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Traité Pesachim

33a

Étude de Pesachim 33a

Étude de la Guémara 33a

Guémara
[Comment as-tu pu dire] que celui qui détourne intentionnellement des biens consacrés (meïla) est passible de mort par la main du Ciel ? C'est l'opinion de Rabbi Yehouda HaNassi. Comme cela a été enseigné dans une baraïta : au sujet de celui qui détourne intentionnellement des biens consacrés, Rabbi Yehouda HaNassi dit qu'il est passible de mort par la main du Ciel ; et les Sages disent qu'il transgresse une mise en garde (azhara), c'est-à-dire un interdit ordinaire, et qu'il est passible de flagellation.
הֵזִיד בִּמְעִילָה בְּמִיתָה — רַבִּי הִיא, דְּתַנְיָא: הֵזִיד בִּמְעִילָה, רַבִּי אוֹמֵר: בְּמִיתָה, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בָּאַזְהָרָה.
La Guemara demande : quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Yehouda HaNassi ? D'où la déduit-il ? Rabbi Abahou dit : il la déduit au moyen d'une analogie verbale (guezéra chava) entre le mot « faute » (' het) énoncé au sujet du détournement de biens consacrés et le mot « faute » (' het) énoncé au sujet de la térouma. Au sujet du détournement de biens consacrés, le verset dit : « Si quelqu'un commet une malversation et faute par inadvertance à l'égard des choses saintes de l'Éternel » (Vayikra 5, 15) ; et au sujet de la térouma, le verset dit : « …de peur qu'ils ne portent une faute à son sujet et n'en meurent, s'ils la profanent » (Vayikra 22, 9). Rabbi Yehouda HaNassi établit le rapprochement suivant : de même que consommer de la térouma est passible de la peine de mort, de même détourner des biens consacrés est passible de la peine de mort.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: גָּמַר ״חֵטְא״ ״חֵטְא״ מִתְּרוּמָה. מָה תְּרוּמָה בְּמִיתָה — אַף מְעִילָה בְּמִיתָה.
Et de cette même analogie verbale, le rapprochement entre la térouma et le détournement de biens consacrés peut s'étendre à d'autres points encore : de même qu'on n'est puni que pour avoir consommé au moins un kazaït (volume d'une olive) de térouma, de même on n'est puni pour détournement de biens consacrés que s'il y a au moins un kazaït de biens consacrés. Cela indique que la baraïta ne peut pas s'expliquer selon l'opinion d'Abba Chaoul, qui exige que l'objet vaille au moins une perouta.
וּמִינַּהּ: מָה תְּרוּמָה בִּכְזַיִת אַף מְעִילָה בִּכְזַיִת!
Et Rav Papa objecte vigoureusement au rejet, par Rav Chéchet et Rabba, de cette explication de la baraïta : d'où sais-tu que Rabbi Yehouda HaNassi tient comme les Sages, selon qui on n'est puni qu'après avoir consommé un kazaït de térouma ? Peut-être tient-il comme Abba Chaoul, qui a dit qu'on est passible pour la térouma pourvu que l'aliment contienne la valeur d'une perouta de térouma, même s'il y en a moins d'un kazaït. Et puisque les lois du détournement de biens consacrés se déduisent de la térouma, on n'est passible — tant pour la térouma que pour les biens consacrés — que si l'objet vaut au moins une perouta. Dès lors, l'explication de la baraïta donnée par Rav 'Hiya bar Avin ne devrait pas être rejetée.
וּמַתְקִיף לַהּ רַב פָּפָּא: מִמַּאי דְּרַבִּי כְּרַבָּנַן סְבִירָא לֵיהּ? דִּילְמָא כְּאַבָּא שָׁאוּל סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר: יֵשׁ בָּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה — אַף עַל גַּב דְּלֵית בַּהּ כְּזַיִת.
Au sujet de la question évoquée précédemment, la Guemara demande : mais n'est-ce pas Rav Papa lui-même qui a dit qu'Abba Chaoul exige deux conditions — que l'objet vaille une perouta et qu'il ait le volume d'un kazaït ? Plutôt, apprends-en (chéma mina) que Rav Papa s'est rétracté de son propos concernant l'opinion d'Abba Chaoul.
