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Traité Pesachim

18b

Étude de Pesachim 18b

Étude de la Guémara 18b

Guémara
La Guemara demande : Mais l'impureté des boissons qui sont entrées en contact avec un animal rampant [chérets] ne provient-elle pas, elle aussi, d'un raisonnement a fortiori [qal va'homer] ? À savoir : si des boissons qui parviennent à un état d'impureté du fait du contact avec un récipient — lequel a lui-même contracté l'impureté au contact d'un animal rampant — transmettent l'impureté, alors les boissons qui parviennent à un état d'impureté directement du fait du contact avec un animal rampant, n'est-il pas d'autant plus évident qu'elles transmettent l'impureté à un récipient ?
וְלָאו מִקַּל וָחוֹמֶר קָאָתֵי: וּמָה מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי — מְטַמְּאִין, מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן!
La Guemara répond : Puisque la halakha de base de ces boissons est dérivée au moyen d'un raisonnement a fortiori, on ne lui ajoute aucune rigueur, conformément au principe : Il suffit [dayo] que la conclusion issue du raisonnement a fortiori soit comme la source [le sujet] dont elle est tirée. Autrement dit, une halakha dérivée par a fortiori n'est pas plus rigoureuse que la source dont elle est dérivée. Ici, la boisson devenue impure au contact d'un animal rampant ne transmet l'impureté que dans la même mesure que la boisson devenue impure au contact d'un récipient — c'est-à-dire qu'elle non plus n'impurifie pas un récipient.
דַּיּוֹ לַבָּא מִן הַדִּין לִהְיוֹת כַּנִּדּוֹן.
La Guemara demande : Le terme « il sera impur » [yitma], au début du verset, comment Rabbi Akiva l'interprète-t-il ? Le verset dit : « De tout aliment qui se mange, sur lequel de l'eau est venue, il sera impur » (Vayikra 11, 34). Il interprète « il sera impur » [yitma] au sens de « il rendra impur » [yetammé] : l'aliment transmet l'impureté aux boissons. Dis-tu qu'il enseigne que l'aliment transmet l'impureté aux boissons — ou bien enseigne-t-il seulement que l'aliment transmet l'impureté à un récipient ?
״יִטְמָא״ דְּרֵישָׁא הֵיכִי דָּרֵישׁ? ״מִכׇּל הָאֹכֶל אֲשֶׁר יֵאָכֵל אֲשֶׁר יָבוֹא עָלָיו מַיִם יִטְמָא״, יִטְמָא — לְטַמֵּא אֶת הַמַּשְׁקִין. אַתָּה אוֹמֵר לְטַמֵּא אֶת הַמַּשְׁקִין, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לְטַמֵּא אֶת הַכְּלִי?
La Guemara répond : Tu peux énoncer un raisonnement a fortiori qui écarte cette dernière possibilité : si la boisson, qui transmet pourtant l'impureté à un aliment, ne transmet cependant pas l'impureté à un récipient, alors l'aliment, qui ne transmet pas l'impureté à un autre aliment, n'est-il pas juste qu'il ne transmette pas non plus l'impureté à un récipient ?! Dès lors, comment vais-je maintenir [le sens de] « il rendra impur » [yitma] ? Pour enseigner que l'aliment transmet l'impureté aux boissons, lesquelles sont aptes [aloulin] à contracter l'impureté.
אָמַרְתָּ קַל וָחוֹמֶר: וּמָה מַשְׁקֶה שֶׁמְּטַמֵּא אוֹכֶל — אֵינוֹ מְטַמֵּא כְּלִי, אוֹכֶל שֶׁאֵין מְטַמֵּא אוֹכֶל — אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יְטַמֵּא כְּלִי?! הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״יִטְמָא״ — לְטַמֵּא אֶת הַמַּשְׁקִין שֶׁהֵן עֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה.
La Guemara demande : Pourquoi [Rabbi Akiva] mentionne-t-il précisément que l'aliment impurifie les boissons parce qu'elles sont aptes à contracter l'impureté ? Qu'il déduise plutôt cela du simple fait qu'il n'y a aucun autre élément [à impurifier] ! Puisque l'aliment ne transmet pas l'impureté à un aliment, la seule possibilité restante est qu'il impurifie les boissons — point n'est besoin d'invoquer leur aptitude particulière.
מַאי אִירְיָא מַשְׁקִין מִשּׁוּם דַּעֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה, תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם דְּלֵיכָּא מִידֵּי אַחֲרִינָא!
La Guemara répond que voici ce que Rabbi Akiva veut dire : Et si tu disais que l'aliment est plus rigoureux [que la boisson] — comme le prouve le fait qu'il transmet l'impureté aux boissons, alors même que les boissons ne transmettent pas l'impureté à d'autres boissons — et que par conséquent l'aliment devrait transmettre l'impureté à un récipient, alors même que la boisson ne transmet pas l'impureté à un récipient ; c'est pourquoi la Guemara précise que le fait que l'aliment transmette l'impureté aux boissons constitue en réalité une rigueur propre aux boissons, et non à l'aliment. L'impureté de l'aliment n'est pas plus grave que celle des boissons ; bien plutôt, l'aliment transmet l'impureté aux boissons du fait que les boissons sont aptes à contracter l'impureté.
הָכִי קָאָמַר: וְכִי תֵּימָא אוֹכֶל חָמוּר, דִּמְטַמֵּא מַשְׁקִין, נִיטַמְּיֵיהּ לִכְלִי. הַהוּא חוּמְרָא דְמַשְׁקִין הוּא, מִשּׁוּם דְּמַשְׁקִין עֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה.
