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Traité Pesachim

25b

Étude de Pesachim 25b

Étude de la Guémara 25b

Guémara
ou bien du meurtre [chefikhout damim].
וּשְׁפִיכוּת דָּמִים.
Que l'on ne puisse se soigner par l'idolâtrie ['avoda zara], même lorsque sa vie est en danger, cela découle de ce que nous venons de dire, fondé sur le verset « de toute ton âme et de tout ton pouvoir » (Devarim 6, 5). D'où cette même règle est-elle déduite à propos des relations interdites [guilouï 'arayot] et du meurtre [chefikhout damim] ? Ainsi qu'il a été enseigné dans une baraïta, Rabbi [Yehouda haNassi] dit : le verset dit, à propos de celui qui viole une jeune fille fiancée [na'ara hameorassa] : « Mais à la jeune fille tu ne feras rien ; il n'y a pas dans la jeune fille de faute [passible] de mort ; car comme lorsqu'un homme se dresse contre son prochain et le tue, ainsi en est-il de cette affaire » (Devarim 22, 26). Quel rapport un meurtrier a-t-il avec une jeune fille fiancée qui a été violée ? Pourquoi le verset mentionnerait-il le meurtre dans ce contexte ?
עֲבוֹדָה זָרָה — הָא דַּאֲמַרַן. גִּילּוּי עֲרָיוֹת וּשְׁפִיכוּת דָּמִים, דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״כִּי כַּאֲשֶׁר יָקוּם אִישׁ עַל רֵעֵהוּ וּרְצָחוֹ נֶפֶשׁ כֵּן הַדָּבָר הַזֶּה״. וְכִי מָה עִנְיַן רוֹצֵחַ אֵצֶל נַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה?
C'est plutôt que la mention du meurtre vient enseigner une règle au sujet de la jeune fille fiancée [na'ara hameorassa], et il se trouve qu'en outre, elle apprend elle-même une règle de ce cas. La Torah rapproche [makich] le meurtrier de la jeune fille fiancée pour indiquer que, de même que dans le cas d'une jeune fille fiancée on peut la sauver en prenant la vie du violeur, de même on peut sauver une victime potentielle de meurtre en prenant la vie du poursuivant [rodef]. Inversement, on peut apprendre le cas de la jeune fille fiancée à partir du cas du meurtrier : de même qu'à l'égard d'un meurtrier potentiel la règle est que, si on le contraint à tuer quelqu'un d'autre, il doit se laisser tuer et ne pas transgresser cet interdit, de même, à l'égard d'une jeune fille fiancée, la règle est qu'elle doit se laisser tuer et ne pas transgresser l'interdit des relations interdites.
הֲרֵי זֶה בָּא לְלַמֵּד, וְנִמְצָא לָמֵד. מַקִּישׁ רוֹצֵחַ לְנַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה: מָה נַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה — נִיתָּן לְהַצִּילָהּ בְּנַפְשׁוֹ, אַף רוֹצֵחַ — נִיתָּן לְהַצִּילוֹ בְּנַפְשׁוֹ. וְנַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה מֵרוֹצֵחַ: מָה רוֹצֵחַ — יֵהָרֵג וְאַל יַעֲבוֹר, אַף נַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה — תֵּהָרֵג וְאַל תַּעֲבוֹר.
La Guemara demande : et le meurtre [chefikhout damim] lui-même, d'où le déduisons-nous ? La Guemara répond : c'est fondé sur un raisonnement logique [sevara], car une vie n'est pas préférable à une autre. La Guemara rapporte un fait pour le démontrer : il en va comme de ce certain homme qui vint devant Rava et lui dit : le gouverneur [maré] de ma ville m'a dit : va tuer untel, et si tu ne le fais pas, je te tuerai. Rava lui dit : il est préférable qu'il te tue, mais que toi tu ne tues pas. Qu'as-tu vu [pour penser] que ton sang serait plus rouge et plus précieux que le sien ? Peut-être le sang de cet homme est-il plus rouge. Manifestement, on ne peut pas sauver sa propre vie en prenant celle d'autrui.
