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Traité Pesachim

43b

Étude de Pesachim 43b

Étude de la Guémara 43b

Guémara
[La michna précédente a inclus les femmes dans l'interdiction du 'hamets ; la Guemara explique pourquoi ce verset était nécessaire,] car il aurait pu te venir à l'esprit de dire ceci : puisqu'il est écrit « Tu ne mangeras pas avec lui de pain levé ; sept jours tu mangeras avec lui des matsot » (Devarim 16, 3), on aurait pu penser que quiconque est inclus dans l'obligation positive « lève-toi et mange de la matsa » est aussi inclus dans l'interdiction « tu ne mangeras pas de 'hamets ». Et ces femmes, puisqu'elles ne sont pas incluses dans l'obligation « lève-toi et mange de la matsa » — car c'est une mitsva positive dépendant du temps (mitsvat assé chéhazeman gramah), dont elles sont par principe exemptées — j'aurais dit qu'elles ne sont pas non plus incluses dans l'interdiction « tu ne mangeras pas de 'hamets ». C'est pourquoi [le verset] nous enseigne [qu'elles y sont incluses].
סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּכְתִיב ״לֹא תֹאכַל עָלָיו חָמֵץ שִׁבְעַת יָמִים תֹּאכַל עָלָיו מַצּוֹת״, כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּקוּם אֱכוֹל מַצָּה — יֶשְׁנוֹ בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ, וְהָנֵי נְשֵׁי, הוֹאִיל וְלֵיתַנְהוּ בְּקוּם אֱכוֹל מַצָּה, דְּהָוְיָא לַיהּ מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁהַזְּמַן גְּרָמָא (הִיא) — אֵימָא בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ נָמֵי לֵיתַנְהוּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara fait remarquer : et maintenant que les femmes ont été incluses dans l'interdiction « tu ne mangeras pas de 'hamets », elles devraient aussi être incluses dans l'obligation de manger de la matsa — bien que ce soit une mitsva positive dépendant du temps — selon l'opinion de Rabbi Eliézer. Car Rabbi Eliézer a dit : les femmes sont obligées de manger de la matsa par la loi de la Torah (dévar Torah), comme il est dit « Tu ne mangeras pas avec lui de pain levé ; sept jours tu mangeras avec lui des matsot » (Devarim 16, 3). Ces deux commandements sont juxtaposés pour enseigner que quiconque est inclus dans l'interdiction « tu ne mangeras pas de 'hamets » est aussi inclus dans l'obligation de manger de la matsa. Et ces femmes-là aussi, puisqu'elles sont incluses dans l'interdiction « tu ne mangeras pas de 'hamets », sont également incluses dans l'obligation « lève-toi et mange de la matsa ».
וְהַשְׁתָּא דְּאִתְרַבּוּ לְהוּ בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ — אִיתְרַבִּי נָמֵי לַאֲכִילַת מַצָּה, כְּרַבִּי (אֱלִיעֶזֶר). דְּאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: נָשִׁים חַיָּיבוֹת בַּאֲכִילַת מַצָּה דְּבַר תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תֹאכַל עָלָיו חָמֵץ וְגוֹ׳״, כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ — יֶשְׁנוֹ בַּאֲכִילַת מַצָּה. וְהָנֵי נְשֵׁי נָמֵי, הוֹאִיל וְיׇשְׁנָן בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ — יֶשְׁנָן בְּקוּם אֱכוֹל מַצָּה.
La Guemara met en question cette déduction : qu'as-tu vu qui t'a conduit à comprendre que ce terme « tout » (kol) vient inclure les femmes et exclure le mélange [de 'hamets, le 'irouv] ? Au contraire, dis qu'il vient inclure dans le châtiment du karet celui qui mange son mélange !
וּמַאי חָזֵית דְּהַאי ״כׇּל״ לְרַבּוֹיֵי נָשִׁים, וּמַפְּקַתְּ עֵירוּבוֹ? אֵימָא: לְרַבּוֹיֵי עֵירוּבוֹ!
