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Traité Pesachim

21b

Étude de Pesachim 21b

Étude de la Guémara 21b

Guémara
Rabbi Yehouda ben Betéra, qui partage sur le fond l'avis de Beit Chammaï, dit : concernant le koutta'h — un condiment-trempette qui contient des miettes de pain levé — et toutes les sortes de koutta'h, il est interdit de le vendre à un non-Juif trente jours avant Pessa'h.
רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: כּוּתָּח וְכׇל מִינֵי כוּתָּח — אָסוּר לִמְכּוֹר שְׁלֹשִׁים יוֹם קוֹדֶם לַפֶּסַח.
La michna a enseigné que tant que le pain levé peut être consommé, il est permis d'en tirer profit. La Guemara demande : n'est-ce pas évident ? La Guemara répond : non, il était nécessaire d'enseigner ceci dans un cas où l'on a brûlé le pain levé au feu avant son heure, c'est-à-dire avant qu'il ne devienne interdit, le rendant ainsi impropre à la consommation. Et cela nous enseigne que la halakha est conforme à l'avis de Rava. Car Rava a dit : si l'on a carbonisé du pain levé avant son heure, il est permis d'en tirer profit même après son heure, puisqu'il n'a plus le statut légal de pain levé ('hamets).
וּמוּתָּר בַּהֲנָאָה. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא שֶׁחֲרָכוֹ קוֹדֶם זְמַנּוֹ. וְקָא מַשְׁמַע לַן כִּדְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: חֲרָכוֹ קוֹדֶם זְמַנּוֹ — מוּתָּר בַּהֲנָאָה אֲפִילּוּ לְאַחַר זְמַנּוֹ.
Il a été enseigné dans la michna : une fois son heure passée, il est interdit d'en tirer profit. La Guemara demande : n'est-ce pas évident ? La Guemara répond : non, il était nécessaire que la michna enseigne que le profit du pain levé demeure interdit durant les heures supplémentaires délimitées par la loi rabbinique. Car Rav Guiddel a dit au nom de Rav 'Hiyya bar Yossef au nom de Rabbi Yo'hanan : concernant celui qui consacre [épouse] une femme à partir de la sixième heure [de la veille de Pessa'h] et au-delà — moment où le levain est interdit par décret rabbinique — avec du levain, même s'il la consacre avec du blé des montagnes [particulièrement dur et peu susceptible de lever], nous ne nous soucions pas pour autant de la validité de ces fiançailles.
עָבַר זְמַנּוֹ אָסוּר בַּהֲנָאָתוֹ. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, לְשָׁעוֹת דְּרַבָּנַן. דְּאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב חִיָּיא בַּר יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַמְקַדֵּשׁ מִשֵּׁשׁ שָׁעוֹת וּלְמַעְלָה, אֲפִילּוּ בְּחִיטֵּי קוּרְדִּנְיָתָא — אֵין חוֹשְׁשִׁין לְקִדּוּשִׁין.
Il a été enseigné dans la michna : et l'on n'allumera pas non plus le four ni le fourneau avec du pain levé [une fois qu'il est devenu interdit]. La Guemara demande : n'est-ce pas évident, puisque cela aussi est une forme de profit ? La Guemara répond : non, il était nécessaire d'enseigner ceci à cause de l'avis de Rabbi Yehouda, qui a dit que l'élimination (biour) du pain levé ne se fait que par le feu (sereifa). Sans cela, il aurait pu te venir à l'esprit de dire : puisque Rabbi Yehouda a dit que sa mitsva s'accomplit par la combustion, alors pendant qu'on le brûle, qu'on en tire profit. C'est pourquoi cela nous enseigne qu'il est interdit de tirer profit du pain levé même pendant qu'on le brûle.
וְלֹא יַסִּיק בּוֹ תַּנּוּר וְכִירַיִם. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר אֵין בִּיעוּר חָמֵץ אֶלָּא שְׂרֵיפָה. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה מִצְוָתוֹ בִּשְׂרֵיפָה, בַּהֲדֵי דְּקָא שָׂרֵיף לֵיהּ לִיתְהֲנֵי מִינֵּיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
