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Traité Pesachim

3b

Étude de Pesachim 3b

Étude de la Guémara 3b

Guémara
[Si le verset emploie le langage de la « monture » à propos de Rivka, c'est] à cause de ses fils — car pour des enfants [mâles], il est d'usage [courant] de chevaucher [aussi le terme « monter » convient-il].
מִשּׁוּם בָּנָיו — אוֹרְחָא הוּא.
La Guemara soulève une autre difficulté. Mais n'est-il pas écrit au sujet d'Avigaïl : « Et il advint, comme elle chevauchait son âne et descendait à couvert de la montagne » (I Chemouel 25, 20) ? Ce verset emploie le langage de la « monture » à propos d'une femme sur un âne ! La Guemara répond : Là, à cause de l'effroi de la nuit [biatouta deleïlya], il est d'usage [pour une femme] de chevaucher [fermement] et non simplement d'être assise sur l'âne. Et si tu veux, dis plutôt : il n'y a pas [ici] de considération liée à l'effroi de la nuit [qui expliquerait qu'elle ait chevauché de la manière ordinaire] ; il y a en revanche une considération liée à l'effroi [qu'elle éprouvait] de David. Et si tu veux, dis plutôt : il n'y a pas non plus de considération liée à l'effroi de David ; il y a en revanche une considération liée à l'effroi [de la déclivité] de la montagne [lorsqu'on en descend à cheval].
וְהָכְתִיב: ״וְהִיא רֹכֶבֶת עַל הַחֲמוֹר״! הָתָם, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְלֵילְיָא — אוֹרְחָא הוּא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְלֵילְיָא — לֵיכָּא, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְּדָוִד — אִיכָּא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: בִּיעֲתוּתָא דְּדָוִד — נָמֵי לֵיכָּא, מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא דְהַר — אִיכָּא.
La Guemara demande : Mais le mot « impur » [tamé] n'est-il pas écrit dans la Torah ? [Apparemment, la Torah n'emploie pas systématiquement des euphémismes, et de fait le mot « impur » y figure régulièrement.] Plutôt [voici la règle] : partout où [les deux tournures] sont égales l'une à l'autre [en longueur], [le verset] s'exprime en un langage châtié [lachon nekiya] ; partout où les mots [de l'euphémisme] sont plus nombreux [exigeant une formulation plus longue], [la Torah] s'exprime en un langage concis [lachon ketsara] — conformément à ce qu'a dit Rav Houna au nom de Rav, et certains le rapportent ainsi : Rav Houna a dit au nom de Rav, au nom de Rabbi Méir : qu'un homme enseigne toujours à son élève de manière concise [derekh ketsara].
וּבְאוֹרָיְיתָא מִי לָא כְּתִיב ״טָמֵא״? אֶלָּא: כֹּל הֵיכָא דְּכִי הֲדָדֵי נִינְהוּ — מִשְׁתַּעֵי בְּלָשׁוֹן נְקִיָּה, כֹּל הֵיכָא דִּנְפִישִׁין מִילֵּי — מִשְׁתַּעֵי בְּלָשׁוֹן קְצָרָה. כִּדְאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ, אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: לְעוֹלָם יִשְׁנֶה אָדָם לְתַלְמִידוֹ דֶּרֶךְ קְצָרָה.
La Guemara demande : Et partout où [les tournures] sont égales l'une à l'autre [en longueur], le verset s'exprime-t-il toujours en un langage de dignité [lechon kavod] ? Mais [les mots hébreux pour] « chevauche » [rokhevet], épelé réch-vav-kaf-beit-tav, et « est assise » [yochevet], épelé yod-vav-chin-beit-tav, ne sont-ils pas de longueur égale, et pourtant le verset dit « chevauche » (I Chemouel 25, 20) ! La Guemara répond : Le mot hébreu pour « chevauche » est écrit sans vav, en graphie défective [« rokhevet » écrit חסר], ce qui le rend plus court que le terme pour « est assise ». [La brièveté l'emporte sur le langage de dignité.]
וְכׇל הֵיכָא דְּכִי הֲדָדֵי נִינְהוּ מִשְׁתַּעֵי בִּלְשׁוֹן כָּבוֹד? וְהָא ״רוֹכֶבֶת״ וְ״יוֹשֶׁבֶת״ דְּכִי הֲדָדֵי נִינְהוּ, וְקָאָמַר ״רוֹכֶבֶת״! ״רֹכֶבֶת״ כְּתִיב.
[La Guemara rapporte un épisode illustrant l'emploi d'un langage convenable :] Il y avait ces deux élèves qui étaient assis devant Rav et qui étaient épuisés [par l'étude d'un sujet ardu]. L'un dit : Cette halakha [que nous étudions] nous a rendus aussi exténués qu'un « autre chose » exténué [davar a'her mesankan] — euphémisme pour le porc. Et l'autre dit : Cette halakha nous a rendus aussi exténués qu'un chevreau exténué [kigdi mesankan]. Rav ne parla plus avec celui-là [qui avait employé l'image du porc, car celui qui s'exprime de manière inconvenante est assurément entaché dans son caractère].