La Guemara répond : il est logique d'expliquer que le verset vient inclure les femmes, puisque le verset traite de ceux qui sont astreints à la mitsva de ne pas manger de 'hamets ; il inclut donc ceux qui mangent, comme le dit le verset « car quiconque mange du 'hamets… sera retranché » (Chemot 12, 19). Il est raisonnable que l'expression « tout » (kol) inclue des personnes supplémentaires passibles de karet, et non des types supplémentaires de 'hamets. Un verset qui traite de ceux qui ne doivent pas manger de 'hamets viendrait-il inclure des types supplémentaires d'aliments qui ne doivent pas être mangés ?
מִסְתַּבְּרָא, קָאֵי בְּאוֹכְלִין מְרַבֵּה אוֹכְלִין. קָאֵי בְּאוֹכְלִין מְרַבֵּה נֶאֱכָלִין?
Rav Natan, père de Rav Houna fils de Rav Natan, soulève une vive objection à cela : et partout où un verset traite de ceux qui mangent, ne vient-il nécessairement pas inclure des types supplémentaires d'aliment dans l'interdiction ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta [à propos du verset] « car quiconque mange la graisse (’hélev) de l'animal dont on présente un sacrifice par le feu à l'Éternel, l'âme qui en mange sera retranchée de son peuple » (Vayikra 7, 25) ? Les Sages ont interprété ce verset : je n'ai déduit de ce verset que l'interdiction portant sur les graisses des animaux sans défaut (temimim), aptes à être sacrifiés. D'où sait-on qu'il est aussi interdit de manger les graisses des animaux porteurs d'un défaut (baalé moumin), qui ne peuvent être offerts ? Le verset enseigne « de l'animal ». D'où sait-on qu'il est interdit de manger les graisses des animaux profanes ('houlin) ? Le verset enseigne « car quiconque [mange la graisse] ». Rav Natan explique son objection : ici, le verset ne traite-t-il pas de ceux qui mangent les graisses, et néanmoins ses expressions superflues viennent inclure des types d'aliments qui ne doivent pas être mangés !
מַתְקֵיף לַהּ רַב נָתָן אֲבוּהּ דְּרַב הוּנָא (בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן): וְכׇל הֵיכָא דְּקָאֵי בְּאוֹכְלִין לָא מְרַבֵּה נֶאֱכָלִין? וְהָא תַּנְיָא: ״כִּי כׇּל אֹכֵל חֵלֶב מִן הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר יַקְרִיב״, אֵין לִי אֶלָּא חֵלֶב תְּמִימִין שֶׁרָאוּי לִיקְרַב, חֵלֶב בַּעֲלֵי מוּמִין מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִן הַבְּהֵמָה״. חֵלֶב חוּלִּין מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי כׇּל״. וְהָא הָכָא דְּקָאֵי בְּאוֹכְלִין, וְקָא מְרַבֵּה נֶאֱכָלִין!
La Guemara répond : là-bas, dans le verset concernant les graisses interdites, où il n'y a pas de personnes supplémentaires qui en mangent à inclure — car l'interdiction s'applique déjà à tous — l'expression superflue vient inclure des aliments supplémentaires. Ici, dans le verset qui traite du 'hamets, où il y a des personnes qui en mangent et qui peuvent être incluses, à savoir les femmes, le verset ne laisse pas de côté les personnes qui mangent pour inclure des aliments mangés.
הָתָם דְּלֵיכָּא אוֹכְלִין — מְרַבֵּה נֶאֱכָלִין. הָכָא דְּאִיכָּא אוֹכְלִין — לָא שָׁבֵיק לְהוּ לְאוֹכְלִין וּמְרַבֵּה נֶאֱכָלִין.
La Guemara explique : et les Sages (Rabbanan), qui ne sont pas d'avis que le mélange de 'hamets soit inclus dans l'interdiction, n'interprètent pas que le terme « tout » (kol) vient inclure d'autres choses — ni pour le mélange de 'hamets, ni pour le karet. La Guemara demande : mais alors, d'où déduisent-ils qu'il est interdit aux femmes de manger du 'hamets ?
וְרַבָּנַן דְּלֵית לְהוּ עֵירוּב, ״כׇּל״ לָא דָּרְשִׁי. אֶלָּא נָשִׁים מְנָא לְהוּ?