'Hizkiya a dit : d'où sait-on, dans la michna, qu'il est interdit de tirer profit du pain levé pendant Pessa'h ? Comme il est dit : « Du pain levé ne sera pas mangé » (Chemot 13, 3). Puisque le verset emploie la forme passive, il faut le comprendre ainsi : il n'y aura à son sujet aucune consommation permise, ni même le fait d'en tirer profit — car un profit pourrait être échangé contre de l'argent, lequel servirait à acheter de la nourriture. La Guemara lit précisément : la raison pour laquelle tirer profit est interdit, c'est que le Miséricordieux écrit dans la Torah « Du pain levé ne sera pas mangé ». Si la Torah n'avait pas écrit « ne sera pas mangé » [forme passive] mais avait employé la forme active « tu ne mangeras pas », j'aurais dit que l'interdit de manger est sous-entendu, mais que l'interdit de tirer profit ne l'est pas.
אָמַר חִזְקִיָּה: מִנַּיִן לְחָמֵץ בַּפֶּסַח שֶׁאָסוּר בַּהֲנָאָה? שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא יֵאָכֵל חָמֵץ״ — לֹא יְהֵא בּוֹ הֶיתֵּר אֲכִילָה: טַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״לֹא יֵאָכֵל חָמֵץ״, הָא לָא כְּתַב ״לֹא יֵאָכֵל״, הֲוָה אָמֵינָא: אִיסּוּר אֲכִילָה — מַשְׁמַע, אִיסּוּר הֲנָאָה — לָא מַשְׁמַע.
La Guemara remarque : et cette conclusion diverge de l'avis de Rabbi Abbahou. Car Rabbi Abbahou a dit : partout où il est dit « il ne sera pas mangé » (lo yéakhel), « tu ne mangeras pas » (lo tokhal, au singulier) ou « vous ne mangerez pas » (lo tokhlou, au pluriel), aussi bien un interdit de manger qu'un interdit de tirer profit sont sous-entendus, à moins que le verset ne te précise [qu'on peut en tirer profit], de la manière dont il te l'a précisé au sujet d'une bête morte non abattue rituellement (nevéla).
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אֲבָהוּ. דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא יֵאָכֵל״, ״לֹא תֹאכַל״, ״לֹא תֹאכְלוּ״ — אֶחָד אִיסּוּר אֲכִילָה וְאֶחָד אִיסּוּר הֲנָאָה (מַשְׁמַע), עַד שֶׁיִּפְרֹט לְךָ הַכָּתוּב כְּדֶרֶךְ שֶׁפָּרַט לְךָ בִּנְבֵילָה.
Comme il a été enseigné dans une baraïta : « Vous ne mangerez d'aucune bête morte (nevéla) ; tu la donneras à l'étranger résident (guer) qui est dans tes portes, et il la mangera ; ou tu la vendras à un étranger (nokhri) ; car tu es un peuple consacré à l'Éternel ton Dieu » (Devarim 14, 21). Je n'en déduis que ceci : [qu'elle est permise] à l'étranger résident par le don et au non-Juif par la vente. D'où sait-on [qu'elle est permise] à l'étranger résident par la vente ? Le verset enseigne : « Tu la donneras à l'étranger résident qui est dans tes portes… ou tu la vendras », [signifiant qu'on a le choix de faire l'un ou l'autre]. D'où sait-on [qu'elle est permise] au non-Juif par le don, [et qu'on n'est pas tenu de la lui vendre] ? Le verset enseigne : « Tu la donneras… et il la mangera, ou tu la vendras à un étranger ». Tu peux donc dire qu'on peut la transmettre aussi bien à l'étranger résident qu'au non-Juif, aussi bien par la vente que par le don. Telles sont les paroles de Rabbi Méir.
דְּתַנְיָא: ״לֹא תֹאכְלוּ כׇּל נְבֵלָה לַגֵּר אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ אוֹ מָכֹר לְנׇכְרִי וְגוֹ׳״, אֵין לִי אֶלָּא לַגֵּר בִּנְתִינָה וְלַגּוֹי בִּמְכִירָה. לַגֵּר בִּמְכִירָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לַגֵּר אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ תִּתְּנֶנָּה אוֹ מָכֹר״. לַגּוֹי בִּנְתִינָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ אוֹ מָכֹר לְנָכְרִי״. נִמְצֵאתָ אוֹמֵר: אֶחָד גֵּר וְאֶחָד גּוֹי, בֵּין בִּמְכִירָה בֵּין בִּנְתִינָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