וּשְׁפִיכוּת דָּמִים גּוּפֵיהּ מְנָלַן? סְבָרָא הוּא: כִּי הָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר לֵיהּ: מָרֵי דּוּרַאי אֲמַר לִי: זִיל קַטְלֵיהּ לִפְלָנְיָא, וְאִי לָא — קָטְלִינָא לָךְ. אֲמַר לֵיהּ: לִיקְטְלוּךְ וְלָא תִּיקְטוֹל, מַאי חָזֵית דִּדְמָא דִידָךְ סוּמָּק טְפֵי? דִּילְמָא דְּמָא דְּהָהוּא גַּבְרָא סוּמָּק טְפֵי.
La Guemara rapporte : Mar bar Rav Achi trouva Ravina qui enduisait sa fille avec des olives vertes [gouharké] d'orla, à des fins médicinales. Mar bar Rav Achi lui dit : admettons que les Sages aient dit que l'on peut tirer profit d'un tel objet interdit en un temps de danger ; mais qui dit qu'il est permis de le faire quand ce n'est pas un temps de danger ?
מָר בַּר רַב אָשֵׁי אַשְׁכְּחֵיהּ לְרָבִינָא דְּשָׁיֵיף לַהּ לִבְרַתֵּיהּ בְּגוּהַרְקֵי דְעׇרְלָה. אֲמַר לֵיהּ: אֵימוֹר דַּאֲמוּר רַבָּנַן בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה, שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה מִי אֲמוּר?
Ravina lui dit : une forte fièvre [icheta tzemirta] est elle aussi considérée comme un temps de danger, et l'on peut tirer profit d'un objet interdit dans une telle situation. Certains disent que Ravina lui dit ainsi : est-ce que je tire profit de la manière habituelle ? La façon habituelle de tirer profit de ces olives est de les utiliser une fois mûries, afin d'en extraire l'huile. Comme Ravina ne tirait pas profit de la manière habituelle, il lui était permis de le faire, bien que la vie de sa fille ne fût pas en danger.
אֲמַר לֵיהּ: הַאי אִישָּׁתָא צְמִירְתָּא נָמֵי כִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה דָּמְיָא. אִיכָּא דְאָמְרִי, אֲמַר לֵיהּ: מִידֵּי דֶּרֶךְ הֲנָאָה קָא עָבֵידְנָא?
La Guemara continue à examiner diverses lois qui s'appliquent aux objets interdits. Il a été énoncé : à propos d'un profit tiré d'un objet interdit qui parvient à une personne contre son gré [be'al kor'ho], c'est-à-dire lorsque les circonstances font qu'elle en tire profit alors qu'elle ne s'est pas elle-même placée dans cette situation afin d'en tirer profit, Abayé dit : tirer profit de cette manière est permis ; et Rava dit : c'est interdit.
אִיתְּמַר: הֲנָאָה הַבָּאָה לוֹ לְאָדָם בְּעַל כׇּרְחוֹ, אַבָּיֵי אָמַר: מוּתֶּרֶת, וְרָבָא אָמַר: אֲסוּרָה.
La Guemara explique : dans un cas où il est possible [efchar] d'éviter d'en tirer profit et où il a l'intention [mitkavèn] d'en tirer profit de l'objet interdit, ou bien où il n'est pas possible de l'éviter et où il a l'intention d'en tirer profit, tout le monde s'accorde à dire que c'est interdit, parce qu'il avait l'intention de tirer un profit qui était interdit. Et lorsqu'il n'est pas possible de l'éviter et qu'il n'a pas l'intention d'en tirer profit, tout le monde s'accorde à dire que c'est permis, car il n'avait pas le choix en la matière. Là où ils sont en désaccord, c'est dans un cas où il lui est possible d'éviter l'interdit, et où il n'a pas l'intention d'en tirer profit.
אֶפְשָׁר וְקָא מִיכַּוֵּין, לָא אֶפְשָׁר וְקָמִיכַּוֵין — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר. לָא אֶפְשָׁר וְלָא מִיכַּוֵּין — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי. כִּי פְּלִיגִי דְּאֶפְשָׁר וְלָא מִיכַּוֵּין.
