּוֹת — יִשָּׂא בַּת גַּבָּאֵי צְדָקָה. לֹא מָצָא בַּת גַּבָּאֵי צְדָקָה — יִשָּׂא בַּת מְלַמְּדֵי תִּינוֹקוֹת. וְלֹא יִשָּׂא בַּת עַמֵּי הָאָרֶץ, מִפְּנֵי שֶׁהֵן שֶׁקֶץ, וּנְשׁוֹתֵיהֶן שֶׁרֶץ, וְעַל בְּנוֹתֵיהֶן הוּא אוֹמֵר: ״אָרוּר שׁוֹכֵב עִם כׇּל בְּהֵמָה״.
La Guemara poursuit sa discussion au sujet de l'ignorant. Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi [Yehouda ha-Nassi] dit : il est interdit à un ignorant (am ha-arets) de manger de la viande, comme il est dit : « Telle est la loi (torah) de la bête et de l'oiseau » (Vayikra 11, 46). Il expose [ainsi] : quiconque s'occupe de la Torah a le droit de manger de la viande de bête et d'oiseau, et quiconque ne s'occupe pas de la Torah n'a pas le droit de manger de la viande de bête ou d'oiseau.
תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: עַם הָאָרֶץ אָסוּר לֶאֱכוֹל בְּשַׂר, (בְּהֵמָה) שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֹאת תּוֹרַת הַבְּהֵמָה וְהָעוֹף״: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה מוּתָּר לֶאֱכוֹל בְּשַׂר בְּהֵמָה וָעוֹף, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ עוֹסֵק בַּתּוֹרָה אָסוּר לֶאֱכוֹל בָּשָׂר בְּהֵמָה וָעוֹף.
La Guemara en vient à rapporter certaines paroles très sévères des Sages, dans lesquelles ils ont exagéré leurs sentiments négatifs à l'égard des ignorants — bien qu'il s'agisse ici d'ignorants qui étaient méchants en plus d'être grossiers. Rabbi Elazar dit : il est permis de transpercer (li-no'horo) un ignorant un jour de Kippour qui tombe un Chabbat. Ses disciples lui dirent : Maître, dis [plutôt] de l'égorger (le-cho'hto) ! Il leur répondit : [j'ai employé à dessein le mot « transpercer », car] ce terme-ci, « égorger », exige une bénédiction lorsqu'on abat un animal, tandis que ce terme-là, « transpercer », n'exige aucune bénédiction [en aucun contexte].
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עַם הָאָרֶץ מוּתָּר לְנוֹחֳרוֹ בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבִּי, אֱמוֹר לְשׁוֹחְטוֹ! אָמַר לָהֶן: זֶה טָעוּן בְּרָכָה, וְזֶה אֵינוֹ טָעוּן בְּרָכָה.
Rabbi Elazar dit : il est interdit de faire route avec un ignorant (am ha-arets) sur le chemin, [par crainte qu'il ne cherche à nuire à son compagnon de voyage], comme il est dit à propos de la Torah : « car elle est ta vie et la longueur de tes jours » (Devarim 30, 20). [L'ignorant n'ayant pas étudié la Torah, cela montre qu']il ne se soucie pas de sa propre vie ; de la vie d'autrui, à plus forte raison.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עַם הָאָרֶץ אָסוּר לְהִתְלַוּוֹת עִמּוֹ בַּדֶּרֶךְ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי הִיא חַיֶּיךָ וְאוֹרֶךְ יָמֶיךָ״, עַל חַיָּיו לֹא חָס, עַל חַיֵּי חֲבֵירוֹ — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן.
Rabbi Chemouel bar Na'hmani dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il est permis de fendre (le-kor'o) un ignorant (am ha-arets) comme un poisson. Rabbi Chemouel bar Yits'hak dit : et [on peut le fendre] par le dos, [provoquant ainsi sa mort immédiate en perçant sa moelle épinière plutôt que son ventre].
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַם הָאָרֶץ מוּתָּר לְקוֹרְעוֹ כְּדָג. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק: וּמִגַּבּוֹ.
Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Akiva dit : lorsque j'étais un ignorant (am ha-arets), je disais : qui me donnera un érudit en Torah, que je le morde comme un âne ! Ses disciples lui dirent : Maître, dis [plutôt] comme un chien ! Il leur répondit : [j'ai employé à dessein cette formulation, car] celui-ci, l'âne, mord et brise l'os, tandis que celui-là, le chien, mord mais ne brise pas l'os.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: כְּשֶׁהָיִיתִי עַם הָאָרֶץ אָמַרְתִּי: מִי יִתֵּן לִי תַּלְמִיד חָכָם וַאֲנַשְּׁכֶנּוּ כַּחֲמוֹר. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבִּי, אֱמוֹר כְּכֶלֶב! אָמַר לָהֶן: זֶה נוֹשֵׁךְ וְשׁוֹבֵר עֶצֶם, וְזֶה נוֹשֵׁךְ וְאֵינוֹ שׁוֹבֵר עֶצֶם.
Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Meïr disait : quiconque marie sa fille à un ignorant (am ha-arets), c'est comme s'il la ligotait et la plaçait devant un lion. [Pourquoi cela ?] De même que le lion déchire [sa proie] et la dévore sans aucune pudeur, ainsi l'ignorant frappe [sa femme] et a des relations [avec elle sans l'apaiser au préalable], sans aucune pudeur.
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כׇּל הַמַּשִּׂיא בִּתּוֹ לְעַם הָאָרֶץ, כְּאִילּוּ כּוֹפְתָהּ וּמַנִּיחָהּ לִפְנֵי אֲרִי. מָה אֲרִי דּוֹרֵס וְאוֹכֵל, וְאֵין לוֹ בּוֹשֶׁת פָּנִים — אַף עַם הָאָרֶץ מַכֶּה וּבוֹעֵל, וְאֵין לוֹ בּוֹשֶׁת פָּנִים.
Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Eliézer dit : si nous n'avions pas besoin d'eux [des ignorants] pour le commerce (massa ou-mattan), ils nous tueraient.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִילְמָלֵא אָנוּ צְרִיכִין לָהֶם לְמַשָּׂא וּמַתָּן, הָיוּ הוֹרְגִין אוֹתָנוּ.
La Guemara passe à une discussion au sujet d'un ignorant qui possède un certain degré de sensibilité (Méiri). Rabbi 'Hiyya enseigna : quiconque s'occupe de la Torah devant un ignorant (am ha-arets), [lui causant gêne et souffrance par son incapacité à étudier], c'est comme s'il avait eu des relations avec la fiancée de cet ignorant en sa présence, comme il est dit : « Moïse nous a prescrit une Torah, héritage (moracha) de l'assemblée de Jacob » (Devarim 33, 4). Ne lis pas « héritage » (moracha), mais « fiancée » (meorassa). [La Torah est comparée à la fiancée du peuple juif jusqu'à ce que l'on l'étudie, consommant par là son union avec elle.]
תָּנֵא רַבִּי חִיָּיא: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה לִפְנֵי עַם הָאָרֶץ, כְּאִילּוּ בּוֹעֵל אֲרוּסָתוֹ בְּפָנָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תּוֹרָה צִוָּה לָנוּ מֹשֶׁה מוֹרָשָׁה״. אַל תִּקְרֵי: ״מוֹרָשָׁה״, אֶלָּא: מְאוֹרָסָה.
[De même, il dit :] grande est la haine que les ignorants (amei ha-arets) portent à l'érudit en Torah, plus grande que la haine que les nations du monde portent à Israël ; et leurs femmes [haïssent les érudits] plus encore qu'eux. Il a été enseigné [dans la Tossefta] : celui qui a étudié [la Torah] puis s'en est détaché [chana ou-féirach] les hait plus que tous.
גְּדוֹלָה שִׂנְאָה שֶׁשּׂוֹנְאִין עַמֵּי הָאָרֶץ לְתַלְמִיד חָכָם יוֹתֵר מִשִּׂנְאָה שֶׁשּׂוֹנְאִין אוּמּוֹת הָעוֹלָם אֶת יִשְׂרָאֵל, וּנְשׁוֹתֵיהֶן יוֹתֵר מֵהֶן. תָּנָא שָׁנָה וּפֵירַשׁ, יוֹתֵר מִכּוּלָּן.
Nos maîtres ont enseigné : six choses ont été dites au sujet des ignorants (amei ha-arets). On ne leur confie pas de témoignage, [c'est-à-dire qu'on ne les désigne pas comme témoins d'un événement ou d'une transaction]. On n'accepte pas de témoignage de leur part, [car ils ne sont pas tenus pour dignes de foi]. On ne leur révèle pas de secret, [car ils le dévoileraient]. On ne les nomme pas tuteurs (apotropos) sur [le patrimoine] des orphelins, [par crainte qu'ils n'usent indûment des biens des orphelins]. On ne les nomme pas non plus administrateurs d'une caisse de charité (koupa chel tsedaka). Enfin, on ne fait pas route avec eux sur le chemin, [par souci de sa propre sécurité]. Et certains disent : on ne fait même pas d'annonce publique pour leur objet perdu, [c'est-à-dire que si l'on trouve un objet perdu appartenant à une telle personne, il est permis de le garder sans s'efforcer d'en retrouver le propriétaire (Méiri)].
תָּנוּ רַבָּנַן: שִׁשָּׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בְּעַמֵּי הָאָרֶץ: אֵין מוֹסְרִין לָהֶן עֵדוּת. וְאֵין מְקַבְּלִין מִמֶּנּוּ עֵדוּת. וְאֵין מְגַלִּין לָהֶן סוֹד. וְאֵין מְמַנִּין אוֹתָן אַפּוֹטְרוֹפּוֹס עַל הַיְּתוֹמִים. וְאֵין מְמַנִּין אוֹתָן אַפּוֹטְרוֹפּוֹס עַל קוּפָּה שֶׁל צְדָקָה. וְאֵין מִתְלַוִּין עִמָּהֶן בַּדֶּרֶךְ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף אֵין מַכְרִיזִין עַל אֲבֵידָתוֹ.