La baraïta conclut : Rabbi Yehouda dit : ces choses doivent être comprises telles qu'elles sont écrites ; il ne peut transmettre une bête morte à l'étranger résident que par le don, et au non-Juif que par la vente. La Guemara demande : quelle est la raison de l'avis de Rabbi Yehouda ? La Guemara répond : s'il te venait à l'esprit de comprendre le verset conformément à ce qu'a dit Rabbi Méir, alors que le Miséricordieux écrive : « Tu la donneras à l'étranger résident qui est dans tes portes, et il la mangera, et tu la vendras à un étranger ». Pourquoi ai-je besoin du mot « ou » entre ces deux options ? Apprends-en que les choses doivent être comprises telles qu'elles sont écrites.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, דְּבָרִים כִּכְתָבָן: לַגֵּר בִּנְתִינָה וְלַגּוֹי בִּמְכִירָה. מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה? אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כִּדְאָמַר רַבִּי מֵאִיר, לִיכְתּוֹב רַחֲמָנָא: ״לַגֵּר אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ וּמָכֹר״. ״אוֹ״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִדְבָרִים כִּכְתָבָן.
La Guemara demande : et comment Rabbi Méir explique-t-il la formulation du verset ? La Guemara répond que Rabbi Méir expliquerait que le mot « ou » enseigne qu'il faut donner la priorité au don à l'étranger résident sur la vente au non-Juif. La Guemara demande : et d'où Rabbi Yehouda tire-t-il cette halakha ? Selon Rabbi Yehouda, ce point n'a pas besoin d'un verset, puisque tu es commandé de faire vivre [subvenir aux besoins de] l'étranger résident — car c'est une mitsva de subvenir aux besoins d'un étranger résident qui a renoncé à l'idolâtrie — alors que tu n'es pas commandé de faire vivre un non-Juif. Il n'est pas besoin de verset pour enseigner cela : c'est un raisonnement logique (sevara).
וְרַבִּי מֵאִיר? ״אוֹ״ לְהַקְדִּים נְתִינָה דְגֵר לִמְכִירָה דְּגוֹי. וְרַבִּי יְהוּדָה? הָא לָא צָרִיךְ קְרָא: כֵּיוָן דְּגֵר אַתָּה מְצֻוֶּוה לְהַחְיוֹתוֹ, וְגוֹי אִי אַתָּה מְצֻוֶּוה לְהַחֲיוֹתוֹ, לָא צְרִיךְ קְרָא, סְבָרָא הוּא.
La Guemara applique cette discussion au sujet précédemment évoqué. Soit : l'avis de Rabbi Abbahou se comprend bien selon Rabbi Méir, qui a dit qu'on peut transmettre une bête morte aussi bien à un étranger résident qu'à un non-Juif, aussi bien par la vente que par le don. Du fait qu'un verset a été nécessaire pour permettre de tirer profit d'une bête morte (nevéla), on peut apprendre qu'à l'égard de tous les autres interdits de la Torah au sujet desquels il est seulement dit qu'on ne peut manger un aliment, il est interdit aussi bien de le manger que d'en tirer profit.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: אֶחָד גֵּר וְאֶחָד גּוֹי, בֵּין בִּמְכִירָה בֵּין בִּנְתִינָה. מִדְּאִיצְטְרִיךְ קְרָא לְמִישְׁרֵא נְבֵילָה בַּהֲנָאָה — הָא כׇּל אִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה אֲסוּרִין בֵּין בַּאֲכִילָה בֵּין בַּהֲנָאָה.
Mais selon Rabbi Yehouda, qui a dit que le mot « ou » vient enseigner que les choses doivent être comprises telles qu'elles sont écrites, d'où tire-t-il, concernant tous les interdits de consommation mentionnés dans la Torah, qu'il est également interdit d'en tirer profit ? La Guemara répond : il le tire d'un autre verset. Il est dit, à propos d'une bête atteinte d'une affection qui la fera mourir dans les douze mois (teréfa) : « Et vous serez pour moi des hommes consacrés ; vous ne mangerez pas de chair déchirée dans les champs ; vous la jetterez aux chiens » (Chemot 22, 30).
אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: לִדְבָרִים כִּכְתָבָן הוּא דַּאֲתָא — הָא כׇּל אִיסּוּרִים שֶׁבַּתּוֹרָה מְנָא לֵיהּ דַּאֲסוּרִין בַּהֲנָאָה? נָפְקָא לֵיהּ מִ״לַּכֶּלֶב תַּשְׁלִיכוּן אֹתוֹ״.