Et en quoi consiste cette aptitude [des boissons] ? Elle se manifeste en ceci qu'elles contractent l'impureté sans avoir d'abord été rendues aptes [hekhchér] à la recevoir. Les aliments ne peuvent devenir impurs qu'après être d'abord entrés en contact avec l'une des sept boissons [qui les rendent réceptifs] ; les boissons, elles, ne requièrent aucune étape préalable avant de devenir impures.
וּמָה הִיא עֲלִילָתָן — שֶׁמְּקַבְּלִין טוּמְאָה שֶׁלֹּא בְּהֶכְשֵׁר.
Le principe selon lequel « il sera impur » [yitma] enseigne que l'impureté ne rend pas impur un élément semblable à lui — par exemple qu'un aliment ne transmet pas l'impureté à un autre aliment — est-il dérivé d'ici ? Il est dérivé de là-bas : « Mais si de l'eau a été mise sur de la semence, et qu'il tombe de leur charogne dessus, elle est impure pour vous » (Vayikra 11, 38), d'où l'on infère : « elle » est impure, mais elle ne transmet pas l'impureté à un élément semblable à elle ! [Pourquoi alors une source supplémentaire ?] La Guemara explique : Les deux versets sont nécessaires, car l'un vise les boissons qui parviennent à l'impureté du fait du contact avec un animal rampant, tandis que l'autre vise les boissons qui parviennent à l'impureté du fait du contact avec un récipient [impur].
״יִטְמָא״ — דְּאֵין עוֹשָׂה כַּיּוֹצֵא בָּהּ, מֵהָכָא נָפְקָא? מֵהָתָם נָפְקָא: ״וְכִי יֻתַּן מַיִם עַל זֶרַע וְנָפַל מִנִּבְלָתָם עָלָיו טָמֵא הוּא״ — הוּא טָמֵא, וְאֵין עוֹשֶׂה טוּמְאָה כַּיּוֹצֵא בָּהּ! חַד בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, וְחַד בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי.
La Guemara ajoute : Et les deux versets sont [bien] nécessaires, [car aucune des deux halakhot ne pourrait être dérivée de l'autre]. Car si [le verset] ne nous avait enseigné que la halakha concernant les boissons qui parviennent à l'impureté du fait du contact avec un récipient, on aurait pu penser [qu'elles ne transmettent pas l'impureté à leur semblable] uniquement parce que leur impureté n'est pas grave [n'ayant pas résulté du contact avec une source première d'impureté] ; mais s'agissant des boissons qui parviennent à l'impureté du fait du contact avec un animal rampant, lesquelles sont impures d'une forme d'impureté grave résultant du contact avec une source première, j'aurais dit qu'elles transmettent bel et bien l'impureté à un élément semblable. [D'où la nécessité du second verset.]
וּצְרִיכִי? דְּאִי אַשְׁמוֹעִינַן בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי — מִשּׁוּם דְּלָא חֲמִירִי. אֲבָל בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ — דַּחֲמִירִי, אֵימָא עוֹשֶׂה טוּמְאָה כַּיּוֹצֵא בָּהּ.
La Guemara demande : Mais que le verset nous enseigne [seulement] que les boissons ne transmettent pas l'impureté pour le cas des boissons qui parviennent à l'impureté du fait du contact avec un animal rampant, et à plus forte raison en sera-t-il ainsi pour les boissons qui parviennent à l'impureté du fait du contact avec un récipient ! La Guemara répond : Cela ne fait pas difficulté, car parfois, s'agissant d'une chose qui pourrait être dérivée au moyen d'un raisonnement a fortiori, le verset prend néanmoins la peine de l'écrire explicitement.
וְלַשְׁמְעִינַן מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, וְכׇל שֶׁכֵּן מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי! מִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר טָרַח וְכָתֵב לַהּ קְרָא.
Ravina dit à Rav Achi : Mais Rava n'a-t-il pas dit que Rabbi Yossi ne tient pas comme l'opinion de Rabbi Akiva [au sujet de l'impureté du troisième degré pour les aliments profanes] ? À l'encontre de Rabbi Akiva, Rabbi Yossi soutient qu'un élément ayant une impureté du deuxième degré ne confère pas, selon la Torah, le statut d'impureté du troisième degré aux aliments profanes [houlin].
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָא אָמַר רָבָא: לָא רַבִּי יוֹסֵי סָבַר כְּרַבִּי עֲקִיבָא,
Et de même, Rabbi Akiva ne tient pas comme l'opinion de Rabbi Yossi [au sujet de l'impureté du quatrième degré pour les choses consacrées]. La portée de ces observations sur le sujet en cours est la suivante : si Rabbi Yossi soutenait que l'impureté des boissons relève de la Torah, c'est qu'il interpréterait le verset comme « il rendra impur » [yetammé], exactement comme Rabbi Akiva. Mais en ce cas, il devrait aussi tenir qu'une impureté du deuxième degré confère à un autre aliment profane le statut d'impureté du troisième degré, puisque cette halakha-là se dérive elle aussi du terme « il rendra impur » [yetammé]. [Or Rava affirme qu'ils divergent — d'où l'objection.]
וְלָא רַבִּי עֲקִיבָא סָבַר כְּרַבִּי יוֹסֵי!
Pesachim 18b
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