וְהָא רַב פָּפָּא הוּא דְּאָמַר דְּאַבָּא שָׁאוּל תַּרְתֵּי בָּעֵי, אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ: הֲדַר בֵּיהּ.
Mar, fils de Rabbana, dit ce qui suit pour résoudre la difficulté dans la baraïta : voici ce qu'elle veut dire. Non ! [il n'y a pas lieu d'apprendre la meïla des autres mitsvot] : si tu dis qu'on est dispensé d'un sacrifice pour les autres mitsvot — où agir sans intention (chééno mitkavèn) n'est pas traité comme agir avec intention, c'est-à-dire que si l'on avait l'intention de couper un végétal détaché du sol le Chabbat, ce qui n'est pas interdit par la Torah, et que par erreur on a coupé un végétal attaché au sol, alors on est exempt, car on a agi sans intention — diras-tu de même au sujet du détournement de biens consacrés, à propos duquel la loi est plus sévère, à savoir que si l'on avait l'intention de se réchauffer avec des toisons de laine profanes ('houlin) et que, par erreur ou par ignorance, on s'est réchauffé avec des toisons d'une 'ola (holocauste), alors on a détourné des biens consacrés ? Ainsi, le détournement de biens consacrés est plus sévère que les autres commandements, en ce qu'on le transgresse même en agissant sans intention, et l'on ne peut donc pas déduire la loi du détournement de biens consacrés de celle des autres mitsvot.
מָר בְּרֵיהּ דְּרַבְנָא אָמַר, הָכִי קָאָמַר: לֹא! אִם אָמַרְתָּ בִּשְׁאָר מִצְוֹת — שֶׁלֹּא עָשָׂה בָּהֶן שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין כְּמִתְכַּוֵּין, שֶׁאִם נִתְכַּוֵּין לַחְתּוֹךְ אֶת הַתָּלוּשׁ וְחָתַךְ אֶת הַמְחוּבָּר — שֶׁפָּטוּר, תֹּאמַר בִּמְעִילָה, שֶׁאִם נִתְכַּוֵּין לְהִתְחַמֵּם בְּגִיזֵּי חוּלִּין וְנִתְחַמֵּם בְּגִיזֵּי עוֹלָה — שֶׁמָּעַל.
Rav Na'hman bar Yits'hak dit que la baraïta doit se comprendre autrement, et voici ce qu'elle veut dire. Non ! [il n'y a pas lieu d'apprendre la meïla des autres mitsvot] : si tu énonces cette indulgence au sujet des autres mitsvot — où celui qui agit en s'occupant d'autre chose (mitassèk) n'est pas tenu pour responsable comme celui qui agit en étant conscient de son acte, comme dans le cas où l'on avait l'intention d'accomplir un acte permis et où l'on a accompli par erreur un acte interdit, c'est-à-dire que si l'on voulait soulever un végétal détaché du sol mais que le couteau s'est trouvé couper un végétal attaché au sol, transgressant ainsi l'acte de moisson le Chabbat, alors on est exempt — diras-tu de même au sujet du détournement de biens consacrés, où, si l'on plonge la main dans un récipient pour y prendre un objet et qu'on la plonge à son insu dans de l'huile consacrée, on a détourné des biens consacrés ? Le détournement de biens consacrés est donc plus sévère que les autres commandements, car on commet la faute de détourner des biens consacrés même lorsqu'on se sert de l'objet consacré en cherchant à accomplir une autre action et sans avoir conscience d'accomplir un acte interdit.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר, הָכִי קָאָמַר: לֹא! אִם אָמַרְתָּ בִּשְׁאָר מִצְוֹת, שֶׁכֵּן לֹא מִתְחַיֵּיב בָּהֶן שֶׁאֵין מִתְעַסֵּק כְּמִתְעַסֵּק, שֶׁאִם נִתְכַּוֵּין לְהַגְבִּיהַּ אֶת הַתָּלוּשׁ, וְחָתַךְ אֶת הַמְחוּבָּר — שֶׁפָּטוּר. תֹּאמַר בִּמְעִילָה, שֶׁאִם הוֹשִׁיט יָדוֹ לִכְלִי לִיטּוֹל חֵפֶץ וְסָךְ יָדוֹ בְּשֶׁמֶן שֶׁל קוֹדֶשׁ — שֶׁמָּעַל.
Le Maître a dit plus haut dans la baraïta : dans quel cas cet énoncé est-il dit — celui où les Tannaïm divergent quant à l'obligation de payer pour de la térouma de pain levé ('hamets) ? Il est dit au sujet d'un cas où l'on a prélevé la térouma de manière permise et qu'elle est devenue 'hamets pendant Pessa'h. Mais si l'on a prélevé la térouma à partir de pain levé pendant Pessa'h, tous s'accordent à dire qu'elle n'est pas consacrée, puisqu'elle est sans valeur.