הָנְהוּ תְּרֵי תַלְמִידֵי דַּהֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּרַב. חַד אָמַר: שַׁוִּיתִינַּן הַאי שְׁמַעְתָּא כְּדָבָר אַחֵר מְסַנְּקָן, וְחַד אָמַר: שַׁוִּיתִינַּן הַאי שְׁמַעְתָּא כִּגְדִי מְסַנְּקָן, וְלָא אִישְׁתַּעִי רַב בַּהֲדֵי דְּהַאיְךְ.
[La Guemara rapporte de même qu']il y avait ces deux élèves qui étaient assis devant Hillel, et l'un d'eux était Rabban Yo'hanan ben Zakkaï. Et certains disent qu'ils étaient assis devant Rabbi [Yehouda haNassi], et l'un d'eux était [l'amora] Rabbi Yo'hanan. L'un dit : Pour quelle raison vendange-t-on [les raisins] en état de pureté [betahara, en veillant à n'utiliser que des récipients purs], et ne récolte-t-on pas les olives en état de pureté ? Et l'autre dit la même chose, mais en la formulant autrement : Pour quelle raison vendange-t-on en état de pureté, mais peut-on récolter les olives en état d'impureté [betoumea] ? [Leur maître] dit : Je suis certain que celui-ci [le premier, qui s'est exprimé de manière châtiée] rendra des décisions halakhiques [moré horaa] en Israël. [La Guemara ajoute :] Et il ne se passa que peu de jours avant qu'il ne rendît des décisions halakhiques en Israël.
הָנְהוּ תְּרֵי תַלְמִידֵי דַּהֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּהִלֵּל, וְחַד מִינַּיְיהוּ רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי. וְאָמְרִי לַהּ, קַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְחַד מִינַּיְיהוּ רַבִּי יוֹחָנָן. חַד אָמַר: מִפְּנֵי מָה בּוֹצְרִין בְּטָהֳרָה וְאֵין מוֹסְקִין בְּטָהֳרָה? וְחַד אָמַר: מִפְּנֵי מָה בּוֹצְרִין בְּטָהֳרָה וּמוֹסְקִין בְּטוּמְאָה? אָמַר: מוּבְטָח אֲנִי בָּזֶה שֶׁמּוֹרֶה הוֹרָאָה בְּיִשְׂרָאֵל. וְלֹא הָיָה יָמִים מוּעָטִים עַד שֶׁהוֹרָה הוֹרָאָה בְּיִשְׂרָאֵל.
[La Guemara rapporte un épisode illustrant l'emploi d'un langage convenable :] Il y avait ces trois kohanim [au Temple, chacun recevant une part du pain de proposition (le'hem haPanim) partagé entre les prêtres ; comme les prêtres étaient nombreux, chacun n'en recevait qu'une petite quantité]. L'un leur dit : J'ai reçu [une part] grosse comme une fève [kefol]. Et l'un dit : J'ai reçu [une part] de la taille d'une olive [kezayit]. Et l'un dit : J'ai reçu [une part] de la taille d'une queue de lézard [kiznav haletaa]. On enquêta sur ce dernier [qui avait usé de l'image d'un reptile impur], et l'on trouva en lui une trace [chémets] de disqualification. [La Guemara suppose qu'on découvrit dans sa lignée un défaut le disqualifiant de la prêtrise.]
הָנְהוּ תְּלָתָא כָהֲנֵי. חַד אֲמַר לְהוּ: הִגִּיעַנִי כְּפוֹל, וְחַד אָמַר: הִגִּיעַנִי כְּזַיִת, וְחַד אָמַר: הִגִּיעַנִי כִּזְנַב הַלְּטָאָה. בָּדְקוּ אַחֲרָיו, וּמָצְאוּ בּוֹ שֶׁמֶץ פְּסוּל.
La Guemara demande : Mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta qu'on n'enquête pas [sur la lignée d'un prêtre] au-delà de l'autel [min hamizbéa'h oulemaala] ? [Lorsque le tribunal enquêtait sur la lignée d'un prêtre, on ne remontait son ascendance que jusqu'à découvrir un prêtre ayant offert des sacrifices sur l'autel ; à ce point, on cessait l'enquête. Un prêtre de lignée douteuse n'aurait certainement pas été autorisé à servir sur l'autel. Or, dans cet épisode, la lignée d'un prêtre ayant apporté des offrandes fut bel et bien mise en cause.]