La Guemara restreint davantage le débat : et selon Rabbi Yehouda, qui a dit qu'un acte interdit non intentionnel [davar chéène mitkavèn] est interdit, tout le monde s'accorde à dire que c'est interdit, car Rabbi Yehouda soutient que l'acte d'une personne est plus déterminant que son intention. Là où ils sont en désaccord, c'est selon l'opinion de Rabbi Chimon, qui a dit qu'un acte interdit non intentionnel est permis. Manifestement, Abayé tient comme l'opinion de Rabbi Chimon. Et Rava dirait : Rabbi Chimon n'a énoncé son opinion que dans un cas où il n'est pas possible [lo efchar] d'éviter l'interdit ; mais dans un cas où il est possible [efchar] de l'éviter, non, il n'a pas permis de tirer profit d'un tel interdit, même de façon non intentionnelle. Telle est une première version du débat.
וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר. כִּי פְּלִיגִי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין מוּתָּר. אַבָּיֵי כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וְרָבָא אָמַר: עַד כָּאן לָא קָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן — אֶלָּא הֵיכָא דְּלָא אֶפְשָׁר, אֲבָל הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר — לָא.
Certains disent que le débat doit se comprendre ainsi : dans un cas où il est possible [efchar] d'éviter d'en tirer profit et où il n'a pas l'intention [lo mitkavèn] d'en tirer profit, tel est le cas de désaccord entre Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon. Là où il n'est pas possible de l'éviter et où il n'a pas l'intention de tirer profit de l'objet interdit, tout le monde s'accorde à dire qu'il est permis de le faire. Là où ils sont en désaccord, c'est dans un cas où il n'est pas possible [lo efchar] d'éviter d'en tirer profit et où il a l'intention [mitkavèn] d'en tirer profit. La Guemara restreint davantage le débat : selon l'opinion de Rabbi Chimon, qui suit l'intention [kavana], tout le monde s'accorde à dire que c'est interdit. Là où ils sont en désaccord, c'est selon l'opinion de Rabbi Yehouda, qui a dit : il n'y a pas de différence selon que l'on a ou que l'on n'a pas l'intention ; la question est de savoir s'il peut l'éviter ou non. Par conséquent, s'il est possible d'éviter d'en tirer profit, c'est interdit.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: אֶפְשָׁר וְלָא מִיכַּוֵּין — הַיְינוּ פְּלוּגְתַּיְיהוּ דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן. לָא אֶפְשָׁר וְלָא קָא מִיכַּוֵּין — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי. כִּי פְּלִיגִי, דְּלָא אֶפְשָׁר וְקָא מִיכַּוֵּין. וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָזֵיל בָּתַר כַּוּוֹנָה — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר, כִּי פְּלִיגִי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: לָא שְׁנָא מִתְכַּוֵּין וְלָא שְׁנָא שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין, אֶפְשָׁר אָסוּר.
D'après cette compréhension du débat, Abayé tient comme l'opinion de Rabbi Yehouda. Autrement dit, dans un cas où il n'est pas possible d'éviter complètement la situation, même si l'on a l'intention [d'en tirer profit], c'est permis.
אַבָּיֵי כְּרַבִּי יְהוּדָה.