La Guemara répond : bien qu'ils ne déduisent pas de halakha du terme « tout » (kol), ils déduisent une halakha de l'expression « car quiconque » (ki kol), dans le verset « car quiconque mange du 'hamets ».
״כׇּל״ — לָא דָּרְשִׁי, ״כִּי כׇּל״ — דָּרְשִׁי.
La Guemara demande : et si en effet l'expression « car quiconque » (ki kol) est plus inclusive que le simple mot « tout » (kol), alors selon Rabbi Eliézer une autre halakha pourrait aussi être déduite d'ici. Dis que [le mot « tout », dans] « quiconque mange du 'hamets », vient inclure les femmes, et que l'expression « car quiconque mange » vient inclure le mélange de 'hamets ('irouv) ! Selon Rabbi Eliézer, donc, on serait passible de karet pour avoir mangé un mélange de 'hamets.
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אֵימָא: ״כׇּל״ — לְרַבּוֹת אֶת הַנָּשִׁים, ״כִּי כׇּל״ — לְרַבּוֹת אֶת עֵירוּבוֹ!
Et si tu dis que Rabbi Eliézer ne déduit pas de halakha de l'expression « car quiconque » (ki kol), car il ne considère pas cela comme une expression inclusive, il en résulterait une autre contradiction. N'a-t-on pas enseigné dans une autre baraïta [à propos du verset] « car nul (ki kol) levain et nul miel vous n'en ferez fumer en offrande par le feu devant l'Éternel » (Vayikra 2, 11) ? Si le verset n'avait dit que « vous n'offrirez pas de levain », je n'aurais rien déduit d'autre que l'interdiction de sacrifier un morceau entier de levain. D'où sait-on qu'il est aussi interdit d'en sacrifier une partie ? Le verset enseigne « nul (kol) levain », indiquant qu'il est interdit d'en sacrifier même une partie. D'où sait-on qu'il est interdit de sacrifier un mélange de levain ? Le verset enseigne « car nul (ki kol) levain ». La Guemara analyse cet énoncé : de qui as-tu entendu qu'il déduit des halakhot du terme « tout » (kol) ? C'est Rabbi Eliézer, et néanmoins il déduit des détails supplémentaires de l'expression « car quiconque » (ki kol) !
וְכִי תֵּימָא ״כִּי כׇּל״ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לָא דָּרֵישׁ, וְהָתַנְיָא: שְׂאֹר בַּל תַּקְטִירוּ — אֵין לִי אֶלָּא כּוּלּוֹ, מִקְצָתוֹ מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כׇּל״. עֵירוּבוֹ מִנַּיִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי כׇּל״. מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּדָרֵישׁ ״כׇּל״ — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְקָא דָּרֵישׁ ״כִּי כׇּל״!
La Guemara conclut : cela reste difficile [kachya], car on n'a trouvé aucune explication satisfaisante au fait que Rabbi Eliézer ne déduit pas de l'expression « car quiconque » (ki kol) qu'un mélange de 'hamets est lui aussi interdit.
קַשְׁיָא.
Après avoir discuté du mélange de 'hamets, la Guemara énonce un principe plus général. Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : pour toutes les interdictions de la Torah, une substance permise ne se combine pas avec une substance interdite (éïn héter mitstaref léissour). Si l'on mange un aliment permis avec un aliment interdit, et qu'ensemble ils constituent la mesure minimale interdite, on est exempt de châtiment pour cet acte de consommation. Ce principe s'applique à toutes les halakhot, sauf aux interdictions du nazir, qui est passible pour avoir mangé un mélange de ce genre, car la Torah a dit au sujet du nazir « il s'abstiendra de vin et de boisson enivrante ; il ne boira pas de vinaigre de vin ni de vinaigre de boisson enivrante, et il ne boira d'aucune macération (michrat) de raisins » (Bamidbar 6, 3). Ce verset indique qu'il est interdit au nazir de consommer non seulement le vin et le vinaigre, mais aussi tout aliment ayant macéré dans ces liquides.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל אִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה — אֵין הֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר, חוּץ מֵאִיסּוּרֵי נָזִיר, שֶׁהֲרֵי אָמְרָה תּוֹרָה ״מִשְׁרַת״.
Pesachim 43b
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