Rachi

ר' יהודה אומר כותח - נותנין בו פירורי לחם ואסור משום חמץ:,שלשים יום - דס"ל כב"ש וזה אינו נאכל מהר שאין אוכלין אותו אלא מטבילין בו והני שלשים יום משעה שחל עליו חובת ביעור מששואלין בהלכות הפסח:

ומותר בהנאתו - קס"ד אשעה שמותר לאכול קאי:,פשיטא - דהא אמרת מאכיל ומוכר היינו הנאה:,לא צריכא כו' - והאי מותר אלאחר זמן קאי וכגון שחרכו באור יפה קודם זמנו שבטל טעמו ומראיתו:

עבר זמנו אסור בהנאה לשעות דרבנן - ה"ג ולא גרסי' פשיטא דהא אפי' בפסח איצטריך לאשמעי' דהא איכא רבי יוסי הגלילי דשרי בהנאה כל שבעה לקמן:,לשעות דרבנן - כלומר האי זמנו זמן אכילתו משמע ואפילו שעה ששית שאין איסורו אלא מדרבנן הוי אסור אף בהנאה:,משש שעות - על כרחך מתחלת שש משמע דאי לאחר שש דאסור מדאורייתא מאי אתא לאשמעינן פשיטא דאין מקדשין באיסורי הנאה:,חיטי קורדניתא - קשות הן ואפ"ה אם באו לחשש חמץ כגון שנפלו עליהן מים אסור:

פשיטא - דהא אמרת אסור בהנאתו:

לא יאכל - מדקרינא לא יאכל משמע לא יהא בו היתר המביא לידי שום אכילה וסתם הנאות לידי אכילה הם באות שלוקח בדמים דבר מאכל:

עד שיפרוט לך הכתוב בו - היתר הנאה כדרך שפרט לך בנבלה שלא היה כתוב בה אלא לא תאכלו והוצרך להתירה בהנאה כדכתיב או מכור לנכרי לגר בנתינה לנכרי במכירה לא גרסינן אלא ה"ג כדרך שפרט לך בנבלה דתניא וכו':

ת"ל לגר תתננה ואכלה או מכור - דרוש ליה אגר וכן גבי לנכרי נמי דרוש תתננה ואכלה או מכור לנכרי:

דברים ככתבן - כך מצותה לא יתננה לנכרי ולא ימכרנה לגר:,או - לשון חילוק ואי כר' מאיר קאמר קרא דתרוייהו אגר ותרוייהו אנכרי לא נכתוב או:

להקדים נתינה דגר למכירה דנכרי - אם יש גר ליתנה לו נתינתו קודמת למכירתה לנכרי והאי גר בגר תושב קאמר שקיבל עליו שלא לעבוד עכו"ם ואוכל נבלות:,גר אתה מצווה להחיותו - דכתיב (ויקרא כ״ה:ל״ה) גר ותושב וחי עמך:,סברא היא - מסברא אנו יודעין שנתינה לגר קודמת דחיות הגר מצוה אבל מכירה לנכרי מאי מצוה איכא ואיצטריך קרא לחלק ולאסור ליתן במתנה לנכרי ולמכור נבלה לגר:

בשלמא - לר' אבהו אליבא דר"מ מצי למילף מדאיצטריך קרא למישרי נבלה הא כל איסורין שבתורה דכתיב בהו לא תאכל כי הכא אי לא הדר פריט בהו היתרא אסורין הן באכילה ובהנאה:

אלא - לר' אבהו אליבא דרבי יהודה מנא ליה דילמא האי פרט דנבלה לאו למשרייה בהנאה אתא דלא איצטריך אלא להחמיר ולומר דלנכרי במכירה ולגר בנתינה דאי לא כתביה הוה אמינא כל הנאות מותרות בה:,נפקא ליה - לר' אבהו ואליבא דר' יהודה מדכתב בטרפה לא תאכלו ומיעט בה לכלב תשליכון אותו:

Tossafot

רבי יהודה אומר כותח וכל מיני כותח - אור"י בשם ר"ת דר"י אתי כב"ה ואסר בכותח משום דשם בעליו עליו ויודעים שהוא כותח של פלוני ויסברו שמכרו בפסח ע"י נכרי אי נמי יסברו שבפסח מכרו ישראל לנכרי ולכן אוסר ר' יהודה למכור כותח לנכרי וא"ש אף לר"ת דמפרש בריש אלו עוברים (לקמן פסחים מב.) דמותר להשהות כותח בפסח:

חרכו קודם זמנו מותר בהנאה אף לאחר זמנו - וכגון שנפסל מלאכול לכלב דבענין אחר לא הוי שרי דומיא דפת שעיפשה בפ"ק (דף טו:):

עבר זמנו אסור בהנאה פשיטא - רש"י ל"ג פשיטא דהא רבי יוסי הגלילי פליג ושרי חמץ בהנאה כל שבעה ואין לפרש פשיטא דאסור בהנאה מדיוקא דרישא דדרך התנא בכמה מקומות לכפול את דבריו ועוד דלא משני שפיר ונראה דפריך פשיטא משום דתנא בפ"ק (דף יא:) דשורפין חמץ אלמא אסור בהנאה דלר' יוסי הגלילי א"צ לשורפו אלא יריצנו לפני כלבו או ימכרנו לנכרי:

בהדי דקשריף ליה ליתהני מיניה - משום דלר' יהודה דאמר חמץ בשריפה אפרו מותר דתניא בפ' בתרא דתמורה (ד' לד.) כל הנשרפין אפרן מותר וקס"ד בהדי דקשריף ליה ליתהני מיניה אבל לרבנן דאין מצותו בשריפה והוי מן הנקברים דאמרינן בפרק בתרא דתמורה אפרן אסור ופשיטא לדידהו דבהדי דקשריף ליה אסור ליהנות ממנו:

כל מקום שנאמר לא יאכל - וא"ת יהא נהנה מחמץ בפסח בכרת דהא כתיב כי כל אוכל חמץ ונכרתה וכי תימא אין הכי נמי א"כ לקמן (פסחים דף כג:) דבעי מאי איכא בין חזקיה לר' אבהו לימא דאיכא בינייהו הא ואור"י דלא יאכל ולא תאכל ילפינן מלא תאכלו אבל כי כל אוכל לא ילפינן מלא תאכלו:

ליכתוב רחמנא תתננה ואכלה ומכור - משמע דאי הוי כתב הכי לא הוה דרשינן אלא כר"מ וכן באיזהו נשך (ב"מ סא.) גבי נשך ותרבית והא דאמרי' בקדושין (ד' לב:) ורבנן אי ס"ד כרבי יוסי הגלילי ליכתוב רחמנא מפני שיבה תקום והדרת תקום והדרת פני זקן היינו משום דלשון והדרת לא שייך אמפני ולשון פני לא שייך אתקום והנך קראי דאין להן הכרעה שאת ארור מחר משוקדים וקם (יומא ד' נב.) אין ענינם לכאן דהתם מצי קאי אדלעיל או אלתחת אבל הכא תרוייהו לא מצי קיימי אגר לחודיה או אנכרי לחודיה ובפ"ב דזבחים (ד' כד.) פליגי תנאי גבי ולקח הכהן מדם החטאת באצבעו ונתן איכא דמוקי אצבעו אלקיחה ולא אנתינה משום דפשטיה דקרא קאי אלקיחה דלפניו ואיכא דמוקי לה אנתינה דלאחריו ולא אלקיחה משום דמשכחת בדוכתא אחרינא ולקחת מדם הפר ונתת על קרנות המזבח באצבעך דקאי אצבע אנתינה ואיכא דמוקי לה אתרוייהו משום דמשמע ליה אלקיחה כפשטא דקרא ואנתינה נמי כדמוכח בקרא אחרינא:

בשלמא לרבי מאיר - תימה לר"מ נמי יקשה דהא איצטריך לאקדומי נתינה דגר ותי' ר"י דודאי אי לא הוה כתב קרא כל עיקר הוה ידעינן מסברא לאקדומי אבל השתא דכתב נתינה תתננה ואכלה ומכור אי לא הוה כתב או ה"א דאתא למידרש שאין צריך להקדים וצריך ליכתב נמי גר ונכרי דאי לא הוה כתב אלא גר הוה אמינא דאתא למעוטי נתינה דנכרי ואי הוה כתוב נכרי לחודיה הוה אמינא דאתא למעוטי מכירה דגר:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Pesachim 21b
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