Rachi

ושפיכות דמים - כגון אמרו לו הרוג ישראל חבירך ואם לאו תיהרג:

מה למדנו מרוצח לנערה המאורסה - והלא פירש בה אונס פטור כדכתיב ולנערה לא תעשה דבר אלא נראה כמי שרוצח בא ללמד כאן ונמצא שהוקש כאן להיות למד מכאן והכי קאמר כרוצח כנערה שניהן שוין כמו והיה כעם ככהן (ישעיהו כד) ולא נאמר והיה העם ככהן:,ניתן להצילה - ניתן רשות לרואה שהוא רודף אחריה שיצילנה ממנו בנפשו של רודף כדכתיב (דברים כב) ואין מושיע לה הא אם יש מושיע צריך להושיעה בכל אשר יכול אפילו בהריגתו אם אין יכול להציל באחד מאבריו יהרגנו:,יהרג - אם אמר לו עו"ג הרוג או תיהרג יהרג ואל יעבור עבירה זו:

מרי דוראי - מושל עירי:,מאי חזית דדמא דידך סומק - כלומר כלום באתה לישאל על כך אלא מפני שאתה יודע שאין מצוה עומדת בפני פיקוח נפש וסבור אתה שאף זו תדחה מפני פיקוח נפשך אין זו דומה לשאר עבירות דמ"מ יש כאן אבוד נפש והתורה לא התירה לדחות את המצוה אלא מפני חיבת נפשו של ישראל וכאן עבירה נעשית ונפש אבודה מי יאמר שנפשך חביבה לפני המקום יותר משל זה דילמא של זה חביבה טפי עליו ונמצא עבירה נעשית ונפש אבודה:

שייף - מושח:,גוהרקי דערלה - בוסר זיתים קטנים משום רפואה דקסבר מותר להתרפאות באיסורי הנאה:

אישתא צמירתא - חולי שקורין מלוי"י צמירתא חם כמו דצמרה צמורי בבבא קמא (דף ס.):,דרך הנאתו - לאחר שיתבשלו ויוצא שמנן בבית הבד:

מותרת - אין צריך לפרוש הימנה כדמפרש:

הכי גרסינן אפשר וקא מיכוין לא אפשר וקא מיכוין כולי עלמא לא פליגי דאסיר - אפשר לו ליבדל וקא מיכוין להתקרב כדי ליהנות כגון ריח של ע"ז או אפילו אי אפשר לו ליבדל ומיהו מתכוין הוא וחביב הוא לו ליהנות:,לא אפשר - לו ליבדל ולא קא מיכוין ליהנות דאיכא תרתי להיתר לכ"ע שרי:,כי פליגי דאפשר - לו ליבדל ולא נבדל ומיהו לא קא מיכוון:

פלוגתא דרבי יהודה ורבי שמעון במסכת שבת (דף כב.) בגרירת מטה וכסא וספסל ובמסכת ביצה (דף כג:):,דלא אפשר - כגון שצריך לאותן כלים ואין יכול להגביהן על כתיפו ואביי סבר בקטנים נמי שרי רבי שמעון אע"פ שאפשר להגביהן על כתיפו והכי אמרינן במס' שבת ולרבא לא שרי ר' שמעון אלא בגדולים:

איכא דאמרי - מודה רבא היכא דלא קא מיכוין אע"ג שאפשר שרי ר' שמעון דבהכי פלוגתייהו דר' יהודה ור' שמעון ובין לאביי ובין לרבא לר' יהודה אסור לרבי שמעון שרי:,כולי עלמא - אביי ורבא לא פליגי דשרי ואפילו לרבי יהודה:,כי פליגי דלא אפשר וקא מיכוין - ומיהו אליבא דר' שמעון דחשיבא ליה כוונה דמתיר אפי' בדאפשר הואיל ולא קא מיכוין אלמא אכוונה קפיד היכא דקא מכוין אע"ג דלא אפשר אסור:,ה"ג כי פליגי אליבא דר' יהודה דאמר לא שנא מתכוין ולא שנא אין מתכוין אפשר אסור - ולא גרסינן ולא אפשר שרי דהא לא שמעינן ליה דאמר הכי דאי שמעינן ליה הכי היכי פליג רבא למיסר:

אביי כר' יהודה - דקסבר כיון דאסר רבי יהודה בדאפשר אע"ג דלא קא מיכוין שמע מינה לא חשבינן ליה כוונה אלא בדאפשר ולא אפשר תליא טעמא הלכך היכא דלא אפשר אע"ג דקא מיכוין לא איכפת ליה לרבי יהודה:

Tossafot

אף נערה המאורסה יהרג ואל יעבור - פי' הבועל אבל היא תיבעל ולא תיהרג דקרקע עולם היא כדאמר בבן סורר ומורה (סנהדרין עד:) ובריש כתובות (דף ג:) נמי פריך ולידרוש להו דאונס שרי ור"י אומר דשפיר גר' תיהרג דהא דמשמע בבן סורר ומורה ובריש כתובות דאונס שרי היינו היכא שהיא קרקע עולם ולא עבדה מעשה אבל לעשות מעשה כגון שאומר לה שתביא הערוה עליה תיהרג ואל תעשה מעשה דמרוצח ילפינן ורוצח לא מיחייב למימסר נפשיה אלא כשאומר לו להרוג בידים אבל אם אומר הנח לזרוק עצמך על התינוק או תיהרג אינו חייב למסור עצמו כדי להציל חבירו דאדרבה איכא למימר מאי חזית דדמיה דחבריה סומק טפי דילמא דמא דידי סומק טפי ומיהו לדידיה אם אומרים לו הנח לתקוע אותך בערוה יהרג ואל יעבור דלא מצי למימר לא עבידנא מעשה דכיון שתוקעין אותו ואין קישוי אלא לדעת כדאמרי' בריש הבא על יבמתו (יבמות נג.) ומה שהוא מתקשה הוי מעשה:

לא אפשר ולא מיכוין כולי עלמא לא פליגי - ללישנא קמא נראה לפרש דכ"ע קאי אאביי ורבא ולא פליגי דשרי היינו לרבי שמעון דרבי יהודה אסר דהא רבא מוקי פלוגתא דרבי יהודה ור' שמעון בלא אפשר ולא מיכוון דבאפשר קאמר דמודה רבי שמעון דאסור ולאיכא דאמרי לא אפשר ולא מיכוין לכולי עלמא דשרי האי כולי עלמא היינו ר' יהודה ור' שמעון וא"ש דבאיכא דאמרי לא הדר ונקיט אלא מה שמשנה מלשון ראשון ולהכי לא נקט בדאיכא דאמרי אפשר ומיכוין לכ"ע אסור ומיירי כגון דלא הוי פסיק רישיה דבפסיק רישיה מודה רבי שמעון וליכא למימר דאפילו בפסיק רישיה שרי הכא ר' שמעון משום דהכא מיירי בגרירה דכלים דליכא אלא איסורא דרבנן שהוא חופר כלאחר יד כדאמר בבמה מדליקין (שבת כט) דהא בשמעתא מייתי עלה מידי דאורייתא כגון מעילה וכלאים ופסול פרה וצ"ל דכל הנהו דמייתי לא הוי פסיק רישיה ולא אפשר דכולי שמעתא נראה לר"י דלא אפשר כדרכו אלא בטורח גדול דהא שילשול האומנין בקופות חשיב לא אפשר והא דאמרינן בכתובות (דף ה:) גבי מהו לבעול בתחלה בשבת דקאמר לר' יהודה דאסור משום דבר שאין מתכוון אע"ג דהוי לא אפשר ולא מיכוין וצריך לומר דההיא סוגיא כרבי ירמיה דבמה מדליקין דאסר לר' יהודה לא אפשר ולא מיכוון אע"ג דאיתותב במאי דאמר קטנים אסורים אפילו לר"ש (איתותב) מ"מ במאי דאסר אפילו בגדולים לר' יהודה לא איתותב:

אביי כרבי יהודה - נראה דסבר אביי הואיל ואפשר ולא מיכוין אסור ובלא אפשר ולא מיכוין שרי אלמא דאיסור משום דאפשר הוא ומה שהיה בספרים בבמה מדליקין (שבת כט:) ופליגא דעולא דאמר עולא מחלוקת בקטנים אבל בגדולים ד"ה אסור שיבוש הוא דבכולי שמעתא שרי טפי לא אפשר מהיכא דאפשר וגדולים היינו לא אפשר אלא גרס ד"ה מותר והיינו כלישנא בתרא דהכא דבלא אפשר ולא מיכוין כ"ע ל"פ דשרי:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Pesachim 25b
100%
פסחים כ״ה במַסֶּכֶת פְּסָחִים