אָמַר מָר: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּמַפְרִישׁ תְּרוּמָה וְהֶחְמִיצָה, אֲבָל הִפְרִישׁ חָמֵץ תְּרוּמָה — דִּבְרֵי הַכֹּל אֵינָהּ קְדוֹשָׁה.
La Guemara demande : d'où ces choses sont-elles déduites, à savoir qu'un objet sans valeur ne peut être désigné comme térouma ? Rav Na'hman bar Yits'hak dit que le verset énonce : « Les prémices de ton blé, de ton vin et de ton huile, et les prémices de la toison de ton menu bétail, tu les lui donneras » (Devarim 18, 4) — et non « à son feu » (le-ouro). On doit donner au Cohen quelque chose qu'il puisse utiliser à n'importe quel usage, et non quelque chose que le Cohen serait contraint de brûler comme combustible. Même ceux qui permettent de tirer profit du pain levé pendant Pessa'h s'accordent à dire qu'on ne peut pas le consommer ; c'est pourquoi le pain levé ne peut, dans ce cas, être consacré comme térouma.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, אָמַר קְרָא: ״תִּתֵּן לוֹ״ — וְלֹא לְאוּרוֹ.
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, souleva une objection à partir de ce qui a été enseigné dans une MISHNA : on ne prélève pas la térouma à partir de produits rituellement impurs (téméa) pour des produits rituellement purs (tehora) ; mais si l'on a prélevé ainsi par mégarde (bechogueg), sa térouma est une térouma valide. Or pourquoi serait-ce une térouma valide ? Que le Cohen dise donc : le verset exige que la térouma soit donnée « à lui » et non « à son feu » — et cette térouma rituellement impure, il faudra la brûler ! Dans ce cas, pourquoi ce produit deviendrait-il effectivement térouma ? La Guemara répond : ce n'est pas difficile. Là-bas, dans le cas de la térouma impure, elle avait connu un moment d'aptitude (cheat hakocher), puisqu'elle aurait pu être donnée comme térouma avant de devenir impure. Ici, dans le cas du pain levé, il n'a jamais connu de moment d'aptitude, et c'est pourquoi il ne peut être consacré comme térouma.
מֵתִיב רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: אֵין תּוֹרְמִין מִן הַטְּמֵאָה לַטְּהוֹרָה, וְאִם תָּרַם בְּשׁוֹגֵג — תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה. וְאַמַּאי? לֵימָא: ״לוֹ״ וְלֹא לְאוּרוֹ! לָא קַשְׁיָא: הָתָם הָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר, הָכָא לֹא הָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר.
La Guemara demande : quelles sont les circonstances dans lesquelles ce pain levé n'a connu aucun moment d'aptitude, même pendant Pessa'h ? Cela n'a pu se produire que dans un cas où il est devenu 'hamets alors qu'il était encore attaché au sol et ne pouvait pas encore devenir térouma. Mais s'il est devenu 'hamets après avoir été détaché du sol, ce pain levé peut-il alors effectivement être consacré comme térouma, bien que la baraïta indique qu'aucun pain levé ne peut être désigné comme térouma pendant Pessa'h ? Rav Na'hman bar Yits'hak dit à Rav Houna, fils de Rav Yehochoua : oui, il en est bien ainsi malgré cette limite déconcertante, et l'on peut appliquer de façon homilétique l'expression biblique : « La chose est par le décret des veilleurs (irine), et la sentence par la parole des saints » (Daniel 4, 14). Les Sages, qui sont comparés aux êtres célestes, s'accordent avec mon propos. Et de même, dans la maison d'étude, on enseigne conformément à mon opinion, malgré le caractère déconcertant de cette décision.
וּדְלֹא הָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר, הֵיכִי דָּמֵי? כְּגוֹן דְּאַחְמֵיץ בִּמְחוּבָּר. אֲבָל אַחְמֵיץ בְּתָלוּשׁ — הָכִי נָמֵי דְּקָדְשָׁה? אֲמַר לֵיהּ: אִין, ״בִּגְזֵירַת עִירִין פִּתְגָמָא וּבְמֵאמַר קַדִּישִׁין שְׁאֵילְתָא״, וְכֵן מוֹרִין בְּבֵי מִדְרְשָׁא כְּווֹתִי.
Lorsque Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, vint
כִּי אֲתָא רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ,