וְהָא (תַּנְיָא): אֵין בּוֹדְקִין מִן הַמִּזְבֵּחַ וּלְמַעְלָה!
La Guemara réfute cet argument : Ne dis pas qu'on trouva en lui une trace [chémets] de disqualification [se rapportant à sa lignée]. Dis plutôt qu'on trouva en lui une arrogance [cha'hats] de disqualification — et c'est pour cela qu'il fut disqualifié de la prêtrise. Et si tu veux, dis plutôt : là, c'est différent, car c'est lui-même qui s'est attiré [le soupçon] sur sa propre personne [deïhou dearra nafchéh]. [Bien qu'on suppose en général que tout prêtre participant au service du Temple est apte à le faire, ce prêtre-ci a jeté le discrédit sur sa propre lignée par sa conduite.]
לָא תֵּימָא ״שֶׁמֶץ פְּסוּל״, אֶלָּא אֵימָא ״שַׁחַץ פְּסוּל״. וְאִי בָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִיהוּ דְּאַרַּע נַפְשֵׁיהּ.
[Au sujet de l'enquête sur la lignée sacerdotale, la Guemara rapporte :] Un certain araméen [non-Juif] montait [en pèlerinage] à Jérusalem [en se prétendant juif] et y mangeait des [agneaux] pascaux [à Jérusalem ; puis il rentrait chez lui et se vantait d'avoir berné les Juifs]. Il disait : Il est écrit « Aucun fils d'étranger n'en mangera » (Chemot 12, 43), [et] « Aucun incirconcis n'en mangera » (Chemot 12, 48) — et moi, voici que j'en ai mangé des plus fins morceaux [michoufré choufré] !
הָהוּא אַרְמָאָה דַּהֲוָה סָלֵיק וְאָכֵיל פְּסָחִים בִּירוּשָׁלַיִם. אֲמַר: כְּתִיב ״כׇּל בֶּן נֵכָר לֹא יֹאכַל בּוֹ״, ״כׇּל עָרֵל לֹא יֹאכַל בּוֹ״, וַאֲנָא הָא קָאָכֵילְנָא מִשׁוּפְרֵי שׁוּפְרֵי.
Rabbi Yehouda ben Betéra lui dit [dans le but de déjouer toute récidive] : Est-ce qu'on t'a [seulement] donné à manger de la queue grasse [mé'alya] ? [Penses-tu vraiment qu'on t'a donné le morceau le plus fin ? — l'araméen ignorait que la queue grasse est offerte sur l'autel et non consommée.] Il lui dit : Non. [Rabbi Yehouda ben Betéra répliqua :] Lorsque tu monteras là-bas [la prochaine fois], dis-leur : donnez-moi à manger de la queue grasse. Lorsqu'il monta, il [leur] dit : donnez-moi à manger de la queue grasse ! Ils lui dirent : La queue grasse est offerte en haut [lagavoah, à Dieu, sur l'autel].
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא: מִי קָא סָפוּ לָךְ מֵאַלְיָה? אֲמַר לֵיהּ: לָא. כִּי סָלְקַתְּ לְהָתָם אֵימָא לְהוּ: סְפוֹ לִי מֵאַלְיָה. כִּי סְלֵיק, אֲמַר לְהוּ: מֵאַלְיָה סְפוֹ לִי! אֲמַרוּ לֵיהּ: אַלְיָה לְגָבוֹהַּ סָלְקָא.
Ils lui dirent : Qui t'a dit cela [de demander cette part] ? Il leur dit [avec irritation] : C'est Rabbi Yehouda ben Betéra. Ils dirent : Qu'est-ce que cette affaire qui se présente devant nous ? [Rabbi Yehouda ben Betéra aurait-il pu lui dire de manger de la queue grasse ? Cette affaire doit être examinée davantage.] On enquêta sur son compte, on découvrit qu'il était araméen [non-Juif] et on le mit à mort. On envoya [un message] à Rabbi Yehouda ben Betéra : Paix sur toi, Rabbi Yehouda ben Betéra ! Car tu es à Netsivin et ton filet est tendu à Jérusalem. [Malgré ton éloignement de Jérusalem, tu nous as permis d'appréhender un imposteur.]
אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאן אֲמַר לָךְ הָכִי? אֲמַר לְהוּ: רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא. אֲמַרוּ: מַאי הַאי דְּקַמַּן? בְּדַקוּ בָּתְרֵיהּ, וְאַשְׁכְּחוּהוּ דְּאַרְמָאָה הוּא וְקַטְלוּהוּ. שְׁלַחוּ לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא: שְׁלָם לָךְ רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא! דְּאַתְּ בִּנְצִיבִין וּמְצוּדָתְךָ פְּרוּסָה בִּירוּשָׁלַיִם.
Pesachim 3b
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פסחים ג׳ במַסֶּכֶת פְּסָחִים