Rachi

הזיד - בהנאת קדש ששגגתה מעילה:,ר' אומר במיתה - כדמפרש גמר חטא חטא הנאת קדש מאכילת תרומה כתיב הכא וחטאה בשגגה וכתיב בתרומה לא ישאו עליו חטא ומתו בו וגו' (ויקרא כ״ב:ט׳):,וחכ"א באזהרה - רבנן נמי אית להו גזירה שוה דרבי דהא עיקר מילתא דמעילה בהא גזירה שוה גמרי בפרק חמישי דמעילה (דף יח:) בברייתא גבי פגם ונהנה ובדבר שפגם נהנה ובתלוש מן הקרקע ובשליח שעשה שליחותו כל הני מתרומה גמרי בה ואזהרה נמי מתרומה גמרי מה אכילת תרומה הזהיר דכתיב לא יאכל קודש אף הנאת הקדש דמעילה הזהיר ומיהו מיתה לא גמרינן מינה כדמפרשי רבנן טעמייהו בסנהדרין דמיעט רחמנא בתרומה ומתו בו והאי בו מיעוטא בו ולא במעילה וכן עיקר:

מאי טעמא דרבי - גרסינן:

ומינה - היינו נרגא כלומר וכיון דמיתה מהכא נפקא לן על כרחיך הכי תילף ומינה מה תרומה מיתה הכתובה בה אאכילה כתובה דהוא כזית אף מעילה אין מיתה עד דאיכא כזית וליכא למימר דתנא הכי תאמר במעילה שחייב בה מיתה בפחות מכזית:

ומתקיף לה - גרסינן:,ומתקיף לה רב פפא - להני דשדו ביה נרגא:,ממאי דרבי - בתרומה כרבנן דפליגי אדאבא שאול סבירא ליה דבעו כזית בתרומה דילמא כאבא שאול סבירא ליה ושפיר מצי למילף מינה מיתה במעילה דהיא בשוה פרוטה מתרומה אפילו לפחות מכזית:

מר בריה דרבנא אמר - הא מתניתא דלעיל בשיבושא איתני בבי מדרשא והכי קאמר סיפא לא אם אמרת בשאר מצות שכן לא חייב בהן קרבן בשוגג שאין מתכוין לאותה מלאכה כשוגג שמתכוין לאותה מלאכה:,שאם נתכוון לחתוך את התלוש - שהוא מתכוין לדבר המותר וחתך את המחובר שאפילו בשבת פטור דמלאכת מחשבת בעינן שיתכוין לחתיכת מחובר ומיהו שגג בשבת שאינו יודע שהוא שבת או אינו יודע שהמלאכה זו אסורה:,תאמר במעילה שאם נתכוון כו' שמעל - כגון היו כאן גיזי חולין וגיזי עולה ונתכוין ליטול של חולין והלכה ידו על של עולה ומכיר הוא מי עולה ומי חולין אלא שנסתכל במקום אחר דהיינו שאין מתכוין למעשה זה וחייב מעילה דוחטאה בשגגה כל דהו כתיב ולא כתב בה מיעוטא כדכתיב בשבת מלאכת מחשבת וכתיב בשאר מצות אשר חטא בה פרט למתעסק והיינו מתעסק שמתעסק בדבר אחר ובא זה לידו:

ר"נ בר יצחק אמר - הא לא הוה ליה למיתני דהא בשאר מצות נמי אם היה מתעסק בחתיכה ואפי' בשל היתר ועלתה בידו חתיכת איסור ואע"ג דאין מתכוין לזו מלאכת מחשבת היא וחייב אלא הכי קאמר לא אם אמרת בשאר מצות שכן לא חייב בהן שאין מתעסק בדבר היתר ושגג באיסור כיוצא בו כמתעסק בדבר היתר ועלה בידו איסור:,שאם נתכוון להגביה את התלוש - דהיינו אין מתעסק בחתיכה לגמרי ואפי' בשל היתר וחתך מחובר שפטור ולא עשאו כמתעסק לחתוך תלוש וחתך מחובר:,תאמר במעילה שאם הושיט ידו כו' - ולא היה מתעסק בשום סיכה ואפילו בשל היתר וסך ידו בשמן של קודש שמעל:

אמר מר במה דברים אמורים כו' דברי הכל - קאמר ואפי' למאן דשרי הנאת חמץ בפסח קאמר:

תתן לו - בתרומה כתיב ראשית דגנך וגו':,ולא לאורו - אפי' היא ראויה להסיק הואיל ואינה ראויה לאכילה:

אין תורמין מן הטמא על הטהור - לכתחלה שמפסיד את הכהן:,בשוגג - שלא ידע שטבל זה טמא:,שהיתה לו שעת הכושר - שנראית כבר לתרומה קודם שנטמא והא דלעיל בחמץ שלא היתה לו שעת הכושר לתרום ממנו דקודם שחל הפסח היה מחובר והחמיץ במחובר וכל זמן חיבורו לא היה ראוי לחול שם תרומה עליו דראשית דגנך כתיב משנדגן ודיגון לשון אסיפה והעמדת כרי הוא:

עירין - מלאכים כלומר תלמידי חכמים שהם כמלאכי השרת אמרי בבית המדרש כמותי דהא דקתני לעיל אינה קדושה בשהחמיץ במחובר קאמר:,ובמאמר קדישין שאילתא - מקרא הוא בדניאל:,מורין - מורין הוראה:,כוותי - כמותי:

רב הונא בריה דרב יהושע אמר - אפילו בשהחמיץ בתלוש נמי קאמר דאינה קדושה:

Tossafot

ומינה מה תרומה בכזית - אע"ג דבסוף כל התדיר (זבחים צא:) ובפרק בתרא דמנחות (דף קז.) איכא למ"ד דרבי סבר דון מינה ואוקי באתרה הכא אין לומר אוקי באתרה מה מעילה דממון שוה פרוטה אף מעילה דאכילה כן דהא אכילה דהקדש מאכילה דתרומה יליף והיאך יהיה בו מיתה אם לא כשיעור אכילת תרומה דבשאר נהנה ליכא מיתה אלא אאכילה אפילו לרבי דומיא דתרומה ואם תאמר אמאי אין מפרש לא אם אמרת בשאר מצות שלא חייב מיתה עד דהוי כזית בכדי אכילת פרס תאמר במעילה דאפי' בעינן כזית הא תנן בפרק הנהנה (מעילה יח:) צירף את המעילה אפי' לזמן מרובה וי"ל דאיכא נמי למיפרך דנילף מתרומה שלא יצטרף:,אף מעילה בכזית - תימה לר"י דהכא משמע דמאן דיליף חטא חטא סבירא ליה דמעילה בכזית כמו תרומה וכולהו אית להו גזירה שוה דפרק הנהנה (גם זה שם) יליף מעילה מתרומה למילי טובא ורבנן לא פליגי ארבי אלא לענין מיתה משום דכתיב בו ולא במעילה ואם כן מ"ט דרבנן דלעיל דאמרי לא אמר שוה פרוטה אלא לענין מעילה אבל בתרומה עד שיהא בו כזית:

נתכוין לחתוך את התלוש וחתך את המחובר - ר"ת מפרש נמצא שהוא מחובר דאי נתכוון לחתוך תלוש זה וחתך מחובר אחר מאי איריא נתכוון לתלוש אפילו נתכוון לחתוך מחובר זה וחתך מחובר אחר פטור הואיל ולא איתעבידא מחשבתו דתניא בהדיא בפרק ספק אכל (כריתות כ.) היו לפניו שתי נרות ונתכוון לכבות את זה וכבה את זה פטור:

תתן לו ולא לאורו - אור"י דלא איצטריך למידרש מלו אלא לר' יוסי הגלילי דאית ליה חמץ מותר בהנאה דלהנך תנאי דאסרי חמץ בהנאה נפקא לן מונתן לכהן את הקודש דבר הראוי להיות קודש או מתתן לחודיה שאין ליתן אלא מידי דשרי בהנאה לכל הפחות דשייכא ביה נתינה ולכך משמע ליה למידרש מתתן לו דבר הראוי לאכילה ולא דבר שאין ראוי אלא לאורו והיינו תרומה טמאה דלא חזיא אלא לאורו דאיסור הנאה מתתן נפקא ואם תאמר ובעל הגמרא דבעי מנהני מילי והא הנך תנאי דהך ברייתא דהפריש חמץ תרומה ד"ה אינה קדושה כיון דסבירא להו דאסור בהנאה דבר פשוט הוא דאינו קדוש ומאי קבעי ליה יש לומר דפשיטא ליה לגמרא דלא איצטריך למיתני בברייתא ד"ה אלא לרבי יוסי הגלילי דמשום דהנך דאסירי בהנאה לא איצטריך למיתני ולהכי בעי מנהני מילי לרבי יוסי הגלילי אי נמי רב נחמן גופיה דמפרש לו ולא לאורו קאמר מה"מ לפי שהיה פשוט לו דאליבא דכ"ע קתני הכי וכה"ג איכא בכמה דוכתי:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Pesachim 33a
100%
פסחים ל״ג אמַסֶּכֶת פְּסָחִים